L'Opera de quat'sous
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platinoch
platinoch

49 abonnés 132 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2016
la force du récit repose sur l’acidité et le cynisme quasi subversif avec lequel il dénonce une société totalement corrompue, marquée par une collusion forte entre les gangsters et la classe dirigeante (à l’image de l’amitié entre Mackie et le chef de la police). D’ailleurs, comble de l’immoralité, les gangsters ne se contentent pas de voler les banques mais finissent par la racheter. Tandis que la masse des pauvres hères - prolétaires, mendiants et miséreux - finissent invariablement manipulés pour le seul bénéfice des puissants de ce monde. Souvent amusant, le film est également bien servi par ses chansons, elles-mêmes plutôt corrosives. Sur la forme, le film est d’autant plus intéressant qu’on sent qu’il est réalisé à une époque charnière du cinéma, conservant à la fois de nombreux éléments de théâtralité (le découpage des actes, la manière dont se terminent les scènes, le jeu des acteurs), du cinéma muet (son aspect par moments burlesque) tout en intégrant les nouvelles possibilités offertes par le parlant. Visuellement, l’oeuvre apparait donc un peu désuète. Mais sur le fond, elle reste d’une étonnante actualité. Une belle curiosité à (re)découvrir.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

87 abonnés 4 183 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2026
Le roi des voleurs des bas-fonds londoniens, Mackie le séducteur, rencontre et épouse aussitôt, suivant une convention théâtrale ou une ellipse imperceptible, la jolie Polly Peachum, qui se trouve être la fille du roi des mendiants.
Pas facile d'entrer dans la comédie de Pabst parce que les personnages sont assez mal dégrossis et que ce premier acte du mariage est un peu long. En revanche, dès lors qu'entre en scène Peachum père (Gaston Modot), le film devient plus intéressant parce qu'une intrigue prend forme et parce que l'armée de mendiants qu'il commande donne du sens à l'Opéra de quat'sous, celui que son auteur Brecht a voulu, précisément, lui donner en réaction à l'opéra bourgeois.
La reconstitution d'un quartier de Soho miséreux et malfamé est, même francisé, une belle réalisation et une belle réussite artistique du film parce qu'on y ressent constamment son atmosphère populaire. Les chansons du film, quoique trop souvent inaudibles, sont de qualité et elles commentent avec pertinence le sujet par un message désabusé, voire cynique, relativement à la condition de l'homme miséreux, du quart-monde comme on dirait aujourd'hui. Pabst, c'est manifeste dans le dernier acte, donne à cette Cour des miracles que composent les mendiants de Londres une dimension, au moment du couronnement de la Reine, qui exprime un humanisme déterminé et peut-être même une idée révolutionnaire.
Le film est une comédie musicale, et en vertu du sens qu'elle porte, n'est pas une farce. Les comédiens sont généralement bons ; je pense en particulier aux deux rôles féminins, à la charmante Florelle dans le rôle de l'amoureuse et indocile Polly et à Margo Lion, en pensionnaire d'une maison de passe.
chrischambers86

16 152 abonnés 13 092 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2017
Pendant que les Martha Eggerth et Lilian Harvey roucoulent dans les studios allemands, le boss de l'UFA, Erich Pommer, produit une oeuvre essentielle du 7ème art qui fera grand bruit lors de sa sortie en 1931! C'est Georg Wilhelm Pabst qui a la lourde tache de tourner l'adaptation de "L'Opèra de quat'sous", d'après Brecht, rèalisè en double version (pour les avoir vu toutes les deux au cinèma de minuit, allemande et française sont quasi identiques hormis dans son interprètation). L'adaptation peut paraître douteuse mais ce film appartenant comme "Quatre de l'infanterie" et "La tragèdie de la mine" à un cinèma adulte n'en possède pas moins de très grandes qualitès, en tête desquelles il faut placer la prestation superbe de Lotte Lenja, la femme du musicien du film, Kurt Weill! Mèlange de vaudeville, "L'Opèra de quat'sous" doit beaucoup à ses dècors et à sa photographie composant une atmosphère unique et inoubliable! Un grand Pabst qui se trouvait alors portè par le courant antifasciste à la pointe du cinèma internationale...
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 janvier 2020
Que ce soit quat’ sous en français ou drei Groschen en allemand, le compte n’y était pas pour le parti nazi qui a banni le film deux ans après sa sortie. Ce n’est pas ça, la surprise. La surprise, c’est de découvrir que, oh, l’Allemagne existait avant la Seconde Guerre mondiale & que, oh, elle était capable d’art & de promouvoir la paix – même avec un ton très acerbe.

