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clamarch
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4,5
Publiée le 28 novembre 2021
Que dire ? Merci, tout d'abord à l'auteure du livre et aux deux formidables femmes qui le portent à l'écran : la réalisatrice qui nous emmène dans chaque plan avec Anne, nous liant au, semaines qui s'égrènent comme autant de menaces qui se rapprochent. Que ces temps ne reviennent jamais. Jamais.
Adapter le roman d'Annie Ernaux au cinéma est une riche idée qui permet de donner une expression plus large à ce roman très personnel et très intime. Le film a une évidente vertu pédagogique : il fait ressentir (au lieu d'"expliquer" ce que font déjà de nombreux documentaires) l'enfermement et la solitude des femmes enceintes malgré elles, avant la reconnaissance tardive du droit à l'IVG. Suivre du premier au dernier plan la jeune étudiante, caler la caméra sur son visage, son corps, est un choix de mise-en-scène intelligent car il permet d'incarner ce qui n'est plus pour nous qu'un vieux débat de société. Anamaria Vartolomei donne corps à cette violence patriarcale millénaire avec brio. Mais il n'est pas seulement question du droit à l'avortement dans ce film. Audrey Diwan a tenu à rappeler combien la sexualité des femmes était corsetée il y a soixante ans. L'héritage judéo-chrétien pesait fortement sur les françaises auxquelles la société refusait le droit au plaisir. En plaçant cette question au coeur du film, Audrey Diwa lui donne une couleur très contemporaine, rappelant, sans l'expliciter, que la culpabilisation a été sécularisée et qu'elle pèse encore sur les femmes. Un film juste, intelligent, indispensable.
Les religions patriarcales imposent des tortures aux corps des femmes. Pour ceux qui en doutent encore, L’Événement le prouve une fois de plus, à l’instar du fabuleux 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Palme d’Or à Cannes 2007. C’est le seul reproche qu’on peut faire au film d’Audrey Diwan, sa ressemblance avec un film sorti il y a peu de temps. A part ça, c’est un film indispensable, à montrer aux nouvelles générations qui pensent que tout est gagné, qu’il n’est plus utile d’aller voter, que la liberté ne se défend plus. Et que dire d’Anamaria Vartolomei, présente quasiment à chaque plan de ce film qu’elle porte majestueusement ! Une révélation.
La caméra ne lâche pas un instant son héroïne, et ses démarches pour parvenir à avorter. Excellemment interprétée par Anamaria Vartolomei, jolie, intelligente, volontaire, un brin revêche, son combat nous touche et le film est souvent suffoquant. Il remet en lumière les situations des jeunes femmes au début des années 60, et la gravité qui accompagnait leur vie. On est dans le témoignage, le cinéma vérité, ce n'est pas un genre que j'apprécie beaucoup, on est surtout le nez dans le guidon, cela manque par conséquent un peu d'ampleur
Un peu le même effet que "Capitaine Phillips" il y a quelques années ! : je suis restée scotchée à mon siège, médusée, sidérée par ces scènes crues et nues ...! L'actrice en très gros plan, la lumière sur elle, la photographie... ciel quel film!
