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Henner
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3,0
Publiée le 12 novembre 2022
L'histoire d'une initiation à l'école et à la vie. James Gray, le réalisateur est talentueux. Il sait faire contrairement à quantité de jeunes réalisateurs français sponsorisés par le contribuable et qui impriment la pellicule comme on poinçonnait autrefois des tickets de métro. Donc sur une histoire somme toute assez banale il brode joliment sur l'éducation en évitant la caricature comme "l'école çà ne sert à rien" ou "il est interdit d'interdire". ou "ni prof ni maitre" ou "l'enfant est son propre maitre." Il n'y a pas de messages matraqués au canon Caesar. Dans le rôle du père de l'enfant on retrouve le magnifique Jeremy Strong que l'on avait découvert dans la série "Succession" où il incarnait le fils qui veut manger le père. Anthony Hopkins en grand-père "gâteau mais exigeant" va bien lui aussi. Bon certains diront peut-être que le gamin a une tête à claque mais c'est une question de goût. Rien de génial, mais au total on passe un bon et élégant moment ...
Autant j'ai adoré Ad Astra et le douloureux lien père-fils vécu dans la solitude de l'espace intersidéral, autant je suis déçue par Armaggedon Time, qui manque cruellement de subtilité. Sensation de ficelles et de déjà-vu.
La filmographie de James Gray est probablement l’une des plus surcotées qui soient, en tout cas par la critique française. Elle n’est pas indigne (Little Odessa et The Yards étaient même très bien ; les films qui ont suivi beaucoup moins). Et le cinéaste a un talent indéniable qui se confirme dans ce nouvel opus : réalisation feutrée, bonne direction d’acteurs. Il sait aussi s’entourer. Ici, Darius Khondji à la photo fait un travail superbe ; le casting (ados et adultes) est impeccable ; et l’affiche du film, c’est un détail, est très élégante. Au demeurant, la quasi-unanimité d’éloges critiques est assez déroutante. On pourrait dire que la grande maîtrise formelle jette de la poudre aux yeux. Forme très classe (mais aussi très classique), fond platounet. Certes, tout se tient dans ce scénario intimiste, dont la teneur autobiographique et la simplicité marquent une évolution dans la carrière de l’auteur. Mais il n’y a vraiment rien d’original à souligner, ni dans le tableau d’une famille juive, ni dans le roman d’apprentissage d’un ado « à problèmes ». Le minimalisme narratif de James Gray enchaîne les poncifs sans leur donner de saveurs ou de reliefs particuliers (sauf à la fin, au moment du deuil et du vol). Le discours sur les discriminations et l’injustice est une leçon de morale d’une facilité confondante. L’évocation du passage aux années Reagan et l’annonce des années Trump reste assez anecdotique. Et le tout se déroule sur un rythme monocorde, aux effets de longueurs, et d’une manière policée qui fait que, malheureusement, rien n’imprime vraiment l’esprit.
Ai vu "Armageddon Time" de James Gray. J'ai toujours eu beaucoup de mal à entrer dans le cinéma de James Gray que je trouve fabriqué et vieillot. Jamais je ne serai allé voir ce dernier opus, si la presse n'avait pas été aussi unanimement dithyrambique. Et à nouveau au bout de 5 minutes je n'avais qu'une envie... sortir de la salle. Je suis quand même resté jusqu'au bout... mais que le temps m'a paru long. "Armageddon" est dans la bible le lieu de bataille entre les hommes et les Dieux. Ici nous comprenons très vite que le lieu de bataille (New York dans les années 80) met en confrontation Paul Graff jeune adolescent et le monde des adultes : ses parents, ses profs, la police...Tout est surfait et convenu. Convenu le discours sur le choc des générations, sur le racisme, l'échec de l'école quand à la mixité sociale, les conseils (avérés mais tellement attendus) du Grand-Père (Anthony Hopkins). Et surfait le jeu des acteurs. Anne Hathaway dans le rôle de la mère n'a strictement rien à défendre tant son rôle est monolithique, Jérémy Strong dans le rôle du père joue avec la légèreté d'un fer à repasser... et surtout Banks Repeta (Paul Graff) petit génie du cabotinage in-sup-por-table. Le scénario répétitif et qui laisse le spectateur avoir toujours un coup d'avance, n'est pas toujours crédible tant on ne comprend pas la rébellion surfaite de cet adolescent et ce dès la première scène le premier jour de la rentrée. Gray n'a pas toujours la rigueur qu'il faudrait et plusieurs scènes sont totalement "incredible" comme on dirait à New York. spoiler: Par exemple le jeune Paul veut faire un cambriolage d'un ordinateur qui est juste sous la fenêtre par laquelle il entre... au lieu de se saisir de l'objet convoité et de partir, il se promène calmement dans les couloirs pour contempler plusieurs dessins (dont le sien)spoiler: . Cet exemple est un parmi plusieurs qui m'ont empêchés d'entrer dans ce cinéma suranné et surestimé. Seul morceau de bravoure l'interprétation de Jessica Chastain dans le rôle de Maryanne Trump (la soeur effrayante de...) mais la scène dure 3 minutes. Si vous voulez voir un film américain sur l'adolescence dans les années 80 c'est indéniablement "Licorice Pizza" de Paul Thomas Anderson qu'il faut voir. Là il y a de la vie et du cinéma.
