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L_huitre
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4,5
Publiée le 31 août 2026
Un film de 1942, réalisé en pleine guerre, sous l'occupation. En noir et blanc, bien évidemment. Tout ce qui aujourd'hui ne suscite guère l'adhésion du public... Pensez donc, un film réalisé par des collabos !
Oui, mais voilà, le réalisateur est Henri Georges Clouzot, un réalisateur exceptionnel, vénéré par le grand Hitchcock et considéré par le cinéphile invétéré Quentin Tarantino comme "étant parmi les plus grands". Et donc, ce film "L'Assassin habite au 21" a finalement bravé le déclassement instinctif pour s'imposer comme un film d'atmosphère, un polar avant l'heure avec une galerie de personnages fantaisistes pouvant transformer Agatha Christie en simple plagiaire. Un grand film...
Cela faisait longtemps que je voulais le voir. Une chaîne du câble m'a donné cette grâce. Et j'avoue être stupéfait. Ce film est étonnamment moderne, notamment dans les relations conjugales de Pierre Fresnay et de Suzy Delair. Le contexte est certes un peu suranné, mais les rapports humains sont d'une belle justesse, au point que le spectateur d'aujourd'hui se laisse happer par l'histoire. Pierre Fresnay est excellent dans un rôle à tiroir ; les seconds rôles sont géniaux d'authenticité avec une brochette d'acteurs, souvent morts depuis longtemps, mais qui ont marqué leur époque. Enfin, il n'y pas ce sur-jeu qu'on voit souvent dans des compositions de l'époque. Là, le naturel et la performance d'acteur-et d'actrice sont au rendez-vous. Avec un scénario amusant et prenant jusqu'au terme...
La conclusion s'impose et ne souffrait déjà - à mes yeux - d'aucune espèce de doute. Des films anciens, en noir et blanc, doivent être revisités avec curiosité. Surtout quand un grand réalisateur est aux commandes. Clouzot est assurément un grand bonhomme du cinéma, et on peut regretter qu'il ne soit pas davantage notre contemporain. Son ton incisif aurait fait merveille, aujourd'hui comme hier. Avec, en plus, la reconnaissance par nos plus jeunes. Mais il n'est jamais trop tard pour partir à sa découverte...
Un bijou de film noir et blanc. Des dialogues ciselés, une Suzy Delair qui cabotine à qui mieux mieux, un Pierre Fresnay qui en fait autant et un trio {Tissier, Roquevert, Larquay} improbable pour une intrigue qui débouche sur une conclusion surprenante. 5 étoiles puisque tout y est parfait.
Bon film d'enquête, on se prend bien au jeu du détective. L'histoire est bien écrite, les dialogues sont percutants. Il n'y a que la fin qui laisse un goût d'inachevé.
Clouzot transforme cette pension en vraie partie de Cluedo, avec le spectateur au milieu de la table. Dans ce lieu clos, chacun devient suspect, parce que chacun semble déjà cacher quelque chose. On est tous M. Durand. On pense évidemment à Agatha Christie, à Hitchcock, au film noir, mais avec une saveur très française, tournée sous l’Occupation, dans une ambiance de peur diffuse et de surveillance permanente. Pour un premier film, la mise en scène impressionne : peu de décors, mais des ombres, et des regards filmés comme les pièces d’un piège. Le noir et blanc donne au film cette élégance sombre où l’on passe sans cesse du sourire au soupçon. Les dialogues claquent, et cette galerie de “gueules” rend le film vivant, parfois grotesque, jamais fade.
Jean Tissier, Pierre Larquey, Noël Roquevert et les autres incarnent tout un âge du cinéma français, qu’on revoit avec une vraie émotion. Pierre Fresnay apporte une belle tenue au récit, calme et malicieux face à des suspects tous plus troubles les uns que les autres. Ce n’est pas encore la noirceur implacable du Corbeau ou du Salaire de la peur, mais tout Clouzot est déjà là : le goût du doute, des failles humaines et du malaise sous le divertissement. Un polar court, précis, encore un peu sage peut-être, mais déjà redoutablement maîtrisé.
Avec L'assassin habite au 21, Henri-Georges Clouzot signe un premier long métrage déjà marqué par un goût pour les atmosphères troubles et les jeux de manipulation. Le film mêle enquête policière et touches d’humour, installant un ton hybride parfois déstabilisant. Clouzot privilégie l’efficacité narrative et une galerie de suspects pittoresques, sans toujours approfondir leur épaisseur psychologique. L’intrigue, bien construite, repose sur une mécanique solide mais assez classique. Reste un polar divertissant et prometteur, intéressant dans sa mise en place, mais dont l’ensemble demeure encore un peu inégal.
