Une histoire d'amour et de désir
Note moyenne
3,8
1032 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

89 critiques spectateurs

5
13 critiques
4
35 critiques
3
30 critiques
2
6 critiques
1
3 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Insp. Harry Callahan
Insp. Harry Callahan

7 abonnés 54 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2021
Un film un peu Rohmerian sauf les marivaudages tournent autour de culture et Littérature arabe .
Une littérature très riche dont son peuple ne s’accapare pas et n’en est pas fier.
Dans une scène, un jeune arabe converse de l’érotisme dans la littérature arabe. Son ami lui répond « ce n’est pas notre culture, ça » et il lui demande de sortir de chez lui.
Tout le film est centré sur cette frustration. Une référence.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2021
Ahmed et Farah se rencontrent le premier jour de la rentrée à la Sorbonne, sur les bancs de la fac de lettres, dans un cours consacré à la poésie arabe galante. Lui (Sam Outalbali), fils d’immigré algérien, vient du 9-3. Elle (Zbeda Belhajamor) débarque tout droit de Tunisie. Entre eux, c’est le coup de foudre immédiat. Mais chacun l’exprime à sa façon. Lui, engoncé dans les codes virilistes des cités, combat le désir qu’il éprouve. Elle, plus libérée, ne comprend pas ce garçon qui lui résiste.

Disons-le tout net : "Une histoire d’amour et de désir" est le meilleur film du mois. Et à ceux qui, perspicaces, m’opposeront qu’il est sorti le 1er septembre et que j’écris sa critique dès le 5 du mois, je renchérirai : "Une histoire d’amour et de désir" est le meilleur film d’un été qui, ces jours-ci, à Paris tout au moins, semble délicieusement jouer les prolongations !

Comme son titre l’annonce, "Une histoire d’amour et de désir" est d’abord un film qui raconte les premiers émois d’un couple amoureux et sa découverte de la sexualité. Il le fait avec une sensualité débordante, avec pudeur mais sans pruderie, en convoquant les plus belles pages de la littérature arabe érotique, un moyen – certes un peu téléphoné – d’exciter les sens des personnages – et des spectateurs avec eux – mais aussi de rappeler que l’Islam n’a pas pour seul visage celui des Talibans obscurantistes de Kaboul.

Le sujet du premier amour pourrait sembler convenu. il a déjà été si souvent traité dans la littérature et au cinéma. Mais Leyla Bouzid le renouvelle en renversant les rôles. Contrairement aux usages, ce n’est pas la fille, timide et vierge, qui résistera au garçon, mais l’inverse. Ici, c’est Ahmed qui, malgré le désir qui l’enflamme, repousse les avances de Farah. Son attitude, qui désarçonne la jeune fille, a plusieurs causes. Elle s’explique par son inexpérience (Ahmed est puceau), par sa timidité (il est maladivement incapable d’exprimer ses sentiments et de prendre la parole en public). Elle s’explique aussi par les valeurs dans lesquelles il a grandi, dans sa famille et dans sa cité, où la fille doit impérativement conserver sa virginité jusqu’au mariage et où celles qui ne respectent pas cette règle – comme Farah dont la sexualité débridée le choque – ne méritent pas le respect.

Car "Une histoire d’amour et de désir", comme son titre ne l’annonce pas, est aussi un film social sinon politique. Ahmed et Farah incarnent deux façons archétypales d’être magrébin en France aujourd’hui. Le père d’Ahmed est un intellectuel algérien déclassé qui a dû fuir les années de plomb en Algérie. Au chômage de longue durée, il nourrit une double rancœur contre l’Algérie qui l’a rejeté et contre la France qui l’a si mal accueilli. Son fils a été élevé dans l’ignorance de la culture et de la langue de ses origines avec comme seule planche de salut la poursuite d’études supérieures à Paris. Farah a un profil bien différent. Double autobiographique de la réalisatrice Leyla Bouzid, elle est issue de la classe moyenne tunisienne, francophone et francophile. Elle est née et a grandi à Tunis, y a passé son baccalauréat. Mais, douloureusement consciente du manque d’opportunités que son pays lui offre, elle vient à Paris, poussée par ses parents, y poursuivre ses études (comme Leyla Bouzid qui, après des études de lettres à la Sorbonne, intégra la Fémis).

