Avis : La Plus Précieuse Des Marchandises - Page 9
La Plus Précieuse Des Marchandises
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Fiers R.
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3,0
Publiée le 7 janvier 2025
Des cinéastes touche-à-tout et versatiles qui vont d’un genre à l’autre avec aisance cela ne court pas les rues. Si le cinéma américain a, par exemple, James Mangold (« Logan », « Une vie volée », « 3h10 pour Yuma » et bientôt « Un parfait inconnu »), nous avons très certainement l’un de ses plus beaux représentants avec l’hétéroclite Michel Hazanavicius aussi bien capable de nous livrer le multi-oscarisé film hommage en noir et blanc « The Artist » que des épisodes de « OSS 117 » voire un remake d’une comédie d’horreur sud-coréenne avec « Coupez! ». Il n’est donc pas étonnant de le voir aux manettes d’un film d’animation adapté d’un conte. Et le sujet est ô combien particulier et fort puisqu’il prend comme contexte la Shoah et les déportations...
On salue fortement le geste même si ce sujet a déjà été maintes fois traité (et souvent en mieux ou, en tout cas, en plus impactant et puissant). « La plus précieuse des marchandises » développe néanmoins toutes les caractéristiques du film pédagogique pour lequel on fait une sortie cinéma pour la classe dans le cadre d’un cours d’histoire. Il permet en effet, de manière un peu démagogique parfois, d’aborder ce sujet si dur et sombre pour les plus jeunes. Car oui, ce film d’animation peut être vu par tous - hormis les petits enfants de moins de dix ans on va dire - mais il est forcément sombre et tragique. Et d’ailleurs la musique un peu trop envahissante est là pour nous le souligner. Les voix de Grégori Gadebois, Dominique Blanc et Denis Podalydès sont en revanche parfaitement castées et leur timbre si singulier colle parfaitement au récit tout comme celle de Jean-Louis Trintignant en tant que narrateur.
L’animation est quant à elle très particulière. On sent qu’Hazanavicius a fait le choix d’un formalisme à l’ancienne. Les mouvements des personnages, la texture de l’image et la conception de l’animation nous rappellent volontairement à des périodes où l’animation n’en était pas aux progrès tels qu’on les connait aujourd’hui chez Pixar ou d’autres. Cela donne à « La plus précieuse des marchandises » un côté très suranné et un aspect presque fait de bric et de broc qui lui confère un certain charme. Le film a le mérite d’être très court (moins d’une heure et quinze minutes hors générique) mais il y a tout de même pas mal de lenteurs que l’on ne sentait pas dans le bijou de l’année en animation qui était pourtant sans dialogue... On parle bien sûr de « Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau » et cela confirme une année 2024 pleine d’offres d’animation différentes et exaltantes (on rajoutera « Mémoires d’un escargot » qui sort en France la semaine prochaine » ou encore « Mon ami robot » de Pablo Berger sorti au Québec en 2024). Des propositions étonnantes, variées et riches même si celle-ci est peut-être celle qui nous a la moins touché malgré son sujet à haute teneur émotionnelle mais qui a du mal à nous soutirer véritablement de l’émotion.
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Un film d'animation intéressant qui parle de la souffrance de pauvres gens infligée par des gens méchants ou indifférents. Bien sûr rien n'est nommé et bien sûr on ne reconnaît rien des personnes en cause. Il ne faut pas dire leurs noms et comme le dit le narrateur rien de tout cela n'est arrivé. Seul l'amour compte
M. Hazanavicius réussit là un très beau film, dans un domaine qui n'est habituellement pas le sien : le dessin animé et le récit historique.
Il ajoute ainsi un domaine nouveau à sa palette filmographique. Cette "marchandise" est un très beau film, aussi bien du point de vue de l'histoire (à partir d'un conte), que du graphisme et sa mise en scène.
Un dessin animé qui conviendra à tous, quelquesoit l'âge, qui n'élude rien de son sujet mais le montre avec sensibilité.
On ne peut nier la diversité des films du réalisateur (parodie de films d’espionnage ou d’horreur, film muet en noir et blanc, film biographique, drame de guerre, comédie), d’où l’intérêt de ce film d’animation, adapté du roman éponyme (2019) écrit à 80 ans par Jean-Claude Grumberg (également scénariste de 5 films de Costa-Gavras). Le point de départ n’est pas nouveau et figurait déjà dans « Les uns et les autres » (1981) de Claude Lelouch où une femme (ici, un homme) abandonnait son bébé sur la voie du train à destination d’Auschwitz-Birkenau et qui était recueilli (ici par la femme d’un bucheron polonais). Bien sûr, le film est plombant [la voix off de Jean-Louis TRINTIGNANT (1930-2022) en rajoute] mais il a le mérite de parler d’événements qui ont presque 80 ans, à un moment où les survivants des camps de la mort nazis ont quasiment disparu et ne peuvent plus témoigner face aux négationnistes. Le recours au film d’animation (à partir de dessins de Michel Hazanavicius) permet de décrire l’indicible. On pouvait craindre que la musique d’Alexandre Desplat (63 ans) soit redondante, voire larmoyante mais il n’en est rien. Une façon élégante de parler des Justes et de dénoncer l’antisémitisme (le mot Juif n’est jamais prononcé, remplacé par personne sans cœur), malheureusement toujours d’actualité.
