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Jipéhel
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3,5
Publiée le 3 février 2022
Démolition
Le 1er film de Daniel Brühl en tant que réalisateur est d’une grande originalité. 92 minutes d’un huis clos étouffant. A Berlin, Daniel est un acteur célèbre qui vit dans un bel appartement avec sa charmante compagne, leurs deux enfants et la nounou. Il s’apprête à décoller pour Londres où l’attend le casting d’un film de superhéros. En attendant son chauffeur, Daniel se rend au bar du coin sans savoir qu’il est suivi par son mystérieux voisin, Bruno. Cette rencontre préméditée va emmener Daniel vers les recoins sombres de son intimité. Bruno est bien décidé à lui faire vivre un enfer. Une comédie noire basé sur une joute oratoire féroce qui balance entre le drôle et le glaçant. Etonnant. Daniel, un acteur marié, père de famille, qui vit à Berlin, plutôt de gauche et conscient des enjeux de la société. Quelqu’un qui a tout pour être heureux. Un jour, il rencontre son voisin Bruno, un Allemand de l’Est qui se sent rejeté par la nouvelle société depuis la réunification et a du mal à joindre les deux bouts. Il se sent menacé par la gentrification et l’immigration, il a perdu confiance dans la politique. L’affrontement va être douloureux car Bruno est bien décidé à détruire son jeune voisin. Le film assume très habilement sa théâtralité et, au passage, trace un portrait du Berlin d’aujourd’hui, où les fantômes de l’Allemagne de l’Est rôdent encore. Le jeu de miroir s’avère assez jubilatoire et tient en haleine. Un exercice de style plutôt réussi. Même si le scénario est très original, c’est avant tout un film d’acteurs. Daniel Brühl et Peter Kurth avaient déjà joué ensemble dans Good Bye, Lenin ! Un ami à moi et moi et Kaminski. Des retrouvailles pour un duo ébouriffant où chacun joue sa partie avec virtuosité. Du grand art ! La satire fait lentement place au trouble face à deux personnages somme toute aussi peu sympathiques l’un que l’autre. Mais au-delà de l’anecdote, le film atteint ses deux objectifs : casser avec délicatesse l’image de gendre idéal de son réalisateur / acteur et montrer que la réunification n’est pas encore complètement digérée. Oppressant jusqu’au malaise… Unité de temps, de lieu, d’action… Ça marche !
Ce film, fort bien joué notamment par Peter Kurth, a deux sujets: ne pas seulement la gentrification de Berlin Mitte, mais aussi l'annexion ressenti en RDA par l' ouest. Aujourd'hui, il restent peu de Berlinois de souche à Berlin...
A Berlin de nos jours, un huitclos très bavard dans un bistrot de quartier. Quasiment un long dialogue entre deux hommes que tout sépare. Un acteur en vogue, la petite quarantaine pour qui la vie semble une réussite, un homme qui se projette dans l'avenir, très centré sur lui-même, il est peu enclin à s'intéresser aux autres. L'autre personnage, la bonne soixantaine, un voisin invisible, transparent, solitaire, il regrette le passé de la stasi, aigri il s'intéresse beaucoup aux autres, beaucoup trop. Le début m'a déroutée, voir ennuyée mais la force du film s'est de nous amener presque malgré nous à vouloir savoir, comprendre, devenir à son tour voyeur. Le suspence monte crescendo et s'est réussi. Sans action spectaculaire, peu de mouvements, des gros plans souvent , des champs contre champs qui renforce l'intimité malsaine de la relation.
On se laisse gentiment emmener dans ce Thriller psycho en huis clos. Les réponses et les non réponses sont plausibles et permettent de vivre les événements de manière dramatique tout en riant parfois. Un bon moment si on accepte de ne pas espérer une révélation cinématographique.
Daniel (Daniel Brühl) est un célèbre acteur allemand. Il vit à Berlin-Est dans un splendide duplex avec sa femme, ses deux enfants et une bonne cubaine. Ce matin, il prend l’avion pour aller passer une audition à Londres pour un rôle dans un blockbuster hollywoodien. Sur le chemin de l’aéroport, il s’arrête dans un vieux troquet. Un client, Bruno, qui se révèle être le voisin de Daniel et dont son père occupait l’appartement de Daniel avant sa coûteuse réhabilitation, engage la conversation avec lui. Elle prend vite un ton désagréable.