J’avais adoré le premier film de Leyla Bouzid, sorti fin 2015, "À peine j’ouvre les yeux". Je lui ai préféré encore le deuxième. Espérons qu’il ne faudra pas attendre si longtemps le troisième. Quant à Sam Outalbali, l’acteur si juste qui joue Ahmed, on devrait le revoir très bientôt sous la direction de Cédric Jimenez, le réalisateur de "BAC Nord", dans "Novembre", le film qu’il vient de tourner sur les attentats du 13-Novembre avec Jean Dujardin, Anaïs Demoustier, Sandrine Kiberlain….
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2021
C'est sans doute le plus beau film de la rentrée : tout en langueur, en patiences, en désir, et en érotisme.
JM35
JM35

2 abonnés 10 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 septembre 2021
Quel ennui ! Il ne se passe rien, aucun rythme. On est pressé que ça se termine. A fuir !
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2021
Une histoire d'amour et de désir

Vu hier soir le 5 septembre 2021 au ciné de mon quartier #@espace1789 et le plaisir d'être présente au débat lors du riche et sympathique échange avec la réalisatrice #leylabouzid.
J'avais un doute en lisant l'affiche de voir à nouveau un film traitant de "la banlieue " (terme banalisé et plein d'aprioris du coup ! ). Un film comme  @Gagarine @Bonne mère @Fragile @De bas étages @ibrahim ...par exemple ), films vus parfois très aimés parfois moins. 
Non "Une histoire d'amour et de désir " parle surtout et déjà de littérature, de sensualité , d'un érotisme poétique ... tout est désir les mots murmurés, les regards ou même les  "non regards" en fuite. Le choix des plans photo , le choix des deux comédiens  sont magiques et magnifiés. Bien sure en filigrame Ahmed est issu de l'immigration politique algérienne et habite une cité où ses potes  "tiennent les murs ",  bien sure Farah vient de Tunis pour étudier en France mais la réalité du film c'est l'éveil amoureux d'un jeune homme timide et romantique idéalisant l'objet amoureux "sa muse"  ; c'est l'apprivoisement du désir, du plaisir.
C'est l'acceptation de l'amour des corps au-delà de celui des âmes.
Un film délicat qui sait se saisir de la sensibilité du spectateur  séduit.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 septembre 2021
Ce film a été reconnu et apprécié dans les festivals. Alors qui suis-je ici pour faire la fine bouche ? Eh bien, un spectateur lambda. Avant moi, les notes d’une et deux étoiles n’ont été assorties d’aucun commentaire. Comme s’il n’y avait rien à dire ? Alors qu’y a-t-il dans ce film ? Le joli minois de Zbeida Belharjamor dans le rôle d’une étudiante en littérature arrivée de Tunis « qui n’est pas le bled » et où « tout le monde parle français », maîtrisant par contre parfaitement en parallèle la culture et l’écriture arabe. Une « bourge » pour son camarade de fac, français de souche algérienne, qui lui ne connait pas la langue de ses géniteurs. Il interrogera d’ailleurs son père à ce sujet. Lequel lui répondra que « ça ne lui aurait servi à rien ». Gêné par ce qu’il découvre de cette culture, il va rester coincé dans des interdits face à la jolie Farah. Oui et alors ? Comment tout ça va se décanter ? De manière soporifique. Le sujet et le thème sont là mais l’abord hautement littéraire prive le spectateur d’actions et d’interactions. Même pas la petite morale ou leçon qui signe souvent ce type de réalisation. Le scénario d’un film, ce n’est pourtant pas un livre ! L’immersion n’est pas la même.
India
India

5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2021
rien de plus secret, de plus impossible, et rien de plus exposé, de plus fragile… la grâce et la force de la première fois comme une dernière
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 489 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2021
Un film d'une grande finesse et d'une grande beauté sur la sensualité aujourd'hui souvent mise de côté dans la culture arabe, et donc sur les conflits que cela engendre chez et entre les jeunes issus de cette culture. La mise en scène est troublante de désir, le couple d'acteur est merveilleux, le scénario intelligent car il évoque le malaise des jeunes hommes arabes. Tout est juste et sensible et loin des clichés sur les banlieues et l'immigration. Le malaise de la génération des parents et en particulier du père du héros est également évoqué avec tendresse et subtilité. Les autres acteurs, la bande-son et la lumière concourent également à la réussite du film. Intelligence et émotion.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2021
Avec un titre pareil, on s'attendrait à une romance à la française avec son flot insipide de belles paroles. En réalité, "Une histoire d'amour et de désir" fait rencontrer deux destins dans l'univers feutré de l'université de lettres de la Sorbonne, à savoir un jeune-homme des cités normalement promu à une certaine forme d'exclusion, et une jeune tunisienne normalement victime de la pauvreté et de l'errance des migrants. En fait, le film prend le contre-pied de tous nos pires stéréotypes et s'invite dans le cœur de ces deux jeunes-gens, à travers un cours de littérature comparée où il est question de l'impertinence érotique de poèmes anciens arabes.