Paul Graff a onze ans. Il grandit dans le Queens, un quartier de New York, au sein d’une famille juive ashkénaze (son arrière-grand-mère a fui les pogroms d’Ukraine) qui se réunit régulièrement autour de grandes tablées bruyantes. Paul est couvé par sa mère (Anne Hathaway) mais élevé à la dure par son père (Jeremy Strong). Il est profondément attaché à son grand-père (Anthony Hopkins). Ecolier rêveur, plus doué pour le dessin que pour les matières académiques, il fait son entrée au collège et s’y lie immédiatement d’amitié avec Johnny, un jeune redoublant noir élevé par sa grand-mère grabataire.
James Gray est sans doute un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. Chacun de ses films depuis près de trente ans a fait l’événement : "Little Odessa", "The Yards", "Two Lovers", "La nuit nous appartient", "The Lost City of Z"…
"Armageddon Time" est, à ce jour, son oeuvre la plus autobiographique. Il y raconte sa pré-adolescence, au début des années 80, juste avant l’élection de Ronald Reagan qui, pour ses parents, électeurs démocrates convaincus, sonnait le glas de l’apocalypse nucléaire (c’est ainsi que s’éclaire non sans mal le titre cryptique du film sur lequel a été mixé le titre paronyme de "The Clash", face B du single "London Calling", "Armagideon Time", nourri d’une colère rentrée).
Qu’un réalisateur raconte son enfance est décidément monnaie courante. Quentin Tarantino ("Once Upon a Time… in Hollywood") et Paul Thomas Anderon ("Licorice Pizza") viennent de le faire. Fellini ("Amarcord") et Coppola ("Peggy Sue s’est mariée") l’avaient fait avant eux.
Le problème est que le genre est désormais galvaudé et manque d’originalité. C’est bien là le principal défaut d’"Armageddon Time". Bien sûr, il est remarquablement scénarisé, remarquablement interprété (une mention spéciale au jeune Banks Repeta au début, on l’espère d’une longue carrière et à Anthony Hopkins, bien entendu, à la fin de la sienne), remarquablement éclairé par le grand Darius Khondji), remarquablement monté. On ne s’y ennuie pas une seconde, même s’il progresse à un rythme de sénateur et traverse à mi-parcours un ventre mou. Mais ses rebondissements, dont on ne peut rien dire, sont tellement prévisibles qu’ils perdent tout intérêt.
"Armageddon Time" ne se limite toutefois pas à une nostalgique chronique familiale et à un récit d’apprentissage comme on en a tant vus. Il se double en effet d’une analyse très intelligente et, elle, plus originale, du défi rencontré par les deux minorités, juive et noire, à trouver leur place dans l’Amérique de Ronald Reagan et de Donald Trump.
Grosse déception, je me suis ennuyé les 3/4 du film. La comparaison avec les "400 coups" de Truffaut est très exagérée. Le personnage de Paul, rôle principal, est sans épaisseur, ne soulève aucune empathie. Tout ça filmé mollement. Seuls deux scènes m'ont un peu tirées de ma torpeur à la fin du film : l'interrogatoire au commissariat et dans la voiture, le dialogue entre le père et le fils. C'est maigre.
C'est un film sur la difficulté de trouver son chemin quand on est un jeune garçon qui traverse l'adolescence...
Cela se passe dans une famille juive américaine qui lentement s'éloigne de ses racines ancestrales, le judaïsme traditionnel (cf. le choix du titre Armageddon qui renvoie à une épisode tragique seulement cité dans l'Apocalypse de Saint Jean !).
On est principalement dans un univers masculin et la figure féminine centrale est la maman dont le père (joué par Anthony Hopkins) est le héros du film.
J'ai lu que ce film de James Gray est en partie auto-biographique (vrai ou faux ?) en tous les cas cela m'a renvoyé à ma propre adolescence (qui remonte à très loin aujourd'hui mais dont je garde un souvenir horrible sauf la découverte de l'art).
