Autant en emporte le vent
Note moyenne
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370 critiques spectateurs

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Spider cineman
Spider cineman

213 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mars 2021
C est long, mais cela sert cette fresque historique Hollywoodienne, ça reste de min point de vue la référence en la matière. Tout y est le drame, le décor, les stars ... avec une guerre de sécession en toile de fond dans une vision idéalisée.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 mars 2021
Pour beaucoup "Autant en emporte le Vent", la grandiose adaptation du roman éponyme de Margareth Mitchell par le réalisateur Victor Flemming (Le Magicien d'Oz) est une des œuvres maîtresses du 7ème art. Presque quatre-vingt-deux ans après sa sortie, qu'en reste-t-il ? Voici, ce que j’ai penser du film.

Tout d’abord, pour bien comprendre le film, il faut savoir que l’histoire se base dans l’Amérique ségrégationniste. Et plus en particulier dans le Sud opposé à l’abolition de l’esclavage, car cela voudrait dire que c’est la fin d’un système économique qui permet aux plus riches de s’enrichir et mettrez en péril toute leurs affaires. Scarlett O’Hara, est la fille d’un de ces riches propriétaires. Rebelle, caractérielle, profondément égocentrique. Cette jeune femme est comme la plupart de toutes les demoiselles de son époque, obnubilé par une seule chose : le mariage. Au cours d’une réception, alors qu’elle vient d’accepter une demande en mariage pour pallier sa détresse amoureuse précédente, elle fait la rencontre de Rhet Butler, un homme à la réputation sulfureuse…

Je pense que ce qui fait que le film est resté dans les mémoires, c’est en premier toute les scènes d’actions. En effet que ce soit les batailles entre sudistes et nordistes ou l’impressionnante scène de l’incendie de Tara, elles sont aussi bien à coupés le souffle qu’assez proche de la réalité historique, je pense. Même pour ceux qui n’auront pas lu le roman, on aura l’impression d’y être et de déjà tout connaître. Quand les fidèles lecteurs auront l’impression que ces scènes surgissent des pages de Mme Mitchell. Pour l’époque, les effets spéciaux étaient prodigieux, et même encore aujourd’hui il reste assez déroutant. La photographie est très belle, les décors et les costumes sont magnifique…De ce point de vu, c’est-à-dire juste artistiquement, le film est un chef d’œuvre. Même si le technicolor et les images ont vieilli, il y a quelques chose en elle qui reste frais, naturelle, et éblouissant.

Ensuite, je pense que ce film mérite d’être vu, car il nous offre une critique riche et complexe de la mentalité des sudistes, vu comme les méchants. Savoir s’il étaient racistes ou non ? Méchants réellement ou non ? Ici, ce sont des débats stériles. On nous décrit un mode de vie. D’un côté la vie de ces « blancs » faites d’oisiveté, de fête, et de jouissance, et de l’autre les gens de la classe ouvrière qui triment pour un rien. Que ce soit certes, les esclaves qui c’est vrai ne sont pas épargnés de clichés en tout genre (j’ai pour ma part beaucoup aimé le personnage de Suellen, et adoré la composition de Hattie Mc Daniels qui campe une Mama autoritaire, fidèle, compatissante bref profondément gentille) ou le personnage de la prostitué. Qui en dépit de sa mauvaise vie, est la femme la plus juste et honnête avec le personnage de Mélanie (jouée par Olivia de Havilland).

A ce propos, le personnage iconique de Scarlett O’Hara est l’incarnation parfaite de cette mentalité sudiste. Egocentrique, jalouse, manipulatrice…cette femme est une vraie garce, prête à tout. Vivien Leigh l’incarne à la perfection. Je n’ai jamais vu autant de passion, de détails et de complexité retranscrite à l’écran dans un jeu d’acteur. En voyant cela, on se dit que Vivien Leigh n’a pas volé son oscar de la meilleure actrice. Elle est tout simplement éblouissante dans ce rôle qui lui va si bien. Elle réussi à nous faire aimer, et compatir au sort d’un personnage qu’on devrait profondément haïr. Ce qui est hyper intéressant chez ce personnage, c’est toutes les phases par lesquelles, elle passe. Garce au début, elle se révèle au cours du film courageuse, rebelle, indépendante, jalouse, amoureuse…pourtant il faut que la malheureuse touche le fond du trou pour apprendre à se relever. Sa dernière réplique en anglais « After all, tomorrow is another day » sonne alors comme un coup de poignard en même temps qu’un cri d’espérance. Vivien Leigh sublime cela dans sa prestation. Aucune actrice ne pouvait mieux convenir au rôle, même encore aujourd’hui. Scarlett était Vivien et Vivien était Scarlett. On comprends mieux au vu de sa prestation, pourquoi l’actrice s’est battue pour obtenir le rôle.

