Que l'on aime ou pas cette histoire écrite par Tennessee Williams, force est de constater que cette adaptation possède une mise en scène très raffinée signée John Huston et une distribution de très grande qualité. Difficile en effet de ne pas être conquis par les performances de Sue Lyon qui interprète avec talent l'adolescente nymphomane, de Richard Burton qui est parfait dans le rôle d'un pasteur défroqué, ou encore d'une Ava Gardner qui n'a sans doute jamais été aussi sensuelle. Une oeuvre controversée certes, mais que j'ai personnellement beaucoup apprécier, d'autant qu'elle possède une très belle photographie et des costumes très bien conçus.
Drame adapté de Tennessee Williams (j'adore ce dramaturge), mais par rapport aux autres oeuvres ici il y a des éléments du registre comique (du moins dans la première moitié). La réalisation est classique mais le rendu du noir et blanc est parfait. Ava Gardner ébloui le film de sa nonchalance et les autres acteurs sont pas mal également.
Un film de John Huston c’est toujours quelque chose de particulier et La Nuit De L’Iguane ne fait pas exception. On est presque dans le huit-clos avec la même ambiance de chaleur étouffante comme dans Key Largo du réalisateur seulement ici pas de gangster mais un homme face à plusieurs femmes. Le film se prend un peu les pieds dans le tapis en ce qui concerne l’intrigue, en effet elle semble un peu aléatoire, les multiples directions philosophiques du film ne semblant pas mener quelque part. On a un film qui se perd un peu et sans réel propos ni finalité pour les personnages qui ne semblent pas avoir changés alors que c’est ce que Huston veut nous montrer. En réalité ce qui relève le niveau du film et constitue son principal intérêt sont les performances superbes des comédiens notamment les 3 en tête d’affiche Richard Burton, Ava Gardner et Deborah Kerr. Tout trois excellents ils donnent au film une place dans la filmographie de son auteur car sans eux le film serait déjà aux oubliettes. Peut-être suis-je passé à coté du message du film, en tout cas La Nuit De l’Iguane mérite d’être vu au moins pour ses performances de comédiens.
C'est avec une très belle photographie en noir et blanc et un casting prestigieux et exceptionnel, Sue Lyon (la «Lolita» de Kubrick), Ava Gardner, Deborah Kerr et Richard Burton, que John Huston adapte une pièce de théâtre de Tennessee Williams. Bien sûr, l'ensemble regorge d'une succession de scènes où le freudisme et la frustration sexuelle ont un rôle important et il est fort à parier que l'atmosphère serait étouffante si Huston ne nous montrait pas par quelques pauses contemplatives à travers les splendides paysages mexicains que la beauté et sérénité ne sont jamais aussi loin que l'on croit. Une franche réussite dans la très grande carrière de son réalisateur.
L'emballage est là, cependant il est réellement difficile de croire en cette histoire de prêtre défroqué attiré par la beauté d'une jeune fille. Pourtant les numéros d'acteurs sont là,mais les dialogues sont peu crédibles tout comme les actions. L'image est belle,mais la mise en scène est trop fabriqué,c'est le manque de naturel qui pêche dans ce film.
La nuit de l'iguane est un film original, sympa à regarder, qui propose une histoire innovante. Je suis d'ailleurs surpris qu'un film avec une histoire d'un prêtre de ce genre soit sorti dans les années 1960.
Enfin quoiqu'il en soit, j'ai apprécié le fait que l'action se renouvelle régulièrement. D'une femme à l'autre, l'histoire évolue. Problème cependant : le rythme est parfois saccadé, et quelques fois l'ennuie guette le spectateur.
Dommage, car hormis ça l'histoire est intéressante. Un film qui malgré son âge avancé peut faire encore moderne.
