Premier long-métrage d’Henri-Georges Clouzot, cette comédie policière se démarque par sa malice, la qualité de ses dialogues et sa galerie de personnages. La caricature d’un microcosme parisien y est jubilatoire.
Ce premier long-métrage, réalisé par Henri-Georges Clouzot et sorti en 1942, est vraiment très bon ! Adapté du roman homonyme de Stanislas-André Steeman, le film nous raconte l'histoire d'un détective qui se rend au 21 avenue Junot pour débusquer un assassin dans une pension. Un peu à la manière d'Agatha Christie et de ses "Dix Petits Nègres", nous sommes presque dans un huis-clos dans lequel l'assassin se trouve parmi les personnages principaux. J'apprécie beaucoup ce genre de thrillers policiers, enfin quand ils sont bien faits bien-sûr, et celui-ci est particulièrement captivant. Déjà de par son histoire donc, qui est prenante du début à la fin, surtout que sa courte durée lui évite les longueurs, et puis car le film est porté par de très bons personnages. En effet, les pensionnaires de la maison sont tous différents les uns des autres, ont tous leurs traits de caractères, sont presque peut-être même caricaturaux pour certains, ce qui accentue cette ambiance "Cluedo". Mais nous retiendrons particulièrement ici le détective, porté par un Pierre Fresnay très charismatique. Sans oublier la volontairement agaçante mais maligne Suzy Delair qui, pour une fois dans un film de l'époque, ne sert pas uniquement de pot de fleurs. D'ailleurs, certaines scènes tomberaient complètement à l'eau sans la complicité des deux acteurs, notamment la scène des points noirs, qui est très drôle. C'est par ailleurs aussi ce subtil mélange des genres qui contribue au succès du film. Nous ne sommes pas dans de la pure comédie pour autant mais ces petites touches d'humour, quelques-fois même d'humour noir, apportent un ton léger au film, sans pour autant discréditer son atmosphère de thriller.
Véritable bijou du cinéma de Henri-Georges Clouzot, ce film policier nous tient en haleine de bout en bout. Pierre Fresnay et Suzy Delair sont bons mais c'est bien le trio Larquey-Tissier-Roquevert qui magnifie le film. La scène de Raymond Bussières perché sur un lampadaire et insultant Gabriello en gendarme est passée à la postérité.
Le meilleur de clouzot pour moi Fresnay égal à lui-même un très grand acteur et que dire de suzanne delair son épouse dans le film dont son rôle donne un ton comique à un film pourtant bien noir A voir absolument
Pour moi, un must du cinéma français des années 40. Très bonne réalisation de Clouzot, un casting exceptionnel, d'excellents dialogues, ce film a absolument tout.
Fantaisie policière prétexte à une sympathique comédie aux dialogues vifs, un peu surjouée, dans laquelle on ne s’ennuie pas une seconde. Du cinéma libéré tourné sous l’Occupation avec un minimum de moyens.
Un jeune inspecteur enquête sur un tueur sans scrupules à Paris. Le film premier de Clouzot est incroyable au niveau des dialogues. Si plusieurs acteurs surjouent un peu selon les critères d'aujourdhui, d'autres sont vraiment modernes. Les rapports de couple entre Pierre Fresnay et Suzy Delair sont hallucinants d'actualité. La fin est clairement baclée, mais le plaisir issu de ce film, 80 ans après son tournage, est un signe de qualité que peu de films provoqueront. A voir.
“L’assassin habite au 21” est l’adaptation du roman policier de Stanislas-André Steeman publié en 1939. Un clochard vient de gagner une grosse somme à la loterie mais devient la cinquième victime d’un assassin qui signe ses crimes d’une carte de visite au nom de Monsieur Durand. Un commissaire a deux jours pour le trouver mais son amie s'immisce dans l’enquête. Henri-Georges Clouzot est l’un des premiers cinéastes à inclure de l’humour dans ce genre noir. Le mélange a de quoi nous déstabiliser et le rythme n’est pas toujours bien défini. Clouzot, n’hésite pas à critiquer l’administration à travers des personnages fainéants et désintéressés. La réalisation est classique et l’oeuvre fluide sans pour autant être surprenante. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Pour son premier film (tourné pendant l'Occupation), on retrouve déjà tout l'univers cher à Clouzot, entre polar noir et comédie de mœurs, peuplé de personnages troubles et pittoresques, et servi par des dialogues savoureux.
