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Infovest
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3,0
Publiée le 12 mai 2026
Sujet grave qu’est l’avortement avant la loi Veil. Une bonne interprétation du rôle principal et une bonne description de la société des années 60 quant au droit des femmes. Les petits rôles joués par des acteurs connus sont un atout supplémentaire. Film correct.
Adaptation du livre autobiographique d'Annie Ernaux qui porte le même nom que le film, "L'événement" relate le parcours d'une jeune étudiante en lettres issue d'une famille modeste qui cherche à avorter après une relation éphémère lors d'une soirée.
J'ai toujours une certaine appréhension sur les films qui traitent un sujet d'utilité publique, car j'ai la crainte de percevoir la nécessité du combat à mener comme étant une qualité du film alors que le fait de faire un film engagé ne garantit pas un résultat final satisfaisant. D'autant plus que la préservation du droit à l'avortement est toujours d'actualité et a même subi des remises en question notamment aux Etats-Unis et en Hongrie.
"L'événement" est un très bon film, car il ne tombe pas dans la facilité qui aurait consisté à faire un film larmoyant sur la détresse d'Anne qui est empêchée d'avorter, car l'avortement est illégal en France. Le traitement de son parcours est fait de manière assez froide et avec une certaine distance notamment dans la première partie avec le choix d'Audrey Diwan de filmer plusieurs scènes positionnant Anne de dos et les personnes avec lesquelles elles discutent de face, ce que j'ai interprété comme étant une volonté de faire ressentir le regard de la société sur la grossesse en 1963 entre les amies d'Anne qui voient la possibilité de la grossesse comme un drame absolu à éviter (surtout, à leur âge, alors qu'elles ne sont qu'étudiantes) et un fatalisme quant à la situation politique du pays où l'avortement et la complicité d'avortement sont punis par la loi. Ce dispositif permet de faire comprendre l'impasse dans laquelle se trouve Anne sans avoir à lui faire faire de grandes tirades où elle surjouerait le désarroi. C'est quand même bien mieux de prendre son temps pour poser le contexte.
J'ai également été saisie par la mise en scène assez anxiogène de deux scènes qui sont la scène de la première tentative d'avortement clandestin ainsi que l'avant-dernière scène où Anne subit les conséquences de sa deuxième tentative d'avortement (chez le médecin).
J'aurai cependant quelques réserves à émettre sur le traitement qui est fait du parcours d'Anne au regard de sa position sociale dans la société. Certes, on voit Anne dans la difficulté financière lorsqu'il s'agit de payer les gens censés l'aider à avorter, mais il aurait été possible de montrer que même dans un contexte politique hostile à l'avortement de toutes les femmes, les conditions étaient également inégalitaires selon les classes sociales y compris dans le parcours pour l'accès à l'avortement clandestin.
Avec L'Événement, Audrey Diwan adapte le roman de Annie Ernaux avec une rigueur clinique qui privilégie l’expérience sensorielle à toute forme de lyrisme. Le parcours d’Anne Duchesne, porté par Anamaria Vartolomei, impose une immersion frontale, presque suffocante, dans la solitude et la contrainte. Cette mise en scène à hauteur de corps, précise et sans échappatoire, frappe par sa radicalité mais peut aussi instaurer une certaine distance émotionnelle. Diwan refuse tout pathos, au risque de tendre vers une démonstration parfois univoque dans son approche. Reste un film nécessaire et maîtrisé, dont la puissance tient à son dépouillement, même s’il laisse une impression plus saisissante que véritablement bouleversante.
Avec L’Événement, Audrey Diwan signe un film qui regarde enfin le corps des femmes depuis l’intérieur — non comme un objet de récit, mais comme un lieu de résistance. En adaptant Annie Ernaux, elle fait de la caméra un instrument de reconquête : celle du regard féminin sur la douleur, le désir, la liberté. La réalisatrice dépouille son cinéma de toute séduction, refuse les conventions du drame social, et donne au corps d’Anne la dignité d’un manifeste muet. Là où tant de films ont filmé la souffrance féminine comme un spectacle, L’Événement la filme comme une expérience politique : celle d’un corps qui se réapproprie son droit à décider, à agir, à vivre.
