L’amour fou
Adaptation du roman éponyme à succès de 2016, signé Olivier Bourdeaut, le film de Régis Roinsard – dont j’avais bien apprécié les deux 1ères réalisations, Populaire et Les Traducteurs -, est fait d’outrances, de grâce, de sensualité dans les pas d’un couple prêt à tout pour construire les « châteaux en Espagne » dont il rêve tant. Camille et Georges dansent tout le temps sur leur chanson préférée Mr Bojangles. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Jusqu'au jour où la mère va trop loin, contraignant Georges et leur fils Gary à tout faire pour éviter l'inéluctable coûte que coûte. 125 minutes qui ne peuvent laisser indifférent. Touché en plein cœur.
Le film se divise nettement en deux parties. Une comédie enlevée, cocasse, délirante pendant presqu’une heure. Jusqu’à la visite de l’huissier et cette sentence : on ne peut échapper à la réalité. L’histoire vire alors brusquement au drame et le romanesque bascule lentement vers une fin que l’on devine écrite d’avance. D’abord élégant et espiègle, le film tourne au drame le plus noir sur une folie destructrice. Peut-être peut-on regretter une certaine surenchère dans le pathos et des dialogues un tantinet trop « écrits ». Mais les décors, les costumes et l’interprétation sont de premier ordre. Un beau film.
Donc, je le répète, ce drame est sauvé par son quatuor d’acteurs avec en tout en haut de l’affiche une Virginie Efira, inspirée, sublime, nous faisant partager par des mouvements imperceptibles ou des regards troublés, l’émergence de la folie. A ses côtés, Romain Duris, toujours impeccable, nous livre une composition déchirante dans la peau de l’homme qui ne peut se résoudre à l’inéluctable. Grégory Gadebois est toujours magnifique de sobriété. Mais, la grande découverte reste le merveilleux petit garçon, Solan Machado-Graner, absolument bouleversant. Incontestablement un film dérangeant mais que je ne peux m’empêcher d’aimer pour son formidable casting. Qu’en penserez-vous ?