Revoir ce film aujourd'hui, pour un spectateur de ma génération, c'est la joie de savourer le jeu d'acteurs extraordinaires comme Jean Tissier et Noël Rocquevert. Suzy Delair en fait un peu trop, certes, mais ce cabotinage nous amuse. Les dialogues sont dans l'ensemble excellents. Le scénario est imaginatif mais sous-exploité. On déplore qu'il tourne à la farce et que la réalisation manque de ces petites subtilités et détails inquiétants qui faisaient le talent de Hitchcock. Les jeunes générations pourront trouvé certaines séquences un peu ringardes, d'autant qu'elles correspondent à des moeurs qui ont beaucoup changé. Néanmoins, j'ai passé un bon moment en revoyant L'assassin habite au 21 pour la troisième fois en une quarantaine d'années.
Une grande réussite en tant que premier long-métrage de Clouzot. Celui-ci a commencé sa carrière avec un film policier comique très agréable plutôt adapté pour les enfants mais qui peut autant plaire aux adultes. Un casting parfait avec l'intelligent Pierre Fresnay et l'ultra rigolote Suzy Delair qui sont en tête. Le jeu des acteurs et les dialogues sont également très bons. Fresnay a le rôle du commissaire Wens qui doit dans ce film enquêter sur un criminel qui laisse sur les corps de ses victimes une carte de visite au nom de M. Durand. Il trouve une piste dans une pension de famille dont les occupants sont très attachants et dont les caractères sont très différents. Même si c'est un film qui parle de meurtres, Clouzot a tout de même pris l'attention d'ajouter quelques touches de comédie. J'ai vu "L'assassin habite au 21" au moins cinq fois et j'ai toujours eu envie de lire le roman de Stanislas-André Steeman dont il est l'adaptation. Mais c'est que c'est un livre assez introuvable. C'est dommage ! Bon évidemment, ce n'est pas un film qui compte absolument à la culture cinéphile car il ne possède pas beaucoup de techniques cinématographiques innovantes mais c'est tout de même un bon remède si on veut rigoler et passer un bon moment seul ou en famille.
Précisons à nouveau qu'il ne s'agit en aucun cas d'un film noir mais bien d'une comédie policière où l'intrigue et la vraisemblance s'effacent devant l'humour et le second degré. Malgré un scénario farcesque et la voix criarde de Suzy Delair, le long-métrage est plutôt réussi grâce au bon dosage interprétatif des autres acteurs ainsi qu'à un dialoguiste en verve. Un divertissement certes vieilli mais sympathique.
Après une dizaine d’années à travailler en tant que scénariste (il signe notamment le script des Inconnus dans la maison d'Henri Decoin), Henri-Georges Clouzot signe son premier long métrage en tant que réalisateur avec L’Assassin habite au 21. Il prouve ainsi que ce métier est fait pour lui car il réussit dès ce premier essai à signer un chef-d’œuvre. Si on peut être surpris du ton léger que l’on y retrouve assez régulièrement (peut-être dû à un désir de légèreté du public français vivant en pleine Occupation) et qui contraste avec le ton généralement très sérieux des œuvres suivantes du cinéastes, cette enquête policière à la Agatha Christie est un petit bijou du genre à la réalisation impeccable et servi par de très grands acteurs (Pierre Fresnay, Suzy Delair, Pierre Larquey ou encore Noël Roquevert). Presque 80 ans après sa réalisation, L’Assassin habite au 21 reste ainsi toujours aussi plaisant à suivre. Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !