L'Evénement
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205 critiques spectateurs

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Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2021
L'événement
Ambiguïté, envie mais aussi appréhension de voir ce film, et pour la même raison :  le thème de l'avortement dans les années 60 . Peur de la manière crue dont il pouvait être abordé, intéressée de le découvrir  car inspiré d'une histoire vécue, écrite  par Annie Ernaux.
1960 les années twist, ces jeunes nés durant la seconde guerre mondiale qui ont le désir d'une certaine légèreté. Cette réalité plus sombre aussi : la place de la femme, le diktat moral d'une société pudique et stigmatisante. Ce qui m'a le plus marqué c'est cette solitude d' Anne, jouait si justement par Anamaria Vartolomei. Son  isolement familial,  amical, sentimental, sociétal (le médical, l'université..) . Elle est toujours seule : on est face aux silences, aux non-dits. C'est l'impossibilité de se confier aux "bien pensants" par honte. C'est l'indifférence, le jugement,  et des femmes, et des hommes.  Les hommes ne sont d'ailleurs pas tous présentés avec une image totalement négative. Certains sont lâches, ignobles mais d'autres sont plus empathiques et solidaires. C'est bien la société,  qui condamne, qui est maltraitante. Certaines scènes bien que suggérées sont très fortes et j'avais la nausée comme si mon corps aussi criait sa douleur.
Je sors du film et pense "combien de jeunes filles et  femmes ont subit cette violence durant prêt de 15 ans encore" jusqu'à la  Loi portée par  Simone  Veil légalisant l’avortement le 17 janvier 1975.
Bénédicte M.
Bénédicte M.

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 décembre 2021
C'est le récit d'un avortement clandestin dans les années 60 mais la réalisatrice a choisi de le décontextualiser avec l'ambition d'en faire une histoire intemporelle et universelle et ça en fait juste un film qui ne fonctionne pas. Les scènes d'aiguille à tricoter, de pinces et d'éjection de fœtus sanguinolent dans les toilettes sont insupportables. Était-ce bien nécessaire ?
w kzw
w kzw

12 abonnés 112 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mars 2024
Un film de grande qualité même s'il est en 4/3 , format qui rappelle les années 60., car justement, l'histoire se passe dans les années 60.
Avant le XVIII e siècle l'avortement est puni de la peine de mort. En 1810 il est passible de prison.
En 1852 il est toléré si la grossesse met la vie de la mère en péril.
En 1920 il est puni de six mois à deux ans d'emprisonnement, et de 100 à 5 000 francs d'amende pour repeupler la France, suite à la guerre.
En 1942, il est déclaré crime contre la Sûreté de l'État, et passible, après jugement par des tribunaux d'exception, de la peine de mort.
La loi de 1942 est abrogée à la Libération, Il est dépénalisé en 1975.car criminaliser l’avortement ne le fait pas disparaître mais le rend plus dangereux. Simone Veil déclare : « Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. » Des situations de détresse.
Le film montre donc avec talent la recherche de cet ultime recours à l'époque où il était interdit et réprimé.
Et on pourra en conclure qu'Il existe bien des moyens de faire l'amour, avec on sans contraception, avec ou sans pénétration et cela doit être dit et enseigné afin de responsabiliser femmes et hommes.
Solea14
Solea14

2 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2023
Efficace et touchant. Bons acteurs. Réjouissons nous des avancées sociétales et législatives sur le sujet. Et conservons les !.
Georges
Georges

5 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 16 septembre 2022
.J'ai pas aimé ce film, désagréable, ennuyeux ,toujours sur l'actualité du moment, trop réaliste c'est tendance il faut faire des films, livres journalistiques pour rafler des prix seul intérêt la nudité des femmes c'est pauvre , bien maigre quand cela va changer des livres et films inventifs, imaginaires, oniriques, drôle, burlesques, érotiques, pure création hors de la réalité quotidienne et de la sombre condition humaine pour nous changer les idées, rire, les scénaristes ont peu d'imaginations , il faudra s'éloigner des journalistes et de l'actualité c'est assez avec la réalité pas avec de la fiction. désormais sinon personnes n'achètera ni iront voir des .livres, films à part les critiques journalistes , les festivaliers et les bourgeois snobs et riches en mal d'émotions fortes , leur vie est ennuyeuses , ils ont tous, nous les pauvres nous voulons pas. d'une copie coller de la réalité nous avons besoin d'autres sujets plus dépaysants., plus joyeux
marie
marie

3 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2025
Un sujet et une époque sensibles relatés par de très bon acteurs, film touchant.
drogo
drogo

