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4,0
Publiée le 14 décembre 2022
Regarder en arrière pour se souvenir d'où l'on vient et ne pas reproduire les mêmes erreurs. "L'événement" raconte le parcours du combattant d'une étudiante pour se faire avorter afin de montrer la nécessité de ne pas revenir sur cette liberté dont les femmes doivent disposer. « Ne dis jamais des choses comme ça, même pour rire. » L'avortement à cette époque était vraiment un sujet tabou avec les gens qui se figeaient dès que ce mot était évoqué. Il ne s'agit pas d'une question d'être pour ou contre, c'est juste la peur qui domine et leur réaction en dit long avec cette crainte d'être marqué à vie que ce soit physiquement, mentalement ou socialement en fonction de la personne concernée avec la prison comme peur ultime. Audrey Diwan évoque également la sexualité à l'époque avec cette envie interdite par peur de se retrouver dans cette situation. Il est également question de ce manque de solidarité féminine. Le récit est quasiment bâti comme un compte à rebours avec l'annonce du nombre de semaines qui accentue à chaque fois l'urgence de la situation. Le temps passe, les solutions ne viennent pas et les chances d'aller au bout s'amenuisent. "L'événement" est sans surprise un film puissant, difficile et marquant avec une dernière partie aussi glaçante qu'insoutenable. En somme, c'est très bon et surtout nécessaire.
Très partagée sur ce film pourtant bien noté : d’un côté très intéressant de comprendre le malheur des femmes qui tombaient enceintes jeunes à une époque (pas si lointaine) où il n’y avait ni la pilule ni le droit à l’avortement, saisir comment cela conditionnait toute leur vie (arrêt des études, la « fille mère » rejetée par les autres) et d’un autre côté on peut se demander s’il était nécessaire de montrer les scènes d’avortement dans le détail, difficiles à regarder voire insoutenables. J’ai du mal à juger un film exceptionnel lorsque j’ai dû détourner le regard à plusieurs reprises. Autant la description détaillée dans un livre peut apporter de la crédibilité et intérêt au récit; autant tout filmer de façon détaillée n’appuie pas forcément l’histoire et met mal à l’aise le spectateur.
Encore un film surévalué. Un non évènement gore. Film lent et qui n'a aucun intérêt à éviter. Je considère qu'il est même une insulte aux femmes qui doivent subir des IVG.
Féministe dans l'âme, je ne me vois mal faire de ce film un bout de papier à la poubelle, il est à garder en mémoire ! La sensibilité du film n’enlève en rien cependant la violence, le gore et la lenteur de ces scènes. C'est un film ""éducatif"" historique.
Ce film m'a bouleversée. Brut et réaliste il retranscrit si bien la détermination d'une femme décidée à interrompre sa grossesse quoiqu'il en coûte. Et à rester maitresse de sa vie. L'actrice est parfaite et la mise en scène nous tient en haleine jusqu'au bout. Pour avoir vécu un IVG récemment, quel chemin parcouru.. Quel courage et quelle tristesse pour toutes ces jeunes filles de l'époque. Merci à toutes ces femmes qui se sont battues, merci Simone Veil, merci Annie Ernaux et merci Audrey Diwan pour ce film. A voir absolument par les temps qui courent.
FAISEUSE D'ANGES. Dans son ventre, intérieur d'une liberté d'être. L'interdit et le mal de notre soi-disant modèle de société. Une contrainte d'un corps, éprouvant. Pendant ce temps, Simone veille.
Une reconstitution des années 60 qui laisse à désirer ainsi qu'une mise en scène assez banale mais un propos fort grâce à des interprètes investis, des scènes marquantes pour leur brutale vérité ainsi qu'une pertinente illustration de la révoltante condamnation sociétale, professionnelle ou intime voire létale de ces femmes interdites d'avortement. Un coup de poing émotionnel.