Rarement, on n'aura vu au cinéma un scénario aussi bien écrit. Les mots coulent dans une poésie profonde mais jamais orgueilleuse. Le récit cherche à comprendre dans ces deux personnages sensibles, les empêchements culturels qui les tiennent à distance l'un de l'autre. La réalisatrice réécrit le mythe souvent vu au cinéma des amours impossibles, mais cette fois par le filtre de la culture lettrée et sociologique du Maghreb. Les deux comédiens s'adonnent avec beaucoup de délicatesse et de pudeur dans la psychologie de ces personnages, confrontés à l'imaginaire de leur culture, la difficulté à trouver leur place dans une société à la fois française et arabe. La famille d'Ahmed est magnifique dans les traits notamment d'un père de famille qui a du renoncer à sa carrière intellectuelle et se soumettre aux besoins de main d’œuvre de la France.

"Une histoire d'amour et de désir" est un véritable enchantement. On se perd avec délectation dans cette éducation sentimentale où pour une fois, les banlieues sont présentées de façon ouverte et généreuse. Pour autant, le récit ne cède pas à la facilité ou à la mièvrerie. Au contraire, la mise en scène choisit la complexité pour donner chair à ces deux êtres beaux et amoureux.
romain p.
romain p.

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 septembre 2021
Les thèmes du vin, de la bonne chère, de l'érotisme, des femmes, sont très présents dans la littérature arabe (et persane) d'il y a quelques siècles (voire plus récemment en Iran d'avant la révolution islamique), ce qui semble souvent incongru au vu de la situation et des moeurs dans ces régions du monde. Comme le dit d'ailleurs un personnage algérien déclassé depuis son arrivée en France : "c'était la belle époque". Le film s'aventure sur ce terrain glissant avec une intelligence et une grâce qui laissent pantois. Il se hasarde à mêler cette dérive sociale et de contrôle des moeurs sexuelles de la jeunesse, y compris avec les émigrés établis en France, avec d'autres thèmes très contemporains sur le contrôle social, le racisme, le déracinement des deuxième ou troisième génération d'immigrés. L'habileté, la justesse et la délicatesse avec lesquelles la réalisatrice mène son histoire, portée par une mise en scène sobre mais plus complexe qu'il n'y paraît, sans effets superflus, sont bluffants. Un thème passionnant et traité avec le talent qu'il méritait. On ne boude pas son plaisir !
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2021
Un joli thème ambitieux: découvrir l’Amour à l’université, en même temps que la littérature érotique arabe (contes des Mille et une nuits?)

La réalisatrice a fait preuve d’audace en traitant la sexualité, parallèlement à la découverte de la littérature orientale. Elle réussit à approfondir les thèmes abordés.

Un garçon d’origine algérienne coincé entre ses deux cultures ? Mais, est-il vraiment si amoureux ? J’ai aimé le beau personnage du Père, journaliste algérien brutalement dévalorisé à son arrivée en France
Une jeune fille épanouie, tellement différente...
C’est un fait, je me suis ennuyé et je l’ai trouvé davantage « cérébral » que « sensuel »
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2021
Une histoire d'amour et de désir est construit selon des contrastes et des oppositions : pudeur et sensualité, ouverture et préjugés, peur (masculine) et audace (féminine), mots et silence, écrit et oral ... L'exercice pourrait être scolaire mais grâce au talent de Leyla Bouzid, dont le premier long-métrage, A peine j'ouvre les yeux, était mieux qu'une promesse, il devient solaire, tout en grâce et en retenue intense. Le film, merveilleusement fluide et empli d'empathie, raconte une naissance des sens au masculin, cristallisant une situation romantique où la virilité se traduit autrement que par des clichés. Patience et langueur de temps, Une histoire d'amour et de désir n'oublie pas de situer précisément ses deux héros du point de vue social et de donner corps à d'autres protagonistes (le père, la sœur, les amis ...), personnages périphériques importants de la rencontre amoureuse. Au passage, Leyla Bouzid témoigne de la pluralité de la communauté maghrébine, loin des poncifs, là encore, et rappelle la richesse de la littérature arabe de l'âge d'or, enivrée de vin et d'étreintes. Le film est cérébral et poétique, deux qualités en l'occurrence, dès lors qu'il manifeste une une bienveillance douceur (douleur, parfois) permanentes. Une histoire d'amour et de désir possède le charme, presque indicible, des premières fois et des parcours initiatiques. Il en est donc rare et immédiatement précieux. Et universel, aussi, tant qu'il y aura de l'amour sur terre.
L'AlsacienParisien