Aimant beaucoup le cinéma de Michel Hazanavicius, j'ai été étonné de le voir se lancer dans un projet d'animation. "La Plus Précieuse Des Marchandises" avait donc l'air d'être un film très particulier, mais avec une identité très forte. Par conséquent, j'ai décidé de ne même pas me renseigner sur ce dernier, et de tout découvrir au moment du visionnage. Très rapidement, j'ai été intrigué par la direction qu'emprunte le film. Dès le début, l'animation surprend par ses traits très appuyés et par sa colorimétrie mélangeant intelligemment une lumière très vive et une atmosphère très sombre. L'esthétique m'a donc déstabilisé, au premier abord en tout cas, car j'ai finalement réussi à m'y habituer et à trouver l'ensemble vraiment magnifique. Puis, par la suite, c'est l'histoire qui m'a interpellé, celle-ci proposant un contenu assez surprenant. Pour moi, sa plus grande force est de jouer sur le silence, au lieu d'empiler les dialogues à foison. Pour le coup, avec une histoire pareille, le film aurait rapidement pu tomber là-dedans, mais ce n'est jamais le cas. Hormis l'introduction, où un narrateur amène le contexte, les dialogues se font rares, mais, pourtant, tout est compréhensible. On comprend rapidement d'où vient cet enfant, quels sont les enjeux et comment ils vont impacter la vie de nos personnages. Je trouve que la manière avec laquelle le film réussit à attirer notre attention, sans jamais en faire trop, est juste brillante. Par exemple, pour nous montrer l'horreur de ce genre de situations, le film n'a pas besoin de l'expliquer, une simple séquence de ces gens entassés dans un train suffit à nous faire comprendre le contexte. Et même quand le film ose être un peu plus frontal, ce n'est jamais par le dialogue, mais uniquement par l'image. Je pense notamment à cette sublime séquence pendant la libération des camps, où toutes les âmes de ces défunts viennent se montrer à l'écran, ce qui est absolument terrifiant de par la cruauté et la simplicité d'exécution de la scène. Par conséquent, cette approche permet à l'ambiance de tranquillement s'installer, et cela sera assez bénéfique dans l'attachement que nous aurons aux personnages. Clairement, ils ne sont pas les plus attachants du monde, mais certaines scènes réussissent vraiment à être magnifiques dans leurs façons de les faire évoluer. Je pense notamment à la manière dont le père va se comporter vis-à-vis de l'enfant, ce qui est vraiment très touchant. On a un film qui traite réellement de la cruauté humaine, tout en alliant une forme de beauté dans les interactions que nous avons avec notre prochain. La place du cœur est très présente au sein de ce film, et on comprend vite pourquoi, dans la manière dont il réussit à humaniser ou à déshumaniser ses personnages, sans que cela ne paraisse jamais hors propos au vu de l'époque. Tout cela atteignant son paroxysme dans sa conclusion, qui est, à la fois, très déchirante, mais aussi particulièrement inspirante. Dans l'ensemble, j'ai donc beaucoup aimé le projet. Ce n'est pas forcément une œuvre que je reverrai, mais je l'ai trouvée vraiment très forte dans ce qu'elle choisit de proposer. Pour conclure, une petite pépite.
Aborder la Shoah sans la nommer et à hauteur de pré-ado, la gageure était double pour ‘La plus précieuse des marchandises’. Le choix de l’animation, dans sa version naturaliste-réaliste, joue sans doute un rôle de facilitateur…de même que sa facture de conte, à propos d’un bébé éjecté d’un wagon plombé et recueilli par un couple de pauvres bûcherons : l’homme bourru, hostile, craignant qu’il n’apporte le malheur sur eux, la femme, qui voit le nourrisson comme un cadeau du ciel et même les autres personnages peuvent aisément être reliés à des archétypes traditionnels. De cette manière, il est moins nécessaire de montrer pour émouvoir, une règle à laquelle se tient strictement le film durant les deux tiers de sa durée, avant que le point de vue et le ton basculent subitement : quel concours de circonstances a permis que ce bébé soit recueilli par les bûcherons ? Toujours sans nommer quoi que ce soit, Michel Hazanavicius privilégie alors une approche beaucoup plus frontale et explicite de l’horreur des camps de la mort. C’est une douche froide, après la relative bienveillance des débuts et de ce ton, de ces répétitions des actes et des concepts qui donnaient l’impression que tout aller se passer comme dans un conte de fées, mais une douche froide nécessaire et certainement pas inopportune.
