Film horrifique écrit et réalisé par Justin Dec, qui fait ici ses premiers pas derrière la caméra au cinéma, Countdown est un très bon long-métrage. L'histoire nous fait suivre Quinn Harris, une jeune infirmière qui télécharge l'application countdown, qui prétend prédire exactement quand une personne va mourir grâce à un décompte. Celle-ci lui annonce qu'il lui reste moins de trois jours à vivre. Quinn prend la chose au sérieux car, au fil du décompte à l'issue fatale, elle est victime d'apparitions surnaturelles d'une mystérieuse silhouette et découvre que d'autres personnes sont décédées avec leur téléphone indiquant la fin du compte à rebours. Elle commence à sérieusement paniquer à l'idée que sa vie prenne vraiment fin à l'heure prédite par l'application qu'elle ne parvient même pas à supprimer de son smartphone, même en en changeant. C'est alors qu'elle fait la connaissance de Matt Monroe, un jeune homme comptant aussi ses dernières heures, avec lequel elle va tenter de briser l’algorithme afin de déjouer cette mort programmée. Ce scénario s'avère franchement emballant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue au concept efficace, jouant avec la technologie de son époque, même s'il n'est pas forcément original. Celle-ci rappelle également la franchise de films Destination Finale, tout en étant pas aussi poussée qu'elle concernant la traque que fait vivre la faucheuse à ses proies. Malgré un récit quelque peu prévisible et doté d'un côté fantastique manquant d'explications, on est pris par cette course contre le temps à la faveur de scènes menaçantes particulièrement réussies. Il en va de même concernant l'ambiance horrifique qui se veut stressante. L'ensemble est porté par des personnages appréciables. Des rôles correctement interprétés par une distribution comportant Elizabeth Lail, Jordan Calloway, Talitha Bateman, Peter Facinelli ou encore Anne Winters, alors que P. J. Byrne, qui joue un père de l'Église, et Tom Segura, qui joue un vendeur en téléphonie, apportent une touche d'humour et de légèreté bienvenue et pas trop intrusive. Tous ces individus entretiennent des rapports de crainte face à cette menace algorithmique. Le métrage se permet même un peu de profondeur en traitant du harcèlement et d'une relation compliquée entre sœurs. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène multiplie les angles de caméra et joue parfaitement avec les codes du genre pour nous gratifier de séquences meurtrières impactantes, à l'esthétisme soigné, notamment à la faveur d'une bonne photographie. Ce visuel honorable est accompagné par une bande originale jouant bien sa partition en accentuant l'atmosphère inquiétante, sans pour autant que les compositions soient marquantes. Reste une fin satisfaisante ouvrant la voie à une potentielle suite, venant ainsi mettre un terme à Countdown qui, en conclusion, est un film méritant le coup d'œil.