686 abonnés 1 431 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2021
Voilà un très beau film qui relate de l'éveil de la sexualité et la naissance d'un amour. Entre pudeur et poésie, retenue et impulsions, Leyla Bouzid vise en plein dans le mille avec son deuxième long-métrage. On rencontre Ahmed, un jeune homme de 18 ans d'origine algérienne habitant dans une cité, qui entame un cursus de littérature arabe sur les bancs de La Sorbonne. Il y fait la rencontre de Farah, une tunisienne venue spécialement en France pour ses études. Le courant passe, et quelque chose naît. Mais dans une société où la sexualité se vit de façon décomplexée, le jeune homme, hésitant et timide, n'arrive pas à laisser libre cours à son désir bouillonant. Avec une délicatesse et une sensualité enivrantes, la réalisatrice érotise le corps masculin et met en scène le chemin de sa première fois, de ses blocages à ses lâcher-prises. C'est si bien joué, filmé et riche d'enjeux qu'on en oublie la simplicité du récit. En effet, Sami Outalbali est parfait, tout comme sa partenaire Zbeida Belhajamor. Alors que le premier semble être en contrôle permanent, guidé par ses valeurs et la peur d'être jugé et rejeté, la seconde est libérée dans l'expression de ses sentiments. Il y a presque ici une mise en parallèle de la culture algérienne et de la culture tunisienne. La première est une culture forte de traditions tandis que l'autre est plus "occidentale", moderne et apaisée. J'ai trouvé fascinant d'observer ces différences qui ne me parlent pas de prime abord mais qui constituent toute la force du récit. L'autre point qui m'a séduit, c'est la place qu'occupe la littérature dans l'éveil des sens et des plaisirs de la chair. Par le biais de scènes de cours avec une professeure passionnée mais autoritaire, la littérature devient le ciment qui imbrique les différentes scènes intimes entre elles. D'ailleurs, ces séquences sont très belles, notamment celle où Ahmed lit des poèmes arabes érotiques dans sa chambre. Enfin, le scénario de "Une histoire d'amour et de désir" a le mérite de casser les idées reçues en figurant une culture arabe ouverte au monde, au plaisir et au corps. Il y a aussi une volonté de montrer une génération à la croisée de deux cultures, frustrée d'une transmission incomplète et condamnée à l'échec juste parce qu'elle est issue de la banlieue. Enfin, les quelques personnages féminins sont forts, déterminés et indépendants ; de la soeur rebelle à la mère compréhensive et aimante, en passant par la copine fêtarde qui sait ce qu'elle veut... Ça en dit beaucoup sur la jeunesse, la différence mais aussi sur le standard de la virilité chez les hommes arabes, où l'amour et la tendresse ne semblent avoir que peu de place...
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 799 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2021
Une mise en scène subliment sensuelle, un récit subtil et intelligent et des acteur.trice.s excellent.es. dont l'alchimie crève l'écran. Il est cependant dommage que le protagoniste soit encore un garçon et l'objet du désir, la muse, la femme qui ici n'a aucune voix, cela aurait été tellement plus passionnant de renverser les rôles, dommage.
Charles-Antoine Bertaux
Charles-Antoine Bertaux

66 abonnés 41 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2021
Bravo Sami Outalbali (que j'ai découvert dans Sex Education et que j'ai hâte de retrouver dans Novembre sur le 13 novembre 2015) et Zbeida Belhajamor, LA révélation de 2021 à mes yeux ! Magnifique chronique étudiante, contée au cœur de Paris et de la Sorbonne, sur le désir et l'Amour ❤️
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse