Cela aurait été dommage vu qu'ils portaient le même nom, vu que leurs prénoms commençaient pareil, vu qu'ils étaient tous les deux suédois, vu qu'ils ont servis magistralement tous les deux le Septième Art, l'un en ne bougeant pratiquement pas de son pays natal l'autre à travers le monde, que les monstres sacrés Ingrid Bergman et Ingmar Bergman ne se croisent pas au moins une fois artistiquement... Ce croisement artistique s'intitule "Sonate d'automne", et si Bergman le réalisateur se montre parfois très créateur notamment en insufflant des teintes automnales dans la composition de ses plans, il fait surtout un très beau présent en donnant à Bergman l'actrice un rôle et une partenaire en or. La comédienne ainsi que sa partenaire Liv Ulmann sont admirables et donnent énormément d'intensité à leurs scènes en particulier lors de l'affrontement mère-fille nocturne. Rien que pour la réunion des deux Bergman, rien que pour l'interprétation des deux comédiennes principales qui trouvent chacune un de leurs plus grands rôles, ce film mérite d'être vu.
Bergman maîtrise sans nul doute le sujet des confrontations familiales, Sonate d'Automne peut-être perçu comme une œuvre lente, ce n'est heureusement qu'aux premiers abords, petit à petit l'histoire se développe et le spectateur entre dans l'univers d'Antan, ambiance campagnarde dont l'éducation, es valeurs issus d'un catholicisme très emprunt, révèlent les pires aspects de la nature humaine.
Un sujet de court-métrage barbant au premier tour qui devient un long-métrage rempli de lyrisme et de dialogues qui font office d'action. Bergman jette tout son dévolu dans ses personnages, dont les deux principales héroïnes, construisant une rivalité mère/fille, la soeur de cette dernière, source de discorde, et les deux autres personnages masculins, très en retrait et quasiment absents. Si le rythme est lent, l'histoire n'en est pas moins structurée, la tension monte petit à petit pour se finir sur un épilogue ; le monologue intérieur est très utilisé pour renforcer le retrait de l'esprit des personnages au monde. Le film est une véritable histoire de famille à lui seul, se servant des flashbacks pour plus appuyer sur l'ambiance visuelle que pour la narration : en effet Bergman crée une belle étude de l'image : les couleurs sont très belles et ordonnées, et les cadres travaillés : les souvenirs sont des plans-séquences traités comme des peintures. La réalisation est à égalité avec l'histoire : l'ensemble est structuré, bien travaillé, sans toutefois posséder un sujet vraiment passionnant mais qui prend vraiment à coeur le spectateur.
Bergman capte l'émotion à l'état pur. C'est extrêmement dur, puisqu'il ne nous épargne rien, il ne coupera pas sa caméra au moment des aveux, aux moments où les paroles sont atroces. Il n'y a que des mots, des phrases dans ce film, et un petit peu de piano, mais c'est sans doute une des plus belles analyses de la relation mère-fille. Les actrices sont à la perfection. Ingrid Bergman ne pouvait mieux rendre ce personnage complexe, et Liv Ullmann est bouleversante de simplicité, de retenue.
A noter pour les fans d'Almodovar : on sent une influence énorme de ce film dans beaucoup de ceux du maître espagnol, notamment Talon Aiguille.
Ingmar Bergman ne ménage pas le spectateur, «Sonate d'Automne» en est la preuve. La maladie y est représentée dans sa laideur et son humanité à la fois, les rapports familiaux sont loin d'être apaisés, distendus par les non-dits et les traumatismes d'enfance... Pas d'effets de manches larmoyants, uniquement de la sincérité. Bergman est de ceux qui croient en la nécessité du cinéma à rechercher la vérité, il est aussi l'un de ceux à s'en être le plus approché. Ainsi, ce long métrage illustre les rapports distants et haineux d'une fille, Eva (terrible Liv Ullmann), envers une mère absente, Charlotte, plus préoccupée par sa carrière de virtuose du piano et par elle-même que par sa famille. Cette mère (Ingrid Bergman époustouflante d'émotion contenue) qui n'a jamais réllement pu aimer Eva et sa soeur cadette et handicapée, Lena, revient un jour chez Eva et son mari suite à leur invitation. Mais Lena s'y trouve aussi et c'est l'occasion pour Eva de confesser avec rage sa détresse et d'accabler sa mère de reproches. La prise de conscience de Charlotte est profondément déstabilisante pour elle, mais les exigeances d'Eva sont finalement presque aussi inhumaines que l'était le comportement de sa mère. En effet Bergman refuse comma à son habitude toute psychologie hâtive et ne laisse pas à l'enfant le privilège de dénoncer sa mère sans retour : pour sa défense Charlotte avoue avec émotion qu'elle même était une enfant ignorée, et qu'elle ne connaissait pas la réalité de l'amour filial. Le pardon est donc nécessaire pour se reconstruire, tout comme l'était l'aveu. Si maintenant l'on évoque l'aspect formel du film, pour ce qui est de l'esthétique, au risque de se répéter : elle est parfaite. Inutile d'en dire plus, rappeler que c'est un film d'Ingmar Bergman suffit amplement. Un chef-d'oeuvre, évidemment. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Un tout grand texte, profond, intelligent et intense. Il n'y a pas que les dialogues qui sont grands les deux actrices (Liv Ullman et Ingrid Bergman) sont également prodigieuses, la relation mère/fille a rarement été aussi bien jouer. La réalisation est bien marqué Ingmar Bergman (très reconnaissable).