Quant au personnage de Rhet Butler, je serais moins favorable. Je le trouve, il est vrai, vraiment détestable. On a qu’une envie le gifler tout du long. Et Clark Gable m’a horripilé durant tout le film. Macho, violent, vulgaire…j’ai vraiment du mal à apprécier à la fois le rôle et le personnage. Son rôle est mal écrit, tout comme sa romance avec Scarlett. J’espère que dans le roman, il est mieux que cela. Parce que je suis vraiment déçu du rôle et de l’acteur. Une des raisons qui fait que je le haïs est qu’il force en permanence Scarlett à l’embrasser alors qu’elle le repousse, ou qu’il l’emmène de force dans leurs chambres après leurs mariages, après une nouvelle dispute violente. Se sont-ils réconciliés, ou l’a-t-il violé ? Le mystère reste entier…L’histoire d’un bad boy qui change au contact de sa belle et douce aurait pu être intéressant, si ici elle avait été bien écrite, exploiter correctement et traité avec respect. Est-ce un problème lié au roman ou non ? Je ne sais rien. Le fait est que cette relation me paraît malsaine et je ne vois pas d’amour. Cela étant, je suis d’accord, il faut remettre les choses dans le contexte de l’époque. Mais quand même ! Non, je pense que le rôle nécessiterait un gros travail de réécriture afin de le rendre plus humain et moins macho et violent. Avec un acteur moins brut de décauffrage.

Enfin, pour moi la force d’« Autant en emporte le vent » est que le film est une saga familiale. Je m’explique. D’une durée de près de quatre heures, on en apprécie la qualité et chaque détail si on regarde petit bout par petit bout. Toute une soirée ne suffirait pas. Le film étant tellement foisonnant tout comme le livre j’imagine (vu qu’il y a 3 Tomes), fourni, détaillé…

Ce film c’est aussi une musique de film légendaire signé Max Steiner qui ne vous laisseras pas indemne. Grandiose, clinquante…elle est tout ce que l’on peut aimer dans le cinéma américain et le 7ème art en générale. Le thème de Tara, est sans doute le plus connus de cette superbe bande-originale et le meilleur de tous.

Si il n’est pas un chef d’œuvre, pour moi Autant en emporte le vent n’en reste pas moins un classique qu’il faut avoir vu à la fois avec recul et mise en relation avec l’époque. Malgré pas mal de défaut, le film a également de grandes qualités à ne pas négligés. De toute façon, je pense qu’un visionnage et une minable critique n’arriverait pas à expliquer tous les enjeux du film. Cela reste tout de même pour moi une jolie surprise à défaut d’être un coup de cœur. Il y a une belle morale de fin, et ce personnage de Scarlett est l’un des plus beaux.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 février 2021
J'ai vu gwtw de nombreuses fois, je suis profondément antiraciste, et devant la polémique, j'ai souhaité le regarder avec des yeux nouveaux. Alors, c'est vrai, les noirs sont présentés comme de grands enfants entièrement dévoués à leurs maîtres, le Klu klux klan est abordé pour les besoins du scénario mais n'est en aucun cas valorisé. Je n'ai constaté aucune violence envers les noirs. Beaucoup reprochent au film ce qu'ils auraient dû reprocher au livre, car celui-ci est une adaptation très fidèle au livre on peut même dire que le racisme, si on veut quand même utiliser ce terme est édulcoré par rapport au livre . Ceci dit, la musique, les décors, les couleurs, les interprètes, sont toujours magiques et font de ce film une vraie merveille
Louis B
Louis B

27 abonnés 11 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 février 2021
Film dont la technique est bluffante pour l'époque, mais dont le discours pro sudiste/esclavagiste ne passe plus du tout aujourd'hui. Sans parler du comportement de Scarlett tout au long du film qui, à mes yeux, merite davantage de gifles que de louanges. Histoire d'amour complètement flinguée, pour être tout à fait honnête. Je ne comprends pas comment ce film a pu obtenir le statut de classique indiscutable
Edelweiss Pan bagna
Edelweiss Pan bagna

