Une adaptation du roman surprise de l’année 2016 qui avait été un très grand succès d’édition . Je suppose que le film est assez fidèle au livre que je n’avais pas lu. Le pitch à l’époque ne m’avait pas trop intéressé. On retrouve donc dans le film ce style fantastico- féérique, poétique et en même temps très noir, voire tragique sur la fin. Ce couple qui se rencontre par hasard sur la côte d’ Azur, tous les deux affabulateurs, hors-système, un peu arnaqueurs . Ils s’aiment à la folie , feront un enfant ,un garçon, lui très sage , très mature. De fêtes, en errances, le couple est fusionnel ,mais hors sol, et la jeune femme sorte de bi polaire, va se perdre , et sombrera dans une folie cyclotimique. L’histoire laisse un peu froid, pour ma part j’ai du mal à rentrer dedans, quelques longueurs aussi, des répétitions . Le plus réussi sont les performances d’acteurs, bien sûr en premier lieu Virginie Efira , qui nous scotche au siège, dans un rôle très difficile, alternant la joie et le bonheur puis la folie douce et féroce, où elle excelle . Romain Duris et Grégory Gadebois sont très bons aussi, sans oublier le jeune garçon Milo Machado , très bon , que l’on reverra dans « Anatomie d’une chute ».
De la poésie en image. Drôle, triste et surtout fou ! J'ai enlever une demie étoile pour quelques longueurs et parfois quelques faussetés dans le jeu d'acteur mais rien de grave. Un compte de fée moderne. spoiler: J'aurais peut être aimé que le personnage de l'ami soit un peu plus abordé,. Je me demande comment va s'en sortir le fils dans sa vie, mais a mon avis il y a de quoi faire une suite.
La maladie mentale fait si peur au commun des mortels que le déni reste le lieu le plus confortable. Faire comme si on ne savait pas où comme si ça n’existait pas. Il suffit de lire les critiques, je plains tous ceux qui n’ont pas été bouleversés par ce chef d’œuvre magnifiquement joué. Peut-être parce qu’il faut avoir connu l’enfer de l’enfermement pour y être sensible. Connaitre ce milieu terrifiant si bien caché du monde extérieur tant il risquerait de choquer. Je ne suis absolument pas d’accord avec le diagnostic posé par certaines personnes qui n’y connaissent rien. Camille à une peur viscérale d’aimer car elle craint plus que tout l’abandon. Elle à besoin d’amour, de preuves d’amour de la part d’un homme mais elle à surtout besoin de quelqu’un qui la comprenne et l’accepte telle qu’elle est. Elle à aussi peur d’aimer que d’être aimée mais cet amour est vital à condition que l’autre garde une certaine distance. Et c’est le vouvoiement qui mettra cette distance qui lui permet enfin d’aimer. Camille est BORDERLINE, un trouble qui navigue en la schizophrénie et la névrose. Encore confondu avec d’autres troubles comme la bipolarité, il est grand temps de mettre les choses au point. Le trouble borderline est le trouble du lien. Un lien qui n’a pas pu se créer dans l’enfance et qui devient un handicap à l’âge adulte car incompris, même des psys. Une construction psychique bancale donnera un adulte qui à du mal à faire confiance à autrui et à nouer des liens forts avec l’autre. La peur panique de l’abandon est une souffrance bien réelle et les patients sont 10% à mettre fin à leurs jours. Mal diagnostiqué durant trop longtemps, les choses évoluent très lentement en France. Il faut être doué d’une humanité sans faille pour comprendre un borderline et son ultra sensibilité. C’est pourquoi les psys connaissant parfaitement ce trouble sont ceux qui le portent en eux et les seuls à pouvoir aider les patients selon moi ( Marsha LYNEHAM) grande psychothérapeute américaine ayant créé une thérapie spéciale, la thérapie dialectique pour tenter d’aider les patients, elle même vivant avec le trouble. En France, trop peu de psys sont formés à la dialectique d’où l’errance médicale des patients. Diagnostiquée à 50 ans après 1/2 siecle de diagnostics erronés, je n’arrive pas à en sortir malgré des psychothérapies nombreuses. La complexité de ce trouble est violente tout comme son ambivalence. J’ai eu une vie pleine de projets concrets avant un effondrement en 2011. Abandonnée par mon mari et la famille au complet, je suis partie vivre à plusieurs centaines de km pour tenter de me reconstruire, en vain. Seul c’est impossible et abandonnée je l’ai été très concrètement car mon mari m’a littéralement jeté dans la fosse aux lions. Sans amour, on ne fait que survivre et je mettrai un terme à cette survie en solitaire lorsque le seul être à m’avoir aidé concrètement mourra. Il s’agit de mon chien et de son incroyable intelligence et empathie. Je ne me relèverai jamais de sa perte et de tous les traumatismes du passé dont il m’est incapable de faire le deuil. Je tirerai alors ma révérence…….tout comme Camille. Tant que la souffrance psychique ne vous touche pas, vous ignorez ce que signifie vivre avec un trouble chronique, incurable. Heureusement pour les Belges, le droit à choisir sa mort dans là dignité est possible mais c’est encore trop rare.
