Babylon
Note moyenne
4,2
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1 676 critiques spectateurs

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Francis P
Francis P

6 abonnés 50 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 janvier 2023
Dire qu'il était attendu au tournant, c'est la moindre des choses. Annoncé comme le film événement sur l'histoire d'Hollywood à l'aube du cinéma parlant, Babylon semble plutôt être le rêve insensé d'un metteur en scène dépassé par ses envies.
Plus de trois heures de tourbillon incessant pour un sujet bien classique et mieux traité par des réalisateurs plus talentueux.
Certes en trois heures on a le temps de trouver ce qui est vraiment intéressant dans le film, et particulièrement l'actrice principale presque impeccable, et certaines fulgurances étonnantes mais le problème de base de ce film demeure : il y a trop de tout. C'est comme si on essayait de vous gaver d'images chocs, de personnages peu ragoutants, d'effets de caméra… Le résultat est qu'on reste en dehors du film simple spectateur d'une orgie visuelle sans profondeur, on est curieux de voir ce que sera la séquence suivante, mais le film ne touche pas. La surabondance tue l'émotion. On a parfois l'impression qu'on a offert un beau jouet à un jeune garçon et qu'il fait joujou avec pendant plus de trois heures. Et malheureusement il se complait dans son envie d'en faire toujours plus au détriment d'un scénario qu'il perd de vue passant d'une anecdote à l'autre sans la moindre finesse.
C'est dommage car à vouloir refaire une version "profonde" de "Chantons sous la pluie" il finit par rater sa cible là où le film de Gene Kelly sous des aspects de charmante comédie musicale était bien plus efficace.
J'avais des doutes sur Damien Chazelle qui avait quand même osé réaliser une comédie musicale avec des vedettes qui ne savaient ni danser ni chanter, mais qui par instant montrait un sens certain de la mise en scène. Après Babylon, les doutes demeurent mais tout n'est pas perdu comme Whiplash l'avait laissé entrevoir.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 février 2024
Je viens de voir un chef d'œuvre. Le prologue donne le ton avec ce qui est peut-être un clin d'œil à Black Edwards avec cet éléphant qui libère ses besoins. Car le film se refuse toute censure, on pisse, on se came, on baise, (on remarquera la référence au film Cœurs Brulés de Von Stenberg de 1930 ou Dietrich nous offre un baiser lesbien)… La merveilleuse scène de la fête donne le tournis sur une musique endiablée, on a là une orgie festive, (non ce n'est pas paradoxal) Et c'est là que Margot Robbie se déchaine, elle habite littéralement le film de son talent et de sa beauté, j'ai vraiment adoré son rôle sexy en diable, ses excentricités, ces pétages de plombs… un enchantement. Brad Pitt reste dans la mesure, mais il le fait très bien, quand à Diefo Calva la révélation du film il est étonnant de justesse, Mais il faudrait citer tout le monde, Li Jun Li qui nous chante des choses très coquines) mais aussi Olivia Hamilton (il y avait vraiment des femmes metteuses en scènes à cette époque ?) Et puis il faudrait parler de la musique, une merveilleuse bande son avec du jazz, du classique, du music-hall. Film à messages ? Non surement pas ! Mais film d'amour, oui ! L'amour du cinéma, le cinéma qui nous rend heureux quel que soit les turpitudes qui peuvent l'entacher ! Merci monsieur Chazelle, vous nous avez pondu un chef d'œuvre (je sais, je me répète !)
Simon R
Simon R

