A la lecture, ‘Salem’s lot’ possédait le charme des premiers bouquins de Stephen King. Simple variation sur ‘Dracula’ dans une petite ville du Maine, il développait déjà, selon les propres dires de l’auteur, tout ce qu’il y avait à développer sur les petites villes du Maine et leurs fractures souterraines et faisait partie de ces bouquins qui parviennent à vous donner l’impression que vous faites partie des habitants du coin au bout de quelques centaines de pages. Une première adaptation très kitsch était sortie dès la fin des années 70, suivie d’une mini-série au début des années 2000 que j’ai totalement oubliée et qui devait donc être totalement oubliable, et voilà désormais la dernière adaptation en date du second roman du maître du fantastique. Sur le papier, tout semble à sa place, on retrouve cette impression d’un film d’horreur “classique” (ce qui est parfaitement normal étant donné qu’il s’agit d’une histoire désespérément classique), avec des années 70 joliment reconstituées et un certain nombre de personnages secondaires, ce qui est toujours appréciable. Pourtant, quelque chose ne fonctionne pas dans ‘Salem’s lot’, outre un casting assez falot. On avait mis certains espoirs en Gary Dauberman, qui avait scénarisé la chouette adaptation de ‘ça’ (mais aussi des choses plus dispensables comme ‘La nonne’ et ‘Annabelle’) et, effectivement, la plupart des éléments du bouquins sont repris, et la plupart des personnages de premier et de second plan du récit font au moins une apparition, ce qui aurait dû permettre de “s’approprier” la ville comme la Derry de ‘ça’ ou la Castle rock de ‘Bazaar’. Alors qu’on en est toujours à s’interroger sur ce qui cloche malgré cette grande fidélité à l’écrit, la réponse surgit soudain : on a oublié d’animer tout ce petit monde ! Ils apparaissent, disparaissent, jouent leur partition comme le scénario le leur indique…mais tout semble un peu désincarné : les événements se succèdent à un rythme rapide sans que jamais l’atmosphère espérée ne s’impose.. Le résultat final n’est pas catastrophique mais quand même en demi-teinte, comme la plupart des adaptations de bouquins de Stephen King après tout. Quand à l’aspect horrifique du film, je ne suis pas la meilleure personne pour en parler, je sais que les vampires font toujours leur petit effet à certaines personnes…mais bon, les échalas tout pâles avec de longs doigts et une gueule de rat, même Robert Eggers, dans son récent ‘Nosferatu’, a compris que ce n’était plus le top en matière de frayeur…