C'est très bon et passionnant, l'intrigue se tient bien jusqu'au dénouement final, la galerie de portraits est sans concession et Pauline Lafont éblouit le film de sa beauté et son talent. Quant à Jean Poiret malgré le fait que l'on puisse regretter la démonstration des méthodes musclées et non réglementaires du personnage, il faut bien avouer que sa présence crève l'écran.
16ème film Compétition Festival Cannes 1985 : Première apparition de l'Inspecteur Lavardin, personnage récurrent de plusieurs oeuvres de Chabrol (2 films pour le cinéma, plusieurs téléfilms), même si l'arrivée du policier se fait attendre. Chabrol signe un polar provincial, genre qu'il maîtrise parfaitement et se plait à peindre une communauté bourgeoise où chacun souhaite dévorer l'autre (à ce sujet, comme souvent chez Chabrol, il existe de nombreuses scènes de repas) et s'espionne tout le temps (Scène du générique illustrant parfaitement le climat de voyeurisme). L'enquête demeure très classique et l'atmosphère prime plus que l'intrigue. Les acteurs sont pour la plupart très bons, mention spéciale pour Jean Poiret idéal dans un rôle pince sans-rire quoique très brutal (les interrogatoires feraient hurler la Cour Européenne des Droits de l'Homme), mais également Michel Bouquet, toujours impeccable ou encore la regrettée et pétillante Pauline Lafont. Curiosité avec la présence du jeune Lucas Belvaux qui deviendra un cinéaste reconnu. Bref un bon Chabrol qui se déguste comme un bon vin avec quelques touches d'acide (ou de vinaigre) qui reste en bouche pour notre propre plaisir.
Film noir et acerbe porté par une belle pléiade d'interprètes tels Michel Bouquet, Stéphane Audran, Pauline Lafont, Caroline Cellier, ... et surtout Jean Poirier excellent dans son rôle de flic un peu ... particulier !
Au milieu des années 80, Claude Chabrol cherche à donner un second souffle à sa carrière. Sa rencontre avec le producteur Marin Karmitz va lui en donner l'occasion. Poulet Au Vinaigre est le premier spécimen de leur longue et fructueuse collaboration. Il s'agit d'un polar provincial assez banal, doublé d'une étude de mœurs de la petite bourgeoisie. Le film doit beaucoup à sa distribution prestigieuse (Michel Bouquet, Stéphane Audran, Pauline Lafont, Caroline Cellier...) même si c'est Jean Poiret qui tire clairement le mieux son épingle du jeu avec ce rôle marquant d'inspecteur roublard qui fera d'ailleurs son retour dès l'année suivante dans un nouveau polar réalisé par Chabrol. C'est ce personnage atypique qui apporte le piquant et le cynisme qui manque par ailleurs au scénario. Dommage qu'il arrive aussi tard car il faut bien avouer que sans lui le film manque franchement de relief.
Pas le meilleur dans la filmographie de Claude Chabrol, « Poulet au vinaigre » est un bon petit polar qui sort de la banalité grâce à l'interprétation de Jean Poiret (qui met une quarantaine de minutes à débarquer) en inspecteur aux méthodes clairement contraires aux dispositions de la Convention Européenne des Droits de l'Homme. On y retrouve la très « chabrolienne » Stéphane Audran ainsi que Michel Bouquet et le tout jeune Lucas Belvaux. Un polar qui se laisse suivre mais ne restera pas au Panthéon des grandes œuvres de ce style.
Un film élégant, noir et tendu à souhait. Chabrol fait du Chabrol et délivre encore une fois une petite perle noire, parfaitement mise en scène et superbement ficelée. On est ici en terrain connu et le réalisateur joue sur du velours en égratignant une fois encore la petite bourgeoisie provinciale. Il y ajoute une once de folie et de mystère, mais avec toujours autant de talent, et même de génie. Raconteur d'histoire incroyable, le réalisateur enchante par sa maîtrise de la narration, par sa mise en scène si fine et son acidité perverse et délicieusement décalée. Un casting en or vient couronner le tout et donner un excellent moment de cinéma.
Un sympathique polar, qui à la manière d'un Colombo, développe d'abord les relations amenant au crime (dont nous connaissons le coupable comme dans un Colombo) avant de faire entrer en scène son policier (l'inspecteur Lavardin n'apparait qu'au bout de trois quart d'heure et est moins important dans le film que Louis). La galerie de personnage est intéressante mais on ressent une limite dans le fait que cela semble justement s'arrêter à une galerie de personnage : aucun n'est nuancé, ce qui limite la crédibilité du film. De même, les méthodes employées par Lavardin pour faire parler les gens semblent peu réalistes : on est proche de la torture (même l'inspecteur Harry n'utilise la violence que pour répondre à des actions violentes !!!).Toutefois, le talent de Chabrol fait que l'intrigue est rondement mené et que la belle brochette d'acteurs (Jean Poiret, le futur réalisateur Lucas Belvaux, Stéphane Audran, Michel Bouquet, Caroline Cellier, Pauline Lafont, Dominique Zardi...) semble prendre du plaisir.
Une fois de plus, Claude Chabrol signe là un polar provincial au rythme assez lent. Jean Poiret incarne un flic cynique mais attachant, aux méthodes peu orthodoxes avec les suspects. Par rapport à "Inspecteur Lavardin", il n'apparaît que tardivement dans le film. Son rôle est presque secondaire. Il enquête ici sur les magouilles immobilières de quelques bourgeois d’une petite ville. L’histoire est un peu embrouillée. Mais le film n’en demeure pas moins intéressant avec ses disparitions mystérieuses et son climat délétère. J’ai bien aimé l'idée spoiler: des statues de plâtre dans le jardin …
Est ce la pâle lumière de Seine Maritime, la composition de Poiret (innovante pour lui mais depuis revue cent fois, lassante au bout de trois minutes), la froideur d'une Géraldine Chaplin liquideuse de cognac, ou Audran en fauteuil roulant (pas une très bonne idée)? Ce film m'est tombé des yeux rapidement.
Un bon vieux film français à l'intrigue habile, digne des romans d'Agatha Christie et aux personnages complexes et truculents avec toutefois une mention spéciale à l'inspecteur Lavardin superbement interprété par un Jean Poiret joueur. La mise en scène est parfois un peu brouillonne, décousue et lente mais on obtient au final un film policier très accrocheur et plein d'un charme suranné. Très bon.
Une déception. Découvrant avec intérêt l'oeuvre récente de Chabrol, j'ai voulu revoir par curiosité l-un de ses grands classiques plus ancien. Le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Lavardin passe pour une référence du polar provincial à la française. Et effectivement, j'ai parfois eu le sentiment de me retrouver devant un épisode du commissaire Maigret! Le personnage de Lavardin ne m'a pas emballé, j'ai trouvé l'intrigue décevante, le dénouement tiré par les cheveux, bref je m'attendais à mieux. Chabrol insiste beaucoup sur l'ambiance délétère entre les villageois, dépeint avec sa verve habituelle l'atmosphère viciée de cette province corrompue, mais c'est un peu au détriment de l'enquête policière. Je ne me précipiterai pas sur le deuxième volet.
Ce n'est pas tant dans le scénario ni dans la réalisation que l'on trouve le poulet au vinaigre agréable : c'est dans ses personnages, dans son ambiance "notables de province", hypocrisie, famille (bref, dans son "Chabrol"). Les acteurs sont bons avec une mention spéciale tout de même pour Jean Poiret. Il y avait longtemps que je n'avais pas vu un personnage aussi cynique et aussi attachant à la fois. On en regrette presque le fait qu'il n'arrive pas avant dans le film !