64 abonnés 66 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 janvier 2023
Indigeste et parfois embarrassant, Babylon est l’exemple parfait de pourquoi il ne faut pas donner 100 millions de dollars à un jeune réal (pourtant talentueux) après un succès.
Peu de choses à sauver, si ce n’est la partition brillante de Hurwitz (mal exploitée) et Diego Calva.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 janvier 2023
Beaucoup de grands artistes ont leur film malade voire maudit. Une grande fresque pleine d’ambition dont le résultat n’est pas mauvais mais boiteux et souvent trop hermétique hormis pour celui à l’origine de sa conception. Damian Chazelle n’est qu’un jeune artiste mais il a déjà le sien : ce « Babylon » est en effet aussi raté que réussi, aussi déplaisant que flatteur et doté d’autant de qualités que de défauts. Malheureusement ces derniers emportent le morceau, notamment à cause d’une durée pharaonique qui viendra à bout des plus tolérants. Et puis, si le cinéaste nous a conquis avec le petit film qui l’a découvert, l’excellent et original « Whiplash » ainsi qu’avec sa comédie musicale culte mais loin d’être parfaite « La La Land », il nous a aussi profondément ennuyé avec son précédent film, « First Man », qui était terne, monotone et atone. Et si « La La Land » était un hommage à Hollywood et son âge d’or, il semblerait que « Babylon » partait sur des bases similaires mais sur ses origines, selon les dires de l’auteur. Cependant, son long-métrage ressemble bien plus à une satire voire un pamphlet de l’industrie du cinéma et de ceux qui l’ont créé qu’autre chose. Hormis, un tardif et donc très maladroit hommage final compilant un siècle de cinéma, la Cité des Anges et le monde du cinéma apparaissent comme futiles, décadent et plongé dans un hédonisme malsain.

« Babylon » semble être le croisement bancal et fou sur le fond comme sur la forme de « Gatsby le magnifique » pour les fêtes décadentes et de « Once upon a time in Hollywood » pour sa cartographie de la Mecque du cinéma. Mais auquel on ajouterait le côté complètement dégénéré, de « Requiem for a dream » pour le côté frénétique du son et des images et l’aspect glauque de certaines séquences. Cet aspect est d’ailleurs éreintant pour le spectateur. Il n’y qu’à voir la scène de fête initiale qui dure près de trente minutes avec le titre s’affichant seulement après. C’est long, beaucoup trop long, comme l’est ce film dans son ensemble. Et si tout cela est impeccablement filmé, sur la longue c’est fatigant et on sature. Surtout que le film n’a aucune ligne narrative claire et pas vraiment d’histoire. C’est une accumulation de scènes qui suivent trois personnages principaux et quelques personnages satellites dans le Hollywood des années 20 qui passe du muet au parlant. On suit donc la gloire puis la déchéance desdits protagonistes dans une succession de séquences qui alternent l’outrance (la séquence de tournage d’une scène de guerre par exemple bien trop étirée) voire le vulgaire et le ridicule (la séquence du serpent ou celle du vomi, totalement inappropriée). Mais parfois la mise en scène virtuose de Chazelle nous offre des moments de grâce (la dernière scène de Robbie) et quand le film se pose il nous réserve aussi de beaux moments très justes et bourré d’acuité, presque poétiques (le monologue de Jean Smart à Brad Pitt). Donc, entre fulgurances visuelles, instants de grâce et scènes improbables, on peut y trouver notre compte mais c’est bien trop long, boursouflé et au final cela ne raconte pas grand-chose qui n’ait été dit. Il faut avouer aussi que c’est très prétentieux, comme si le cinéaste voulait absolument faire son chef-d’œuvre et qu’il s’y était brûlé les ailes...

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Sophie B.
Sophie B.

