Jeu de destruction
Un des meilleurs moyens de ne pas avoir d’idées préconçues sur un film, c’est de n’avoir rien lu, ni vu – surtout la bande-annonce – sur ledit film. A part le pitch, pour le moins minimaliste, la chronique d'une communauté isolée dans le désert californien en plein cœur des années 1950, au sein de laquelle une femme au foyer voit sa vie être chamboulée, c’est ce que j’ai fait pour les 123 minutes réalisées par Olivia Wilde. Etrange, dérangeant, délirant… un thriller psychologique qui repousse les limites de notre imaginaire.
Cette méditation sur l’American way of life trace un portrait féroce mais pertinent du patriarcat qui, même situé dans les 50’s, n’en reste pas moins d’actualité dans sa critique de la désinformation et de la manipulation des consciences. Tout est « trop » dans ce suspense à couper au couteau. Trop suranné, trop flashy, trop outré, trop délirant, trop dingue. Mais, ces excès sont parfaitement assumés et par le scénario, et par la mise en scène, et par le jeu des acteurs et des actrices. Je ne peux évidemment pas en dire plus sans dévoiler un seul coin du mystère qui plane sur cette communauté pas comme les autres. Mais je ne peux que vous encourager à découvrir cet univers paranoïaque au visuel plus que soigné.
Le casting, quant à lui, est dominé par l’extraordinaire Florence Pugh, vue auparavant dans des rôles secondaires dans Les Filles du Docteur March, ou Black Widow et dans le rôle principal de l’étonnant Midsommar. Elle est de tous les plans et nous fait croire à l’incroyable par l’intensité et la justesse de son jeu. Gravitent autour d’elle, Harry Styles, Chris Pine, Olivia Wilde herself, Kiki Laine, Gemma Chan, Sydney Chandler, - distribution pléthorique -, qui peuplent ce huis clos étouffant et stressant à souhait. Quant au final, il laisse carrément pantois. Et même si je n’ai pas tout compris à cette conclusion, j’ai passé un très bon moment dans ce suspense paranoïaque ad nauseam. Un OFNI ! – objet filmique non identifié -.