Entre "Saint Amour" et "I feel good", au plan de la réussite cinématographique, pour ce nouvel opus en tandem, Delépine/Kervern. Il s'agit là de poser un regard critique, sur les "nouvelles technologies", et de bien illustrer le champ de leurs méfaits - sur des sujets très "France-périphérique", voire carrément Gilets jaunes ; mais aussi un regard tendre (avec une conclusion/postface poético-lyrique, assez habile). Rien de franchement nouveau, ni percutant, ni iconoclaste (en dépit de la thématique). Les trois figures de l'affiche (Corinne Masiero, Denis Podalydès et Blanche Gardin), les (non)héros, "font le job", guère plus. Très moyen.
Le propos éditorial sur les géants du numérique est d'une pauvreté navrante. Il se résume à son synopsis. 1 - Nous ne possédons pas nos données. 2 - Ils entreposent nos données quelques part. 3 - Les multinationales n'ont pas un bon service à la clientèle. Bref, ma grand-mère, sans son dentier, a plus de mordant que ce film. Elle a aussi plus d'énergie, plus d'idées et plus d'ambition. Et même sous médicamentation. Juvénal, qu'elle a bien connue, disait que pour faire une bonne comédie satirique, il faut un minimum de satire. Sinon, c'est de la prose. J'ai tout de même noté un moment fort. Lorsque l'actrice regarde au loin avec une attitude blasée affectée, très hipster. Elle est vêtue d'un pyjama. Elle a les cheveux en bataille. En arrière plan, on voit un réservoir d'essence avec le mot «GOD $» tagué à la bombe. « Frblll Fbbll rvll ! », dit-elle au perchiste pour qu'il réalise qu'on entend rien et que le son est médiocre. Mais le technicien ne réagit pas, pas du film. Le mec joue sur son téléphone.
J'aime beaucoup, d'habitude, le duo Kervern et Delépine, mais là je dois dire que ça n'a pas totalement fait mouche. Disons que le rythme du film très saccagé où on passe vite du coq à l'âne sans que les situations durent vraiment est assez vite lassant. En fait je trouve que ça empêche d'être à la fois réellement drôle et réellement touchant (ce qu'on aime chez eux d'habitude).
Et surtout j'ai trouvé ça un poil vain. Le message sur la nécessité de reconnecter avec ceux qu'on aime est un peu convenu et arrive comme un cheveu sur la soupe.
Même les mini-intrigues servant de point de départ au film à savoir le harcèlement, le chantage à la sex-tape ou la notation sur les sites internets auraient pu se résoudre en 30s si les personnages faisaient ce qu'il fallait (à part peut-être pour les notes) : aller voir la police et donc tout ça c'est un peu des faux problèmes qui les obsèdent.
D'ailleurs la solution proposée c'est de les ignorer, sauf qu'à côté de ça ils de vrais problèmes, notamment financiers et en fait à la fin du film rien n'est résolu et je trouve donc un peu facile à la fin de l'occulter et de faire comme si tout allait bien...
De manière générale le film est agréable, mais je trouve qu'il ne décolle jamais vraiment et que les situations proposées sont parfois drôles mais pas autant qu'elles devraient l'être et qu'elles auraient pu l'être. J'ai plus l'impression de voir une succession de saynètes plutôt qu'un tout cohérent, surtout que la mise en scène ne suit pas forcément non plus.
Alors oui, il y a quelques rencontres qui fonctionnent vraiment bien, notamment celle avec Houellebecq qui est comme à chaque fois le meilleur moment du film, mais pour les autres j'ai l'impression que ce n'est pas abouti, que dans les dialogues, les mise en scène il manque un peu quelque chose qui soit réellement drôle ou touchant.
D'ailleurs le trio de personnages est assez déséquilibré puisque Corinne Masiero a finalement un rôle bien moins important que les deux autres. De manière générale j'ai l'impression que les personnages sont sous exploités que ça soit Bouli Lanners, Philippe Rebbot ou encore Benoît Poelvoorde. Limite il aurait fallu supprimer un des trois personnages principaux et donner plus d'importance et de temps à l'écran aux seconds rôles.
Bref, j'en ressors avec une impression désagréable d'avoir vu un film bancal qui n'arrive pas à son objectif, pire qu'ils ne savaient même pas comment traiter dans leur film ce rapport à « internet » et tout ce qui va avec.
Après c'est pas mauvais, il est même globalement plaisant comme film, mais j'en attendais quand même beaucoup plus.