26 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2023
Un film épique et un magnifique hommage aux débuts d'Hollywood et à ses excès . Certaines scènes sont à étudier dans les écoles de cinéma . Margot Robbie est magnétique . C'est une ode au cinéma , merci Damien Chazelle pour cette incroyable claque .
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2023
De la lessiveuse qu'est Babylon, difficile de ne pas ressortir hagard, autant conquis par la démesure de l'entreprise et sa flamboyante mise en scène que quelque peu ébahi par une surenchère vulgaire, censée en particulier refléter les dernières années du muet. On y voit quelques figures connues, désignées sous leur vrai nom (Thalberg) ou pas ("Fatty, Arbuckle) mais l'essentiel est ailleurs, dans une chorégraphie de l'excès au sein d'une vue d'ensemble chaotique de Hollywood, qui va se transformer, s'organiser et s'assagir avec l'arrivée du parlant puis du célèbre code Hays. Ce panoramique exubérant se focalise sur trois destins particuliers au sein de ce capharnaüm qui flirte avec le grotesque (assumé et cultivé), afin de nous guider dans ce monde de libertés et d'outrances, ces dernières étant plus que complaisamment montrées, aux frontières du dégoût spoiler: (voir les séquences "animalières", notamment, avec un éléphant, un serpent et un rat pour protagonistes).
Dans ce numéro d'équilibriste entre paillettes et vomi, Babylon joue une partition somme toute classique de décadence avec les stars, mais avec une puissance visuelle dévastatrice et un sens du rythme échevelé qui gagne en spectaculaire ce qu'il perd en profondeur, sans même parler d'émotion. Damien Chazelle ose tout, etsurtout le mauvais goût, pour mieux clamer son amour du cinéma, un art finalement plus grand que ceux qui le confectionnent, quelles que soient leurs turpitudes. Dans ce maelström baroque et scandaleux, le trio composé de Brad Pitt, Margot Robbie (déchaînée) et Diego Calva tirent leur épingle du jeu, avec un certain panache.
Sissi
Sissi

7 abonnés 8 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 janvier 2023
Comment peut-on créer un film aussi creux avec un tel budget? En voyant le titre, on pourrait s'attendre à une critique de la dépravation du milieu du cinéma, avec son lot de décadence, dépravations et corruption en lien avec la mafia. J'étais sceptique. Mon intuition s'est hélas révélée exacte!
Le film est consensuel et vise outrancièrement les Oscars avec cette pseudo ode au cinéma hollywoodien, à l'instar de The Artist qui manquait également de finesse mais qui avait au moins le mérite de prendre le risque d'être muet!
Tout dans ce film est vulgaire, puéril et insipide.
Au lieu de nous montrer un Hollywood cruel avec ses tournages éreintants, l'éternelle quête de nouveautés incluant la mise au ban des stars d'autrefois, la pression sexuelle imposée aux actrices, les transformations physiques (régime, chirurgie allant jusqu'à refaire l'implantation des cheveux...), les liens avec la mafia, la recherche de profits, le monde de la nuit et de la drogue... Babylon se centre sur le difficile passage du muet au parlant.
Les scènes censées être comiques sont soit ennuyeuses ( spoiler: la répétition d'une même scène pour synchroniser le son
) soit grotesques ( spoiler: la "lutte" contre le serpent dans le désert
) ou vulgaires ( spoiler: l'éléphant dans le camion, l'urophilie durant la fête...
). Et les scènes dramatiques sortent de nulle part spoiler: (la boucle sur la mafia et son "fight club"
) et se révèlent bien fades et convenues ( spoiler: comme avec le suicide de Brad Pitt
).
La scène de fête du début, esthétisée à l'outrance à la manière de Baz Luhrmann, semble être présentée comme particulièrement éclatante alors que tout n'y est que perversion.
On retrouve le manichéisme à la mode en ce moment avec les gentils prolétaires et les très méchants riches qui méritent d'être salis ou humiliés. Rien sur la naïveté de la classe populaire sur les métiers du cinéma ou encore les comportements crasses de nouveaux riches.
Les seuls moments qui valent le coup sont le discours de la journaliste sur les stars déchues et la pérennité de l'art ainsi que la rétrospective d'un siècle de cinéma.
En conclusion, il faut vraiment cesser de donner un tel budget à Chazelle qui n'excelle que dans la restriction financière, le forçant ainsi à se concentrer sur un sujet et peu de personnages, comme dans le magnifique Whiplash où la tension psychologique était à son comble.
Alice025

