Bloodmachine s’inscrit dans la lignée des films de science-fiction audacieux, cherchant à explorer de nouvelles dimensions visuelles et narratives. Pourtant, malgré son ambition, le film laisse un goût amer, notamment à cause d'une sursexualisation (autrement dit, il y a beaucoup de nudité feminine, je préfère prévenir) qui semble redondante et souvent gratuite.
Dès le départ, le film se démarque par son esthétique audacieuse : les couleurs saturées et les effets spéciaux, à l’exception de certaines scènes impliquant des acteurs humains, créent un univers visuellement captivant. La cérémonie d’« enterrement » du vaisseau est particulièrement bien réalisée, offrant un moment de beauté saisissante qui contraste avec d'autres éléments moins réussis. Malheureusement, l'intégration des acteurs dans ces décors reste un point faible, rendant certaines scènes presque inconfortables à regarder, comme la montée de la femme au début qui frôle le ridicule.
Les performances des acteurs laissent à désirer, surtout celles du beau gosse et du vieux, qui peinent à donner vie à des personnages pourtant intrigants.
En revanche, Corey se démarque par une interprétation solide, et Lago apporte une touche d’humanité touchante qui fait défaut à d'autres personnages. L’introduction de Vascan pose une réflexion intéressante sur la déhumanisation des machines pour ce dernier malgré tous ce qu'il vit avec elles. Comment peut-on être aussi aveugle sur ces propres sentiments malgré ses propres postulats ?
Cependant, le film se perd dans sa propre sensualité. L’insistance sur la nudité féminine, de manière répétitive et souvent vulgaire, fait vaciller l'originalité du propos.
Des scènes, comme celle où une femme se met à genoux, flirtent dangereusement avec le cinéma X, détournant l’attention du message central. La symbolique, comme la croix à l’envers couvrant les parties intimes, semble davantage provocatrice que significative. Tout comme la présence d'une femme nue comme vaisseau spatial.
Les choix artistiques, bien que souvent louables, souffrent d'une obsession pour le corps féminin qui finit par parasiter le récit.
Les moments de mise en scène inventifs, tels que la danse de Corey contrôlant des épaves, sont éclipsés par des images qui, au lieu d'ajouter de la profondeur, s'apparentent à une exhibition. La conclusion, où Corey est recouverte par des femmes nues, illustre cette tendance à réduire l'originalité à une simple provocation.
En somme, Bloodmachine promettait une exploration visuelle audacieuse, mais s'enlise dans une sexualisation excessive qui nuit à son message. Ce film ne semble pas avoir réussi à trouver l'équilibre entre l'expérimentation artistique et le respect de la narration, laissant de nombreux spectateurs, comme moi, sur leur faim. Je ne suis sûrement pas le public cible, mais même au-delà de cela, il est dommage de voir de bonnes idées se perdre dans une quête de provocation.