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Comme à mon habitude, j’arrive dans la salle sans trop rien connaitre du film… En fait je pensais qu’il s’agissait d’une histoire d’abus sexuel. Lion d’Or à Venise, les notes spectateurs et critiques d’Allociné unanimes pour dire que c’est un grand film, et hop m’y voici.
De fait, j’ai mis un certain temps à savoir quel était le thème et surtout j’avais du mal à situer l’époque. Et c’est de là qu’est arrivé mon premier choc du film. Cette histoire se déroule en 1963. Audrey Diwan livre une projection dystopique du roman d’Annie Ernaux et démontre que la lutte des femmes à disposer de leur corps est toujours d’actualité ; que rien n’est jamais gagné. Second choc le thème, le mot avortement, mot tabou de cette France engoncée, n’est jamais prononcé ; donc on comprend tardivement le thème du film. En tant qu’homme, nous pourrions nous sentir spectateur de cette histoire de femme seule luttant pour agir selon sa volonté et non selon des règles patriarcales. Cette histoire, par son universalité emportera aussi bien les hommes que les femmes ; ce film est profondément politique mais surtout très incarné. Comme les Dardenne suivant « Rosetta », Anamario Vartolomei est de tous les plans, filmée caméra à l’épaule. Enserrée dans un 4/3 pertinent, elle n’a pas d’issue, nous serons de toutes ces espérances, décisions, désillusions. Nous percevrons chaque souffle, chaque regard de cette jeune femme seule devant faire des choix cruciaux pour elle sans pouvoir en parler à personne pas même à ses proches. Cette solitude frappe à chaque instant ; Audrey Diwan gagne la bataille de donner corps à son combat ; et sa jeune actrice l’y aide à merveille par une présence forte de bout en bout. Récit viscéral et puissant, Audrey Diwan tient un récit au cordeau millimétré et nous plonge avec force dans l’étouffante bataille anxiogène que livre son héroïne. Elle ne nous laisse jamais respirer, car, grâce à son dispositif, on vit avec elle, on ressent ce qu’elle ressent ; même un homme… et çà peu de film parviennent ce tour de force.
Une grande réussite formelle et politique car jamais donneuse de leçon ou moralisatrice ; un incontournable de l’année cinématographique.
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
De fait, j’ai mis un certain temps à savoir quel était le thème et surtout j’avais du mal à situer l’époque. Et c’est de là qu’est arrivé mon premier choc du film. Cette histoire se déroule en 1963. Audrey Diwan livre une projection dystopique du roman d’Annie Ernaux et démontre que la lutte des femmes à disposer de leur corps est toujours d’actualité ; que rien n’est jamais gagné. Second choc le thème, le mot avortement, mot tabou de cette France engoncée, n’est jamais prononcé ; donc on comprend tardivement le thème du film. En tant qu’homme, nous pourrions nous sentir spectateur de cette histoire de femme seule luttant pour agir selon sa volonté et non selon des règles patriarcales. Cette histoire, par son universalité emportera aussi bien les hommes que les femmes ; ce film est profondément politique mais surtout très incarné. Comme les Dardenne suivant « Rosetta », Anamario Vartolomei est de tous les plans, filmée caméra à l’épaule. Enserrée dans un 4/3 pertinent, elle n’a pas d’issue, nous serons de toutes ces espérances, décisions, désillusions. Nous percevrons chaque souffle, chaque regard de cette jeune femme seule devant faire des choix cruciaux pour elle sans pouvoir en parler à personne pas même à ses proches. Cette solitude frappe à chaque instant ; Audrey Diwan gagne la bataille de donner corps à son combat ; et sa jeune actrice l’y aide à merveille par une présence forte de bout en bout. Récit viscéral et puissant, Audrey Diwan tient un récit au cordeau millimétré et nous plonge avec force dans l’étouffante bataille anxiogène que livre son héroïne. Elle ne nous laisse jamais respirer, car, grâce à son dispositif, on vit avec elle, on ressent ce qu’elle ressent ; même un homme… et çà peu de film parviennent ce tour de force.
Une grande réussite formelle et politique car jamais donneuse de leçon ou moralisatrice ; un incontournable de l’année cinématographique.
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Le film est réalisé avec brio par Audrey Diwan, la photographie de Laurent Tangy est magnifique et l'image, très maîtrisée, plonge le spectateur dans l'univers et la temporalité du film (avec notamment un grain dans l'image bien dosé), et lui fait vivre beaucoup d'émotions. Outre un message t'es fort sur l'avortement, légalisé seulement en 1975, Anamaria Vartolomei, qui interprète la personnage principale du film, est très impressonnante dans son jeu. Le côté cru du film s'ajoute à ce jeu d'acteur incroyable pour magnifier le message du film.
