Les Intranquilles
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Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2021
« Les intranquilles » du réalisateur belge Joachim Lafosse (2021) n’est pas un film médical sur la maladie bipolaire ex-psychose maniaco-dépressive, qui est une maladie plus fréquente qu’on ne le pense et qui est insidieuse puisque le délai entre les premiers signes et le diagnostic est de 5 à 10 ans alors qu’un traitement précoce et bien suivi permet de réduire la fréquence et l’intensité des phases aiguës.
Joachim Lafosse dont le père était bipolaire, s’attache à décrire les conséquences intra-familiales de la maladie dans une famille pourtant liée et aimante.
Damien (Damien Bonnard), la bonne trentaine, est bipolaire (depuis quand ?) et prend du Lithium (régulièrement ou non ?). Il est artiste-peintre (et je ne commenterai pas sur la fréquence de cette maladie parmi les grands créateurs mais aussi un peu curieusement parmi les scientifiques et – avec là un autre problème – les hommes politiques !) et alors qu’il est en vacances dans le sud de la France, peut-être pressé par la commande de 40 toiles par son galiériste, il va présenter une crise maniaque aiguë. Ses extravagances vont au début faire sourire son fils et ses camarades (scène de l’étang) et rapidement conduire à des actes potentiellement dangereux pour lui et son fils (conduite à l’école en voiture). Il se dit « en forme » mais sa création artistique va s’en ressentir au fil des nuits, il va peindre, essuyer, effacer de la main, reprendre sa toile jusqu’à l’aube, jusqu’à l’épuisement sans pour autant être satisfait de son travail. Après une courte hospitalisation, « se sentant fliqué » par son épouse, il partira de son gré chez son père (Patrick Descamps).
Leïla (Leïla Bekhti), son épouse, n’a apparemment pas de famille et c’est seule – les soi-disant amis se défilant rapidement dans ce type de situation - qu’elle gère avec son beau-père comme elle peut la situation … jusqu’à finir par craquer.
Amine (Gabriel Merz Chammah), le fils qui a 8-10 ans, est entre ses 2 parents, protégé par sa mère mais désireux bien sûr de voir son père !
Un film très subtil et dont le titre est pertinent car dans ce contexte, personne n’est tranquille car à tout moment un mot, un geste, un événement extérieur mal interprété peuvent déboucher sur une discussion le plus souvent stérile et épuisante, ou sur un mutisme et l’accumulation des non-dits induit une distanciation de plus en plus importante entre le patient et ses proches.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 décembre 2022
Le nom de Joachim Lafosse est important au sein du cinéma belge et pourtant, c’est en me préparant à regarder ‘Les intranquilles’ que je me suis rendu compte, à ma grande surprise, que je n’avais vu aucun de ses films. Je ne suis pas pour autant convaincu qu’il serait devenu mon réalisateur de chevet mais enfin, ‘Les intranquilles’, ce portrait d’une famille laminée par la bipolarité du père, artiste-peintre, est une franche réussite, tout particulièrement grâce aux prestations de Damien Bonnard et Leïla Bekhti. On suit la dégradation progressive du comportement paternel, qui coïncide ironiquement avec un regain de créativité artistique. Si les premiers signaux d’alerte peuvent être mis sur le compte de l’excentricité de l’artiste, son attitude devient de plus en plus erratique à mesure que ses périodes maniaques se prolongent, lui-même étant dans le déni complet du mal dont il souffre. Face à lui, un enfant déchiré entre sa loyauté et le fait qu’il ait une vue assez juste de la nature du problème, et une épouse épuisée de devoir lutter simultanément contre les conséquences de la maladie et contre un mari convaincu qu’elle cherche à lui nuire. Lafosse ne cherche ni à alourdir (encore plus) le tableau ni à susciter du pathos gratuit. Plutôt plus réussi formellement que le commun des “films-dossier”, on pourra tout au plus regretter qu’il s’intéresse moins aux phases d’abattement dépressif caractéristiques de la bipolarité, leur préférant l’observation de l’apathie médicamenteuse suivie d’un lent rééquilibrage lorsque l’épisode maniaque a été traité.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2021
Qu’il est beau d’aimer. Dans “Les Intranquilles”, Leïla Bekhti et Damien Bonnard s’aiment profondément. Leur vie semble idéale à la campagne avec leur fils. Mais Damien ne se repose jamais. Il nage, bricole, cuisine, peint, ses idées fusent à tout va. On a du mal à les savoir en vacances. La caméra filme cette fougue sans nous laisser une minute pour souffler. On imagine bien qu’à un moment ou un autre, toute cette pression va éclater. En réalité, Damien est atteint d’un trouble cyclothymique, passant en quelques minutes d’un état de joie à un état de paranoïa. Leïla a appris à vivre avec ce mal. Mais lorsque Damien arrête les médicaments, il devient difficile de le supporter, le soutenir et rester calme. Pourtant Leïla, dont le personnage porte également son prénom, semble puiser une force incroyable pour faire face à ces maux. “Les Intranquilles” est un drame clairement déchirant tant le réalisme colle à la peau des deux comédiens. Leurs prestations sont si intenses qu’elles forcent indéniablement au respect.
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AlphaWolf
AlphaWolf