Un film puissant qui fait résonner notre humanité profonde. Porté par un casting voix impeccable, le film est à l'image de son réalisateur : sobre et sensible.
C’est l’historie d’un bébé « sans cœur » (juif) jeté du train par son père pour lui éviter le camp d’extermination et lui laisser une chance de vivre, récupéré par un couple de pauvres bûcherons vivant non loin des rails. Michel Hazanavicius est vraiment notre Spielberg français, passant avec talent d’un exercice à un autre, d’un film drôle à ce film d’animation très réussi, adapté du conte éponyme de JC Grumberg. L’histoire, pleine d’humanité, est dure et n’est pas recommandée pour un jeune public.
Un conte, plutôt pour adulte, avec les belles voies mêlées de Trintignant, Blanc et Podalydès. Le dessin est magnifique, l'histoire emporte. L'animation peut être absolument merveilleuse.
Le film raconte bien sûr un épisode (romancé) de la Shoah mais, choix manifestement délibéré de M Hazanavicius, les mots Shoah ou juif ne sont jamais explicitement prononcés... Ce faisant, il fait bien plus clairement ressentir que la Shoah est avant tout un crime contre notre humanité à tous. Plus que beaucoup de récits, il rend évidente notre solidarité naturelle, notre compassion (au sens étymologique), et a une portée universelle et intemporelle.
Pour le reste, je reconnais que je n'ai pas beaucoup aimé les dessins à l'exception de quelques vues architecturales du plus bel effet.
Un film d animation qui nous bouscule, nous chamboule émotionnellement, une véritable expérience sensible avec une période évoqué qui a déjà accouché de véritable chef d œuvre, Mais cette œuvre mérite d être regarder, qui se vit comme un conte puissant qui nous bouleverse à petit feu, une animation épuré avec des couleurs froides ou tout semble figés. Le film repose sur un contraste fort qui est représenté dans le personnage du bucheron entre horreur et douceur, en effet ce personnage au début était prêt à abandonner cet enfant à la mort et petit à petit s attacher et surtout avoir des sentiments pour ce bébé. Une œuvre simple et émouvante qui mérite d être connu.
Un couple de bûcherons vit dans le malheur depuis la perte de leur enfant. Leur vie va changer lorsqu’un poupon va miraculeusement tomber d’un train. La bûcheronne va choisir de recueillir l’enfant sans savoir d’où il vient - d’un train le menant à Auschwitz. Une histoire magnifique, puissante et bouleversante.
Avec certains dessins absolument magnifiques et d’une rare portée poétique mais d’autres plus brutaux et agressifs , j’ai trouvé un manque d’unité graphique au dessin animé. La réalisation reste globalement intéressante. Le scénario était attendu et donc peu surprenant mais le film animé est traité avec une belle intensité.
Avec ce long-métrage d’animation, sorti en 2024, Michel Hazanavicius prouve qu’il peut aborder tous les genres avec une parfaite maîtrise. Adapté du conte de Jean-Claude Grumberg, le film évoque la Shoah à travers l’histoire d’un nourrisson recueilli par un couple de bûcherons polonais. Le graphisme bénéficie d’une ligne épurée et sombre totalement adaptée au propos (les dessins initiaux ont d’ailleurs été effectués par le réalisateur lui-même). L’horreur côtoie ainsi une tendre relation filiale dont le caractère naïf s’adresse davantage aux enfants. Cette double ligne directrice fait appel à des émotions variées qui finissent pourtant par se diluer. On notera la dernière apparition au cinéma de Jean-Louis Trintignant assurant ici la voix du narrateur. Bref, une œuvre humaniste perpétuant l’indispensable travail de mémoire de l’Histoire.
Dessins bien faits mais le début est assez lent. Un bûcheron et une bûcheronne n'ont pas pu avoir d'enfants, à la tristesse de la bucheronne. Or voici qu'un bébé est jeté du train des sans cœur. La bucheronne décide de l'adopter. Le bucheron au départ très réticent s'adoucit avec le temps en découvrant que même les sans cœurs ont un cœur. Mais ses collègues veulent tuer l'enfant. Histoire assez sombre. Le passage avec les têtes de morts est long et difficile à supporter. Belle musique. Les voix de Dominique Blanc et Gadeboix rendent bien.