Suite à la respectable adaptation d’un fait, avec « Mais vous êtes fous », Audrey Diwan revient sur des problématiques plus intimes et autobiographiques de l’autrice Annie Ernaux. Pour son deuxième long-métrage, elle laisse les conséquences de l’addiction de côté pour verser dans du suspense social très poignant. Un Lion d’Or n’est pas démérité à ce stade, où la cinéaste préserve une tension omniprésente chez une héroïne qui a beaucoup à perdre. Le cinéma français a encore énormément à offrir et il est loin d’avoir poussé son dernier soupir. Dans la lignée de cette lutte, une femme sonde l’environnement qui l’entoure et qui l’abandonne à son sort. Et quand bien même l’espoir est permis, ce sera au prix de souffrances qui donnera ainsi plus de pertinence à la loi Veil, mais ce ne sera pas pour cette génération.
C’est dans un format 1,37 que la réalisatrice nous embarque, aux abords de l’objectif de sa caméra épaule, au plus proche d’Anne (Anamaria Vartolomei), jeune étudiante promise à un grand avenir. On prend ainsi le temps de brosser le portrait d’une France, qui offre l’opportunité de changer de classe sociale par le biais d’étude et d’une détermination, qu’il convient d’entretenir. C’est à partir de là que le postulat vire au drame social, aussi soudainement que la nouvelle d’un enfant non-désiré va marquer une course contre la montre. Hélas, on nous rappelle amèrement que la pratique de l’avortement fut encore de l’ordre du délit, une manière de brider un peu plus le libre-arbitre des femmes et une façon odieuse de contenir leur désir. Mais là où Diwan aurait pu prendre la direction de dénoncer des états d’esprit conservateurs, elle prend son spectateur à revers, en nous invitant au plus près des souffrances d’Anne.
Une relation de corps et d’esprit se dessine dans un malaise qui réduit peu à peu l’espérance de vie de la jeune femme. Les semaines avancent, comme pour nous rappeler qu’une épée de Damoclès n’est jamais très loin. La prison ou la liberté est un combat fondamental qui lie toutes les femmes dans une situation similaire. Diwan en fait le constat avec une grande pertinence et surtout une puissance folle de mise en scène. Le cadre est rarement aérien, souvent au pas, et d’autres fois, il sera furtif, juste assez pour choquer, mais pas en usant abondamment du visuel, souvent mal placé et à la limite du voyeurisme. On préfère verser dans la suggestion et dans une souffrance pure, au rythme du stress qu’Anne subit au quotidien et en enchaînant les tentatives de guérir de cette maladie qui ne touche que les femmes et qui les condamnent à rester au foyer.
« L’Événement » est une absolue leçon de courage et un constat déplorable sur un système qui ronge des droits fondamentaux. C’est un point de départ qui fâche, mais c’est également une réalité qui est dépeinte, dans l’horreur de la solitude, sans issue ou sans faiseuse d’ange pour ensuite contourner un corps médical rigide. La reconstitution est donc limitée pour que l’expérience immersive soit la plus complète, comme si le spectateur lui-même couvait cette douleur et son impuissance, en regardant Anne traverser les couloirs de son dortoir, de revenir encore plus affaiblie, dépassée et distante à ses cours, mais qu’à la fin, elle puisse peut-être s’affranchir de toutes ses contraintes.
C’est dans un format 1,37 que la réalisatrice nous embarque, aux abords de l’objectif de sa caméra épaule, au plus proche d’Anne (Anamaria Vartolomei), jeune étudiante promise à un grand avenir. On prend ainsi le temps de brosser le portrait d’une France, qui offre l’opportunité de changer de classe sociale par le biais d’étude et d’une détermination, qu’il convient d’entretenir. C’est à partir de là que le postulat vire au drame social, aussi soudainement que la nouvelle d’un enfant non-désiré va marquer une course contre la montre. Hélas, on nous rappelle amèrement que la pratique de l’avortement fut encore de l’ordre du délit, une manière de brider un peu plus le libre-arbitre des femmes et une façon odieuse de contenir leur désir. Mais là où Diwan aurait pu prendre la direction de dénoncer des états d’esprit conservateurs, elle prend son spectateur à revers, en nous invitant au plus près des souffrances d’Anne.