91 abonnés 895 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 mars 2022
Un tunnel comme seul Joachim Lafosse sait en réaliser ! Presque deux heures d'un quasi huis-clos inintéressant au possible, à observer une interminable répétition des mêmes scènes sans inspiration aucune et aux dialogues absolument faméliques.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 octobre 2021
Je suis un peu mitigé sur ce film qui avait pas mal de potentiel. Bon comme à son habitude, Leïla Bekhti est vraiment au dessus, il n'y a même pas de débat selon moi. Le petit est aussi vraiment impressionnant surtout pour son âge. Mais je suis désolé de le dire, Damien Bonnard est loin d'être au niveau, voire même un peu navrant par moment. J'en ai marre de voir toujours des prestations surcôtées lorsqu'il s'agit de drames, ce n'est pas légitime. Si ça avait été une comédie, on aurait pu le descendre sans gêne. Alors par moments, il est bon mais à d'autres ... c'est d'un bas niveau. Concernant l'histoire, c'est assez touchant, on peut même s'y retrouver car on peut s'identifier à ses problèmes de familles et de couples. D'un autre côté, j'ai trouvé "Les Intranquilles" un peu longuet et répétitif. Idem pour la fin qui est un peu vide mais bon c'est peut-être une volonté du réalisateur. La bande originale est mi-figue, mi-raisin. Dans l'ensemble, je m'attendais à bien mieux mais bon, je suis persuadé qu'il plaira à une partie du public. Il en faut pour tous les goûts. A vous de juger maintenant. 10/20.
Sijosdir
Sijosdir

29 abonnés 111 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 septembre 2022
C'est long, décousu, ennuyeux, les acteurs surjouent faute d'avoir un scénario crédible. Succession de scènes où le seul lien est que l'hyperactivité du héros dérange les autres, tandis que sa femme pète des câbles... La scène dans l'école est peu crédible.
Le personnage de Leïla Bekhti est proprement insupportable, une vraie harpie. Intérêt de la scène où elle danse ?
D'autre part, la bipolarité c'est aussi, et surtout, des phases dépressives, ce que le film ne montre pas du tout.
Fin en queue de poisson, ce qui sied à ce film sans queue ni tête.
Stephane R
Stephane R

4 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 29 septembre 2021
Ennuyeux et prétentieux. Des longueurs. Un film qui ne fait ni rire ni pleurer. Que de clichés (l'artiste fou, l'art sacralisé). Au secours.
Rourkewhite
Rourkewhite

104 abonnés 968 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 mars 2022
Malgré toutes les bonnes intentions, le film ne propose que le spectacle d'un type complètement fou qui torture sa femme et son fils pendant deux heures! C'est tout simplement insupportable! Une abominable purge scénaristique!
dan47
dan47

70 abonnés 163 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 octobre 2021
c'est quoi ce film sans queue ni tête ? c'est mal réalisé. c'est mal monté. l'acteur est crispant dans sa bipolarité. bref ! c'est nul.
j'aime beaucoup Leila Bekti mais qu'est ce qu'elle faisait dans ce navet ?
Ufuk K

