L'Evénement
Note moyenne
3,9
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208 critiques spectateurs

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Lilicot
Lilicot

11 abonnés 273 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 décembre 2021
Film bouleversant et poignant de vérité sur une époque où le corps des femmes était à la merci de la nature mais surtout des hommes et des normes en vigueur. Une oeuvre utile pour rappeler aux jeunes générations que le combat pour le droit à disposer de son corps n'est gagné nulle part dans le monde et qu'il faut rester vigilant. Une interprétation très juste et "habitée" pour l'actrice principale.
Aulanius
Aulanius

229 abonnés 1 793 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 novembre 2021
Bon, je vais être indulgent pour une fois car le film est français et qu'en plus, il traite d'un sujet délicat et tabou (même de nos jours). Déjà, il faut avouer que l'actrice principale est vraiment bonne, le reste du casting l'est également. L'époque est bien retranscrite sans trop en faire et ça, c'est un vrai plus. Le sujet, comme dit plus haut, est bien amené et on est au coeur du "problème" avec ce film. Dans l'ensemble, la tension est palpable et on est clairement impliqué. Franchement, y a du bon dans tout ça et il faut le souligner. Cependant, il y a du moins bon comme le fait que le voyeurisme est trop omniprésent selon moi. Je sais que ça va avec l’avortement et ce qui va avec mais là, c'est parfois trop. J'ai trouvé aussi que c'était un peu trop féministe et ce n'est pas une critique ni un jugement mais trop de parti prit je trouve. Concernant la longueur du film, c'est limite car parfois on ressent des longueurs. Dans l'ensemble, c'est plutôt réussi, il faut avouer. Je pense qu'il plaira à beaucoup car il concerne vraiment tout le monde. 12/20.
Dois-Je Le voir ?

413 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2021
France, 1963. Anne, étudiante prometteuse, tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour disposer de son corps et de son avenir. Elle s’engage seule dans une course contre la montre, bravant la loi. Les examens approchent, son ventre s’arrondit.

C’est Audrey Diwan qui, pour sa seconde réalisation après Mais vous êtes fous en 2019, adapte le roman d’Annie Ernaux publié en 2000. Elle a écrit le scénario avec Marcia Romano ayant fait celui de Suprêmes et De son vivant sortie la même semaine. L’Événement a obtenu le Lion d’or à la Mostra de Venise 2021.

Ce pourrait être qualifié de sociétalement utile. Quoi qu’il en soit, je l’ai trouvé très bien.



Le film se déroule en 1963 une époque où l’avortement était interdit. L'interruption volontaire de grossesse (IVG) a été légalisé par la loi Veil du 17 janvier 1975. Longtemps mis sous silence, le manifeste des 343 en 1971 puis le procès de Bobigny en 1972, ont tous les deux marqué la présence forte du sujet dans le débat public. On peut d’ailleurs entendre parler de cela dans le film Flashback actuellement sur Amazon Prime Video. Avant, l’avortement était passible d’une peine de prison, voire de mort durant le régime de Vichy.

Cette histoire est donc véritablement prenante par son raisonnement historique. On va être immergé dans les années 60 avec cette étudiante qui ne veut pas devenir une mère de famille enfermée dans son foyer, comme le sont devenus certaines de ses camarades. L’appropriation temporelle est une belle réussite, ce qui est important pour se sentir dedans. Dommage, le film va mettre tout de même un peu de temps à démarrer. Au début, on ne saisit pas forcément tout de suite les enjeux. Il va avoir comme une montée en intensité plus le péril de la situation va se faire ressentir. La condition d’Anne devient cruciale et on voit les dangers qu’elle prend pour avoir la liberté de décider de son avenir.



Pour nous montrer cela, Anamaria Vartolomei est fantastique. Elle porte une force considérable. Révélée dans My Little Princess en 2011, son évolution est belle à voir. Le casting secondaire est aussi plein d’avenir à l’image de Kacey Mottet Klein, Luàna Bajrami, Alice de Lencquesaing et Édouard Sulpice. Bien entendue, il y aussi l’apport de l’expérience avec Sandrine Bonnaire, Pio Marmai et Anna Mouglalis.