Une relation de corps et d’esprit se dessine dans un malaise qui réduit peu à peu l’espérance de vie de la jeune femme. Les semaines avancent, comme pour nous rappeler qu’une épée de Damoclès n’est jamais très loin. La prison ou la liberté est un combat fondamental qui lie toutes les femmes dans une situation similaire. Diwan en fait le constat avec une grande pertinence et surtout une puissance folle de mise en scène. Le cadre est rarement aérien, souvent au pas, et d’autres fois, il sera furtif, juste assez pour choquer, mais pas en usant abondamment du visuel, souvent mal placé et à la limite du voyeurisme. On préfère verser dans la suggestion et dans une souffrance pure, au rythme du stress qu’Anne subit au quotidien et en enchaînant les tentatives de guérir de cette maladie qui ne touche que les femmes et qui les condamnent à rester au foyer.
« L’Événement » est une absolue leçon de courage et un constat déplorable sur un système qui ronge des droits fondamentaux. C’est un point de départ qui fâche, mais c’est également une réalité qui est dépeinte, dans l’horreur de la solitude, sans issue ou sans faiseuse d’ange pour ensuite contourner un corps médical rigide. La reconstitution est donc limitée pour que l’expérience immersive soit la plus complète, comme si le spectateur lui-même couvait cette douleur et son impuissance, en regardant Anne traverser les couloirs de son dortoir, de revenir encore plus affaiblie, dépassée et distante à ses cours, mais qu’à la fin, elle puisse peut-être s’affranchir de toutes ses contraintes.
Magnifiquement porté par sa jeune interprète, "L'événement" évoque un sujet très peu abordé dans le cinéma français, indissociable de la lutte des femmes pour leur indépendance, dans une société marquée par le politiquement correct. On reprochera cependant redites et longueurs à un film qui aurait gagné à être plus ramassé.
Récipiendaire du dernier Lion d’Or au Festival de Venise en septembre dernier, on peut dire que « L’événement » n’a pas volé son prix. Audrey Diwan réalise un film à thèse puissant et qui en fera réfléchir beaucoup sur l’évolution sociale et celle des mentalités en cinquante ans. Nous sommes au début des années 60 en France et la pilule n’existe pas encore tandis que l’avortement est sévèrement puni par la loi, que ce soit la personne qui choisit de le faire comme pour celle qui le pratiquera. Et lorsqu’on est une très jeune femme, avoir un enfant signifie devenir mère fille et abandonner toute ambition ou velléité professionnelle et se retrouver mère au foyer. Rien à voir avec aujourd’hui où on en est à parler de troisième pronom et de genres entre autres considérations sociales bien plus superflues. Voir ce film c’est donc aussi se rendre compte que beaucoup de chemin a été parcouru, notamment concernant les droits des femmes. En adaptant le roman de Anne Herneaux, lui-même tiré d’une histoire vraie, Diwan nous propose une piqure de rappel en forme d’électrochoc.
Le long-métrage de la réalisatrice du déjà excellent « Mais vous êtes fous », qui parlait lui de la dépendance à la drogue et de son influence sur un couple lambda, est fascinant de bout en bout. On pense forcément à une autre œuvre en forme de claque sur le même thème, le film roumain plus austère et clinique mais tout aussi extrême et réussi « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ». Aussi peu loquace, « L’événement » ne lâchera pas d’une semelle les pas de cette Anne qui va subir un véritable chemin de croix pour pouvoir disposer de son corps et de son avenir. La caméra ne la quittera plus dès lors qu’elle nous apparaît. Anamaria Vartolomei est impressionnante de détermination et de désespoir, offrant une composition d’une grande force et d’une justesse incontestable. Tout comme l’est le reste du casting, très bien dirigé, mais il faut avouer qu’on a d’yeux que pour elle. La jeune comédienne devait porter le film sur ses frêles épaules et elle s’en acquitte de la meilleure des façons.