J'ai été très déçu par ce film dont j'attendais beaucoup par sa réputation et son synopsis. Je n'ai pas trouvé le film torride et bestial annoncé, les "pulsions refoulées" des personnages le restent bien tout au long du film. Peut-être est-ce un problème d'époque, de 1964 à 2016 il s'en est passé des choses surtout dans les moeurs sexuelles entre les summer of love, valseuses ou autres sex and the city etc... On ne m'enlèvera pas qu'un film comme "Un tramway nommé désir", tourné dix ans plus tôt garde pourtant une sauvagerie bien plus forte que ce film-là qui, même la question du désir sexuel mise de côté, ne m'a pas foutu une tension comme le font pourtant un grand nombre de thriller ou films noirs de toute époque. Le problème c'est que le film assez bavard fait plus du dialogue/débat inutilement sophistiqué sur l'existence et la sexualité que du cas clinique pur et dur comme il le faudrait pour créer de l'émotion. Je n'ai rien contre Freud, il m'a fait devenir psy. Ce qui est dommage, c'est de s'enfermer dans de la psychanalyse intello alors que la vraie démarche de cette discipline est justement de libérer les pulsions de toutes les fioritures intellectuelles ou de postures que les hommes se mettent pour se rassurer. Et pour le coup, le film est rempli de fioritures. Entre un prêtre déchu qui n'arrive à assumer ses pulsions qu'il continue d'appeler "péchés" et "insultes à Dieu" et un vieillard-poète qui déclame tel un nostradamus la gravité du désir humain, on est loin de l'ambiance "décontractée du gland" de nos amis Pierrot et Jean-Claude (Les Valseuses). Même s'ils alourdissent le film, les dialogues ont tout de même le mérite d'être intelligents, mais ils pourraient être beaucoup plus simples et exprimer la même chose. Niveau acteur, Richard Burton et Sue Lyon s'en sortent bien, Gardner est assez inégale (on s'en qu'elle "joue" même si parfois ça fonctionne bien) et bizarrement beaucoup moins sensuelle que dans Les Tueurs ou La Comtesse Aux Pieds Nus... Déborah Kerr reçoit la palme selon moi, son personnage pourtant assez prude respire le naturel et la simplicité, ce qui fait du bien à ce film trop garni et sans réelle profondeur à mon goût.
L'iguane ne saurait seulement être ce reptile auquel on passe la corde autour du cou. Il est aussi, par métaphore, un homme ou une femme prisonnier ou prisonnière d'un fantôme qui pousse à la dérive. Même si on ne le sait pas à l'avance, on devine bien vite la patte de Tennessee Williams et pour cause, les trois personnages principaux de cette "Nuit de l'iguane" sont tous, sans exceptions, des cabossés de la vie. Chacun s'était fait cogner dessus d'une manière différente. Le pasteur défroqué, la patronne d'hôtel ne pouvant plus assouvir ses besoin sexuels comme elle le voudrait et la dessinatrice voleuse à la petite semaine. Cela paraît si facile à dire tant d'années après mais, quand on y réfléchit bien cinq minutes, aucun autre cinéaste que John Huston n'aurait pu mettre en scène cette histoire. Lui, le vieux baroudeur qui connaissait si bien les hommes et les femmes et qui savait les aimer avec tous les fardeaux qu'ils peuvent porter. Et il ne pouvait pas mieux trouver que ce trio de la quatrième dimension formé par Richard Burton, Ava Gardner et Deborah Kerr pour donner corps à tout ça. Bien entendu, le film est forcément verbeux et théâtral, donc pas des plus évidents à prendre en main, mais ça vaut le coup de faire l'effort.
On croise des êtres "fantastiques", tous rongés par leur psychose. Les démons sont là, prêts à les faire basculer dans la folie. Tous ces personnages ont leur grain de folie, leur faiblesse, leur exubérante transgression. Rien ne parait normal, la normalité ne fait pas partie de ce monde, et tous ses personnages qui cherchent à se libérer de leur démons devront passer cette nuit, afin d'exorciser leurs peurs et leurs déviances. Le film transpire la nervosité, le paroxysme des Hommes, la tentation, la soumission, l'abandon, tous ces thèmes abordés ici de manière psychotique, et tout cela est soutenu magistralement par l'interprétation de ces acteurs, et tout particulièrement de ces deux actrices, Ava Gardner jouant toujours juste. Ava Gardner est plus dans la retenu, mais elle offre aussi une prestation impeccable. Un film hors du temps qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui mérite un certain regard.
En adaptant, avec Anthony Veiller, la pièce de Tennessee Williams « The Night of the Iguana » John Huston garde l’essentiel : une galerie de personnages esseulés, à la recherche d’un destin qui leur échappe, et dont, par conséquence, les doutes ne font que croitre. Huston tente d’y apporter sa touche personnelle avec un humour parfois ironique, parfois balourd. La remarquable photographie en noir et blanc de Gabriel Figueroa, n’évite pas au film un côté par trop théâtral, surtout dans la deuxième moitié. Si le casting est excellent, Ava Gardner et Deborah Kerr en tête, Richard Burton, après un début tonitruant dans une scène grandiose (la meilleure du film avec celle de la mort du grand père) se perd dans un cabotinage trop outré pour le cinéma. Au fur et mesure que les personnages de dévoilent, l’intérêt se dilue dans des dialogues interminables. En dehors du prêche sur la déception des créatures de Dieu, la peinture des caractères est essentiellement misogyne, résumant les femmes en trois catégories : les fanatiques avec Grayson Hall (la tante lesbienne), Deborah Kerr (la peintre vieille fille), les abruties (la collection de rombières-touriste américaines) et les chaudasses avec Sue Lyon (la nièce qui veut se faire dépuceler) et Ava Gardner (la veuve amoureuse-nymphomane, doublement refoulée, mais qui garde une exceptionnelle sensualité). Exposé pessimiste pendant plus d’une heure et demie, le dernier quart d’heure se veut plein d’optimisme, passant de l’ombre à la lumière. Pas mal, un peu long, très surestimé.