1 887 abonnés 1 499 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 janvier 2023
Damien Chazelle revient avec un film rempli d'énergie folle sur le monde d'Hollywood à partir des années 1920. Ne vous fiez pas à sa durée, vous serez entrainé dans un véritable tourbillon et d'excès à tout va, non pas s'en en épargner certains rempli d'ambitions.
Un casting mené par Margot Robbie et Brad Pitt, mais aussi un nouveau venu, Diego Calva (qui ne démérite pas), Babylon nous montre autant les ascensions professionnelles que leurs chutes, les fêtes à outrance joyeuses et explosives comme leurs côtés sombres ainsi que le business grandissant du muet au parlant.
Des scènes de tournages folles en passant par des situations comiques, de la grandeur d'Hollywood à ses recoins tragiques, Damien Chazelle rend surtout hommage à l'amour du cinéma dans sa globalité, ce qui touche le spectateur en plein cœur. Epoustouflant et grandiose !

http://cinephile-critique.over-blog.com
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2023
"Babylon" raconte Hollywood à la fin des années 1920, au moment de basculer du cinéma muet au cinéma parlant, à travers l’histoire de quelques unes de ses figures, célèbres ou anonymes : la star Jack Conrad (Brad Pitt), la jeune danseuse Nelly LaRoy (Margot Robbie), Manuel, un Mexicain, homme à tout faire (la révélation Diego Calva), le trompettiste noir Sidney Palmer (Jovan Adepo), la critique de cinéma Elinor Saint-John (Jean Smart), la sulfureuse chanteuse de cabaret Lady Fay Zhu (Li Jun Li), etc.

Vous avez certainement rencontré dans un dîner en ville un convive bruyant qui monopolise la parole et l’attention. Bardé de diplômes, il occupe un poste prestigieux dans une boîte du CAC 40 ou à la Direction générale du Trésor ; il connaît les gens qui comptent et regorge à leur sujet d’anecdotes croustillantes ; champion de tennis de table, il randonne à ses heures perdues dans l’Himalaya quand il ne part pas gravir le Kilimanjaro ; il a lu les derniers romans à la mode et vu en avant-première les films qui feront l’actualité du mois prochain.
Vous détestez ce m’as-tu-vu bruyant ? Ou au contraire, vous reconnaissez qu’il n’usurpe aucun de ses titres et que c’est un convive sacrément divertissant ? Selon votre réponse, vous adorerez ou pas Damien Chazelle et son cinéma orgiaque bigger-than-life qui vous en mettra plein les mirettes tout en vous avertissant prétentieusement qu’il va y parvenir.

Avant de dire tout le bien que j’ai pensé de "Babylon", un caveat : "Babylon" ne se hisse pas aux sommets inaccessibles atteints par La La Land dont aucun lecteur de ce blog n’ignore que je l’ai placé irréfragablement sur la première marche de mon panthéon. Pourtant, il en a le parfum sinon la texture. Certaines lignes mélodiques de sa musique, signée du même Justin Hurwitz, qui fut le coturne de Chazelle à Harvard, rappellent les harmonies de "Another Day of Sun" ou "City of Stars". Il joue sur la même corde, qui me touche profondément, celle de la nostalgie : la nostalgie d’un amour perdu dans "La La Land", celle d’un monde en train de disparaître dans Babylon. Mais si La La Land est tout entier construit autour d’une histoire d’amour qui se dénoue d’une façon profondément originale et immensément émouvante, la romance entre Nelly et Manny n’est qu’un élément parmi d’autres de Babylon. Et surtout, elle n’a pas la même puissance émotionnelle.

"Babylon" n’en reste pas moins un film exceptionnel qui, même si nous sommes le 18 janvier à peine, a déjà gagné, santo subito, son statut de meilleur film de l’année 2023. Il le doit à plusieurs facteurs.