« L’événement » est dur. Dur mais réaliste, presque anxiogène. Diwan parvient à nous faire ressentir cet avortement de manière viscérale à travers deux scènes marquantes, presque insoutenables, mais jamais voyeuristes. Tout montrer était nécessaire pour faire comprendre ce qu’était un avortement à l’époque. Une époque d’ailleurs bien rendue et dont certains aspects semblent faire leur retour dans quelques endroits du monde actuel, un monde en proie au retour d’une forme de conservatisme social (droits des minorités, des femmes, etc.). Que des régions reviennent à interdire l’avortement comme dans certains États américains ou en Europe de l’Est paraît impensable et pourtant c’est bien réel. Cette œuvre d’une puissance rare permet donc de rappeler à certains des faits essentiels. C’est un film très féministe mais dans le bon sens du terme, politique un peu aussi, mais surtout d’une intelligence et d’une finesse indéniable. Un coup de poing nécessaire à la fois beau et fort dont on ne sort pas indemne.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Le long-métrage de la réalisatrice du déjà excellent « Mais vous êtes fous », qui parlait lui de la dépendance à la drogue et de son influence sur un couple lambda, est fascinant de bout en bout. On pense forcément à une autre œuvre en forme de claque sur le même thème, le film roumain plus austère et clinique mais tout aussi extrême et réussi « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ». Aussi peu loquace, « L’événement » ne lâchera pas d’une semelle les pas de cette Anne qui va subir un véritable chemin de croix pour pouvoir disposer de son corps et de son avenir. La caméra ne la quittera plus dès lors qu’elle nous apparaît. Anamaria Vartolomei est impressionnante de détermination et de désespoir, offrant une composition d’une grande force et d’une justesse incontestable. Tout comme l’est le reste du casting, très bien dirigé, mais il faut avouer qu’on a d’yeux que pour elle. La jeune comédienne devait porter le film sur ses frêles épaules et elle s’en acquitte de la meilleure des façons.
« L’événement » est dur. Dur mais réaliste, presque anxiogène. Diwan parvient à nous faire ressentir cet avortement de manière viscérale à travers deux scènes marquantes, presque insoutenables, mais jamais voyeuristes. Tout montrer était nécessaire pour faire comprendre ce qu’était un avortement à l’époque. Une époque d’ailleurs bien rendue et dont certains aspects semblent faire leur retour dans quelques endroits du monde actuel, un monde en proie au retour d’une forme de conservatisme social (droits des minorités, des femmes, etc.). Que des régions reviennent à interdire l’avortement comme dans certains États américains ou en Europe de l’Est paraît impensable et pourtant c’est bien réel. Cette œuvre d’une puissance rare permet donc de rappeler à certains des faits essentiels. C’est un film très féministe mais dans le bon sens du terme, politique un peu aussi, mais surtout d’une intelligence et d’une finesse indéniable. Un coup de poing nécessaire à la fois beau et fort dont on ne sort pas indemne.
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La louange des notes nous a guidé vers le cinéma, ce que nous ne comprenons pas aujourd'hui.
Le film est gore, avec le récit d'une histoire vraie, douloureuse et certainement délicate pour bon nombres de générations avant nous, mais le film est pâle, l'histoire ennuyante et les différentes tentatives d'avortement sont un supplice pour les yeux et les oreilles. Du mal à comprendre ce plébiscite.
Le film est gore, avec le récit d'une histoire vraie, douloureuse et certainement délicate pour bon nombres de générations avant nous, mais le film est pâle, l'histoire ennuyante et les différentes tentatives d'avortement sont un supplice pour les yeux et les oreilles. Du mal à comprendre ce plébiscite.
C'est le récit d'un avortement clandestin dans les années 60 mais la réalisatrice a choisi de le décontextualiser avec l'ambition d'en faire une histoire intemporelle et universelle et ça en fait juste un film qui ne fonctionne pas. Les scènes d'aiguille à tricoter, de pinces et d'éjection de fœtus sanguinolent dans les toilettes sont insupportables. Était-ce bien nécessaire ?
Un beau film engagé qui lève le tabou sur l'interdiction d'avorter, qui fut levé il n'y a pas si longtemps que ça. Comme un documentaire. Super actrice. On stresse avec elle en comptant les semaines et en la voyant toujours ne pas réussir à trouver une solution.
Film totalement maîtrisé par Audrey Diwan qui offre aussi une direction d'acteur parfaite. L'actrice principale y est fascinante de justesse. Un grand film sur un sujet important.
L'événement
Ambiguïté, envie mais aussi appréhension de voir ce film, et pour la même raison : le thème de l'avortement dans les années 60 . Peur de la manière crue dont il pouvait être abordé, intéressée de le découvrir car inspiré d'une histoire vécue, écrite par Annie Ernaux.
