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jawsylo
9 critiques
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2,0
Publiée le 4 décembre 2021
Je n'ai vraiment pas accroché... Le cadrage caméra à l'épaule m'a donné mal au cœur, et je n'y trouve pas de plus-value pour passer le message. Quelques scènes surprenantes avec un bon acteur, mais vraiment pas terrible a mon goût dans son ensemble.
Excellent film, bien réalisé et décapant. Nadav Lapid s'en prend à la mort de l'expression artistique et des libertés dans son pays, Israël. Qui plus est, il a le courage de dire ses 4 vérités au régime israélien et sa politique d'oppression du Peuple palestinien, que ce régime maintient sous occupation militaire cruelle, poursuivant la colonisation illégale de la Palestine et la répression qui va avec. Le cas de l'adolescente palestinienne qui a giflé un soldat s'introduisant dans sa maison est pris en exemple. La video de cette gifle était devenue virale et avait fait le tour du monde, lui valant une peine de prison ferme de 6 mois. Smotritch, un député israélien avait alors osé affirmer "qu'il fallait lui briser le genou" ; d'où le titre du film... Un film qui raconte crument et avec brio une vérité dramatique de persécution de tout un peuple sans défense, qu'une conférence sur le sujet ne saurait pas aussi bien dire... A voir absolument !
Le film de Nadav Lapid est l'œuvre de quelqu'un qui ne cesse de se mettre en colère. Mais contre quoi? La société israélienne, l'esprit militariste, les mentalités de ce pays en état de guerre perpétuel ? Comme si on ne pouvait plus traiter des sujets, autres que les valeurs militaires ou la fraternité au combat, pour avoir droit à une maigre subvention du ministère de la culture. On ne doit rien à personne. On se doit juste de rester soi-même, un être libre jusqu'au bout Et peut importe les avis unanimes des habitants de ce village dans le désert d'Arava ou le réalisateur présente un de ses films passés... Et cette question lancinante qui revient: que sommes nous devenus ? Tout est dans le formulaire qu'on doit remplir, faut- il cocher la case "je renonce à ce que je suis" ? Cher Nadav, on ne renoncera jamais, on cherchera à l'infini des synonymes pour décrire le monde, comme vous le voyez et comme nous le voyons... En révolte permanente contre la médiocrité consensuelle. L'heure est venue de régler les comptes...
Pour être distribués en dehors d'Israel , les cinéastes israéliens se sentent obligés de vomir leur pays en encaissant les subventions ; Lapid n'avait pas besoin de cela pour quitter Israël où les critiques des citoyens sont les plus dures ! L'exercice de la démocratie n'est facile nulle part; Ma critique vous déplaît ? Dites moi pourquoi ? De quel droit vous supprimez une critique qui vous déplaît ?
Cri de rage politique dont les décrochements du récit (un raccord transporte le personnage du désert à une rue dans une grande ville) et les embardées de la caméra (p. ex. va et vient rapides de la caméra pour filmer les champs / contrechamps) donneront la nausée à certains... et forceront l'admiration d'autres.
une critique de la politique israélienne assez originale. Par contre le film est assez déroutant. Quoiqu'il en dise le "heros" à un comportement plutôt cynique.
Le genou d’Ahed fait référence à Ahed Tamimi, cette adolescente palestinienne qui avait giflé un soldat israélien à un checkpoint, et dont un député de la Knesset avait affirmé qu’il ne serait pas mécontent qu’on lui tire dans la rotule. C’est aussi un prétexte, un film dans le film, un projet expérimental que l’avatar du réalisateur à l’écran, Y, se prépare à projeter en avant-première dans un kibboutz israélien reculé du Néguev, tout comme les conversations téléphoniques de cet avatar avec sa mère mourante constituent une allégorie de son rapport à sa patrie, tout aussi mourante et avant tout des espoirs qu’elle n’a pas pu concrétiser et des rêves qu’elle a regarder disparaître. Tout l’enjeu du scénario est de découvrir si le metteur en scène va accepter de se soumettre à la représentante locale du Ministère de la culture, qui exige de connaître au préalable le contenu du film et les intentions du réalisateur, afin de vérifier qu’ils correspondent à sa liste de thématiques autorisées, méthode qui a fait ses preuves pour pousser les créateurs à l’auto-censure et ficher les plus récalcitrants. Nadav Lapid est un cinéaste en colère, contre son pays qu’il voit sombrer chaque jour un peu plus dans l’autoritarisme : c’est sans doute la raison pour laquelle il alterne, d’une façon qui peut sembler parfois gratuite, des mouvements de caméra chaotiques et de longs travellings contemplatifs sur le désert. Une autre impression qui revient souvent, c’est que ces aspects expérimentaux, tout comme les curieuses saynettes musicales, constituent une manière d’occuper utilement l’espace disponible dans l’attente des points chauds du film, ceux qui permettent à Lapid de vider personnellement son sac à travers les monologues et les dialogues prévus par le scénario. A ce titre, ‘Le genou d’Ahed’ est peut-être plus un manifeste politique qu’un film. Nadav Lapid l’a réalisé bien avant le drame d'octobre 2023 et la destruction consécutive de Gaza : ça m'étonnerait que son humeur se soit arrangée depuis lors.