La portée de ce film est grande en dénonçant ce qui arrive à Anne avec l’impossibilité d’avorter malgré son choix de ne pas garder cet enfant. Ces années-là semblent tellement loin pour une génération qui a grandi dans un pays où l’avortement est légal, mais il est bien de faire ce genre de pique de rappel. Le réveil des consciences est là pour dire que rien n’est jamais acquis et qu’un retour en arrière pourrait être préjudiciable. La femme ne voulant pas garder son enfant devait risquer sa vie en plus d’être mis au pilori de la société. Cette décision peu évidente était très mal vue, et le risque de prison pour les aidants faisaient que personne ne voulait tendre la main. Le système jugeait des femmes qui n’avaient aucune porte de sortie.
Ceiner M
Ceiner M

55 abonnés 259 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2021
le cauchemar d'être une jeune femme dans les années 60 ...On est en apnée pendant tout le film
Je suis heureuse d'être née dans les années 70 ! Comme l'a bien dit Marie Sauvion, pour faire immersion, l'actrice qui tient tout le film est souvent filmée de dos...elle a appelé ça "les films de nuque" car effectivement on voit très souvent que la nuque de l'actrice..
officiel76
officiel76

58 abonnés 411 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2021
Dans le fond le film est bon... on mesure la complexité à l'aube des années 60 de se retrouver enceinte et tout ce que ça implique ... l'opprobre, la fin des études, l'irrespect des hommes qui vous jugent comme une fille facile ... tout ça est très bien mené.
Dans la forme... des tas de choses on gâché mon plaisir. Les actrices ne ressemblaient en rien aux filles de cette génération, surtout pas l'héroïne , qui est née en 1940 donc a supposément 23 ans en 63 et ... va rentrer à la la fac ? Les coiffures crêpées les jupes écossaises les robes juponnées ? On manque d'informations sur l'époque, l'heroine vend d'occasion des livres de poche plus cher que leur prix neuf en 1963... la bande son ne reflète pas du tout celle des années 60, les endroits où ils dansent sont ultra sonorisés (on n'est pas en 1980 !) bref, des incohérences qui m'ont beaucoup gêné. C'est dommage de ne pas faire attention aux détails d'une époque ...
danden
danden

33 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2021
Film traitant d un sujet pas facile. Bravo a Audrey DIWAN d’avoir abordé ce sujet en relatant les difficiles épreuves que beaucoup de femmes ont malheureusement vécues.
Brigitte P
Brigitte P

5 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2021
Quelle violence psychologique ! Le seul mérite est de montrer ce que les femmes de cette époque ont vécu ? Ce film ne peut que provoquer de l'indignation ! La lâcheté masculine a t elle évolué ? C'est un hommage à Simone Weill
Christian L.
Christian L.

9 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2021
Plongée dans l'horreur! On suit une jeune fille -normale- dans un cauchemar! Captivant! L'actrice est magnifique.
vidalger

384 abonnés 1 315 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 novembre 2021
Pour qui est familier de l'écriture d'Annie Ernaux, il y a toujours une crainte que l'adaptation cinématographique d'un de ses romans nous désole par une trop fidèle illustration des propos ou, au contraire, trahisse les images que l'on s'était forgées dans la tête. Audrey Diwan confirme les espoirs qu'on avait mis en elle, après son Mais Vous Etes Fous, pleins de belles promesses.
Anamaria Vartolomei incarne avec bonheur le rôle principal de cette jeune fille des années 60, à l'époque des surboums, des fille-mères qui fautaient, de la méthode Ogino, des bâtards qu'on méprisait ou des faiseuses d'anges qui risquaient la prison. Loin de notre époque, en tout cas en France, mais époque qui a marqué les générations de femmes et les couples qui n'ont pas eu la chance de bénéficier des progrès médicaux avec la pilule anticonceptionnelle ou sociaux (loi Veil de 1975).
En dehors de l'aspect historique du film, le scénario plonge dans les profondeurs sociologiques sans avoir l'air d'y toucher. On aborde les différences de classes avec légèreté à l'occasion d'un week-end à Bordeaux chez des "bourgeois", la transgression sexuelle au détour d'une scène de bal ou le sujet des "transfuges de classe" par une claque cinglante de la mère de l'héroïne.
L'interprétation magnifique d'Anamaria Vartolomei aurait sans doute mérité un prix mais on ne dédaignera pas - même si on s'étonne ! - le Lion d'Or attribué à Venise à la réalisatrice au détriment de grandes figures émérites du cinéma mondial, d'Almodovar à Campion. On ne peut pas dire en effet que la réalisation se caractérise par une invention des formes ou une originalité du montage. Rien que du très classique qui ne déparerait pas à la télévision.
Cinévore24

