Un acteur en galère accepte d’animer un atelier théâtre en prison afin d’arrondir ses fins de mois. Sauf qu’il ne s’attendait pas à y trouver des détenus aux talents d’acteur, si bien qu’il se met en tête d’adapter une pièce de théâtre avec eux et qu’ils se produiront non pas en prison mais sur la scène d’un vrai théâtre.
Pour pleinement apprécier cette comédie sociale, il faut en savoir le moins possible sur ce film et ne pas avoir fait de recherches au préalable, sous peine d’être spoiler et de connaître la fin. Par chance, j’y suis allé sans savoir qu’il était adapté d’un fait réel et sans savoir qu’à un moment donné,
toute la troupe se ferait la belle, laissant dans l’embarras le metteur en scène.
Quand on le découvre au moment venu, le film prend une tout autre saveur.
Un triomphe (2020) est donc basé sur une histoire vraie, celle de Jan Jönson, un comédien suédois qui sera parvenu en 1985, à faire jouer la pièce "En attendant Godot" de Samuel Beckett, avec de véritables détenus. Emmanuel Courcol connait bien le milieu pénitencier, après avoir réalisé un documentaire sur le projet "Douze cordes" où des détenus préparaient un opéra hip-hop, quoi de plus naturel que de le retrouver aux commandes de ce qui s’apparentait au départ à un banal feel good movie et qui en fin de compte, s’avère être une très agréable surprise, oscillant entre la comédie et le drame social.
D’emblée, on est surpris d’y retrouver Kad Merad dans le rôle d’un comédien frustré et devenu hasbeen (obligé de donner des cours de haka lors de team building, bien loin de son métier d’origine vous en conviendrez), face à lui, des acteurs pas, voir peu connus du grand public mais qui sont la pierre angulaire du film (Sofian Khammes dans le rôle du caïd, Pierre Lottin en dyslexique (son visage ne vous dira rien, sauf si vous avez vu la saga Les Tuches), David Ayala ou encore Saïd Benchnafa). Tous donnent l’impression d’être que des comédiens non-professionnels et détonnent de par leur naturel.
Emmanuel Courcol et ses scénaristes parviennent à nous tenir en haleine et surtout, à nous emmener bien loin de ce à quoi on s’attendait (à savoir un banal feel good movie). Une habile réussite, sublimée par ses acteurs, criant de vérité et touchants. Dans le même registre, il y a aussi le documentaire de Guy Beauché qui suivait Sylvie Nordheim (intervenante théâtrale à la prison de Fresnes) avec Le grand jour : De la prison à l’Odéon (2020).
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