1 abonné 84 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 novembre 2021
Tout est juste dans ce chef-d'oeuvre Anamaria Vartolomei carrière à suivre, les seconds rôles tout en subtilité. La réalisatrice ne tombe jamais dans le pathos alors que l'histoire s'y prêtait du coup en retient l'essentiel la solitude de l'héroïne face à la pression sociale d'une époque.... révolue ??
Agathe You
Agathe You

8 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 avril 2025
Moyen. Comme la majorité des critiques, j'aurais bien donné une note positive à ce film, mais j'ai trouvé le scénario mécanique, suivant son cours logique sans réelle surprise et surtout sans aucun sentiment. La comédienne, froide comme une poignée de porte, filmée en gros plan sous tous les angles, tire la tête tout le temps et à tout le monde.
Et où sont les années 60 dans lequel le film est immergé? Si peu dans les décors et dans les vêtements (il suffit d'observer la salle de cours) si peu dans les dialogues qu'on croirait sortis de notre époque.
Enfin pour moi ce film est sans éclat et je m'y suis ennuyée. Dommage.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 avril 2024
En 1963, Anne, une étudiante prometteuse tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour ne pas mettre en péril ses études (et son avenir). Sauf qu’elle se retrouve seule dans une course contre la montre… et contre la loi.

Audrey Diwan adapte ici le roman éponyme (et autobiographique) d'Annie Ernaux et nous replonge dans la France des sixties, à l’époque où l’avortement était interdit. Pour rappel (et sans devoir refaire tout l’historique), dans les années 40, l’avortement était passible de la peine mort (jusqu’à ce que la loi soit abrogée, au profit d’une peine de prison). Il faudra attendre le milieu des années 70 pour que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) soit autorisée grâce à la loi du 17 janvier 1975, dite loi "Veil".

La réalisatrice nous plonge ici dans le combat intime de cette jeune femme pour pouvoir disposer librement de son corps, dans une France qui ne tolère pas l’avortement et où elle ne pourra pas compter sur l’aide des médecins pour l’accompagner dans cette course contre la montre clandestine spoiler: (elle ne pourra compter que sur une "faiseuse d’anges" armée d’une aiguille à tricoter et qui pratique des avortements illégalement dans un appartement insalubre).


L'Événement (2021) est un magnifique plaidoyer pour la défense des femmes, qui met en lumière le rôle qu’ont joué les médecin anti-avortement (leurs trahisons) et vient nous rappeler à quel point cette liberté dont disposent les femmes date d’hier (la loi a été promulguée il y a seulement 50 ans). Côté interprétation, Anamaria Vartolomei (L'Empire - 2024) y est stupéfiante et incarne à la perfection cette adolescente en quête de liberté. Enfin, impossible de ne pas repenser à la palme d’or qu’était 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007) de Cristian Mungiu.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 décembre 2021
Récipiendaire du dernier Lion d’Or au Festival de Venise en septembre dernier, on peut dire que « L’événement » n’a pas volé son prix. Audrey Diwan réalise un film à thèse puissant et qui en fera réfléchir beaucoup sur l’évolution sociale et celle des mentalités en cinquante ans. Nous sommes au début des années 60 en France et la pilule n’existe pas encore tandis que l’avortement est sévèrement puni par la loi, que ce soit la personne qui choisit de le faire comme pour celle qui le pratiquera. Et lorsqu’on est une très jeune femme, avoir un enfant signifie devenir mère fille et abandonner toute ambition ou velléité professionnelle et se retrouver mère au foyer. Rien à voir avec aujourd’hui où on en est à parler de troisième pronom et de genres entre autres considérations sociales bien plus superflues. Voir ce film c’est donc aussi se rendre compte que beaucoup de chemin a été parcouru, notamment concernant les droits des femmes. En adaptant le roman de Anne Herneaux, lui-même tiré d’une histoire vraie, Diwan nous propose une piqure de rappel en forme d’électrochoc.



Le long-métrage de la réalisatrice du déjà excellent « Mais vous êtes fous », qui parlait lui de la dépendance à la drogue et de son influence sur un couple lambda, est fascinant de bout en bout. On pense forcément à une autre œuvre en forme de claque sur le même thème, le film roumain plus austère et clinique mais tout aussi extrême et réussi « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ». Aussi peu loquace, « L’événement » ne lâchera pas d’une semelle les pas de cette Anne qui va subir un véritable chemin de croix pour pouvoir disposer de son corps et de son avenir. La caméra ne la quittera plus dès lors qu’elle nous apparaît. Anamaria Vartolomei est impressionnante de détermination et de désespoir, offrant une composition d’une grande force et d’une justesse incontestable. Tout comme l’est le reste du casting, très bien dirigé, mais il faut avouer qu’on a d’yeux que pour elle. La jeune comédienne devait porter le film sur ses frêles épaules et elle s’en acquitte de la meilleure des façons.