Un divertissement policier, genre prisé à l’époque, très réussi. Le premier terme de cette qualification l’emporte sur le second. Grâce à une galerie de personnages pittoresques aux différents travers (sous couvert d’humour, Clouzot n’est pas tendre avec la nature humaine) et à des dialogues savoureux, caustiques et percutants, avec même quelques perles pour la mémoire, l’essentiel du film est extrêmement plaisant. Ensuite, même si l’intrigue policière repose sur une excellente idée, son traitement semble avoir moins intéressé le cinéaste que la galerie de portraits précitée et l’ambiance qu’il a réussi à créer.
Un excellent film policier, teinté du charme suranné des classiques. Loin de l’atmosphère sombre des films noirs traditionnels, L’Assassin habite au 21 mise sur une ambiance décontractée et pleine de fantaisie, ce qui lui confère un charme unique. Les personnages hauts en couleur, comme Suzy Delair ou le mystérieux Fakir, apportent une touche d’originalité et de légèreté à l’intrigue. Dès le début, l’enquête se concentre sur une adresse précise, comme le suggère le titre : le coupable se cache parmi les pensionnaires d’une maison d’hôtes. On retrouve ici une structure digne d’Hercule Poirot, où le cercle des suspects est délimité par un lieu clos, et l’enquêteur est campé par Pierre Fresnay. Le scénario, bien construit, maintient le suspense jusqu’au bout : le spectateur reste en haleine, cherchant à deviner l’identité du criminel. En définitive, c’est un film qui se savoure avec plaisir, alliant habilement mystère et divertissement. Un vrai régal pour les amateurs du genre !
Cette enquête policière ne manque pas d'intérêt. Mais je vais commencer par le point négatif : je n'ai pas apprécié le jeu de Pierre Fresnay et Suzy Delair. Leurs incessantes chamailleries sonnaient faux et ne faisaient que casser le rythme et nuire au suspense. J'ai par contre été impressionné par le jeu de Pierre Larquey ou de Noël Roquevert. Les rebondissements ne manquent pas : fausses pistes, libérations aussi soudaines que les arrestations, etc.
Réalisé en 1942, pour la continentale ( compagnie de production française sous le contrôle de l'occupant), " l'assassin habite au 21 " est un des fleurons du cinéma hexagonal de la période et sans doute aussi, de toutes périodes confondues.
Ressortie en salles pour le 100 ème anniversaire de la Gaumont et possibilité de revoir dans les meilleures conditions, cet opus fameux de HG Clouzot cinéaste majeur des années 194O et 1950.
C'est d'ailleurs, pour mémoire, un des seuls cinéastes ( ils sont une poignée dans ce cas ) à avoir été couronné au cours de sa carrière, des titres suprêmes des trois plus importants festivals internationaux de cinéma ( Cannes, Venise et Berlin ).
Il y a ici tous les ingrédients du chef d'oeuvre. Un scénario en béton, des acteurs exceptionnels jusqu'au plus petit rôle, des dialogues ciselés, décapants, pas une réplique n'a pas été pesée au trébuchet et enfin mais surtout, une mise en scène d'orfèvre.
On atteint avec ce genre de travail artistique les sommets. Voilà un incunable du septième art.
En pleine occupation nazie allemande Clouzot est capable de réaliser pour son premier long métrage l'un des plus grand chef d'œuvre du cinéma français avec il est vrai des acteurs et actrices de premier plan comme Pierre Fresnay et Suzy Delair et une brochette seconds couteaux. Le cinéma français actuel est mort face à de tels chefs d'oeuvres des années 30, 40 et 50.
Pour son premier long-métrage, Henri-Georges Clouzot propose un film policier qui deviendra une référence dans le genre. Un serial killer rode dans les rues de Paris, en laissant une carte de visite sur les corps des victimes. Le commissaire Wens apprend que le tueur réside dans une pension de famille. Lequel des pensionné est l'assassin ? J'avais deviné le twist final facilement en lisant ce pitch. Il faut dire que maintenant, plus de 80 ans de films policiers en tous genres et toutes combines nous séparent de "L'assassin habite au 21". Mais ça n'a rien enlevé au plaisir que j'y ai pris. Clouzot s'appuie beaucoup sur ses comédiens en forme, et ses répliques saillantes, dont quelques-unes mémorables. Livrant ainsi un polar globalement sombre et violent, mais avec de nombreux intermèdes humoristiques très réussis. Mais surtout, il découpe son scénario et sa mise en scène avec intelligence et élégance, aboutissant à un polar finalement très moderne, tant sur le fond que la forme. J'ai décelé quelques répliques qui semblent faire référence à l'Occupation en cours à l'époque (invisible à l'écran). Mais j'ignore si c'est volontaire, ou une surinterprétation de ma part. Je note aussi des audaces de réalisation. Telle qu'une chambre vue depuis la serrure. Ou un cours plan filmé en vue subjective, se terminant par un embrochement. Une technique que reprendra Michael Powell dans "Peeping Tom", et qui sera ensuite allègrement utilisée dans divers gialli et slashers. Du très bon !
