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Ciné-13
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3,0
Publiée le 29 mars 2021
Inclassable mais tellement attachante cette amitié indéfectible. 7 chapitres comme des instants de vie. Et quelques moments de folie cinématographique : les employés municipaux qui chantent ALLELUIA au cimetière, le ballet des 2 skieuses, l'enlèvement pour l'enterrement de vie de garçon, l'opposition au mariage,... Le plan-séquence du réveillon de Noël filmé de l'extérieur de la maison est une vraie trouvaille. Et Gilbert Bécaud qui chante en anglais rappelle l'attachement au cinéma français tout au long du film.
A éviter .Ce film, composé de saynètes sans réel lien entre elles, n'est pas vraiment drôle - on sourit de temps e temps - et est surtout caricatural et très superficiel. Le réalisateur est clairement dépassé par son sujet; n'est pas Altman ou Allen qui veut.
Auréolé de plusieurs prix : Prix du jury du dernier festival de Deauville et « Coup de cœur du jury » de la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes, « The Climb » déboule à toute vitesse et emporte tout sur son passage. Initialement prévu pour mars de cette année, « The Climb » aura dû comme tant d’autres affronter les affres du covid et du confinement. Enfin, la France va pouvoir se jeter dans les délicieuses perfidies que s’infligent les deux hommes. Ce n’est pas trop tôt.
Tu t’es vu quand t’abuses ?
C’est exactement ce que Kyle pourrait répéter à Mike tout au long du métrage tellement ce dernier utilise tous les stratagèmes possibles pour rendre vénéneuse leur amitié de longue date. A côté Michel Blanc est un petit ange bienveillant dans le malicieux « Viens chez moi, j’habite chez une copine ». Même si ici on est plus dans le registre de la dramédie que de la comédie pure, les deux métrages se font écho dans notre imaginaire de Frenchy. Mais dans « The Climb », tout est pire en fait. Et c’est cette outrance qui fait du bien.
« The Climb » repose sur un duo d’acteurs épatant, Kyle Marvin et Michael Angelo Covino (oui leurs personnages respectifs ont le même prénom), respectivement co-scénaristes et réalisateur du métrage, un tandem corrosif à la Laurel et Hardy. Fondus de la France, les deux garçons en profitent pour rendre un bel hommage au cinéma d’auteur français mais pas que : « The Climb » c’est la rencontre de François Truffaut et de Woody Allen avec une petite touche d’humour british du meilleur effet. Cosmopolite dans son désespoir et son ironie. D’ailleurs, le film démarre avec une scène d’ouverture très cocasse sur les hauteurs sinueuses de Nice (oui en France !) où les deux compères à vélo donnent le ton sur la nature de leur relation et leur personnalité. Pour terminer sur notre chauvinisme légendaire, l’ensemble de la bande musicale est ponctuée de chansons françaises, on y retrouve même nos acteurs – Judith Godrèche y fait d’ailleurs une apparition remarquée. Ah oui, on s’y sent comme chez soi dans ce métrage.
Découpé en 7 actes étalés dans le temps, « The Climb » délivre une chronique plus amère que douce sur le thème universel de l’amitié et ses conséquences sur notre quotidien quand les règles tacites en sont explosées. Une des scènes d’anthologie du film se déroule pendant un Thanksgiving glaçant dans ses répliques et ce qu’elle nous raconte des relations familiales compliquées où les apparences font loi.
De fait, un malaise persistant s’empare du spectateur qui jongle entre les disputes, les vannes agressives voire les violences physiques et mentales que s’infligent les protagonistes. Mensonges, duperies, coucheries, mauvaise foi…A chaque fois que tu penses que ça ne peut pas aller plus loin, « The Climb » se jette de toutes ses forces dans la gadoue pour t’éclabousser de ses outrances tel un galopin infernal.
Kyle Marvin et Michael Angelo Covino sont amis de longue date et déclarent s’être inspirés de leur relation pour écrire cette histoire. Ça fait peur ;)
On ne peut clore cette chronique sans parler de la formidable Gayle Rankin (remember Sheila la femme-loup dans « Glow » ?), vrai objet de désir entre les deux hommes.
Drôle, grinçant, cynique, caustique, les adjectifs ne manquent pas pour évoquer ce métrage très nihiliste sur les relations amoureuses et sur cette masculinité toxique.
The Climb est une comédie douce/amère qui mélange les genres avec un certain talent. C'est drôle et triste à la fois, et ça emprunte régulièrement au cinéma de Woody Allen, de Wes Anderson ou de Xavier Dolan.
