Derniers Avis : Ascenseur pour l'échafaud - Page 12
Ascenseur pour l'échafaud
Note moyenne
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Un visiteur
5,0
Publiée le 7 avril 2010
Le film , inspiré d'un roman sans éclat de Noël Calef, raconte l’histoire de Florence,l'épouse d'un industriel pour lequel Julien Tavernier travaille. Or Julien est l'amant de Florence et leur passion est si forte qu'ils décident de supprimer l'encombrant mari. Julien va s'en charger et planifie le crime à un détail près : il a laissé sur les lieux un indice. Alors qu'il retourne dans l'immeuble le récupérer,l'ascenseur tombe en panne et va le retenir dans la cabine durant le week-end. Le scénario s'accélère ensuite et enchaîne les rebondissements qui conduiront Julien à être démasqué, jugé, condamné et mené à l'échafaud. Sur ces images, d'autant plus sombres que le film est tourné en noir et blanc, le trompettiste Miles Davis improvisa en direct une musique inoubliable qui donne au film une part de sa force. Avec la cavale des jeunes délinquants, Malle annonçait déjà le style de la Nouvelle Vague qui émergera l'année suivante avec "Le beau Serge" de Chabrol. Malgré cela, le film fut jugé sévèrement par ces cinéastes débutants et, ce, pour deux raisons : son classicisme excessif et son refus du pittoresque. Il faut en premier lieu mentionner le jeu des deux interprètes qui trouvent,l'un et l'autre,des rôles à leur mesure. Jeanne Moreau, dont c'était les débuts, dévoile les dons qui feront d'elle l'une des plus grandes actrices de sa génération. Quant à Maurice Ronet, il habite son rôle avec le pessimisme,l'ironie qui le consacreront comme l'une des figures les plus attachantes des années 50. Dans le rôle d'un ancien combattant, officier parachutiste rendu à la vie civile, qu'il est chargé de camper, il confère à son personnage une résignation pathétique devant l'inéluctable. Le film de Louis Malle traduit, avec une intuition remarquable, le malaise qui, à l'époque, commençait à s'insinuer dans les esprits, d'une France qui perdait son prestige, et laissait certains français démunis devant le piège des sentiments. (Voir ma critique sur " La plume et l'image"
Le film le plus jazz de tous les temps! Je vais pas faire le journaleux, j'ajoute juste: Maurice Ronet, Jeanne Moreau, Linon Ventura et Miles Davis... Un chef d'oeuvre!
Le scénario est certes banal, mais l'on sent ici un désir d'esthétisme et d'originalité, comme si Louis Malle voulait nous livrer le tout dans du papier glacé. Le noir et blanc est de très bonne qualité (contrastes saisissants) et la B. O (Miles Davis aux commandes)nous plonge dans un paris nocturne qui se veut étrange, déroutant. C'est l'histoire d'un homme qui commet un crime, enfin c'est ce que l'on croit comprendre, mais c'est surtout l'histoire de la dérive d'une femme incarnée par Jeanne Moreau, qui aime, qui est prisonnière : prisonnière d'elle-même, de son mari, de ce paris si grand où elle est si seule, pendant tout le film elle est séparée de son Julien et n'est réunie avec lui que sur une photographie, qui appraît lentement à l'écran, comme dans un rêve. Oui, elle vit dans un rêve qui ne prendra jamais vie, car son Julien lui est prisonnier d'un ascenseur qui le ramène sur les lieux du crime. Certains ont cru que Malle avait ici une quelconque prétention à se la jouer à la Hichcocok mais pas du tout, c'est surtout une histoire de romance et de psychologie féminine : la jeune fleuriste rêve d'être Bonnie aux côtés de son Clyde et nous paraît bien naïve, tout comme Florence qui cherche quelque chose qu'elle ne trouvera jamais. Il y a certes des maladresses dans le scripte ou la mise en scène, peut être un peu trop de caricature, pas assez de finesse mais l'idée reste originale, tout comme l'ambiance que Malle réussit à créer.
Malle n'est pas hicthcock, loin s'en faut, cependant son exercice de style, pour un premier long métrage, est assez réussi. Sans effets racoleurs, il opte pour une réalisation où le sombre croît avec la durée du film, ce qui renforce la réussite de l'intrigue, parfois invraisemblable et munie de quelques maladresses, mais qui garde un certain charme. Beaucoup de suspense donc, sur les conséquences infinies d'un simple détail : Il est certain que s'il n'avait pas oublié la corde...? Ce n'est peut-être pas un chef d'oeuvre, mais c'est déjà du bel art.
Ce film souffre de quelques maladresses du scénario bien que l'intrigue soit assez intéressante. Le mélange de suspens et de drame en fait la force principale. Par contre, je trouve que les actions du jeune couple assez irréalistes. En plus de cela, je pense que la froideur de la réalisation (et non la noirceur de l'histoire qui est délibéremment pas exploité) ne permet pas au spectateur de rentrer dans le film.
Excellent...Le cliché français du film noir. Miles Davis fait son entrée avec un jazz digne des plus grands polars, illustre musicalement toute la teneur du film, une attente lourde vers l'inexorable. Une Jeanne Moreau émouvante et mystèrieuse, Un Lino Ventura patient et déterminé....C'est sans doute le scénario qi a donné toute sa réputaton au film. Un bon polar, prévisible mais surprenant. Un film de genre qui, je trouve, reste en marge des autres.