Brillante étudiante en lettre, Anne tombe enceinte après une aventure. Problème : on est en 1963. La pilule n'existe pas, et surtout l'avortement est illégal et fortement puni. On suivra ainsi le combat d'Anne, contrainte de se murer dans un silence, l'annonce de la grossesse pouvant la faire condamner si son avortement réussit. Elle fera face à la société rigide des 60's : médecins conservateurs refusant d'apporter de l'aide, professeur strict, femmes jugeant son mode de vie, hommes peu enclins à chercher une solution. "L'événement" tient plus d'un thriller que d'un drame. Avec ses plans serrés et son format carré, le film nous place au coeur de l'action, et de sa protagoniste. Incarnée par une poignante Anamaria Vartolomei, au regard perçant. Le film se veut difficile, montrant le compte à rebours asphyxiant qu'est la grossesse non désirée dans un tel univers. Et proposant plusieurs scènes chocs difficiles à encaisser, et plus ou moins graphiques. Il constitue ainsi une histoire dure, doublée d'un vibrant plaidoyer sur le droit à l'avortement.
Il faut se souvenir que dans les années 60, avorter était un crime passible de la prison. Dans son roman l’événement paru en 2000, Annie Ernaux raconte le parcours d’une étudiante désireuse de poursuivre ses études et prête à tout pour ne pas devenir une mère au foyer à 23 ans.
Audrey Diwan adapte ce roman, ce récit tiré de son histoire personnelle dans une mise en scène sobre, avec une caméra ne quitte jamais ou presque Anamaria Vartolomei, incarnant avec force et détermination le personnage d’Anne. Malgré son désespoir, le mur d’incompréhension autour d’elle, la jeune femme ira jusqu’à mettre en péril son existence pour sauver sa vie. Audrey Diwan filme les corps des jeunes femmes au plus près, montrant la réalité d’un avortement clandestin sans fausse pudeur, sans tourner autour du pot, pour confronter de manière brutale le spectateur à ce qui était une réalité il n’y a pas si longtemps que ça en France et qu’il est toujours encore dans certains pays. Malgré tout il manque peut-être une patte, un point de vue fort de cinéaste à ce film. On pensera évidemment au film 4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu, qui lui nous emportait, nous submergeât littéralement grâce à à sa densité et à un style moins conventionnel que celui d’Audrey Diwan qui nous laisse un peu à l’écart malgré la pertinence du propos.
Un film fort sur l’émancipation des femmes et sur leur droit à disposer de leur corps. A voir car le sujet permet de se souvenir d’où l’on vient et est très intéressant éducativement parlant. La performance de la jeune Anamaria Vartolomei n’est pas étrangère à la réussite de ce drame.
C'est effectivement un film fort, dur et éprouvant qui vise l'immersion douloureuse du spectateur, faire vivre à celui-ci le chemin de croix de cette jeune femme bien décidée à avorter à tout prix. Ce qui diffère de l'empathie, habituellement recherchée. Ici, en-dehors du calvaire enduré, tout est glacial, l'alter ego d'Annie Ernaux autant que ses relations. A l'exception de quelques secondes, peut-être, les seule émotions consenties par la réalisatrice sont l'effroi et l'angoisse, la solitude, la tension, lesquelles finissent par rendre le film un peu sordide. Car le film se vit comme un survival impitoyable en Antarctique, totalement deshumanisé et insensible.... Une expérience immersive et désagréable donc, sans sentimentalisme aucun, qu'il n'est pas interdit de ne pas vouloir se farcir.
Audrey Diwan signe un magnifique film sur un sujet pourtant difficile qu'est l'avortement dans les années 60. La production met très bien en avant la difficulté pour une jeune fille qui tombe enceinte de concilier ses études avec les problématiques d'une grossesse non souhaitée à cette époque. A posteriori on constate le chemin parcouru à ce sujet et les risques qui étaient encourus à l'époque. Le film arrive à retranscrire à l'écran ce que pouvait être la pratique de l'avortement et des conséquences physiques sur les personnes. Au niveau casting, la performance d'Anamaria Vartolomei est remarquable de justesse dans son interprétation. Gros coup de cœur sur ce film car le sujet est difficile et malheureusement a était réel pour des générations de femmes.
Film choc parlant d'un sujet très peu évoqué dans le cinéma français l'interdiction d'avorter avant la loi Veil. C'est magnifiquement interprété. Le casting est formidable avec une Anamaria Vartolomei qui crève l'écran. Je ne la connaissais pas et clairement elle m'a scotché. Elle vampirise l'écran . Le reste du casting est excellent également.
Sans rien dévoiler on peut vraiment dire que le film est poignant, dur, il prend aux tripes. Le scénario est finalement assez mince mais ce n'est pas gênant car on se concentre sur la quête désespérée de cette jeune femme qui ne souhaite pas garder son bébé.
La réalisation est aussi de bonne facture tout en retenu sans verser dans le larmoyant bref un vrai coup de cœur
Terrible et nécessaire film sur l'avortement clandestin dans la France des années 1960. Anne tombe enceinte d'un jeune prétentieux et met tout en œuvre pour interrompre la grossesse, à l'époque où c'est interdit = tabou.
Elle frôle la mort en recourant à une avorteuse, alors que tous ses proches (et moins proches) l'ignorent ou la culpabilisent. Elle ne peut compter que sur elle-même et sa persévérance. Le film met l'accent sur son extrême solitude.