De la même manière que des réactionnaires osent imposer leurs images de faux foetus démesurés devant les services hospitaliers en hurlant des slogans bibliques, ce film coup de poing, cru, et d'utilité publique, devrait être diffusé dans toutes les lycées de France....en particulier, dans les lycées cathos privés, en convoquant aussi tous les parents à la séance. Ironie du sort et preuve du danger réel et immédiat, du retour en arrière et à l'horreur: à peine 1 an après avoir attribué le Lion d'Or à cette œuvre, l'Italie vient d'élire une néo-faciste, ultra catholique, qui veut refaire des femmes des pondeuses soumises, à la maison. Le format quasi documentaire, parfois filmé de manière chirurgicale et froide, rappellera ou apprendra à chacun la dure réalité de la condition des jeunes femmes pendant des siècles. Certains regrettent le supposé manque de soin apporté à la reconstitution des années 60, il m'a paru évident que c'était un choix volontaire de rendre L'ÉVÉNEMENT intemporel, pour nous montrer que ce qui s'est passé hier se passe encore aujourd'hui dans plusieurs démocraties du monde (U.S.A., Hongrie, Pologne, Brésil) et se repassera dès demain en Italie.
Le film est plutôt longuet, morne, il y a peu de dialogues, des plans longs et sombres. Pas de quoi énormément m'emballer donc. Mais je reconnais qu'il est important de traiter de ce genre de sujet encore aujourd'hui, à une époque où l'avortement est encore tabou auprès de nombreuses personnes. Film moyen mais pas désagréable à voir.
Adaptée du roman autobiographique d’Annie Ernaux, la plongée anxiogène dans l’enfer d’une grossesse non désirée dans la France des années 60 où l’avortement était interdit, portée par l’interprétation pleine de justesse (et Césarisée) d’Anamaria Vartolomei. Lion d’or à Venise.
Remarquable adaptation du roman éponyme d'Annie Ernaux qui a reçu nombre de récompenses méritées, dont le Lion d'or de la Mostra de Venise. Une plongée intimiste dans la solitude d'une jeune fille enceinte dans les années 60 et « qui ne veut pas le garder ». Une épreuve douloureuse et terrible mais sans larmes, sans faiblesses, telle que pouvaient la vivre plein de jeunes filles de l'époque (j'en fus indirectement souvent témoin). Merci Simone Weil, honte à la Cour suprême des USA ! Ce n'était pas évident de traduire en langage cinématographique les mots de l'auteure. Audrey Dirwan y est arrivée, probablement par sa condition de femme. C'est fort, brutal et ô combien d'une grande justesse, fantastiquement interprété par la jeune franco-roumaine Anamaria Vartolomei. Un drame social qui frappe, fort, juste et bien.
L'Evénement fait partie de ces films nécessaires. Je veux dire par là que la puissance du cinéma peut nous permettre de ressentir à quel point il était difficile de disposer de son corps avant la légalisation de l'avortement pour une jeune fille d'alors. Un véritable parcours du combattant à vivre seule magnifiquement interprétée par l'actrice Anamaria Vartolomei qui livre ici une incroyable prestation. On ressent la colère, la peur, la douleur , le manque de repères mais surtout cette affolante solitude dans un geste qui demande un gros soutien qu'elle n'aura jamais. Fort et poignant, le film n'hésite pas à montrer tout cela assez frontalement.
Bof. Le sujet était en or massif, mais cette réalisation caméra épaule héritée des frères d’Ardenne est juste devenue impossible. La mise en scène est très pauvre et les comédiennes manquent cruellement d’incarnation. Je n’ai jamais été en empathie avec la comédienne principale qui tire la gueule pendant tout le film alors qu’il lui arrive merde sur merde. On sent le féminisme des années 2020 qui est à l’œuvre dans la façon de parler des personnages qui rend ce film complètement anachronique et militant, poussif. Le message est asséné au forceps, pas le droit de dire « avortement » comme si elles allaient finir la tête au bout d’un pic. On se croirait parfois dans un film d’espionnage. Bref on est à 1000 lieues d’un autre film au sujet similaire : 4 mois, 3 semaines et 2 jours, véritable chef d’œuvre lui !