« L’événement » est dur. Dur mais réaliste, presque anxiogène. Diwan parvient à nous faire ressentir cet avortement de manière viscérale à travers deux scènes marquantes, presque insoutenables, mais jamais voyeuristes. Tout montrer était nécessaire pour faire comprendre ce qu’était un avortement à l’époque. Une époque d’ailleurs bien rendue et dont certains aspects semblent faire leur retour dans quelques endroits du monde actuel, un monde en proie au retour d’une forme de conservatisme social (droits des minorités, des femmes, etc.). Que des régions reviennent à interdire l’avortement comme dans certains États américains ou en Europe de l’Est paraît impensable et pourtant c’est bien réel. Cette œuvre d’une puissance rare permet donc de rappeler à certains des faits essentiels. C’est un film très féministe mais dans le bon sens du terme, politique un peu aussi, mais surtout d’une intelligence et d’une finesse indéniable. Un coup de poing nécessaire à la fois beau et fort dont on ne sort pas indemne.



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Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 décembre 2021
Le parti pris du film est radical : se concentrer coûte que coûte sur le personnage d'Anne, qui apprend qu'elle est enceinte dans les années 50, et se trouve complètement seule face à son problème.

Ce parti pris se traduit de multiples façons. L'écriture par exemple ne s'égare sur aucune piste annexe : il ne faut pas rechercher dans le film un tableau d'ensemble, ni une analyse politico-sociale de l'époque. Les personnages secondaires sont volontairement réduits à de simples silhouettes traversant le cadre / la vie d'Anne (la famille, les amies, les ennemies, le professeur).

La caméra épouse elle aussi le parti pris fondateur du film. Elle est rivée au cou d'Anne et à son visage, avec une profondeur de champ qui rend souvent son visage net et ceux des autres flous (on songe au style du Gus van Sant d'Elephant). La bande-son travaille elle aussi au but commun : ressentir l'histoire de cette jeune femme à travers ses sensations et ses émotions.

Dans son genre, le film est réussi et convaincant. Certaines scènes sont frappantes (si vous avez vu le film, vous voyez lesquelles), et utilement dérangeantes.

Mais malgré toutes ses qualités qui sont grandes, il manque pour moi à L'évènement quelque chose qui le rendrait brillant et en ferait un très grand film, quelque chose que possédait un autre film sur le même sujet, le sec et parfait 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu, Palme d'or à Cannes.
ConFucAmuS

650 abonnés 1 039 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2021
Et si l'originalité pour une fois, c'était de ne pas faire original ? Oui, Anamaria Vartolomei est absolument superbe dans l'incarnation d'Anne, jeune étudiante que la soudaine grossesse contraint à prendre une décision radicale : choisir. Sauf que dans les années 60, c'est déjà beaucoup trop pour les mœurs et la loi : les études ou les fourneaux, le bébé ou le cachot. Comment faire face quand son existence semble régie par des normes archaïques, injustes et intrusives ? On se débrouille seule.
Dans le touchant Mais vous êtes fous ?, qui traitait de l'addiction, Audrey Diwan déplaçait le centre de gravité sur les proches et non la principale victime. En adaptant le roman autobiographique d'Annie Ernaux, la réalisatrice choisit au contraire de coller au plus près de son héroïne. Du début à la fin, le cadre est resserré sur Anne (format 1.37, image carrée), allégorie de son monde autant que celle d'un monde qui l'oppresse. Ce qui n'est pas peu dire.
Un simple repas, une banale douche entre filles, une trace, même un cri suffit à menacer le secret de l'élève en lettres. Bref, être elle-même aurait des conséquences, elle doit donc se comporter "normalement" pour s'en sortir. Par ce simple dispositif de mise en scène et en créant de la tension sur de toutes petites choses, L'Événement décuple l'empathie pour le personnage principal. On est pas serein, compte tenu du contexte ou de l'impossibilité d'en parler tout simplement. La simple évocation d'une émancipation, surtout envers cette "obligation" reproductrice, et les visages se ferment. Comme si le sujet tenait de l'humour macabre. Personne n'en rit, qu'on se place d'un côté comme de l'autre. Bref, on a juste envie de rester avec Anne. Pourtant, on sent que l'appel de le liberté ne demande qu'à exulter : on parle sexe en privé, on cache ses expériences quand on en a. Bref, on se met sous cloche.
Diwan filme ça sans pudeur mais sans voyeurisme déplacé, autant de moments captés dans une capsule temporelle mais qui résonne aussi fort à l'heure actuelle. Le long-métrage n'élude pas la signification d'un avortement au delà du geste de libération des femmes, à savoir l'épreuve physique et psychologique qu'il exige. Les points culminants dans la dernière partie atteignent des sommets d'émotions, entre les pleurs, la panique et l'admiration. Dans sa vérité crue, l'acte libère autant qu'il déchire. Hier comme aujourd'hui, Anne est une grande héroïne. On en fait un symbole, Audrey Diwan et Anamaria Vartolomei lui ont donné vie.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2021
Récompensé par le Lion d'Or au dernier Festival de Venise, le second long-métrage d'Audrey Diwan (adaptant ici le roman autobiographique d'Annie Ernaux) suit le parcours d'Anne, brillante étudiante en lettres cherchant à avorter dans la France de 1962 suite à une grossesse non désirée, à une époque où l'avortement est reconnu comme un crime passible de prison.