Daniel Brühl est sans doute l’un des acteurs les plus célèbres et les plus sympathiques du cinéma allemand contemporain. Cette notoriété déjà ancienne, Daniel Brühl la doit à son premier rôle dans "Good Bye, Lenin!" en 2003. Depuis lors, il a cultivé son image de gendre idéal en Allemagne et jusqu’à Hollywood (il tourne pour Tarantino et pour l’univers cinématographique Marvel où il incarne le personnage d’Helmut Zemo). C’est cette image trop lisse qu’il prend un plaisir masochiste à ébrécher dans sa première réalisation.
La construction en est très théâtrale. Tout – ou presque – s’y passe entre les quatre murs d’un café défraîchi où traînent deux piliers de bar et une patronne au profil de mère maquerelle. On pense à quelques huis clos d’anthologie : "Le Limier" de Mankiewicz, "Garde à vue" de Claude Miller, "La Jeune Fille et la Mort "de Polansky, "Funny Games" de Haneke…. Ces chefs d’œuvre partagent quelques traits communs : une unité de temps, de lieu, d’action, une atmosphère oppressante, une interprétation hors pair, un scénario suffisamment surprenant pour ménager quelques rebondissements (et suffisamment rebondissant pour ménager quelques surprises).
Au regard de tous ces critères, "Next Door" est défaillant. Il pèche d’abord par son manque de crédibilité : pourquoi le métrosexuel Daniel, tiré à quatre épingles, a-t-il ses habitudes dans ce rade repoussant ? pourquoi y retrouve-t-il ce matin-là son voisin ? pourquoi accepte-t-il d’écouter devant témoins ses révélations ? Il pèche surtout par sa construction prévisible. Chaque fois que Daniel menace de quitter la scène, chaque fois même qu’il réussit à la quitter, on sait par avance qu’il y reviendra puisque le film nous a fait la promesse d’un huis clos de quatre-vingt-dix minutes. Trop blasé par trop de films similaires reposant sur les mêmes ressorts, notre œil de spectateur note chaque détail en sachant par avance qu’il jouera un rôle déterminant : une enveloppe jaune est-elle glissée à un enfant de passage, on sait qu’elle ressurgira trente minutes plus tard, Bruno se déplace-t-il avec un tote bag, on sait qu’il en sortira quelques documents compromettants, etc.
Le film de huis clos est un exercice périlleux ; l’autobiographie sans complaisance en est un plus périlleux encore. Daniel Brühl ne réussit ni l’un ni l’autre. Son capital de sympathie est tellement grand qu’on ne boudera pas pour autant son prochain film.
C'est parce qu'on l'adore depuis Goodbye Lenin, L'Incroyable équipe et Colonia qu'on est déçu de la première réalisation de Daniel Brühl, car on sait qu'il a vraiment plus à donner que ce huis-clos d'abord nombriliste sans être vraiment drôle puis visuellement assez plat. Nombriliste dans sa première demi-heure où le personnage principal est une auto-blague du réalisateur sur sa propre vie : il est acteur, il s'appelle Daniel, chaque film et série cités reflètent sa filmo en miroir déformant (son rôle chez Marvel qui est tourné en ridicule avec un film de super-héros abrutissant), chaque critique sur son jeu sent le coup de coude au spectateur ("Hey ! Cette critique, je l'ai eue pour de vraie !")... Il se moque des vedettes, et surtout de lui-même, mais sans finesse, donc sans arriver à être drôle, bref il nous a fait une Michael Scott. Puis le film enchaîne avec une intrigue de mensonges au sein du couple "parfait" qui nous amuse, un vrai bon point du film qu'est cette investigation du voisin (critique de la Gestapo, pas très fine non plus, mais on valide) qui s'enfonce délicieusement dans des situations toujours plus énormes. On regrette que la technique soit si pauvre, car si un genre a besoin d'une technique irréprochable, c'est bien le huis-clos, et ici on se contente d'une éternelle succession de champ / contre-champ entre les deux interlocuteurs. Les rares sorties du mécanisme (les sorties du bar) nous font un bien fou aux yeux, avant de replonger à chaque fois dans la rengaine jusqu'au final. Autre immense déception : pourquoi créditer au générique de début "avec Vicky Kriesp", ce qui nous a rendu tout heureux, pour en réalité ne la mettre que pendant une minute...en scène post-générique. L'arnaque de l'année, sans hésiter. En évoquant la fin, on aurait trouvé intéressant d'avoir le devenir des personnages, puisqu'on plonge avidement dans les problèmes de ce couple, qu'on s'y intéresse, mais sans savoir ce qu'il leur arrive après la révélation, comme si on coupait une histoire dès que la résolution a lieu (sans aucun chapitre final ni post-face), on reste forcément sur sa faim. Sans dire que "rien ne va" dans ce premier film (il fallait oser s'attaquer au genre du huis-clos, casse-gueule par définition en-dehors du théâtre, et les critiques de l'Allemagne d'hier et d'aujourd'hui - Merkel, ouch ! - sont bien défendues), Next Door s'oubliera vite dans l'excellente filmographie de Daniel Brühl.