1960 les années twist, ces jeunes nés durant la seconde guerre mondiale qui ont le désir d'une certaine légèreté. Cette réalité plus sombre aussi : la place de la femme, le diktat moral d'une société pudique et stigmatisante. Ce qui m'a le plus marqué c'est cette solitude d' Anne, jouait si justement par Anamaria Vartolomei. Son isolement familial, amical, sentimental, sociétal (le médical, l'université..) . Elle est toujours seule : on est face aux silences, aux non-dits. C'est l'impossibilité de se confier aux "bien pensants" par honte. C'est l'indifférence, le jugement, et des femmes, et des hommes. Les hommes ne sont d'ailleurs pas tous présentés avec une image totalement négative. Certains sont lâches, ignobles mais d'autres sont plus empathiques et solidaires. C'est bien la société, qui condamne, qui est maltraitante. Certaines scènes bien que suggérées sont très fortes et j'avais la nausée comme si mon corps aussi criait sa douleur.
Je sors du film et pense "combien de jeunes filles et femmes ont subit cette violence durant prêt de 15 ans encore" jusqu'à la Loi portée par Simone Veil légalisant l’avortement le 17 janvier 1975.
Ambiguïté, envie mais aussi appréhension de voir ce film, et pour la même raison : le thème de l'avortement dans les années 60 . Peur de la manière crue dont il pouvait être abordé, intéressée de le découvrir car inspiré d'une histoire vécue, écrite par Annie Ernaux.
1960 les années twist, ces jeunes nés durant la seconde guerre mondiale qui ont le désir d'une certaine légèreté. Cette réalité plus sombre aussi : la place de la femme, le diktat moral d'une société pudique et stigmatisante. Ce qui m'a le plus marqué c'est cette solitude d' Anne, jouait si justement par Anamaria Vartolomei. Son isolement familial, amical, sentimental, sociétal (le médical, l'université..) . Elle est toujours seule : on est face aux silences, aux non-dits. C'est l'impossibilité de se confier aux "bien pensants" par honte. C'est l'indifférence, le jugement, et des femmes, et des hommes. Les hommes ne sont d'ailleurs pas tous présentés avec une image totalement négative. Certains sont lâches, ignobles mais d'autres sont plus empathiques et solidaires. C'est bien la société, qui condamne, qui est maltraitante. Certaines scènes bien que suggérées sont très fortes et j'avais la nausée comme si mon corps aussi criait sa douleur.
Je sors du film et pense "combien de jeunes filles et femmes ont subit cette violence durant prêt de 15 ans encore" jusqu'à la Loi portée par Simone Veil légalisant l’avortement le 17 janvier 1975.
Quel film !! on se retrouve transporter dans les années 50 avec les problèmes de l'époque qui aurait pu être les problèmes d'aujourd'hui sans Simone VEIL
“L'événement” est l'adaptation du roman d'Annie Ernaux paru en 2000. Le film se déroule dans la France des années 60. La contraception et l’avortement sont interdits et les femmes qui tentaient de mettre fin à leur grossesse encouraient la prison. Une femme mourait chaque jour des suites d’un avortement clandestin en se mutilant elle-même avec des aiguilles non stérilisées. Ce n’est qu’après le vote de la loi Veil en 1975, que l’interruption volontaire de grossesse est autorisée grâce aux combats de militantes déterminées à défendre leurs droits à disposer de leurs corps.
Le film nous emmène aux côtés d’une jeune étudiante prometteuse qui tombe enceinte. Cet enfant, elle n’en veut pas, du moins pas tout de suite. Souhaitant prendre son avenir en main, elle s’engage dans une course contre la montre pour braver la loi.
Si tout peut sembler simple dans l’écriture et la mise en scène filmée en format 1:37, il n’en reste pas moins un film coup de poing. Il y avait longtemps que nous n’avions pas ressenti une telle douleur à l’intérieur de notre corps lors d’une séance de cinéma. Car oui, les scènes chocs sont là, mais elles sont nécessaires pour bien comprendre ce que vivaient les femmes il y a seulement quelques décennies. Intime, anxiogène et bouleversant "L'événement" est une ode à la liberté et un brillant hommage aux femmes qui se sont battues pour nous.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Le film nous emmène aux côtés d’une jeune étudiante prometteuse qui tombe enceinte. Cet enfant, elle n’en veut pas, du moins pas tout de suite. Souhaitant prendre son avenir en main, elle s’engage dans une course contre la montre pour braver la loi.
Si tout peut sembler simple dans l’écriture et la mise en scène filmée en format 1:37, il n’en reste pas moins un film coup de poing. Il y avait longtemps que nous n’avions pas ressenti une telle douleur à l’intérieur de notre corps lors d’une séance de cinéma. Car oui, les scènes chocs sont là, mais elles sont nécessaires pour bien comprendre ce que vivaient les femmes il y a seulement quelques décennies. Intime, anxiogène et bouleversant "L'événement" est une ode à la liberté et un brillant hommage aux femmes qui se sont battues pour nous.