Suivant le parcours dans les années 60 d’une étudiante craignant que sa grossesse non prévue ne contrarie ses études et sa future carrière « L’événement » avec sa caméra collant à son héroïne est un drame âpre et saisissant dressant le contour d’une période floue pour les femmes entre quête de libération et d’autonomie face à l’emprise d’une société demeurant encore très patriarcale. Habitant chaque plan du film, l’actrice principale par sa prestance et son silence pesant donne du corps au sens propre au récit.
Un film important pour comprendre les enjeux d'une société aujourd'hui devenu obsolète, qui n'est pas si lointaine que cela. Le film permet aussi de voir et envisagé l'enfer que les femmes ont pu vivre en France (malheureusement, cette situation est d'actualité dans certain pays) et de voir la loi sur l'avortement comme une bénédiction pour la gente féminine. Cela permet de garder une mémoire, qui serait bénéfique a un bon nombre de population dans le monde.
Moyen. Comme la majorité des critiques, j'aurais bien donné une note positive à ce film, mais j'ai trouvé le scénario mécanique, suivant son cours logique sans réelle surprise et surtout sans aucun sentiment. La comédienne, froide comme une poignée de porte, filmée en gros plan sous tous les angles, tire la tête tout le temps et à tout le monde. Et où sont les années 60 dans lequel le film est immergé? Si peu dans les décors et dans les vêtements (il suffit d'observer la salle de cours) si peu dans les dialogues qu'on croirait sortis de notre époque. Enfin pour moi ce film est sans éclat et je m'y suis ennuyée. Dommage.
Un sujet évidemment intéressant, nécessaire, toujours d'actualité, permettant de comprendre combien l'avortement clandestin fut une souffrance pour nombre de jeunes femmes (et aussi d'avoir une pensée pour toutes celles qui n'ont pas pu ou voulu se faire avorter, et qui ont mis au monde un enfant non désiré), mais, hélas, traité certes correctement, mais surtout scolairement et platement.
Évocation assez crue, en tout cas par l'image plus que par les mots, de la thématique des avortements clandestins, le film d'Audrey Diwan narre avec subtilité et précision la condition féminine du début des années 60. Avec de jeunes actrices parfaitement dans le ton et une description minutieuse de ce "parcours de la combattante", le spectateur est invité à constater comment, il y a encore peu d'années, la femme n'était pas maîtresse de son destin, en incapacité de refuser jusqu'à cet accident de la vie. C'est évidemment une situation particulière dont on ne peut faire une généralité, mais ce combat solitaire, exposé dans une mise en scène à l'atmosphère glaciale, incite à la réflexion.
Un film autobiographique implique s'exposer au regard des autres, voire au jugement, même si ce but n'est pas recherché. C'est aussi faire preuve de courage de partager une part de son intimité, d'un vécu douloureux. Un véritable parcours du combattant. Si l'étudiante brillante croque la vie à pleine dent, enceinte, elle laissera place à la femme, déterminée à maîtriser son destin. On est tour à tour, admiratif, inquiet et soulagé dans cette ambiance des années 60, où l'avortement est interdit et les droits des femmes encore embryonnaires. Anamaria Vartolomei est sublime, émouvante à la perfection. Audrey Diwan signe une adaptation du roman autobiographique d'Annie Ernaux, en nous donnant une place de choix, non celle du spectateur, mais, du témoin. Lion d'Or à Venise en 2021, évidemment ! Merci, Annie Ernaux. Bravo ! Audrey Diwan.
Pour moi ce film aurait pu être un chef-d'œuvre s'il avait eu une vraie fin. Mais celle-ci semble escamotée comme si la réalisatrice n'avait su comment l'accoucher... Une fin avortée en quelque sorte !
L'importance qu'un tel film existe, permet de former des consciences et de nous plonger dans un monde "dystopique" qui a pourtant existé... "L'événement" est un grand film français ! Durant 1h30, on est plongé dans cette France des années 60 où le mot "Avortement" est un mot interdit à prononcer. Grâce à cette oeuvre et la performance de la talentueuse Anamaria Vartolomei, le personnage de Anne est un des symboles de la liberté de la femme. Grâce à sa réalisatrice, certaines scènes nous font ressentir cette grossesse ainsi que le "danger" permanent d'en parler.
Histoire dure et intense de cette jeune femme face à sa grossesse non désirée. On est pris aux trippes par le parcours de l'héroïne semé d'embûches qui souhaite coûte que coûte interrompre cette grossesse.