42 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2021
Un chef-d'œuvre avec une fin ouverte qui frustre après 3h58 de film, un seconde partie extrêmement intéressante ! Film à voir absolument, son âge n'impact par sur sa qualité autant celle de la photographie, des décors et du scénario ainsi que celle du jeux des acteurs ainsi que des acteurs ! Si il y avait une sixième étoile je l'aurais utilisé dans ma note ! Le doublage est agréable et sympathique !
Yann
Yann

16 abonnés 125 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 4 janvier 2021
3 heures et 58 minutes d'ennui à contempler les demeures et amours des esclavagistes...Seule la fin, avec lourdeur et lenteur, créé lun intéret.
A réserver à ceux qui aiment les romances débiles.
Lucas Zimmermann
Lucas Zimmermann

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 décembre 2020
Ce film est une perte de temps 4h de ma vie disparu a cause de se film
Aucune Scène vraiment marrante appart une qui était assez comique
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 novembre 2020
Un chef d'oeuvre intemporel avec Clark Gable et Viven Leigh . Un très beau film. Une très belle romance entre deux personnes qui s'opposent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 novembre 2020
J'ai revu ce film récemment alors que j'en gardais le souvenir d'un très bon film mais un peu longuet ...
C'est un chef d'oeuvre absolu, rien que le générique de début est une claque monumentale, 3h45 qu'on ne voit pas passer (alors que je suis capable de m'impatienter devant des films de 1h30), ici les scènes semblent glisser les unes sur les autres et on en redemande, comme si les scènes elle même se noyaient dans le propre génie de leurs mises en scènes (Décors et photographie magnifiques, musique sublime de Max Steiner)
Les acteurs sont très bons , qu'il s'agisse de Vivien Leigh, Clark Gable, Leslie Howard ou encore Olivia De Havilland
Le film partait sur un excellent matériel de base (énorme succés du livre de Margaret Mitchell entre 1936 et 1939 avant la sortie du film éponyme), le film fait incroyablement moderne , en fait quand je le regarde je n'ai pas l'impression de regarder un "vieux film" , ça me demande "moins d'efforts" que pour d'autres films (pourtant plus récents) qui ont davantage vieilli d'un point vue technique ...
Difficile d'imaginer qu'on a réalisé un film pareil avec une telle sensibilité quand on voit à quel point certains films modernes sont baclès (malgré les avancées techniques)
Bruno François-Boucher
Bruno François-Boucher

125 abonnés 164 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2020
Impressionnant de par l’ampleur de ses moyens, la qualité et la fluidité de sa mise en scène, pas le moindre petit détail ne lui échappe. Le plus grand mélodrame de l’Histoire du Cinéma tient encore sacrément le coup 80 ans plus tard. Si l’entreprise surprend toujours pour sa beauté formelle et le réalisme de certaines séquences (la fuite des habitants d’Atlanta avant l’arrivée des nordistes) c’est la modernité et la puissance d’interprétation de Vivien Leigh qui frappe avant tout. Le personnage de Scarlett O’Hara était une partition géniale que la jeune actrice alors âgée de 29 ans a transcendé. On sait que Vivien Leigh après avoir lu le roman lors de sa parution en 1936 s’est immédiatement identifiée au destin du personnage. Elle embarqua pour les Etats-Unis dès qu’elle sut le film en préparation, persuadée d’emporter le rôle de Scarlett.
La magnificence des décors de Lyle Wheeler, les somptueux costumes de Walter Plunkett et la splendide photographie de Ernest Haller et Ray Rennahan continuent de nous éblouir. L’émotion, intacte, parcourt le spectateur tout au long des passionnantes 3h 40 de projection. Il ne faut pas oublier, rappelle Olivier Eyquem, la contribution majeure du production designer William Cameron Menzies. Il a peint chaque plan et son travail était si minutieux qu'ils « suffisait » de suivre ses indications. C'est lui qui avec Selznick a donné au film son unité. Lyle Wheeler, son directeur artistique, est devenu un pilier de la Fox où il a contribué à quantité de grands films.
Il serait vain et stupide de vouloir limiter le film à une vision raciste et rétrograde qui faillit aboutir récemment à son interdiction. Remercions Spike Lee dont on connaît la dureté de l’engagement de s’élever contre une telle aberration. Lee insiste à juste titre pour que le film soit montré dans les écoles pour ses qualités cinématographiques et aussi comme témoin d’une vision de l’esclavage dans l’époque où il a été tourné afin d’alerter la conscience des jeunes générations tout en mesurant l’importance du chemin parcouru dans les films depuis.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juillet 2020
“Il était un pays de coton qu’on appelait le Sud. On y trouvait le meilleur de la galanterie, des chevaliers et des dames, des maîtres et des esclaves. Mais tout ceci n’existe plus qu’en rêve. Le vent a emporté cette civilisation.” Réalisé en 1939, la phrase introductive du film “Autant en emporte le vent” a de quoi nous faire bondir aujourd’hui, car cela signifie qu’il était bon d’avoir des esclaves. Pourtant “Autant en emporte le vent” est un classique de la littérature puis cinématographique. L’action se déroule en Georgie en 1891. Scarlett O’Hara est une jeune femme de la haute société sudiste. C’est une femme qui a de nombreux soupirants à ses sabots mais qui ne se satisfait pas de ne pas les avoir tous, une femme qui se trouve trop jeune et trop belle pour se vêtir en veuve, une femme qui traite les noirs comme des enfants, une femme égoïste qui semble bien loin des réalités de la guerre de Sécession qui éclate. Au fur et à mesure que l’intrigue avance, sa personnalité se complexifie et son amour impossible avec Ashley se transforme en véritable tragédie. La reconstitution des décors et des costumes, les dramaturgies et les bons sentiments font d’“Autant en emporte le vent” une fresque de quatre heures épiques et mémorables.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Enfantduparadis
Enfantduparadis