Pabst ne le savait pas encore, mais il sauvait Brecht de l’impérialisme artophobe, bénéficiant de la très courte liberté qui fût celle des premiers films parlants allemands. En 1931, le pays avait pansé les plaies les plus profondes que lui avait infligées la guerre &, la restauration cinématographique n’eût-elle pas existé, on passerait aujourd’hui à côté de la dernière dose d’insouciance que la nation connut avant que tout partît de nouveau en vrille. Quelques années de frivolité où l’on se sentait encore d’humeur suffisamment internationale pour tourner en allemand dans un prétendu Soho (un mélange qu’il faudra des décennies avant de voir renaître), osant même faire un jeu de mots anglo-allemand avec le nom de Brown. Pour ceux que cela gêne, la version française (tournée simultanément) existe aussi, ce qui conviendra mieux aux têtes d’affiche.

On comprend l’âme de ce qui a inspiré Allen pour son Ombres et brouillard, ce retour un peu sordide vers une mendicité qu’on élève au rang de thème, ou pire : dont on élève la création-même puisque l’opéra de quat’ sous est le milieu d’où un artiste de foire chante & crie l’histoire de Mackie Messer, bourgeois criminel londonien.

On n’est pas vraiment dans le domaine expressionniste, sauf par touches, par contre l’expression au sens propre garde toute la force que l’ère muette lui avait déjà trouvée. On s’attend à cause de l’âge du film à un faux scénario qui ne voit pas très loin selon nos standards, mais Pabst sort d’une époque qui a eu pour mérite (pour autant que l’exégèse est concernée) d’être fugace. Non contente de mettre en évidence l’attardement que le nazisme fit subir à la culture, l’œuvre nous révèle le terreau gâché & méconnu dont son burlesque est issu.

Le résultat, s’il est abrutissant comme un film bavard des années trente le garantit quasiment – surtout avec une ambiance à la Dr. Jekyll –, évoque tout sauf l’ennui d’un son que, supposément, on commençait à peine de maîtriser. Diantre, son & montage sont à peine témoins de leur âge et l’œuvre saura être remémorée pour un bout d’histoire quasiment féministe qui arrive déjà à faire porter le film à une actrice, Florelle.

→ https://septiemeartetdemi.com/
Vincent D
Vincent D

6 abonnés 123 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 août 2019
Le plus remarquable est l'incroyable modernité de ce film réalisé en 1931. Censuré à l'époque il ne faut pas s'en étonner tant il pouvait paraitre subversif et peut être analysé en raison de son côté anarchisant comme un véritable travail de sape des fondements de la société .
La fleur pousse sur le fumier et on sent un certain regard empathique et poétique de Pabst sur les gueux représentés dans le film qui se battent et créent une sorte de contre-société pour survivre et avoir eux aussi leur part du gâteau .
Pas d'angélisme en opposant des pauvres vertueux à des méchants capitalistes .
Au contraire on voit un pauvre recréer un système d'inspiration capitaliste pour faire de la misère une source de profit et le film se terminera par un fin cynique ou un des personnage plus entreprenant et inventif que les autres conclut qu'il vaut mieux recréer une banque pour plumer les gogos de manière légale plutôt que de faire des cambriolages qui relèvent d'une activité de gagne petits .
le film est avant tout drôle et cyniquement jouissif ( on a besoin un peu de transgression dans notre monde actuel formaté par le politiquement correct ou on ne peut même plus se moquer des sans dents !!!)
Mais le film est aussi remarquablement mis en scène mixant expressionnisme et théâtralité et ponctuant le récit de très beaux morceaux chantés.
Une œuvre ne ressemblant à aucune autre dans l'histoire du cinéma ....
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 mai 2008
J'inaugure la critique de ce film. Je dois avouer que j'ai pas mal hésité sur la note. Je m'explique, l'histoire est pas trop mal, certaines répliques très bonnes et le fond intéressant et sûrement très novateur pour l'époque. Je n'ai vu que la version française. La réalisation de Pabst est réussie: cependant, j'ai remarqué que les premières séquences du film sont plus innovantes que la fin; je pense notamment à la séquence où Mackie et Pauline trinquent leur verre qui est une merveille. Je dois cependant admettre que je me suis pas mal ennuyé à certains moments, l'action n'étant pas folichonne et les propos parfois un peu fluets. Il n'en reste pas moins une sorte de comédie musicale avec certaines chansons entraînantes ! On dira 14/20 s'il faut mettre une note ce qui peut paraître assez absurde; je mettrais donc trois étoiles mais c'est un très petit trois étoles !
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 19 février 2019
Un film qui a très mal vieilli et qui oscille entre scénettes très courtes se voulant drôles du cinéma muet, et scènes plus longues du début du cinéma parlant. L'ennui pointe son nez dès le début et l'intrigue démarre laborieusement. C'est mal joué (à l'exception de Gaston Modot et Albert Préjean), les actrices ne sont pas belles (hormis peut-être Florelle), le son est médiocre. On est loin du chef d'oeuvre attendu. Il règne, c'est vrai, un climat gentiment libertaire (Brecht n'est pas encore marxiste) qui annonce les futurs films de Prévert et il y a une charge sociale certaine. Mais cette adaptation d'une pièce est ratée et Brecht la renia. On peut donc s'en passer.
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