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Dans les années 60, une jeune femme est prête à tout pour mettre fin à une grossesse non-desirée qui ruinerait ses chances de poursuivre ses études. En ce temps là, l'avortement est interdit...
Le film nous montre avec brio ce qu'était l'époque des aiguilles à tricoter et des faiseuses d'anges: la peur constante de tomber enceinte quand il ne faut pas, la quête désespérée d'une solution, les risques, la douleur.
Un témoignage indispensable à notre époque où le droit à l'avortement reste à défendre en France... et encore à conquérir dans un trop grand nombre de pays.
Le film nous montre avec brio ce qu'était l'époque des aiguilles à tricoter et des faiseuses d'anges: la peur constante de tomber enceinte quand il ne faut pas, la quête désespérée d'une solution, les risques, la douleur.
Un témoignage indispensable à notre époque où le droit à l'avortement reste à défendre en France... et encore à conquérir dans un trop grand nombre de pays.
De Audrey Diwan (2021)
Un film sensible, fort et parfois cru sur la situation des femmes en France dans une époque pas si lointaine que cela. De quoi regarder avec humilité le chemin parcouru à l'aulne de ce qui reste encore à faire. Des scènes parfois insoutenables sur la réalité de la condition féminine. Film porté à l'écran par la remarquable interprétation de Anamaria Vartolomei.
Un film sensible, fort et parfois cru sur la situation des femmes en France dans une époque pas si lointaine que cela. De quoi regarder avec humilité le chemin parcouru à l'aulne de ce qui reste encore à faire. Des scènes parfois insoutenables sur la réalité de la condition féminine. Film porté à l'écran par la remarquable interprétation de Anamaria Vartolomei.
Le parti pris du film est radical : se concentrer coûte que coûte sur le personnage d'Anne, qui apprend qu'elle est enceinte dans les années 50, et se trouve complètement seule face à son problème.
Ce parti pris se traduit de multiples façons. L'écriture par exemple ne s'égare sur aucune piste annexe : il ne faut pas rechercher dans le film un tableau d'ensemble, ni une analyse politico-sociale de l'époque. Les personnages secondaires sont volontairement réduits à de simples silhouettes traversant le cadre / la vie d'Anne (la famille, les amies, les ennemies, le professeur).
La caméra épouse elle aussi le parti pris fondateur du film. Elle est rivée au cou d'Anne et à son visage, avec une profondeur de champ qui rend souvent son visage net et ceux des autres flous (on songe au style du Gus van Sant d'Elephant). La bande-son travaille elle aussi au but commun : ressentir l'histoire de cette jeune femme à travers ses sensations et ses émotions.
Dans son genre, le film est réussi et convaincant. Certaines scènes sont frappantes (si vous avez vu le film, vous voyez lesquelles), et utilement dérangeantes.
Mais malgré toutes ses qualités qui sont grandes, il manque pour moi à L'évènement quelque chose qui le rendrait brillant et en ferait un très grand film, quelque chose que possédait un autre film sur le même sujet, le sec et parfait 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu, Palme d'or à Cannes.
Ce parti pris se traduit de multiples façons. L'écriture par exemple ne s'égare sur aucune piste annexe : il ne faut pas rechercher dans le film un tableau d'ensemble, ni une analyse politico-sociale de l'époque. Les personnages secondaires sont volontairement réduits à de simples silhouettes traversant le cadre / la vie d'Anne (la famille, les amies, les ennemies, le professeur).
La caméra épouse elle aussi le parti pris fondateur du film. Elle est rivée au cou d'Anne et à son visage, avec une profondeur de champ qui rend souvent son visage net et ceux des autres flous (on songe au style du Gus van Sant d'Elephant). La bande-son travaille elle aussi au but commun : ressentir l'histoire de cette jeune femme à travers ses sensations et ses émotions.
Dans son genre, le film est réussi et convaincant. Certaines scènes sont frappantes (si vous avez vu le film, vous voyez lesquelles), et utilement dérangeantes.
Mais malgré toutes ses qualités qui sont grandes, il manque pour moi à L'évènement quelque chose qui le rendrait brillant et en ferait un très grand film, quelque chose que possédait un autre film sur le même sujet, le sec et parfait 4 mois, 3 semaines, 2 jours, de Cristian Mungiu, Palme d'or à Cannes.
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