Ce film est d'utilité publique. Je ne sais pas comment vous faire partager ce que j'ai ressenti en le voyant. Mes jambes en tremblaient en sortant. La radicalité de la réalisatrice sans compromis en font un film viscéral, parfois insoutenable mais essentiel et une vraie proposition de cinéma trop rare aujourd'hui. Ça interroge, ça met KO et ça ça continue de hanter bien après la projection. A voir d'urgence
Ai vu "L'évènement" film mis en scène par Audrey Diwan d'après le roman d'Annie Ernaux qui a obtenu le Lion d'Or au dernier festival de Venise. Tout d'abord ce film est remarquable par sa forme chirurgicale, format 35mm peu usité actuellement, musique minimaliste et percussive, caméra à l'épaule... L'image est étroite tout comme la mentalité du commun des mortels au début des années 60 concernant l'avortement, ce format permet aussi une reconstitution générale sans tomber dans les travers du cinéma français qui se fourvoie généralement dès qu'il s'agit de restituer une époque à tout appesantir à force d'accumulation de bibelots et de costumes vintages trop plombants. La caméra est en mouvement permanent et suit pendant l'intégralité du film au plus près le personnage d'Anne, jeune étudiante en lettres à Angoulème qui cherche absolument à avorter, car elle a tout à fait conscience qu'avoir un enfant c'est renoncer définitivement à des études, à une élévation sociale. "Je suis atteinte d'une maladie qui touche exclusivement les femmes et qui font d'elles des femmes au foyer" dit-elle à un de ses professeurs inquiet de la voir totalement décrocher en cours d'année. La mise en scène d'Audrey Doiwan est très précise et totalement au service de son sujet. Sans jamais tomber dans le pathos ni le voyeurisme, la caméra est franche, froide, explicite mais sensuelle également. La prestation d'Anamaria Vartolmei est en tout point de vue remarquable, l'actrice compose avec justesse une jeune femme de tête qui se bat seule sous les regards scrutateurs de ses camarades féminines et dans les silences remplis de jugement de la gent masculine. La solitude qui entoure Anne au fur et à mesure que s'écoule les semaines qui l'éloignent d'une possible délivrance est pesante et prégnante. Sandrine Bonnaire dans le trop court rôle de la mère est émouvante et Anna Mouglalis, au charisme incroyable dans le rôle de Madame Rivière, nous fait regretter de ne pas la voir plus souvent sur un écran. Le film n'a pas la puissance d'"Une affaire de femme" de Chabrol avec Isabelle Huppert, qui pourrait être son pendant, mais n'en n'est pas moins indispensable.
Assez décevant en rapport au sujet, peut-être que la mise en scène assez minimaliste n'a pas aidé à ce que je puisse adhérer totalement. Pourtant l'intérêt et la profondeur du personnage aurait pu m'y aider. Hélas, malgré les atouts de l'interprétation, le film n'a pas réussi à me convaincre. Dommage.
Anne, 23 ans, est une étudiante brillante. Suite à une brève relation avec un jeune homme, elle tombe enceinte contre sa volonté. Nous serions en 2021, la situation serait assez simple même si une IVG est toujours difficile à vivre psychologiquement. Malheureusement, nous sommes en 1963 et l'avortement est illégal et passible de prison... Adapté du roman éponyme paru en 2000, la réalisatrice Audrey Diwan nous fait vivre, sans détour ni sensationnalisme, la détresse d'une jeune fille face à cette situation avant la loi Veil de 1975. Ce drame choque et interpelle quand on se transporte seulement quelques dizaines d'années en arrière et que l'on réalise la difficulté d'une femme à pouvoir disposer de son corps. Il est dommage qu'un tel sujet soit en partie gâché par une mise en scène "caméra à l'épaule" multipliant les gros plans pénibles, et par une réalisation manquant de souffle et de cohérence par moments... Un thème profond traité convenablement, mais sans réel éclat. Site CINEMADOURG.free.fr
Tout est juste dans ce chef-d'oeuvre Anamaria Vartolomei carrière à suivre, les seconds rôles tout en subtilité. La réalisatrice ne tombe jamais dans le pathos alors que l'histoire s'y prêtait du coup en retient l'essentiel la solitude de l'héroïne face à la pression sociale d'une époque.... révolue ??
Sujet vraiment fascinant d'une époque où les femmes devaient traverser de nombreuses épreuves pour essayer d'être les égaux des hommes. C'est bien traité, vraiment très angoissant, on se sent en danger lorsqu'Anne est en danger, et on s'attend toujours au pire à chaque nouvel obstacle. Excellent travail des acteurs également.