Le concept de base semblait prometteur et source d'une comédie relativement originale, il s'avère que c'est finalement d'une médiocrité sans nom. Pendant plus d'une heure il ne se passe absolument rien, l'histoire tourne complétement en rond dès les 10 premières minutes: on est face à des personnes très modestes, candides, et perdues dans le monde actuel. Pendant près d'une heure on suit trois personnages sans la moindre progression de récit: regardez il est pauvre, regardez elle a pas d'argent pour acheter à manger, regardez... Puis, au bout d'1h20 de ces scènes, j'ai arrêté, incapable de poursuivre sur cette voie vide. Le concept du film spoiler: (partir aux états-unis pour effacer des données compromettantes) ne tient donc que sur une petite demi-heure, le reste étant un film totalement vide, et malheureusement probablement hypocrite "holala regardez les pauvres heureusement qu'on est la pour dénoncer leur condition de vie on est tellement sympa nous cinéastes".
Bref, pour en revenir sur le film en lui-même: aucune blague n'a fait mouche de mon coté (soit pas drole, soit graveleuse, soit trop évidentes, soit détruites par un manque de setup et de timing). La réalisation/photo est insipide, rien d’intéressant de ce coté. De manière générale, c'est un film très vide techniquement.
Ce film ne présente absolument aucun intérêt. Ceux qui crient au génie devraient revoir leurs ambitions à la hausse. Le film ne fait que placer bout à bout des saynètes qu'on retrouve dans notre vie quotidienne mais sans aucune scénarisation. On croirait regarder un reportage mais de très mauvaise qualité aussi bien dans le fond que dans la forme et surtout avec des personnages stupides et ridicules. Au s'cours !!!
Pour être honnête je n’ai vraiment pas compris quel était l’objectif de ce film au bout de 40 minutes avec toute la famille composée de personnes de 14 à 45 ans, nous avons convenu d’arrêter car cela n’avait ni queue ni tête.
Effacer l'historique était prometteur...... mais au final, dotée d'une riche idée, voici bien un film subventionné et adulé honteusement par tous les médias de la bienpensance...... incroyable de flinguer une pareille idée de scénario, même les actrices acteurs sont mauvais dans des rôles imaginaires. Et n'en déplaise aux bobos, les premiers gilets jaunes n'étaient ni des chômeurs ni des gauchistes, pas la peine de récupérer ce mouvement qui est mort....
« Effacer l’historique » essaie d’aborder sous un angle humoristique, les conséquences des nouvelles technologies de l'information et de la communication sur la population, ici celle la plus socialement démunie. On y parle ainsi des réseaux sociaux, des centres d'appels, des sexe-tapes, des data centers, de la vente par correspondance, des évaluations par les utilisateurs, du cyber harcèlement, j’en passe et des meilleurs. Le principal souci, c’est que même si le film est porté par un trio d’acteurs compétents, il ne présente qu’une suite de gags très inégaux le rendant parfois sympathique, mais très souvent bordélique et c’est bien dommage car il y a avait pourtant là un sacré potentiel. Au final, c’est plutôt moyen !
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3,0
Publiée le 24 novembre 2020
"Effacer l'historique" décrypte le quotidien de trois personnes prises au piège par des problèmes liés à la surconsommation et aux nouvelles technologies. Bertrand engage un combat perdu d'avance contre Facebook pour aider sa fille, Marie est victime de chantage alors qu'elle a déjà suffisamment de problèmes personnels et Christine ne comprend pas pourquoi elle est si mal notée en tant que chauffeur VTC alors qu'elle ne fait rien de mal. Anciens gilets jaunes, les trois se serrent les coudes, mais gardent un petit jardin secret. On connaît bien Benoît Delépine et Gustave Kervern depuis le temps et comme souvent, ils parlent de sujets sérieux avec humour et surtout beaucoup de cynisme. Les deux réalisateurs relèvent l'absurdité de notre comportement de tous les jours et l'impact que certaines choses ont sur notre vie, mais ils s'attaquent surtout à la société actuelle et aux géants du numérique et du WEB. S'il y a bien une histoire, celle-ci se compose de plusieurs petites scènes qui introduisent un invité. On retrouve par exemple Benoît Poelvoorde dans la peau d'un livreur "Alimazone" clairement apeuré de ce qui pourrait lui arriver s'il ne livre pas correctement et à temps ses colis. Des scènes évocatrices, mais la plupart des messages passent par les dialogues avec des piques envoyées à tout-va. Tout n'est pas parfait, mais le film a le mérite d'être original et d'avoir un message qui fait souvent mouche. Je n'ai pas apprécié tous les films du duo, mais ce film est sympathique avec un très bon trio.
Encore un excellent Delepine et Kervern, un film qui dénonce les abus des nouvelles technologies. De grands moments comiques parsèment ce parcours de 3 paumés "gilets jaunes" .... les acteurs sont excellents. A voir et revoir.
L'idée proposée était amusante mais dès les premières minutes du film on sent que la cela ne va pas tenir la route. Ce n'est qu'une succession de situation sans intérêt et grotesque. Comme les réseaux sociaux, ce film est une perte de temps.
Un bon Kerven et Delepine sur un sujet d'actualité pour une génération qui n'est pas née avec les réseaux sociaux mais qui doit apprendre à faire avec... on sourit très souvent à des comportements que l'on a tous eu à certains moments.