463 abonnés 968 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 novembre 2021
Récompensé par le Lion d'Or au dernier Festival de Venise, le second long-métrage d'Audrey Diwan (adaptant ici le roman autobiographique d'Annie Ernaux) suit le parcours d'Anne, brillante étudiante en lettres cherchant à avorter dans la France de 1962 suite à une grossesse non désirée, à une époque où l'avortement est reconnu comme un crime passible de prison.

Quelque part entre le drame et le thriller, dans une France conservatrice et aux prémices de la libération sexuelle, la caméra de Diwan ne quitte jamais notre héroïne (Anamaria Vartolomei, magnétique), cernée par les regards et les conventions qui pèsent sur elle, elle qui veut à tout prix poursuivre ses études et reprendre le contrôle sur son corps.

À travers une réalisation très immersive, le film évite le piège de l'aspect moralisateur qui pourrait se dégager de ce type de sujet, et retranscrit avec justesse et crudité ce que c'était d'être une jeune femme française à cette époque (et par extension une femme aujourd'hui dans de nombreux pays qui n'autorisent toujours pas le recours à l'avortement).
Une œuvre émancipatrice et frontale ne nous épargnant rien de la trajectoire solitaire et clandestine entreprise par Anne, qui doit passer par le pire pour se sentir enfin à nouveau libre.

Un récit parfois un petit peu flottant dans sa narration, mais une œuvre qui clairement ne peut pas laisser indifférent.
Et qui prouve que non, comme pourraient encore le penser certains, tout n'était pas mieux avant, bien au contraire. 7,5/10.
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

142 abonnés 273 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 novembre 2021
Vu hier, le film aura été un véritable choc que je ne suis pas sûr d’avoir eu le temps de digérer.

En 1963, Anne est une étudiante promise à un bel avenir universitaire. Malheureusement, elle va tomber enceinte d’un enfant non-désiré et va devoir se battre contre les lois pour disposer de son corps et de son avenir, à une époque où l’avortement est tabou et surtout condamnable.

Si je vous en parle, c’est que le film a été un coup de cœur (ÉNORME coup de cœur). Mais clairement, ce qui fait pour moi la grande force du film risque de diviser. A savoir sa radicalité, que ce soit dans son scénario et sa mise en scène.

Audrey Diwan prend le parti de se focaliser sur sa protagoniste et sa course contre la montre. Combat qu’elle devra vivre seule, dans la honte, tant le sujet est tabou, au pire engendrant la haine de certains, au mieux la peur ou le déni des autres. Rarement la solitude n’aura été aussi bien retranscrite sur un écran. Le film prenant même parfois des allures de film de résistance avec ses rencontres discrètes pour trouver une aide ou juste parler de l’innommable, avec cette peur incessante d’être surpris par la mauvaise personne. D’ailleurs, le mot avortement ne sera jamais directement prononcé…

Ce sentiment de solitude est intensifié par une mise en scène exemplaire, sans fioriture ni artifice, mais d’une grande efficacité. Le format 4/3 enferme le personnage d’Anne, souvent filmée de dos, caméra à l’épaule, avec un énorme jeu sur les focales et la profondeur de champs qui font qu’elle est souvent la seule chose net à l’écran. Ça et l’utilisation de nombreux plans séquences, font que le spectateur se retrouve en immersion avec elle, seul et oppressé avec cette peur du regard des autres.