Le vrai soucis vient plus des personnages principaux. D'abord on a bien du mal à voir en Mike un séducteur redoutable, ensuite il reste un individu toxique qui n'est jamais drôle ou un temps soit peu cultivé et/ou intéressant. Aucune empathie pour cet énergumène donc, face à un Kyle bien plus sympathique mais si mou, si fade, si influençable qu'il peut certe être touchant mais n'apporte rien de consistant. Pas étonnant que les autres protagonistes les bousculent ou tentent de les bousculer dans leur train train tranquille et puéril. Un film qui ne va pas au bout des choses (zygomatiques en berne, lacrymales en berne...), c'est monocorde et sans consistances comme si qu'à force de chercher la mesure les deux auteurs sont restés hors piste. Dommage. Site : Selenie
Chouchou de Thierry Frémaux au Festival de Cannes 2019 (on comprend pourquoi : le cyclisme, l'hommage au cinéma français) The climb s'avère être une bonne comédie américaine, fraîche et légère.
Le film est construit sous forme de scènes indépendantes, séparées par plusieurs années et mettant en scène un couple d'amis un peu ratés : le séducteur Mike (joué par le réalisateur Michael Angelo Covino) et son double pataud, Kyle (joué par Kyle Marvin). Mike est meilleur au vélo que Kyle et couche avec ses futures femmes, ce qui n'empêche par les deux lascars de vivre une belle amitié, qui semble plus solide que toutes les relations qu'ils peuvent avoir des femmes.
On est donc dans un buddy movie qui vire à la bromance, éparpillé en tranches de vie dont certaines sont très drôles, et d'autres plus douces amères.
Le film n'a guère d'autres ambitions que de nous faire sourire en nous intriguant, et parvient à le faire avec un certain brio au détour de scènes en général très bien filmées, je pense par exemple à cet admirable plan extérieur le soir de Noël à l'extérieur de la maison.
Un film délicat, très agréable dans son absence de prétention.
Ce qui séduit dans une première réalisation de ce calibre, c’est l’endurance. Dès la première scène, Michael Angelo Covino et Kyle Marvin le comprennent et ils nous le partage dans une ascension émotionnelle, habilement mise en scène. Et quand bien même le concept repose sur du vécu, les mouvements et les dialogues prendront le pas sur cet élément qui semble à première vue anecdotique, mais que l’on détourne en un nouvel objet qui prône l’amitié. Sous une certaine influence de Woody Allen et une touche française, en passant notamment par le tristement méconnu « Le Grand Amour » de Pierre Etaix, Covino réalise un magnifique parcours dégraissant et d’une grande sensibilité.
Le metteur en scène ne lâche donc rien, même jusque dans le rôle de son personnage Mike, qui finit par se laisser distancer par son ami et manque en plus une sortie de route honorable. Mais c’est justement dans cette fragilité qu’on finit par puiser toute la noblesse d’une amitié, rigoureusement bien exploitée à l’écran. Quant à Kyle Marvin, qui tente tant bien que mal de tenir son boulet d’ami en laisse, il fait toujours l’objet d’un recul situationnel dans sa vie affective. Il ne cesse de progresser et s’emploie à faire plaisir à son entourage, dont il dépend, tout comme un ami qu’il a égaré sur le col de Vence. Chaque scène est ainsi soigneusement pensée afin de prendre de la hauteur sur les révélations et la vérité. Les nuances sont distinctes et permettent une lecture de l’intrigue en continue, malgré un chapitrage grossier, mais qui offre une meilleure méditation sur des ellipses dont on évite les écueils de la bromance.
Ainsi, le portrait du duo est brossé jusque dans une danse lascive, à la fois sur la selle d’une bicyclette et sur une scène de mariage apocalyptique. Covino prend également soin d’appliquer du rythme dans des plans-séquences que l’on croirait interminables. Mais l’on finit par pardonner, au diapason d’une relation toxique mais qui aura le dernier mot sur des émotions refoulées. Des plans sur le décor, c’est une pensée pour un état d’esprit et on fait constamment le point sur l’avancée comportemental de chacun, qui cherche à cueillir le bonheur comme il le perçoit. Et l’idée est de confronter ces deux visions, ces deux enragés de la vie qui se trouvent constamment sabordé par des comiques de situation entre deux échange intimes et furieux. Le sacré mélange alimente la tension et le plaisir du mauvais goût comme du bon. Le film ne ment pas, il se permet simplement d’écrire une comptine revigorante, surtout à ceux peinent à écrire leur lettre d’amour.