Le sujet de Tennessee Williams est comme une observation clinique et psychanalytique de la sexualité. A contre-courant du puritanisme américain, John Huston prend le relais de la pièce et met en scène des personnages diversement complexés, frustrés, malades de leur libido. Autour du pasteur défroqué Shanon, culpabilisé par sa dualité, sa foi s'opposant à des désirs qu'il juge pervers, d'autres personnages présentent des troubles affectifs. Ils sont tous féminins, ce qui semble traduire une certaine misogynie, parce que ces femmes apparaissent, suivant une perception machiste traditionnelle, volontiers hystériques et qu'elles ne semblent pas bénéficier de la même attention quasi médicale que l'auteur porte au rôle masculin de Richard Burton. Ainsi : une mineure nymphomane (la Lolita révélée par Kubrick), une intégriste de la vertu, une cynique très entourée et, enfin, une femme énigmatique ayant renoncé, comme désenchantée, au plaisir, et par qui la sérénité de quelques-uns reviendra peut-être au cours de cette fameuse nuit, métaphorique, où l'iguane emprisonné sera rendu à la nature... Ce huis-clos exotique et tropical au Mexique fait parfois penser à l'antichambre d'un hôpital psychiatrique mais séduit par une excellente interprétation. La dramaturgie et les personnages sont un peu bavards mais intéressants.
Dès la première image, on comprend que l'ouvrage de Tennessee Williams sera respectée : une douleur profonde se peint sur le visage de Richard Burton, un embryon de craquage nerveux qui finira par exploser de manière parfaitement hyperbolique. Mais on n'aura pas de raisons de regretter ces accents théatraux dont le lyrisme approche parfois l'hystérie.
C'est du Broadway bien adapté, donc un cinéma qui chérit son casting et dont les dialogues traînants ont le confort un peu moite mais adéquat d'un Texas de villégiature. Alors que tout converge vers une nuit où les démons seront affrontés un par un, le sujet change plusieurs fois sans crier gare et nous fait rencontrer des personnes ; pas tellement des personnages. Car ceux de Huston n'ont pas qu'une facette instantanée, mais aussi celle qu'ils se sont constitués à notre insu pendant toute leur vie, et qui les amenés aux portes de la nuit de l'iguane. Une nuit d'orage, torride et agitée, dont on s'éveille dans une paix océanique.
Un prêtre défroqué tente d'échapper à sa vie passée et part vers le Sud : The Night of the Iguana commence comme un de ces roads movie dont on ne sait pas quelle direction ils vont prendre. Les éléments intéressants et au potentiel comique disparaissent néanmoins rapidement du devant de la scène (le bus et sa compagnie, le harcèlement de la jeune fille) pour laisser place à des situations plus cérébrales et à un zeste de poésie. Un film étrange et un peu fiévreux au final, qui n'exploite pas complètement son matériel et notamment son cadre tropical.
Huston, Burton, Gardner, Kerr, un carré d'as pour une chaude nuit, perdue entre vapeurs et ivresse, choix et contre-choix, quel chemin prendre pour continuer sa vie ? Les dés ne sont pas jetés, Joyce ! Pas encore.
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3,5
Publiée le 31 octobre 2010
Une des dernières grandes prestations d'Ava Gardner à l'ècran a eu lieu dans cette "Nuit de l'iguane" de John Huston, film qui lui a peut-être permis, plus que tout autre, d'exprimer de façon merveilleuse son exceptionnelle sensualitè! Ava y tient le rôle, crèè au thèâtre par Bette Davis, d'une tenancière d'auberge mexicaine (le film est tirè d'une pièce cèlèbre de Tennessee Williams). Elle nous offre de façon inoubliable sa beautè de femme de quarante ans, roulant des hanches et posant sur les clients de l'auberge le regard sans illusions de ses beaux yeux cernès! Elle ne manque pas de vitalitè, comme semblent en tèmoigner ses deux jeunes amants! Richard Burton est excellent en pasteur dèfroquè et Sue Lyon est d'une beautè à couper le souffle dans le rôle de la jeune fille un peu excitèe! Dans une atmosphère trouble et violemment sensuelle, Huston signe un très beau film qui dènonce la cruautè de l'homme envers Dieu...