Sonate d'automne
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Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juillet 2007
Je reviens une nouvelle fois à Bergman pour dire toute l'admiration que «Sonate d'automne» (1977) éveille en moi. C'est à nouveau la souffrance et sa racine dans les rapports familiaux qui occupent le réalisateur. «Sonate d'automne» explore en effet, avec une acuité confondante, les rapports conflictuels d'une mère, Charlotte, pianiste célèbre (admirable Ingrid Bergman), et de sa fille, Eva, mère au foyer, frustrée depuis la mort de sa propre fille de 4 ans (merveilleuse Liv Ullmann). Le film, admirablement mis en scène, nous montre avec une violence peu commune Eva reprocher à sa mère son absence, son incapacité d'aimer et son égocentrisme. La fille accuse en particulier sa mère d'être la vraie responsable du handicap d'Helena, sa soeur, qui vit avec elle, sous le même toit. Le coeur et la clef du film résident bien sûr dans la double exécution du même superbe prélude en la mineur de Chopin, d'abord maladroitement par la fille sous le regard de la mère, ensuite par la mère sous le regard terrifiant de la fille. Scène d'une beauté hallucinante qui fait inévitablement penser à «Persona» et au double récit d'Alma, répercuté d'abord sur le visage d'Elisabeth, ensuite lu sur celui d'Alma elle-même. Et on ne peut du coup éviter d'interpréter l'ouvrage plus en profondeur. Charlotte et Eva ne sont-elles pas les deux faces d'une même nature féminine, écartelée entre le désir de maternité et le désir de réalisation d'une vocation autre, ... artistique dans le cas présent? Bergman, comme de coutume, interroge sans donner de solutions toutes faites. Il expose le problème; il montre la conséquence des choix avec une violence psychologique inouïe; mais il ne juge jamais. Et le film laisse les deux héroïnes à leurs doutes et à leur amertume solitaire! C'est terrible, mais c'est grandiose...
Vladimir.Potsch
Vladimir.Potsch

23 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juin 2007
Un terrible face à face (pour reprendre le titre d'un autre film de Ingmar Bergman). Entre une femme frustrée, dont la vie a semble t'il été ponctuée de malheurs, et sa mère, brillante artiste reconnue internationalement, qui lui rend visite après bien des années. La tention monte de façon croissante, au travers de quelques scènes emblématique, dont la plus marquante et l'interprétation au piano d'un même morceau par les deux femmes. La fille le joue un peu maladroitement, et la mère la félicite de façon condescentente, avant de lui montrer la passion qu'il fallait mettre dans le morceau...Terrible est le long plan du regard glacial de Liv Ullmann sur Ingrid Bergman toute concentrée sur son jeu. La suite sera à l'avenant, jusqu'à la haine. Le génie de Bergman consiste à éviter tout manichéisme, à laisser au spectateur son propre jugement: a t'on le droit de se comporter de façon égoiste (comme le fait la mère avec ses deux filles), au service d'une carrière artistique ? Plus profondément, ne nous dit il pas : toute carrière artistique réussie ne se fait elle pas aux dépends de sa vie privée, de ses enfants ?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 mars 2007
Chef d'oeuvre!
Impressionnant de par la justesse des personnages et l'interprétation des 2 actrices principales.
Pas à voir si on cherche à se détendre.
Du très grand cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 octobre 2006
Un film d'une rare violence psychologique entre les personnages de la mère et de la fille. On se tord de douleur dans l'expression d'Ingrid Bergman, vraiment très impressionnante. Mon préféré de Bergman avec Cris et chuchotements. Le thème de la dissimulation des sentiments est commun aux deux films et traité avec une grande justesse par Ingmar Bergman.
VodkaMartini
VodkaMartini

65 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Une fois de plus, Bergman tape dans le mille. Virtuose comme pas deux en matière de "drames de chambre", il provoque la rencontre magique de Liv Ullman et d'Ingrid Bergman (un des plus beaux duos jamais vu) et on ne peut que penser à une sorte de négatif de "Persona". Rien ne réunira ces deux femmes, aucun identification n'est possible, tout les éloigne inexorablement.
Que dire? Pas grand chose. Juste être ému.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Une merveille de Bergman qui dissèque avec acuité les rapports mère-fille dans des scènes d'une violence et d'une tension sidérantes. La confrontation entre Ingrid Berman et Liv Ullmann est inoubliable. Bouleversant et admirable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Bergman encore une fois se passionne pour une histoire familiale lourde, engluée de haine, de contradictions, de peur, de tristesse, d’interrogations, de regrets et de solitude. Cette solitude est ici ressentie par Liv Ulmann qui malgré l’amour qu’elle a éprouvé jadis pour sa mère – magistrale Ingrid Bergman – ne peut aujourd’hui contenir la haine qui en ait née. L’absence et l’abandon sentimental de la mère ont provoqué d’irréparables dégâts, notamment la terrible maladie de la jeune sœur de Liv Ulmann. La confrontation mère-fille donne ici lieu à de terribles scènes comme Bergman sait et aime si bien filmer. Pourtant, dans cette œuvre, comme dans d’autres, le metteur en scène reste ici spectateur, évite le jugement et la critique en laissant s’échapper génialement de furtifs mais d’importants éléments permettant de tenter de saisir les pensées et les souffrances de tous les personnages. Personne n’est peut-être réellement mauvais et pervers chez Bergman puisque tout le monde n’est en fait pas grand-chose si ce n’est un être humain. Et comme la froideur et l’indifférence sont humaines, pourquoi, en fin de compte, les condamner ? Mais qu’il est compliqué, pour l’homme, d’aimer les siens même si on ne les comprend pas. Un problème qui restera insoluble malgré les générations qui passent. Une insolubilité toutefois logique car elles ne font, justement, que passer. Un film dur s’achevant dans la tourmente.
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