Certains films entrent, comme ça, sans prévenir, par la petite porte et finissent par ressortir à travers la grande. C'est un peu le cas de "L'événement", film choque primé à Venise. Sa réalisatrice nous parle d'une jeune fille, Anne, qui veut avorter dans les années 60, un délit à l'époque, un sujet que l'on veut taire. Ce portrait de la France est plaisant dans un premier temps car la remise en contexte est justement réalisée, puis car la reconstruction est réaliste. Dans un second temps, c'est sans concession que l'on découvre le quotidien d'Anne qui bascule suite à une grossesse imprévue. Dans un temps où seule la mention de l'avortement était taboue, on apprend à connaître un système qui n'autorise pas cet acte, aujourd'hui parfaitement légal et promulgué par Simone Veil en 1975. Le système de santé est du même camp que l'État, c'est à dire qu'il met tout en œuvre pour empêcher la pratique. Anne, jeune fille insouciante et éprise de la vie et des rencontres amoureuses, bascule avec fracas dans ce tourbillon infernal, comprend que vite que son corps ne lui appartient plus et qu'elle est en prise avec les gens qui l'entoure. Quelques résistants croient au miracle, mais c'est presque seule qu'Anne doit se débrouiller. En faisant ce choix, elle apparaît non seulement comme une figure unique défiant l'autorité, mais aussi comme une fille courageuse qui encourage la libération des langues et la nécessité de rendre l'avortement légal. "L'événement" est sanglant, non-académique et toujours filmé sans pudeur ni distance : le personnage subit sa grossesse. Au terme d'un unique plan éprouvant montrant l'avortement - capté par un plan séquence caméra à l'épaule - Anne ressort vide de sa séance bien particulière, possiblement sans son enfant (ce qu'elle espère) mais surtout vide de sens. Cet acharnement n'est-il pas vain, étant donné les risques encourus pour sa propre vie ? Lourd récit d'abnégation et de résistance, "L'événement" est un film que je vous recommande.
Et si l'originalité pour une fois, c'était de ne pas faire original ? Oui, Anamaria Vartolomei est absolument superbe dans l'incarnation d'Anne, jeune étudiante que la soudaine grossesse contraint à prendre une décision radicale : choisir. Sauf que dans les années 60, c'est déjà beaucoup trop pour les mœurs et la loi : les études ou les fourneaux, le bébé ou le cachot. Comment faire face quand son existence semble régie par des normes archaïques, injustes et intrusives ? On se débrouille seule. Dans le touchant Mais vous êtes fous ?, qui traitait de l'addiction, Audrey Diwan déplaçait le centre de gravité sur les proches et non la principale victime. En adaptant le roman autobiographique d'Annie Ernaux, la réalisatrice choisit au contraire de coller au plus près de son héroïne. Du début à la fin, le cadre est resserré sur Anne (format 1.37, image carrée), allégorie de son monde autant que celle d'un monde qui l'oppresse. Ce qui n'est pas peu dire. Un simple repas, une banale douche entre filles, une trace, même un cri suffit à menacer le secret de l'élève en lettres. Bref, être elle-même aurait des conséquences, elle doit donc se comporter "normalement" pour s'en sortir. Par ce simple dispositif de mise en scène et en créant de la tension sur de toutes petites choses, L'Événement décuple l'empathie pour le personnage principal. On est pas serein, compte tenu du contexte ou de l'impossibilité d'en parler tout simplement. La simple évocation d'une émancipation, surtout envers cette "obligation" reproductrice, et les visages se ferment. Comme si le sujet tenait de l'humour macabre. Personne n'en rit, qu'on se place d'un côté comme de l'autre. Bref, on a juste envie de rester avec Anne. Pourtant, on sent que l'appel de le liberté ne demande qu'à exulter : on parle sexe en privé, on cache ses expériences quand on en a. Bref, on se met sous cloche. Diwan filme ça sans pudeur mais sans voyeurisme déplacé, autant de moments captés dans une capsule temporelle mais qui résonne aussi fort à l'heure actuelle. Le long-métrage n'élude pas la signification d'un avortement au delà du geste de libération des femmes, à savoir l'épreuve physique et psychologique qu'il exige. Les points culminants dans la dernière partie atteignent des sommets d'émotions, entre les pleurs, la panique et l'admiration. Dans sa vérité crue, l'acte libère autant qu'il déchire. Hier comme aujourd'hui, Anne est une grande héroïne. On en fait un symbole, Audrey Diwan et Anamaria Vartolomei lui ont donné vie.
Un lion d’Or amplement mérité pour ce film coup de poing ! On en sort KO tellement le message est fort et poignant. L’interprétation de Annamaria est d’une justesse incroyable.
Dans les années 60 faire des études longues pour une femme est une manière de sortir du schéma traditionnel pour s'émanciper. Quand Anne tombe malade, de "cette maladie qui transforme les filles en femmes au foyer" elle décide de prendre les choses en main. Film fort (qui n'a pas peur d'aborder sa thématique de front dans des scènes parfois très dures) avec une mise en scène intime qui isole l'héroïne du monde qui l'entoure par un jeu subtil sur la focale de la caméra. L'interprétation de la jeune Anamaria Vartolomei est pure et exceptionnelle.