Au bout de 40 minutes, je n’attendais plus pour interrompre mon téléviseur. Deux illuminés Camille (Virginie Efira) et Georges (Romain Duris) traversent leur existence dans une folie débridée. De plus, ils font un gosse aussi déséquilibré que ses parents. Cette adaptation du roman d’Olivier Bourdeaut présentée comme une comédie lasse très vite le spectateur car cet océan d’excès ,qui paraît-il, sombre dans le tragique rend un côté artificiel et horripilant à l’ensemble de cette daube. Les acteurs forcent leur jeu. Alors, il fallait éviter de couler à pic à l’idée de prolonger le supplice.
Un film qui a la bougeotte et dont l’intrigue ne tient pas la route. On s’y ennuie à mourir. Les acteurs font ce qu’ils peuvent pour nous intéresser à une histoire inintéressante. Une mission évidemment impossible. Quel gâchis !
Peut-on faire œuvre cinématographique avec la maladie mentale comme sujet central ? Ici on a une femme maniaco-dépressive, bipolaire comme on dit aujourd'hui, qui fait couple avec un homme, couple qui engendre un enfant. Ce triangle familial est miné par la maladie mentale. L'état maniaque est caractérisé par une accélération de l'activité mentale (tachypsychie), une euphorie, une logorrhée et des achats inconsidérés. Ici la logorrhée est substituée par un langage châtié plutôt pédant et les achats inconsidérés sont remplacés par l'incurie financière ruineuse. L'euphorie de l'état maniaque admet un cousinage avec la désinhibition festive et la passion amoureuse. Le film joue sur cette ambiguïté sans l'expliciter. Il devient lui-même ambigu dans ce qu'il expose. L'état maniaque est un état durable, cyclique qui désorganise la pensée, l'affectivité et l'existence en profondeur. Au contraire la désinhibition festive simoniaque est contenue dans une tranche de présent suspendu qui s'arrête avec la gueule de bois pour reprendre la vie ordinaire en principe sans séquelle. La passion amoureuse ressemble à l'euphorie maniaque par sa tension vers un état de bonheur absolu, mais elle s'en démarque par la présence des prémisses de sa propre perte. C'est dans l'après-coup de la désillusion et de son assomption que la passion amoureuse sort de l'illusion maniaque et d'une issue morbide. Dans cette épreuve, l'autre acquiert son statut d'autre véritable. Pour la maniaque, l'épreuve salutaire de la désillusion est forclose. Elle est remplacée par le virage mélancolique. L'enjeu mortel entre l'euphorie et son virage inverse est un drame purement narcissique qui exclut l'autre en tant qu'autre. L'autre ne peut être qu'un même ou un complice. C'est exactement la position du personnage masculin du couple dans le film. "Avec elle, je me sens devenir unique". Cet aveu signe l'enjeu narcissique spéculaire du mari de la maniaque. Son amoureuse n'est pas une autre, mais le miroir qui lui renvoie cette image de complétude imaginaire qu'il recherchait sans le savoir avant de l'avoir rencontrée. L'enfant issu de cette configuration pathologique, occupe la place précaire du ciment investi de la mission impossible de faire tenir ensemble ce couple. Pour assurer cette fonction à plein temps il est débranché de sa propre existence. Non seulement il est débranché de sa vie sociale et de son avenir, mais il est également débranché des contraintes psychologiques propres à son développement psycho-affectif autonome. Il est aliéné. Ce type de configuration familiale pathologique où l'enfant est aliéné dans la configuration conjugale de ses parents porte un nom : l'incestualité. L'incestualité se distingue de l'inceste par l'absence de commerce sexuel entre les parents et l'enfant, mais par l'aliénation psychologique dans une fonction essentielle à l'homéostasie du couple (on ne fait pas un enfant pour soi, mais pour lui-même). C'est la situation exposée par ce film qui refuse de la dialectiser et qui requiert la complicité du public à y voir une œuvre d'art construite sur une histoire d'amour simplement dramatique. 2 étoiles pour la mise en scène et l'interprétation.