Huit-clos dans un bar d'un quartier berlinois en pleine gentrification entre une star de cinéma et son voisin d'immeuble. Entre la suffisance de l'acteur et la jalousie de l'anonyme, ce film parle des rancœurs, sociales ou historiques entre les nouveaux riches venus du Sud qui changent le visage de la capitale allemande et les habitants originels qui ont souffert de la réunification sans que personne les entende réellement. Le film est (très bien) joué par deux monstres sacrés du cinéma germanique mais reste tout de même assez anecdotique.
“Next door” est le premier long-métrage de l’acteur Daniel Brühl derrière la caméra. Également en tête d’affiche, il s’offre le rôle d’une star du cinéma qui s’apprête à quitter son bel appartement berlinois pour se rendre à un casting à Londres et peut-être décrocher un rôle de super héros dans une production Marvel. Avant de partir, il descend prendre un café dans le bar en bas de chez lui et se retrouve face à un homme qui le connaît très bien, son voisin d’en face. S’en suit alors un dialogue interminable entre deux adversaires à huis clos. Le face-à-face est acide et fonce volontairement dans l’autocritique d’un acteur. Mais à force de vouloir apposer révélation sur révélation, le long-métrage s’enlise dans un égocentrisme qui n’intéresse plus personne. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Un excellent film original et intelligent. Une caméra travaillée qui fait que bien qu' en huit clos ça n' est pas du théâtre filmé mais du vrai cinéma. Grinçant, caustique, mais un "je ne sais quoi" fait que l' on jubile pendant presque toute la projection. A prendre à tous les degrés.
Si juste qu'il faut apprécier le jeu des acteurs et surtout supporter le malaise que l on peut ressentir et qui est voulu par la mise en scène. La cinquième étoile reviendra si Daniel Brülh continue sa carrière en tant que réalisateur et acteur.
A Berlin, une star de cinéma en partance pour Londres pour un gros casting, se voit accaparé dans le bar en bas de chez lui par un homme se disant être son voisin de l'immeuble d'en face. Cette rencontre, tout d'abord étrange, va s'avérer peu à peu totalement empoisonnée... Encore un film en forme de huis clos (COVID oblige) entre deux personnages aux caractères bien trempés. Le jeu des acteurs n'est pas extraordinaire (malgré la présence de l'acteur et réalisateur Daniel Brühl), mais on pourra tout de même apprécier la montée en puissance des révélations de ce mystérieux voisin que tout le monde rêverait ne jamais avoir !! Intrigant sans être génial, toxique sans être ensorcelant, ce petit thriller allemand vaut potentiellement le détour par curiosité. Assez piquant. Site CINEMADOURG.free.fr
La structure artificielle de Next Door, premier long-métrage réalisé par Daniel Brühl, est pleinement assumée, avec un décor quasi unique, un bar suranné de Berlin, et une joute oratoire entre un acteur célèbre prénommé Daniel et un voisin qui possède des dossiers accablants sur lui. Précision importante : le film a été coécrit par une autre célébrité d'outre-Rhin, le romancier Daniel (encore !) Kehlmann, auteur entre autres de Gloire, qui ironisait déjà sur la célébrité et ses inconvénients. La mise en scène n'est pas particulièrement brillante dans Next Door, la primauté étant donnée aux dialogues, cinglants et cruels, destinés à faire tomber la star de son piédestal et de ses certitudes égocentriques, tout en dressant un portrait peu amène de Berlin, entre gentrifiés et déphasés de l'ex RDA. Très bien, mais le côté programmatique du film est un peu trop flagrant et invraisemblable (l'acteur qui ne cesse de ne différer son départ pour un rendez-vous crucial pour sa carrière, cela reste peu crédible, quelles que soient les circonstances). Ce qui est acceptable dans une pièce de théâtre, avec ses conventions, l'est nettement moins au cinéma. Par ailleurs, comme un dans un film d'action, la montée en puissance passe ici par une sorte d'escalade dans les actions supposées du voisin irritant vis à vis de la star qui n'en peut mais et, là encore, la vraisemblance s'éloigne. C'est un exercice de style, soit, d'auto-dérision très contrôlée (le personnage est un double de Daniel Brühl mais ce n'est pas vraiment lui) mais qui tourne finalement en rond avec des messages assénés. Reste l'interprétation de Peter Kurth, monument du cinéma et de la télévision allemands, à la présence colossale dans son rôle de voisin qui vous veut du mal.