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Un visiteur
3,5
Publiée le 18 octobre 2023
Je vois « Babylon » comme une déclaration d’amour à tous les amoureux du cinéma. Pas seulement pour ceux qui le font, pour tous ceux qui s’installent dans les salles obscures afin d’oublier leurs soucis en s’évadant dans des histoires extraordinaires. Les spectateurs sont comparables à des petits enfants, ils aiment qu’on leur raconte des histoires. Le Hollywood des années 20 est un grand livre des merveilles où s’activent dans une orgie d’idées, acteurs (rices), réalisateurs (trices) techniciens.
Il y a de très bons moments. Délirantes, les deux séquences de tournage : d’un côté la débutante Nellie LaRoy (Margot Robbie), de l’autre le sémillant Jack Conrad (Brad Pitt), sont magistralement illustrées par un montage d’une intensité chirurgicale. Amusante, la séquence où cette même Nellie LaRoy doit à maintes reprises déclamer son texte pour satisfaire le parlant. On s’aperçoit en quelques plans que le cinéma parlant permet de reconsidérer le métier à tous les nivaux. Au-delà de la direction artistique et technique comme se placer sous les micros, c’est le métier de comédien qui est revu, il lui faut une voix agréable à l’oreille et apprendre un texte par coeur. Ainsi, on y voit Nellie répéter avec une certaine fébrilité un minuscule texte écrit sur un simple morceau de papier froissé ! Emouvante et juste la séquence où la journaliste Elinor St John (Jean Smart) recadre Jack Conrad : avec une dose de cruauté et une pointe de bienveillance, elle lui rappelle combien il a su jouir de sa passion, combien son métier a changé et pour lequel il n’est plus adapté. Ringard, has been ? Jamais. Non, il sera à jamais une étoile parmi tant d’autres qui aura donné beaucoup de bonheur à ses admirateurs. En résumé, les acteurs passent mais le cinéma reste et demeurera éternel.
Damien Chazelle mène son film tambour battant, les séquences se succèdent avec un rythme effréné comme pour mieux coller à la frénésie excessive de tous ces pionniers qui ont bâti Hollywood. Il nous donne à voir deux trajectoires celles d’un Brad Pitt espiègle et émouvant et d’une Margot Robbie étincelante de vivacité.
Comme un goût d'inachevé qui traîne... j'en suis resté perplexe quant à la finalité de ce film, qui se veut une reconstitution déjantée des années 20 mais donne le sentiment de trop appuyer ses effets pour faire oublier un certain manque de profondeur, profondeur qui ne jaillit réellement que dans son segment final pour apporter la dernière touche à cet hommage global au 7e art. L'ennui, c'est que le sujet a été bien mieux utilisé par d'autres également dans une période récente (les frères Coen par exemple, ou encore The Artist). A force de multiplier les scènes excessives et les crises d'hystérie, on en vient à laisser de côté ce qui devrait être la matière première en pareil cas: les acteurs (Margot Robbie en roue libre, Brad Pitt mal utilisé, et j'en passe) qui semblent un peu noyés dans ce trop-plein, visuellement très clinquant ou sombre selon les scènes, au service d'un grand fourre-tout narratif qui sonne un peu trop creux pendant les deux tiers du film.
Un film foisonnant, succession de scènes saturées de stimuli de toute sortes, dont on ressort un peu groggy. Pas inintéressant mais je ne sais toujours pas ce que le réalisateur a voulu nous dire, le propos est par ailleurs desservi par des longueurs et quelques scènes sans queue ni tête. Mitigé, heureusement Brad Pitt respire la classe à chaque apparition.
Le fond de l'histoire est cruel et exalté par une mise en scène tourbillonnante et un casting impeccable. Une fresque réussie de ce virage du 7ième art.
Avec « Babylon » sorti en 2022, on sent que Damien Chazelle a voulu se faire plaisir. Il retrace l’épopée d’Hollywood dans les années 1920, au moment du passage du cinéma muet au parlant. Son contenu tourbillonnant (mise en scène, décors, bande-son, etc.) retranscrit l’extravagance et la décadence de cette période avec un excès qui peut parfois donner mal à la tête. Si le trio principal (Margot Robbie, Brad Pitt et Diego Calva) semble également s’amuser avec une forme de dérision du métier d’acteur, c’est bien le scénario qui manque d’épaisseur. Sur trois heures de pellicule, la tentative d’hommage au septième art tourne un peu en rond. Bref, une œuvre visuellement très dense, faisant appel à de nombreux sens, mais qui manque de contenu pour en faire un chef-d’œuvre.
Un vrai film kamikaze qui alterne une multitude de genre et de rupture de ton pour finir dans le grand guignol évitant de justesse le ridicule. Les décors et la reconstitution sont, par contre, magnifique.
Du jamais vu comme on en verra jamais. Musique euphorisante, acteurs parfaits, risque d'épilepsie lors du final "hymne au cinéma." Du reste on en parle pas, on le regarde. Chef d'œuvre incarné.
Tellement difficile de trouver un nouveau film plaisant à regarder, ici Babylon nous offre un super récit du début du cinéma parlant dans les années 20, avec un excellent casting, Margot Robbie crevant vraiment l'écran ici. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec Gatsby ou Aviator visuellement parlant. Une très belle représentation de cet univers insouciant voire dépravé, des destins heureux ou tragiques, un pur régal pour les yeux et les oreilles.
film au format hollywoodien qui traite d'hollywood! et qui n' a pas vocation à expliquer ou dénoncer mais à filmer les excès de cette aventure du cinéma naissant, le film en lui même m'a plus fait penser aux grands délires italiens vu dans ma jeunesse, Fellini, Ferreri, Pasolini...casting excellent! j'ai adoré
Une énergie folle et ébouriffante où l'on se perd un peu mais efficace, avec moult rebonds, des chutes et du fond. Il filme là le tournant du cinéma vers le sonore avec tout ce qui nous aura échappé dans cette révolution, et c'est ce qui en fait sa force et finalement une réussite même si la fin est un peu longue et pas forcément nécessaire. Côté casting, ça cabotine, et le spectateur assiste à un grand spectacle.