617 abonnés 1 721 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 septembre 2021
" Les Intranquilles" sélectionné cette année au festival de Cannes est un drame romantique moyen dans son ensemble. En effet la première partie est ennuyeuse et sans intérêt le réalisateur proposant des gros plans d'un couple d'un ennui mortel, la seconde partie est nettement plus intéressante décrivant le quotidien difficile d'un couple qui doit faire face à la bipolarité de l'un deux avec un Damien Bonnard très juste et une Leïla Bekhti en dessous mais qui offre une bonne partition dans un film qui propose des séquences fortes et d'autres sans intérêts et redondante.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2021
pour tous ceux qui ont "fréquenté" ou fréquentent la "bipolarité", le film va surement les émouvoir, ou au moins leur suggérer , un certain mal être, ( plutôt que mal psychique)....Chapeau d'abord, à Leila Bekhti et Damien Bonnard;...L'actrice , elle le dit elle même dans le film, a pris 15 kilos pour ce film.....Le jeu des acteurs permet vraiment de mesurer les enjeux auxquels sont confrontés certaines personnes psychotiques ...Le film nous met en immersion, en émotion, petit à petit et je dois avouer que l'heure centrale du film, entre la trentième, et la quatre-vingt dixième minutes, est à la limite bouleversante....Comme toujours avec Joachim Lafosse, les sentiments sont justes, sont même explorés et la mise en scène minutieuse, à tel point qu'on se surprend soi même à comprendre ce peut être psychotique....Le film nous explore, il nous met en abime, et finalement nous émeut, plus ou moins profondément ????? Bravo aussi à l'aspect formel, images, cadres, contre jours, travellings, musique, qui nous permettent cette immersion peu probable à priori...Je suis sorti convaincu du film, me suis presque vu dans la peau d'un psychopathe, même si la fin du film suggèrent une autre problématique, celle du couple ...Je conseille ce film, sans insister, si vous avez certains troubles, cela pourrait vous heurter.....
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

90 abonnés 1 460 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 janvier 2024
Je n’ai pas vraiment été séduit par cette histoire de couple. Les scènes sont juxtaposées sans liens évidents, les quarante-cinq premières minutes sont fades et les scènes de peinture restent sans saveur. On hésite entre l’empathie pour ce personnage bipolaire et l’agacement face à ses attitudes.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2021
Joachim Lafosse évite tous les pièges du genre avec un grand talent. S'écartant de l'analyse médicale de la maladie, évitant les longues explications, il parvient à mettre le spectateur en position d'observateur de l'histoire qui peut un temps rire du comportement aberrant de Damien avant d'être pris par l'émotion puis l'effroi. Car, Les intranquilles ne sont pas seulement la famille mais le cinéphile qui est pris par le suspens d'un film qui évoque Alfred Hitchcock pour le malaise généré et Maurice Pialat pour le côté picturaliste (les cadres bucoliques sont bien rendus, grâce à la superbe photographie) et l'observation d'un couple et leur enfant soudés et solidaires mais qui plie sans rompre totalement. Ce qui intéresse est la façon dont la mère et le fils sont affectés par la psychose de leur père. Joachim Lafosse s'est cependant très bien documenté sur les signes de la maladie. Porté par un Damien Bonnard dans son meilleur rôle, le film parvient à susciter tour à tour toutes les émotions, humour, peine et crainte de fait du scénario très bien travaillé et des autres acteurs dont le garçon est sublime dans un rôle délicat. Son personnage porte ainsi le rôle paradoxal du surmoi de la cellule familiale. Ainsi, à certains instants il régule les excès de son père. La musique et les chansons sont bien choisies. Notons aussi le trouble suscité par le port du masque, évoquant un tournage qui s'est déroulé lors de la crise sanitaire. Cependant, on peut se poser alors la question de la contamination de la psychose et du covid mises en corrélation. Enfin, l'ultime scène, remarquablement filmée en travelling arrière, garde toute son ambiguîté. Les Intranquilles est parfois un peu répétitif mais reste en nous comme une maladie en rémission.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2021
Joachim Lafosse est de retour avec une œuvre qui ausculte toujours la désintégration de la cellule familiale mais par le prisme de la maladie cette fois. Sa filmographie se pare donc d’une cohérence thématique rare. Après l’excellent et magistral « A perdre la raison » qui partait d’un fait divers sordide pour raconter la descente aux enfers d’une famille et le très bon « L’économie du couple » qui insérait la notion d’argent lors d’une séparation, c’est donc cette fois par le biais de la maladie que la famille va être envisagée. Et pas n’importe laquelle puisque c’est d’une pathologie sournoise et insidieuse dont il s’agit ici : le bipolarisme. Si on a déjà vu pas mal de long-métrages parlant du cancer ou encore de la maladie d’Alzheimer (comme le récent « The Father » par exemple), ceux traitant de maladies psychologiques sont plus rares. La dépression a déjà été traitée de manière occasionnelle, mais la bipolarité est bien plus rare. Le réalisateur puise d’ailleurs dans sa propre histoire puisqu’il est lui-même le fils d’un bipolaire. « Les Intranquilles » nous met donc en immersion totale et très réaliste dans la vie d’une famille déchirée par cette pathologie imprévisible.