Le premier est, on l’a dit, son appétit orgiaque et communicatif. C’est d’ailleurs le principal défaut à sa cuirasse, l’aspect qui risque de rebuter certains spectateurs qui, dès la première scène, pachydermique, étonnamment scatologique, trouveront que Chazelle en fait trop. Et ils n’ont pas encore vu la deuxième, la plus étourdissante du film sans doute, un étonnant plan séquence qui virevolte à l’intérieur d’une improbable demeure hollywoodienne, juchée sur une montagne déserte, où un nabab organise une folle soirée avec des convives cocaïnés jusqu’à l’os.
"Babylon" dure 3h09. Une durée hors normes exténuante qui autorise tous les excès, comme cette scène interminable, mais qui n’aurait pas le même effet si elle n’était pas aussi longue où la malheureuse Nelly doit inlassablement rejouer devant la caméra la même scène pour satisfaire aux impératifs techniques d’un ingénieur du son impérieux.

Chazelle sait tourner un plan. Il sait aussi choisir ses acteurs et les diriger. Brad Pitt et Margot Robbie sont l’un et l’autre époustouflants. On voit mal comment les Oscars du meilleur acteur et de la meilleure actrice leur échapperaient. Ils sont l’un et l’autre au sommet de leur art, n’ont jamais été aussi beaux, aussi sexys. Et précisément parce qu’ils sont au sommet de leur carrière, Damien Chazelle leur fait lucidement et cruellement regarder devant eux vers l’inévitable déclin qui les menace, qui les attend.

Enfin, et c’est la troisième qualité du film, Babylon est de part en part pénétré par la passion du cinéma. C’est une ode au septième art, cet art soi-disant « mineur » mais qui, évidemment, quand on sort lessivés de la séance, ne peut plus être qualifié de tel. L’ode culmine dans les dernières images hyper-référencées du film. Chazelle en fait-il trop ? Peut-être. Mais il est tellement brillant, le plaisir qu’il prend à filmer est tellement communicatif, qu’on lui pardonne tout.
Mc Fred Prod
Mc Fred Prod

6 abonnés 42 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 janvier 2023
Je n’avais lu aucune critique, me fiant aux notes élogieuses des spectateurs sur AlloCiné. La bande annonce ne m’avait pas enthousiasmé, mais encore sous le charme de « La La Land » que j’ai vu plusieurs fois, je m’attendais, quand même à une pépite. Quelle déception ! Le film est à fuir ! C’est trois heures de voyage au bout de l’enfer… mais quelle mouche a piqué Damien Chazelle ? Le film déroule tous les volets de la noirceur humaine sans une étincelle d’espérance !
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 janvier 2023
Voilà que débarque le dernier Damien Chazelle, précédé d'un flop retentissant aux USA. Pour ma part, je dois avouer que ce fut l'éclate totale en salles !
"Babylon" se déroule entre la fin des années 20 et le début des années 30. On y suit un groupe de personnages happés par la machine hollywoodienne, alors que le muet se transforme en parlant, et que les libertinages pré-code Hays vont disparaître.
Aux cinéphiles qui se plaignent du manque d'audace dans le cinéma, ou des conventions trop présentes : ce long-métrage est pour vous !
"Babylon" est avant tout un film très drôle, grâce à son humour diablement efficace. Vannes trash (ou pas) et montage aussi frénétique qu'abrupt à l'appui ! Damien Chazelle semble tout oser, livrant une œuvre orgiaque et virevoltante... mais parfaitement maîtrisée, et absolument ni stérile ni vulgaire.
Sur la forme, ça convoque pêle-mêle Fellini, "Eyes Wide Shut", Baz Luhrmann, "The Wolf of Wall Street", et évidemment "Singing in the Rain". Film-étalon sur le sujet, explicitement référencé à plusieurs reprises. Mais également le "Caligula" de Tinto Brass ! On retrouve, en beaucoup mieux, cette décadence ambiante qui broie les personnages.
Et c'est surtout brillamment réalisé. La photographie et le grain de l'image m'ont évoqué le beau cinéma des 60's. La caméra se déplace avec aisance et fluidité dans un bazar ambiant (traveling et plans-séquence de malades !). Avec en prime une jolie BO, dont ce thème lancinant repris à la sauce délicate et dramatique, ou jazzy survitaminé.
Plusieurs séquences resteront à ce titre en mémoires, et se doivent d'être dégustées en salles.
Côté interprètes, Brad Pitt est touchant en acteur sur le déclin, au destin particulièrement ironique : grand défenseur de l'innovation, il subira de plein fouet l'arrivée du parlant. Diego Calva est une jolie surprise. Même s'il n'est pas très varié dans son jeu, son personnage d'immigré voulant grimper dans Hollywood par idéalisme est clairement le plus attachant.
Margot Robbie est quant à elle excellente en actrice aspirante frappadingue, qui a ses propres rêves et qui y croie dur comme fer. Tandis qu'embaucher Tobey Maguire est un coup de génie. L'acteur n'apparaissant plus beaucoup au cinéma, son passage renforce l'impression de voir un mort-vivant, suggéré par son maquillage et une séquence cauchemardesque...
Sur le fond, beaucoup de thématiques. "Babylon" est film riche et complexe. La fin du muet évidemment, mais aussi la fin des années folles. Et une critique de Hollywood, machine cyclique qui broie les gens en effaçant leur identité.
Entre ses messages et son humour noir, le film est un violent et rigide doigt d'honneur à Hollywood... doublé d'une belle lettre d'amour au cinéma. Telle de cette séquence de tournage au grand air, évoquant un chaos violent qui accouche miraculeusement de belles images. Ou du final particulièrement émotionnel.
spoiler: La projection pour le protagoniste de "Singing in the Rain" était une mise en abyme risquée, le film étant déjà référencé partout. Mais elle fonctionne parfaitement, en miroir des spectateurs et des souvenirs du protagoniste.