Le film est long et lent ,l enfant qu etait James Gray , spectateur comme nous, se débat comme il peut dans cette Amérique monstrueuse. Il se souvient de son enfance dans le Queens, les années 80, son insolence face à sa famille hyper unie, intégrée,pudique et meurtrie par le rêve américain de plus en plus inaccessible et frustrant,de son grand-père merveilleux qui sacrifie tout sauf sa loyauté, le collège élitiste du clan Trump, l élection de Reagan , le racisme toujours plus écoeurant et injuste que subit son ami .C est très bien réalisé , un peu ennuyant, mais juste et très bien interprété.
Bavardages ennuyeux. Une vague morale plutôt scolaire avec un Reagan dont on n'aborde pas les méfaits. Sans Hopkins et Hathaway, le film serait passé inaperçu.
Film irrégulier de James Gray..avec un début très lent..le film prend de l'ampleur vers la moitié du film...mais c'est déjà trop tard et c'est bien dommage..un peu je pense autobiographique sur la jeunesse du directeur dans la banlieue de NY le Queens dans les années 80.. A voir si fan de James Gray sinon passez chemin
J’ai regardé peu de films de James Gray, et je trouve qu’il arrive à manier l’art de la poésie visuelle ; donc quand je vois qu’il sort un nouveau film, je suis directement client. Et j’ai apprécié regarder ; c’est concrètement un bon film qui a un rythme peut-être un peu trop lent mais une histoire personnelle et une mise en scène singulière.
Effectivement, le scénario est littéralement très intéressant ; j’ai d’ailleurs cru comprendre que le film est plus ou moins autobiographique et cela se ressent. James Gray évoque souvent les relations paternelles et là, son sujet de prédilection est à son paroxysme. Les personnages sont vraiment bien écrits et on saisit les caractères ; leurs développements sont crédibles et cohérents avec les péripéties ; bien que certains personnages sont un chouilla caricaturaux. Par contre, je trouve que le film paraît un peu long et je me suis un peu ennuyé vers la fin.
Quant à la réalisation, elle est parfaitement millimétrée et maîtrisée. Il y a des mouvements de caméra et des cadrages très modernes mais une photographie relative à l’époque à laquelle se déroule l’histoire. Sinon, il y a de magnifiques jeux de reflets et de découpage de l’image, notamment lors des séquences dans la maison ou au musée. Et le plus marquant dans ce film, c’est avant tout la musique qui prend une place importante et nous donne de grandes émotions ; je ne la trouve pas assez présente.
C’est sans grande surprise que je vais recommander ce film car il est vraiment personnel et c’est cool de voir des films comme celui-là. D’autant plus que les acteurs sont incroyables dans leur rôle et le traitement du son est impressionnant. D'ailleurs je trouve qu'il y a vraiment beaucoup de références au film "Les 400 coups", et j'adore ce film.
avec la bande annonce on a vu tout le film! qq costumes surfaits 80's pour faire pseudo ambiance et scènes familiales peu crédibles ou incongrues... une vraie perte de temps!
Après 4 chefs d’œuvre (Little Odessa, The Yards, La nuit nous appartient et Two Lovers) j’avais perdu de vue James Gray. Le voici de retour sur les thèmes qui lui sont chers et dans lequel il excelle : l’intime, la famille. Mais pour autant, à aucun moment James Gray ne verse dans la nostalgie, dans la douce description d’un paradis perdu. Non, le monde qu il nous décrit est cruel, comme l’est avec ses parents le personnage de ce jeune enfant. Armageddon Times est un film qui avance sans fracas, sans effet mais qui, au fil des séquences, vous émeut, vous intrigue, vous accroche. On y retrouve l’atmosphère de Little Odessa et de toute évidence c’est un film autobiographique, à la fois très daté ( le début des années 80), très contemporain et social (rien n’a bougé depuis les années Reagan ou du moins rien ne s’est amélioré. ) Parmi les très grandes qualités de ce film (scénario classique mais très finement ciselé, mise en scène sans esbroufe, magnifique photo de Darius Khondji) il faut saluer la très belle interprétation. Le jeune héros, qui ose affirmer avec panache sa singularité et évoque a de nombreuses reprises le jeune Antoine Dioinel, Anthony Hopkins magnifique d’humanité, Anne Hathaway dans un registre different, entre abandon et émotion et Jeremy Strong formidable en transfuge de classe, père aimant dépassé par les événements et ce foutu rêve américain qui veut que tout le monde se sente obligé d’avoir une bonne place au festin de la vie…et enfin le jeune ami, qui nous amuse et nous bouleverse. Car Armageddon Time est aussi, et peut être surtout, une histoire d’amitié entre deux momes d’une origine sociale tres différente er qui pourtant se reconnaissent. Et surtout un film qui, même si son auteur se penche sur sa jeunesse, ne cède jamais à une nostalgie douillette ni aux travers une reconstitution folklorique. Il y a chez James Gray une exigence morale et esthétique qui force le respect car il réussit à faire passer de grandes émotions sans jamais céder à la facilité.