Loin d'être le meilleur Bergman, on pourrait penser que celui ci ne sait pas réellement où il veut nous emmener avec son message intriguant. Cependant le film possède toujours de grandes qualités et avec un final qui saura redonner une certaine valeur au film.
Je ne cacherais ma mini déception envers ce film que j'espérais adorer. Bergman est un de mes cinéastes préférés, les thèmes qu'il aborde me passionne et la manière dont il le fait aussi. Höstsonaten est un très bon film qui a su me toucher mais pas tant que ça.
Techniquement parlant c'est du Bergman. Solide, sobre mais aussi surprenant. Le cinéaste arrive à nous surprendre parfois au détour d'un plan ( Je pense au "cauchemar" de Ingrid Bergman) et prouve qu'il est aussi un cinéaste au sens aiguisé de la mise en scène. La photographie aussi est très belle, en adéquation avec les couleurs de l'automne, des couleurs chaudes mais un peu sombres. Enfin je dirais qu'elle est surtout belle dans les flashbacks car c'est là que ces couleurs éclatent (la symbolique de ce choix visuel est d'ailleurs bien pensée) Mais en réalité pour moi la vraie déception du film vient surtout du fond. Alors pour ce qui est de la structure narrative, rien à dire c'est génial. L'introduction d'ailleurs est surprenante, le mari de Liv Ullman raconte un peu, introduit ce qui va venir, un peu à la manière d'un narrateur omniscient. Ce choix est judicieux. Par contre ce qui m'a un peu rebuté c'est la simplicité de la trame, du scénario, l'impression que Bergman ne s'est vraiment pas foulé. Pour ce qui est des personnages je suis mitigé. Le personnage de Bergman est excellent, tout comme son interprète qui montre un immense talent d'actrice. Mais celui de Ullman est bien trop exagéré, j'aime beaucoup cette actrice, d'ailleurs elle joue très bien mais son personnage de presque vieille fille c'est très maladroit et pas forcément adapté aux drames qu'a vécu cette femme dans la vie. Sinon la relation enrte la mère et la fille est fascinante, toute cette rancoeur qui immerge subitement, toutes ces explications, Bergman pond un drame familial puissant comme il sait si bien le faire même si je trouve que ce film contient "trop" de drames ( Mort de l'amant de la femme, de l'enfant, la soeur handicapée, etc...) Globalement j'ai vraiment beaucoup aimé ce film mais je ne peux m'empêcher de ressentir un arrière-goût amer. Techniquement c'est bien même si l'image a bien vieilli, le travail de photographie de Nykvist reste eprceptible ( et remarquable) par contre pour le fond de l'oeuvre je m'attendais à plus consistant, à moins facile car pour moi c'est une oeuvre qui a bénéficié d'un traitement trop simpliste pour se montrer percutant. Ceci dit le film reste très bon et accessible à qui veut découvrir Bergman, par contre le film est dur ce qui peut provoquer des crises de larmes. Pour ma part ça a à moitié marché et le grand fan de Bergman que je suis a été un peu déçu. Un beau film tout de même.