Alors, oui le film est dur, TRÈS DUR, et certaines scènes sont extrêmement éprouvantes, même si la réalisatrice a la dignité de ne jamais être dans le frontal et utilise énormément le hors champs (même si souvent ce qu'on ne voit pas est pire que ce que l'on voit). Et même si elle n’est pas graphique l’horreur pour le spectateur est bien là. Même si la véritable horreur est de se dire que pour de nombreuses femmes c’était le quotidien. On pense à nos mères nos grands-mères qui forcément ont été un jour touchées de près ou de loin par ce fléau.

Mais bien sûr, pour que le film fonctionne, il fallait une grande actrice, d’autant plus que le personnage d’Anne est de quasiment tous les plans. Et Anamaria Vartolomei est flamboyante, avec un jeu d’une justesse impressionnante, qui prend aux tripes, sans jamais être dans le patho. On a peur, on espère, on souffre avec elle. L’effet est au moins aussi saisissant que son interprétation.
Elle est entourée de nombreux seconds rôles qui donneront une réelle épaisseur à l’histoire et sur le regard de la société de l’époque sur l’avortement.

Le film à un côté intemporel dans ses décors ou bien ses costumes et on met un certain temps pour identifier réellement l’époque. Comme pour nous rappeler que cette histoire se passait, en France, il n’y a pas si longtemps que ça… Voir pire c’est toujours le vécu de nombreuses femmes dans le monde…

Le film fait énormément écho avec une fabuleuse pièce de théâtre de Fanny Cabon, LES GARDIENNES, retraçant la vie de ses femmes de l’ombre et de leur combat. Un constat terrible de la situation des femmes de cette époque…

Bref un TRÈS GRAND film qui perdrait énormément à être découvert sur une TV. Un film intense et bouleversant, dont je suis sorti groggy, les larmes aux yeux, des nœuds dans le ventre et qui va trotté longtemps dans ma tête. Un film essentiel, qui mériterai d’aller taquiner les Texans aux prochains Oscars…

https://www.facebook.com/CritiquesCinemaetFestivaldAvignon
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 novembre 2021
on sent l'écriture d'Annie Ernaux, on est dans un livre d'Annie Ernaux, bravo belle réussite.
Tout en sensibilité intérieure.
On sort avec la colère et la douleur au ventre, soulagée du changement depuis 75,
mais,
sans oublier que même si la loi existe, il y a encore du mépris, de l'incompréhension et quelquefois de la maltraitance verbale ou d'attitude de la part du partenaire, de la famille, des amis, des réseaux sociaux et du corps médical, dommage.
Le corps ne sera jamais une machine, il suffit de l'admettre pour comprendre.
lacroix p
lacroix p

34 abonnés 191 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 novembre 2021
Vivre un avortement de l'intérieur...c'est ce que nous propose ce film. Avec un immense talent, beaucoup de pudeur, l'actrice principale nous fait ressentir cette époque de l'omerta. Certaines scènes sont éprouvantes. Un grand moment de cinéma.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 décembre 2021
Adapter Annie Ernaux n’est pas facile, traiter d’avortement n’est pas facile. Ici les deux gageures sont réussies. Le film a le côté factuel des livres d’Ernaux, pas de pathos mais pas non plus d’ellipses. La solitude des jeunes filles, leur recherche désespérée d’une solution ainsi que leur souffrance physique et morale sont montrées sans ambiguïté. La détermination de cette jeune fille là aussi. Le ”je veux rien savoir débrouille toi” des garçons tout autant. A l’époque où on commence à parler de contraception masculine ça ne fait pas de mal de rappeler que ça reste les femmes qui subissent les conséquences d’une grossesse non désirée. Un vrai travail sur la mise en scène et le montage contribuent à l’efficacité du film que beaucoup plus d’hommes devraient voir.
norman06

432 abonnés 1 844 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 novembre 2021
Un récit épuré et fort. Une mise en scène magistrale, sous influence des Dardenne mais qui trouve son style propre. Le film n'a pas volé son Lion d'or à la Mostra de Venise.
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