On a donc d’un côté un Damien Bonnard intense et concerné qui enchaînes les crises faites d’excitation, de créativité et d’hyperactivité suivi d’une phase dépressive et amorphe. Le rôle n’était pas facile et le risque de tomber dans la surenchère et le ridicule était potentiellement important, mais le comédien s’en tire avec les honneurs. En face, il y a sa femme, jouée par Leïla Bekthi dans une prestation plus intériorisée mais tout aussi délicate pour un tel rôle, plutôt passif et pas forcément évident. Deux manières de voir les choses pour un drame fort et intense. Heureusement, « Les Intranquilles » évite l’écueil du film dossier et de la psychologie de bazar. Lafosse a préféré faire ressentir au spectateur de l’intérieur ce qu’était cette maladie et les conséquences qu’elle pouvait avoir sur les autres membres d’une famille. C’est tour à tour tendre et beau puis fiévreux et angoissant. De véritables montagnes russes émotionnelles, aussi bien pour les personnages que pour les spectateurs qui alternent les scènes coups de poing et d’autres plus apaisées.



Cependant, c’est peut-être le film le plus rude de son auteur et le moins accessible. D’abord le script fait le choix de rentrer dans le vif du sujet sans préambule, avec un épisode de crise. On ne sait donc pas quand et comment ça a commencé et on ne le saura jamais. De la même manière, il se termine de manière très abrupte, en pleine crise également, sans qu’on sache comment va évoluer cette famille et ce qu’il va advenir des personnages. Aucune piste n’est vraiment donnée. Particulier et osé mais très frustrant, comme si le préambule et la conclusion avaient été coupés au montage. Ensuite, le film suit un peu les humeurs du personnage principal. C’est peut-être voulu mais on passe donc de séquences chocs et qui captent notre attention de manière incontestable à d’autres plus monotones et anecdotiques, ce qui aboutit à une œuvre au rythme en dents de scie. « Les Intranquilles » n’est donc pas le meilleur film de son auteur par la faute de choix audacieux mais clivants. Cela ne l’empêche pas d’être sporadiquement puissant et passionnant et surtout nécessaire par la lumière qu’il met sur une pathologie méconnue mais très invalidante.



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Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2021
Avec Les Intranquilles, Joachim Lafosse poursuit le sillon de L'économie du couple et À perdre la raison. Le film se présente comme une chronique d'une famille dont le père a un trouble psychiatrique intermittent. Le choix de la forme "chronique" induit un type de scénario très spécifique dont l'intrigue n'est pas une construction narrative structurée tenue de durer deux heures. Au contraire, c'est une coupe dans le temps dans un continuum qui existe bien avant le début du récit et se poursuivra au-delà. Dans cette forme spécifique, le spectateur n'est soumis à aucune force transformatrice, aucune force équilibrante, aucune résolution finale : il est témoin de moments d'une vie. Un tel film, fondé sur le témoignage concret et réaliste d'une pathologie, repose beaucoup sur les comédiens, qui ici sont parfaits du début à la fin. Il s'enrichit aussi du lien entre trouble mental et création artistique, en de longues scènes d'atelier où l'on découvre les coulisses d'une production picturale assez intéressante. L'idée est d'autant plus pertinente qu'on croit dans un premier temps que la peinture canalise la pathologie (ce qu'elle fait en grande partie d'ailleurs) pour ensuite saisir qu'elle perd totalement le malade qui s'épuise et sombre. Loin d'une restitution froide et distanciée d'un trouble psychique, le film vaut aussi par la qualité de sa mise en scène et le choix d'une musique soulignant les émotions. Bref, un beau film dans son genre particulier, porté par des comédiens hyper-impliqués.
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