A la pension des Mimosas, au 21 de l'avenue Junot, se cache un assassin que le commissaire Wens (Pierre Fresnay), se jetant dans la gueule du loup en y louant une chambre, se charge de débusquer. L'intrigue est très classique, se proposant de nous faire découvrir parmi plusieurs suspects - et chacun d'eux de figurer simultanément ou alternativement le coupable probable- le mystérieux criminel. Le film de Clouzot- un de ses plus célèbres à juste titre- est un très interessant témoignage d'un certain cinéma, tout autant conçu pour les premiers rôles que pour les seconds. Autour de Frenay, Larquey, Roquevert (déjà fameux en ganache nostalgique des colonies), Tissier ou Suzy Delair illustrent ces seconds rôles estimables et indispensables qui coincident avec l'âge d'or du cinéma français des années 30 à 40 et qui se gravent dans notre mémoire bien plus sûrement que beaucoup d'emplois principaux. Sobres ou cabots, il représentent ici, avec une présence inégalable, une classe et un langage populaires drôles et plein d'un charme désuet. Il faut dire que les dialogues de Clouzot sont d'une détonnante causticité où perce parfois une réelle ironie antisociale. Pour ces raisons, le film vaut absolument d'être revu en dépit que l'on connaisse son dénouement.
Sur le papier, un film des années 40 peut en rebuter plus d'un. Erreur ! Ce film de Clouzot est d'un rythme fou du début à la fin, les dialogues fusent (du Audiard avant l'heure) et les grands numéros d'acteurs s'enchaînent, Pierre Fresnay en tête dans son rôle d'inspecteur déguisé en pasteur. Un véritable Cluedo jubilatoire.
« Ah, Monsieur, quel beau métier que celui d’impresario, vous êtes comme le jardinier qui cultive les plantes fragiles, comme le petit tas de crottin qui réchauffe les jeunes pousses. »
Pour son premier film derrière la caméra, Henri-Georges Clouzot, également au scénario avec Stanislas-André Steeman, auteur du roman d’origine, et aux dialogues, frappe très fort. D’entrée de jeu, il déploie sa maîtrise résolument moderne de la caméra dans la scène du crime et enchaîne sur des dialogues somptueux, dignes d’un Anouilh en grande veine ou du meilleur Audiard.
A la distribution, on retrouve Pierre Fresnay, dont Clouzot à scénarisé le seul film en tant que réalisateur (Le Duel, 1941) et qui reviendra dans Le Corbeau (1943), Suzy Delair, alors compagne de Clouzot et qu’on retrouvera de toute sa gouaille dans Quai des Orfèvres (1947), Jean Tissier, Pierre Larquey, Noël Roquevert, Maximilienne, Jean Despeaux (boxeur professionnel dont c’est ici le premier rôle) et Odette Talazac, les habitants du 21, ainsi que de savoureux seconds rôles à l’image de Raymond Bussières (crédité uniquement de son nom) ou André Gabriello à la diction si particulière.
S’il est un défaut majeur à ce film, sans doute dû aux circonstances de sa réalisation, c’est sa durée, résolument trop courte, ce qui brise la surprise du dénouement final. Pour le reste, il est impossible de décrocher un seul instant tant la réalisation est enlevée, le jeu des interprètes magistral et les dialogues percutants.
L’Assassin Habite au 21 est un classique des classiques, le premier d’une longue liste pour Henri-Georges Clouzot
C'est toujours perturbant de découvrir des films vieux à ce point tant les codes du cinéma ont changé. Mais ici avec L'assassin habite au 21, une fois passé au dessus de l'acting un peu étrange et des dialogues un peu vieillot, c'est un pur plaisir. On est face à Cluedo en film ni plus ni moins, avec des dialogues souvent ponctués de piques envers les autres personnages,c'est très drôle. L'enquête est surprenante de A à Z, ça fait beaucoup pensé aux plus récents "A couteaux tirés" de Rian Johnson. Bref, L'assassin habite au 21 n'a pas du tout vieilli et reste un film absorbant même 80 ans après. A voir absolument !