La thématique est originale : peut-on vivre sa fantaisie (sa folie) sans tenir compte du réel ? Avec pour vecteur l'amour fou… Et c'est poétique en plus… Mais une thématique ne suffit pas pour une œuvre, car c'est dans son traitement formel qu'a lieu le miracle… Ou pas… Je n'ai pas lu le roman mais j'ai senti la démarche, crois-je. Sauf qu'en regardant le film ce soir à la téloche, je n'ai pas décollé une seconde. Télérama l'avait bien noté (j'aurais dû me méfier ? 藍), la distribution était prometteuse (même avec l'omniprésente Virginie Effira ces jours-ci)… Bon ça démarre pas mal : De Broca, Belmondo, l'Arnacœur, les années 50, les citations sont amusantes. Mais pour quelle regrettable raison le charme ne prend-il pas ? On n'y croit pas, à leur amour, à nos deux excellentes vedettes ; malgré la poisseuse omniprésence de la musique romantico-machin, — souvent au détriment des paroles — malgré les innombrables bisous et câlins dont le film est parsemé — Roinsard adore les bisous et les câlins et ça dure plus de deux heures ! Malgré les séquences de danse maladroites et soporifiques… La photographie, sans génie, les dialogues qui voudraient bien être des sentences définitives, le jeune garçon qui fait ce qu'il peut… Tout cela m'a conduit à piaffer d'impatience pour voir la fin (d'ailleurs prévisible)… Ce film hélas manque de style. Et je dirais mieux : d'âme.
Ça commence comme une belle histoire entre deux décalés cherchant à profiter de la vie en dehors des conventions, oubliant les contraintes matérielles et sociales. Ils ont un enfant et l'élèvent à leur image. Puis tout bascule quand les contingences de la vie les rattrape jusqu'à la folie de Camille. Pourquoi reste t'on de marbre face à cette décadence ? Finalement, quand le malaise s'installe, on se dit que c'est mérité. Film décevant malgré l'interprétation impeccable de Virginie Efira er Romain Duris.
J’avais adoré le livre, je ne suis pas déçu par le film. L’histoire baroque d’une douce folie qui vire au sublime. Les acteurs sont tellement touchants.
Film joyeux et virevoltant, qui démarre sur les chapeaux de roue au rythme de son héroïne, avant de glisser peu à peu vers un malaise que l'on comprend inéluctable. On en ressort ému aux larmes.
En incarnant des amants éperdus établissant des règles d’un château de cartes pouvant à leur couple pouvant s’écrouler à tout instant Virginie Efira et Romain Duris forment un couple d’une sensualité suave sous la caméra du réalisateur Régis Roinsard filmant la passion la plus folle au sens littéral avec délectation et fantaisie. Un film enivrant d’amour et de folie.
Un film au style singulier, porté par une belle performance de Romain Duris. Poétique et décalé, mais parfois confus et trop appuyé dans son étrangeté. Touchant, sans totalement convaincre.