Quelque part entre le drame et le thriller, dans une France conservatrice et aux prémices de la libération sexuelle, la caméra de Diwan ne quitte jamais notre héroïne (Anamaria Vartolomei, magnétique), cernée par les regards et les conventions qui pèsent sur elle, elle qui veut à tout prix poursuivre ses études et reprendre le contrôle sur son corps.

À travers une réalisation très immersive, le film évite le piège de l'aspect moralisateur qui pourrait se dégager de ce type de sujet, et retranscrit avec justesse et crudité ce que c'était d'être une jeune femme française à cette époque (et par extension une femme aujourd'hui dans de nombreux pays qui n'autorisent toujours pas le recours à l'avortement).
Une œuvre émancipatrice et frontale ne nous épargnant rien de la trajectoire solitaire et clandestine entreprise par Anne, qui doit passer par le pire pour se sentir enfin à nouveau libre.

Un récit parfois un petit peu flottant dans sa narration, mais une œuvre qui clairement ne peut pas laisser indifférent.
Et qui prouve que non, comme pourraient encore le penser certains, tout n'était pas mieux avant, bien au contraire. 7,5/10.
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2021
Pour qui est familier de l'écriture d'Annie Ernaux, il y a toujours une crainte que l'adaptation cinématographique d'un de ses romans nous désole par une trop fidèle illustration des propos ou, au contraire, trahisse les images que l'on s'était forgées dans la tête. Audrey Diwan confirme les espoirs qu'on avait mis en elle, après son Mais Vous Etes Fous, pleins de belles promesses.
Anamaria Vartolomei incarne avec bonheur le rôle principal de cette jeune fille des années 60, à l'époque des surboums, des fille-mères qui fautaient, de la méthode Ogino, des bâtards qu'on méprisait ou des faiseuses d'anges qui risquaient la prison. Loin de notre époque, en tout cas en France, mais époque qui a marqué les générations de femmes et les couples qui n'ont pas eu la chance de bénéficier des progrès médicaux avec la pilule anticonceptionnelle ou sociaux (loi Veil de 1975).
En dehors de l'aspect historique du film, le scénario plonge dans les profondeurs sociologiques sans avoir l'air d'y toucher. On aborde les différences de classes avec légèreté à l'occasion d'un week-end à Bordeaux chez des "bourgeois", la transgression sexuelle au détour d'une scène de bal ou le sujet des "transfuges de classe" par une claque cinglante de la mère de l'héroïne.
L'interprétation magnifique d'Anamaria Vartolomei aurait sans doute mérité un prix mais on ne dédaignera pas - même si on s'étonne ! - le Lion d'Or attribué à Venise à la réalisatrice au détriment de grandes figures émérites du cinéma mondial, d'Almodovar à Campion. On ne peut pas dire en effet que la réalisation se caractérise par une invention des formes ou une originalité du montage. Rien que du très classique qui ne déparerait pas à la télévision.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 décembre 2021
On peine à imaginer qu'il y a moins de 50 ans, l'IVG était un délit qui pouvait conduire des jeunes-femmes à l'incarcération. C'est d'autant plus stupéfiant que certains discours politiques récents tendraient à revenir sur cet acquis social immense, qui est gage de liberté et de conscience des femmes. L'héroïne de ce film s'appelle Anne. Elle est une étudiante brillante en faculté de lettres. Elle a de l'ambition, d'autant qu'on sait qu'elle deviendra la très grande écrivaine que l'on connaît aujourd'hui. Elle évolue au milieu des années 60, comme une revanche du milieu familial simple d'où elle est issue. C'est déjà une femme libre qui dispose de la liberté de son corps et qui se bat au quotidien pour affirmer une identité féminine émancipée qui caractérise toute l’œuvre littéraire d'Ernaux. Elle danse. Elle boit du coca. Elle est d'une étonnante modernité, comme si son existence devait servir d'exemple à toutes les adolescentes qui lui succèderont.

Il y a dans la mise en scène un parti-pris résolument dépouillé.
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