Alors qu’il est sur le point de se faire abattre, un buffle s’échappe et s’enfouit dans la jungle environnante d’un village du Kerala. S’en suit une poursuite folle d’un village entier contre cette pauvre bête. 1h30 pour un film indien, c'est presque un court-métrage selon les standards habituels. Le scénario est assez simple : une chasse au buffle qui réveille la bestialité de chacun et il s'agit des hommes bien entendu, les femmes restant à la maison, puisque telle est leur place, n'est-elle pas ? L'homme est un buffle pour l'homme, en quelque sorte, l'animal n'ayant rien demandé, si ce n'est de vivre libre. Dire que le film a du rythme est un euphémisme, accompagné d'une musique tribale et des cris de plus en plus effrayants des chasseurs. Il y a de quoi rester hébété devant cette foule hystérique, aussi excitée et hallucinée que des membres du Ku Klux Klan pendant un lynchage. Amateurs de psychologie et de subtilité, passez votre chemin, il n'y a rien d'autre à voir que la sauvagerie humaine dans sa pire représentation. Vite, une comédie romantique !
Dans un village reculé du Kerala, le boucher glisse au moment de marteler la gueule du buffle du jour... qui s'évade. Semant la panique et le sang au sein de la communauté. Des Dents de la Mer du point de vue de la bête traquée. Où le deuxième personnage s'appelle la foule. Dont la peur du monstre fait rejaillir discordes, rancoeurs et furie enfouies. Et où tout se fait si génialement rythmé chaotique scalpel de déshumanité que l'on finit par se demander : les hommes mangent-ils de la viande pour ne pas s'entretuer?