« The Climb » n’est pas seulement une tragicomédie sincère, car comme son nom l’indique, l’œuvre nous emmène toujours plus loin, malgré le cynisme, la trahison et la promesse des protagonistes. L’aboutissement de chacun ouvre alors des horizons, qui feront tantôt grimacer, tantôt rire et finit par retomber sur un équilibre limite revanchard, si l’on se tient à la description de l’amour vu par l’Eglise ou par des parents fétiches, dont l’émancipation ne fait aucun doute. La beauté du geste compte et on le ressent jusque dans la théâtralité de l’instant, celui qui saisit, celui qui rappelle ô combien il est plus facile d’aimer que d’haïr son alter-égo.
Un réalisateur et des acteurs inconnus portent ce film "indé" (coup de coeur à Cannes, prix du jury à Deauville) à bout de bras. Le scénario déroule, sur le mode de saynètes successives, une amitié que l'on pourrait qualifier de toxique entre deux hommes. Kyle, brave gars pas compliqué, va se marier avec sa vieille copine de lycée. L'autre, Mike, mal dans sa peau, maladroit, voire méchant, lui annonce qu'il a couché avec elle...Point de départ à une série de mauvais coups qui n'arrivent pas, vaille que vaille, à détruire cette amitié. L'humour, jamais absent, les portraits souvent chaleureux des protagonistes , malgré leurs défauts, conduisent peu à peu le spectateur à ne pas détester tout à fait le mauvais pote. Les dialogues, toujours intelligents et une mise en scène subtile nous conduisent vers un film plus profond qu'il ne veut paraître, sur les thèmes de l'amitié ou de la virilité.
Quasi film à sketch, le film raconte en fil conducteur l'amitié compliquée entre deux trentenaires. C'est tragique mais drôle aussi. Quelques petites pertes de rythme mais une mise en scène composées de jolies plans séquences qui annoncent un très bon réal en devenir !
L'ouverture avec ces deux amis à vélo autour d'un aveu cruel est drôle et géniale, la suite tient bien la route mais le fait de recourir uniquement au plan-séquence (parfois virtuose, parfois moins) et à de longues ellipses entre les sept séquences rend le film un peu monotone. Pas mal quand même.
Sortie de la séance j'ai eu le fort sentiment d'avoir perdu mon temps . Pourtant bon public et cinéphile , je n'ai pas du tout adhéré à l'histoire . Humour anglais ? comédie pseudo- française ? les extraits de chansons françaises mal venues et le rôle de cet ami très "collant" mal dans sa peau , pour finir toxique, m'ont exaspéré .On a envie de secouer l' ami trop gentil qui fond carrément devant toutes situations sérieuses qu'il doit affronter ! Fuir cet ami toxique même au nom du lien d'amitié car finalement ce n'est pas une véritable amitié . L'autre vampirise pour exister ...ce qui est quand même évoqué dans une scène . Ouf ! Je ne comprends pas les critiques plutôt favorables ( voir très !) de ce film . Quel ennui !
Michael est un quarantenaire intrinsèquement égoïste et aigri. Il aliène rapidement et efficacement tous ceux qui l’entourent. Notamment Kyle, son meilleur ami.
Une amitié qui est mise à rude épreuve dans le premier long-métrage de Michael Angelo Covino. Ces liens masculins qui pâtissent d’un manque de communication et d’une peur bleue de la vulnérabilité sont décortiqués dans différentes scènettes. Une randonnée à vélo, un Noël en famille, un enterrement, un mariage ou un séjour au ski ; le cinéaste travaille les deux personnages au corps. Les forçant dans leur retranchements physiques et mentaux. Il crée un nuancier de paysages et de troubles amicaux, confrontant réactions et évolutions dans un schéma narratif indéfiniment courbé.
Le film indépendant américain rappelle celui de Jim Cummings : Thunder Road, sorti quelques années plus tôt. De par son passage du court-métrage au long, son ton tragi-comique et son esthétique similaires, mais aussi ce protagoniste aux antipodes des standards de virilité masculins et américains. Le réalisateur joue avec finesse sur le malaise que son personnage provoque. Ce dernier fait l’objet d’une pitié attendrissante. Un attachement qui surprend tellement il se révèle être un anti-héros détestable. Loin du bad-boy en quête de rédemption, Michael est en chute libre. Il agace autant qu’il captive. Incarné avec une désinvolture crispante il est filmé avec une exigence constante. Si bien qu’il fait douter le spectateur de son propre jugement à son égard. Il l’amuse et le choque dans des plans séquences qui imposent une proximité longue et éprouvante. (lire la suite : https://cultureauxtrousses.com/2020/08/04/the-climb/)
un film inattendu, peu connu, qui prend son temps dans les scènes de dialogue, mais qui se révèle drôle et émouvant. Le début en soi vaut le détour dans la scène d'ouverture est réussie et amusante !!