Cependant, il faut avouer que pour pleinement apprécier "Babylon", il est préférable d'avoir quelques connaissances sur le cinéma. En particulier la période décrite (muet & pré-code).
Il faut également ne pas être réfractaire au trash... ou aux chroniques de 3 heures !
Les raisons probables de son cuisant échec aux USA. "Babylon", film audacieux et invendable... sera-t-il considéré dans quelques années comme le suicide artistique de Damien Chazelle ?
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 janvier 2023
Ce film est une torture du début à la fin. Si à l’issue de la première demi-heure, la nausée ne vous est pas montée au nez, soyez rassurés, cela arrivera plus tard. Comme par exemple au bout de 2 heures et demi de film, quand Mr Chazelle rajoute encore une bonne petite saucée d’horreurs… Alors oui il y’a bien quelques passages de prises de cinéma assez comiques, mais ils sont beaucoup trop rares. Conclusion : un film à éviter, vraiment.
jcrivet
jcrivet

30 abonnés 2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 janvier 2023
Quelle daube !
The Artist version pipi caca...
Les 3h les plus longues de ma vie.
Des caricatures, des clichés, un scénario prévisible...
Que dire de Margot Robbie insupportable.
Seule chose à sauver : la bande son.
Madeleine B
Madeleine B

18 abonnés 2 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 27 janvier 2023
Un casting incroyable mais une déception énorme.
3h de cris, de musique qui casse les oreilles, de personnages hystériques constamment drogués.
Pour la première fois de ma vie j'ai voulu partir en plein milieu du film. J'ai lutté. Mais 3h je vous assure que c'est long.
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2023
"Babylon" sérieux outsider pour les prochains oscars est un drame musical flamboyant. En effet le très talentueux Damien Chazelle (Whiplash et La La Land) m'a enchanté avec cette histoire qui porte sur les débuts d'Hollywood et la chute de l'âge d'or du cinéma muet dans des séquences parfois irrévérencieuses, tragiques et drôles avec un casting ensemble exceptionnel (mention spéciale à Margot Robbie géniale dans son rôle), une bande sonore de qualité même si l'ensemble pâtit de baisses de régimes et souffre de longueurs évidentes (3h09), c'est tout de même mon premier coup de cœur de l'année.
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