C'est une œuvre difficile (adaptée du roman d'Annie Ernaux) mais magistrale qui restera dans ma mémoire longtemps. Le rythme est un peu lent comparé aux autres films du moment mais c'est le seul "bémol" que j'y trouve.
Énorme claque dans la tronche qui doit nous rappeler à quel point l’humanité et le féminisme ont pu changer en bien ces dernières décennies, ce qui semble acquis aujourd’hui était taboo y a 50 ans. Et que dire de la prestation de Anamaria Vartolomei complètement habitée par son personnage. Un film presque vital et récompensé par le lion d’or à Venise et à juste titre.
Ce film se veut réaliste en montrant des scènes crues, mais dans la vraie vie, il y a des nuances; les personnes ne sont pas constamment énervées, tristes et sèches. Ce film ne connaît pas les nuances. L'histoire tient en une ligne et les acteurs ne dégagent aucune émotion.
Imaginer qu'en 2021, le poids d'une grossesse non désirée n'est pas encore un évènement que nous pouvons conjuguer au passé. Ce coup de rétroviseur cinquante années en arrière remet les pendules à l'heure. Il ne s'agit pas de contrainte mais de choix. Le libre arbitre et non le fatalisme d'une société normée. Les fracas de la religion se répercutent sur le bon-sens. Le vide abyssal de silence et le mépris social dans lequel se retrouve Anamaria Vartolomei remet les choses au point. La mise en scène nous happe, réveil nos consciences et balaye notre bien-pensance tout en étant clair dans son intention : aucune raison recevable de renoncer. Tour de force d'Audrey Diwan qui ne tombe absolument pas dans la morale pour un sujet aussi brûlant. Elle guide son actrice principale sur le ring face à ce conformisme abjecte. Une grande interprétation.
Un film fort, sur le sujet de l'avortement, tiré d'un livre autobiographique d'Annie Ernaux. Ce long métrage a gagné le Lion d'Or à Venise, et on comprend pourquoi. Sur le fond et la forme, ce n'est clairement pas un grand film, mais c'est un film solide.
Esthétiquement, il fait un peu trop artificiel et sert avant tout son propos, même si de temps en temps on sent un regard de cinéaste. Quant au scénario, il n'approfondit pas ses personnages, c'est avant tout un film à thèse pourrait-on dire, qui décrit les affres et l'hypocrisie qui entourent l'interruption de grossesse dans les années 1960.
Mais sa grande force, c'est le traitement de ce sujet. Un traitement à la fois très réaliste, mais pudique, avec un côté très immersif. Impossible de ne pas ressentir de l'empathie pour l'héroïne, et pour un homme, de mieux comprendre les enjeux liés à ce sujet, et le progrès qui a été fait en France, notamment par l'action courageuse de Simone Veil, depuis ces années qui paraissent bien sombres en la matière... Et si les personnages sont un peu schématiques, leur écriture sonne juste, le point de vue adopté par la réalisatrice étant le plus neutre possible, s'abstenant de les juger et s'en tenant aux faits.
Un sujet fort, un traitement adéquat, voilà sans doute ce qui a conquis le jury de la Mostra de Venise. De mon côté, je dois dire que j'ai été également touché et convaincu. C'est un film qui comporte encore quelques maladresses, mais qui dispose de grandes et belles qualités.
L'événement est un excellent film d'Audrey Diwan autour du sujet sensible de l'avortement. Le film (ou plutôt le livre dont il est l'adaptation) situe son action dans les années 60, époque où l'avortement tout comme la contraception d'ailleurs sont choses interdites et on suit le parcours particulièrement difficile de la jeune Anne, promise à un brillant avenir de femme indépendante et qui se retrouve enceinte malgré elle et qui doit trouver un moyen de se faire avorter. Les jugements moralisateurs ne manquent pas et font systématiquement porter le chapeau à la femme. La jeune Anamaria Vartolomei est très bien. Très bon film, qui rappelle que le combat pour la liberté d'avorter est essentiel.
Tiré d’un ouvrage autobiographique de la récemment nobélisée Annie Ernaux, ‘L’événement’ raconte l’histoire d’une étudiante, brillante et issue d’un milieu modeste, qui tombe enceinte dans la France rurale du début des années 60, plusieurs années avant la légalisation de la pilule contraceptive et bien avant la loi Veil. Ce n’est pas le regard de la société qui est traité ici car un tel événement restait tu par crainte du scandale mais le chemin de croix solitaire auquel devait faire face une jeune femme, consciente qu’une grossesse non-désirée allait hypothéquer son avenir : l’entourage amical, même proche, qui préfère se désolidariser de toute décision, l’impossibilité d’expliquer la situation quand elle déborde sur la vie quotidienne, les médecins qui n’osent pas aller contre la loi. En filigrane se dessine un tableau plus général de la condition féminine dans une ère et un lieu pas si lointains aux mœurs pourtant restées très archaïques. Si ‘L’événement’ n’échappe pas aux faiblesses du “film-dossier” francophone, très intéressant mais cinématographiquement pauvre, au moins a-t-il la volonté de ne pas prendre de gants quand il expose toute l’horreur et la souffrance des rares portes de sortie qui existaient voici soixante ans pour traiter les grossesses non-désirées : un rappel salutaire de la chance de vivre dans des pays qui donnent aux femmes le droit absolu à disposer de leurs corps, à l’heure où ce droit est remis en question de plus en plus fréquemment dans des pays où on pensait l’affaire réglée.