C'est le premier film du célèbre réalisateur scandinave Ingmar Bergman que je regarde, je m'attendais à un film assez froid et dur, et bien Sonate d'automne c'est exactement ça. Pour parler du scénario rien de révolutionnaire, une relation mère-fille complexe qui vont se dire leurs quatre vérités, j'ai d'ailleurs eu peur pour la fin, je pensais que la fille handicapée aller mourir, une chute dans l'escalier par exemple ou autre chose, mais heureusement Bergman n'est pas tombé là-dedans en faisant une bien meilleure fin, la mère qui retourne à son train-train et la fille qui reste chez elle. Après au niveau du casting rien à redire, Liv Ullmann joue un rôle très difficile et s'en sort bien et à ses côtés la grande Ingrid Bergman, dans son dernier film est irréprochable. Voilà pour moi c'est un bon drame, mais qui ne m'a pas chamboulé, à la fin du film je suis passé à autre chose, il ne m'a pas marqué.
Pour un premier film du célèbre cinéaste suédois que je vois, j'ai choisi "Höstsonaten" , naïvement pensant me retrouver avecla moins dure de l'une de ses oeuvres. Sonate d'automne en est tout le contraire. Il m'a bien fallu trente bonnes minutes pour reprendre mes esprits à la fin de cet immense drame familial. Se déroulant sur une confrontation mère/fille , Bergman filme avec lenteur la puissante gravation qui leur est restée à vie. Grandiose Ingrid Bergman, à des années lumières de Casablanca, avec ses monologues , toujours garantie de très grande actrice en mère froide. Il en est de même pour sa fille , Liv Ullmann, prodigieuse dans ses paroles, sa gestuelle, son regard glacé. "Höstsonaten" est un chef d'oeuvre à part, en proie du début à la fin au pessimisme et à l'absence permanente de chaleur comme les paysages de Suède. Un choc psychologique que nous envoie cet Ingmar , auquel un spectateur non averti peut en pâtir très très facilement. Evidemment , il en refroidira plus d'un car ce spectacle n'est pas destiné à tout le monde , personnellement j'ai même hésité à mettre un cinq étoiles car le dramatisme prend un sens ultra large ici , trop diront peut-être même certains. J'ai opté au final pour le cinq car ce film maudit m'a énormément plu , le sujet et le traitement sont d'une profondeur que je n'avais jusque là jamais vu , les deux actrices principales sont exceptionnelles et l'absence de musique renforce un dramatisme admirable traduits par de longs plans fixes faciaux.Seuls les approbateurs de films de ce genre apprécieront cette Sonate car chez Bergman pas besoin de mots pour comprendre , un regard inquisiteur seul suffit , comme en témoigne cette scène de deux-trois minutes où la fille regarde tristement sa mère jouer au piano sans dire de mots. Si l'envie vous prend de plonger dans ce Bergman, ayez le coeur accroché et le mental vraiment solide.
"Sonate d'automne", à quelques détails près, c'est une mère et un fille qui se balancent tout ce qu'elles ne se sont jamais dit auparavant. Étiré sur 1h30, en huis clos, ça peut paraître ennuyeux, mais la qualité des dialogues et la confrontation entre Ingrid Bergman (dont c'est le dernier rôle) et Liv Ullmann le rendent de plus en plus passionnant au fur et à mesure que ça avance. Du cinéma ascétique et froid, mais pour mon premier film de Bergman, j'apprécie beaucoup...
Huis clos qui ne cesse de monter en intensité, Sonate d'Automne montre progressivement le malaise qui existe entre Charlotte et sa fille. Ingmar Bergman met ainsi en scène l'incompréhension qu'il peut y avoir entre une mère et sa fille et les répercussions d'une enfance déséquilibrée sur la vie d'adulte. La palme revient aux deux actrices, Liv Ullman et Ingrid Bergman qui livrent une interprétation vibrante d'émotion et de vérité. Moins glacial que Cri et chuchotement, Sonate d'Automne est une drame familial qui finit tout de même sur une note optimiste. Encore une très belle oeuvre d' Ingmar Bergman.
Autant j'adore Bergman, autant Sonate d'automne est d'un commun... La monotonie est brute, sans épuration, donnée comme un fondement de ce drame familial qui, malgré lui, sonne faux. La folie est traitée caricaturalement, en n'accentuant que l'hystérie au profit du véritable drame psychologique. Venant de Bergman, on ne peut que s'étonner de la facilité d'une telle trame.
Moyennement convaincu par ce Bergman. On a l'impression que c'est un peu du déjà vu sans grande nouveauté, cette relation conflictuelle est traitée sans beaucoup d'originalité de la part du réalisateur suédois, qui accumule qui plus est les lieux communs sur le sujet, sans vraiment pouvoir les transcender pour proposer autre chose. L'image est - qui plus est - assez moche, sauf si l'on excepte les flash back. Le film repose principalement sur les talents des comédiens, mais malheureusement l'émotion ne prend pas.