1 abonné 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 juin 2020
Je l'ai revu pour au moins la 10ème fois avec toujours autant de plaisir en ce mois de juin 2020. Il faut avoir un coeur de pierre pour ne pas être ému, un cerveau en coton pour ne pas accepter que le film montre une civilisation( gone with the Wind ) qui ne peut pas être jugée à l'aune de notre siècle, être aveugle pour ne pas admirer la beauté. Racisme ? Hattie mcDaniell fut la 1ère actrice noire oscarisée. Prissie est imbécile ? Oui ,mais que dire de la tante ? Brisons-là.
Andrea
Andrea

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 juin 2020
"Autant en emporte le vent" (1939) est un grand classique du cinéma, un chef d'oeuvre à son époque mais pour être honnête, j'ai trouvé que le film a vieilli et plutôt très mal vieilli. Tout d'abord, l'intrigue est centrée autour de la romance entre Scarlett, personnage qui devient très vite insupportable, ce qui est peut être voulu mais qui ennuie le spectateur dès le début. Seul le personnage de Butler est intéressant mais c'est l'exception qui confirme la règle. Cette romance part dans tous les sens et vient même éclipser le côté historique qui est pourtant un point positif du film. Cela ne m'aurait peut être pas dérangé sur un film d'1h30 mais sur 4 heures, c'est trop.
Ensuite, on peut parler de la dernière heure du film spoiler:
avec des morts qui semblent être là seulement pour donner une fin à une histoire bien trop longue mais qui sont absolument irréalistes mais surtout incohérentes. Ce côté tragique ne marche pas du tout et chaque élément de la fin peut être anticipé spoiler:

Enfin, on peut ajouter que le jeu d'acteur normal pour l'époque dérange aujourd'hui car il s'apparente plutôt au théâtre qu'au cinéma.
Pour résumer, je ne peux vous conseiller ce film seulement si vous aimez les films anciens et les romances sinon vous risquez de perdre 4 heures. Je mets cependant cette note car il ne faut pas oublier que le film a plus de 80 ans et que le côté historique est plutôt intéressant.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 juin 2020
« Gone with the Wind » est le film de tous les records. Le plus grand nombre d’entrée, la plus grosse recette, le film le plus vu avec « Wizard of Oz » grâce à des ventes vidéo significatives. Considéré comme un des plus grands films de l’histoire du cinéma, il bénéficie donc d’une surestimation évidente. Cocktail souffrant d’un mélange peu homogène. D’un côté les délires baroques et spectaculaires : l’incendie de la gare d’Atlanta, les ciels rouges, les escaliers monumentaux, les soldats mourants par milliers à même le sol (première grande grue de l’histoire du cinéma) qui sont la marque de David O’Selznick (le sommet sera atteint par « Duel au soleil » réalisé en 1946 par King Vidor) et son designer et réalisateur deuxième équipe, William Cameron Menzies. De l’autre un film d’amour tantôt délicat (Cukor), tantôt brutal (Fleming), parfois déchirant avec des ruptures de ton qui font perdre le rythme, générant ci et là quelques bâillements. Malgré la grandeur du sujet cinématographique, le film peine ainsi à assumer ses envolées. Fidèle au roman, la première partie, avec quelques raccourcis, fonctionne bien, marqué par la pâte fluide de Ben Hecht. La suite est caractéristique des réserves décrites plus haut. Margaret Mitchell, vraie sudiste dont les deux grands pères officiers dans l’armée confédérée furent blessés pendant la guerre de sécession, hait les yankees. Le film aborde trop peu les véritables raisons de la guerre : s’approprier l’économie des états du Sud (ah, Wall Street déjà !), en prétextant l’abolition de l’esclavage (un siècle et demi plus tard ce n’est toujours pas gagné pour les afro américains). Il a néanmoins le mérite d’être le premier film parlant qui prend résolument le parti du sud en montrant une image peu flatteuse des nordistes. Il décrit aussi avec beaucoup de justesse les va-t’en guerre excités qui n’écoutent pas la voix de la sagesse (Ashley) ou de la logique (Rhett). Sur le fond les ligues aussi puritaines qu’hypocrites (ça va généralement de pair) reprochèrent un côté raciste et rétrograde au récit. L’esclavage aboli, la grande majorité des afro américains connurent un autre type d’esclavage : celui du travail, avec ses ghettos, ses salaires de misères, ses cadences infernales, les famines, le repos inexistant et son cortège de morts par épuisement. Puis le chômage et le désespoir. De plus jusqu’à la seconde guerre mondiale, par la chasse aux « niggerss », ceux qui furent soit écorchés, soit brulés vifs, se comptaient par dizaines chaque weekend dans les états du sud est des Etats Unis (faits qui brillent par leur absence au sein du cinéma américain jusqu’à la fin des années soixante). C’est dans ce contexte que Margaret Mitchell écrivit son roman, plus qu’ambigüe vis à vis du Ku Klux Klan. Gommant cet aspect, le film retranscrit plutôt bien les maîtres bienveillants, Mamy faisant presque partie de la famille, a tel point que certaines ligues (majoritairement New Yorkaises) reprochèrent à Hattie McDaniel son rôle. Elle répondit qu’elle préférait gagner 700 $ (28 000 $ actuels) par semaine en jouant une servante, que d’en gagner 7 en en étant une). Le nouvel ordre yankee est suggéré lors de la scène des travailleurs bagnards dont le traitement horrifie Scarlett. Une fois ces remarques sur le fond évacuées reste l’interprétation (oscarisée) parfois outrancière de Vivien Leigh (la performance la plus longue connue à ce jour) au sein d’un casting féminin de qualité, avec une Olivia de Havilland très sobre, une Hattie McDaniel qui apporte un peu de profondeur à un rôle caricatural et des deuxième rôles qui font le job. Côté mâle, face à l’excellent Clark Gable (comme toujours), un Leslie Howard qui apporte beaucoup de finesse au seul personnage subtil du film. Avec 222 minutes (plus ouvertures, intermèdes et final), ce très très long métrage, parfois très très long, est davantage l’œuvre monumentale d’un directeur artistique que celle d’un véritable réalisateur.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2021
Considéré comme l’un des meilleurs films de tous les temps par plusieurs sondages et organisations, décuple lauréat des Oscars 1940, Autant en emporte le vent multiplie les honneurs et les récompenses pour atteindre le cercle prestigieux des films les plus populaires de l’histoire du cinéma.
En 1936, Margaret Mitchell publie le roman « Autant en emporte le vent », qui remporte un incroyable succès : traduit en 14 langues, vendu à plus de 35 millions d’exemplaires dans le monde et récompensé par le célèbre prix Pulitzer. Pour la première fois, la guerre de Sécession (1861-1865) est racontée du point de vue du Sud vaincu avec, certes, beaucoup de romanesque, mais surtout un incontestable réalisme. La publication de ce roman et ses conséquences sont essentielles pour comprendre la naissance et l’essence de l’unité américaine. En effet, à la suite de son succès, l'opinion américaine prend conscience des souffrances subies par plusieurs dizaines de millions d'américains du Sud et que l'unité de la nation américaine s'est forgée dans une épreuve très dure, loin de l'histoire officielle.
Dès 1936, le producteur David O. Selznick (qui a notamment été le producteur exécutif de King Kong en 1933, montre son intérêt pour l’œuvre de Mitchell et en acquiert les droits. Trois scénaristes sont engagés pour porter l’intrigue à l’écran, mais Sidney Howard ayant été le plus efficace et le plus productif, il est le seul à être crédité au générique.
Au départ, Selznick envisage Gary Cooper pour incarner l’élégant Rhett Butler, mais l’acteur refuse la proposition, accusant le film de devenir le « plus grand flop de l’histoire d’Hollywood ». Le choix du producteur se rabat donc sur Clark Gable, adoré par le public et lauréat de l’Oscar 1935 du meilleur acteur pour son rôle dans New York – Miami. Mais l’acteur est déjà sous contrat avec le puissant studio de la Metro Goldwyn Mayer, en plein âge d’or, ce qui n’empêche pas Selznick de solliciter le producteur emblématique du studio à la tête de lion, Louis B. Mayer, pour que Clark Gable puisse lui être confié, ce que Mayer accepte.
Pour interpréter la séductrice et capricieuse Scarlett O’Hara, de nombreuses jeunes femmes, connues ou non, se présentent aux auditions : Katharine Hepburn, Jean Arthur, Norma Shearer, Barbara Stanwyck, Carole Lombard, Joan Crawford, Claudette Colbert, Bette Davis et Paulette Goddard notamment. Au terme d’une première sélection, Selznick confie l’identité de ses dernières candidates : Paulette Goddard, Jean Arthur, Joan Bennett et Vivien Leigh. La première manque de près le rôle du fait de sa liaison, mal vue par la société de l’époque, avec Charles Chaplin. Il ne reste alors plus que trois prétendantes, mais quand le tournage du film commence en 1939, le producteur n’a toujours pas arrêté sa décision.
Dès février 1938, Vivien Leigh exprime son intérêt de passer les auditions à son agent, Myron Selznick, qui n’est nul autre que le frère du producteur du film, David. Mais ce dernier n’est d’abord pas convaincu par la candidature de l’actrice, qu’il juge « trop Britannique ». Qu’importe, Vivien Leigh se rend à Los Angeles pour rencontrer le producteur et le convaincre de la recruter. Le lendemain, elle tourne un bout d’essai en compagnie du producteur et du réalisateur George Cukor. Tous deux, emballés par sa « sauvagerie incroyable », choisissent d’un commun accord l’encore méconnue Leigh pour incarner le personnage féminin le plus convoité de l’histoire du septième art. Comme l’a été le producteur, le public est au début réfractaire à l'idée qu'une Britannique incarne la sudiste Scarlett, mais ils finissent par accepter ce choix car, disent certains, « mieux vaut une Anglaise qu'une Yankee ! ».
Le tournage peut enfin continuer avec une distribution fixée, mais pour autant, il ne se déroule pas avec sérénité. Le réalisateur George Cukor est licencié par Selznick, au grand dam des deux actrices principales, Vivien Leigh et Olivia de Havilland, qui n’hésitent pas à rendre visite en secret au cinéaste licencié pour obtenir de précieux conseils dans leur interprétation respective. Selon la légende, Gable, ayant eu du mal à exister face à sa partenaire, aurait demandé, parmi une liste de cinéastes, à ce que le film soit réalisé par son complice Victor Fleming.
De plus, Leigh doit parfois travailler sept jours par semaine, souvent jusque tard dans la nuit. Appelant un jour son époux, l’acteur Laurence Olivier, elle lui déclare qu'elle haït les tournages de cinéma et qu'elle ne veut plus jamais jouer dans un film.
Dans un premier temps, c’est le réalisateur Victor Fleming qui est désigné pour lui succéder, mais celui-ci démissionne, submergé par le travail, et laisse sa place à Sam Wood. Pour un temps seulement, car ce dernier jette à son tour l’éponge pour cause de maladie, et Fleming revient pour récupérer le flambeau et conclure le tournage, retrouvant des acteurs exténués après cinq mois de tournage intensif. Car une chose est néanmoins certaine, Selznick a laissé peu de liberté à ses réalisateurs, supervisa tout le tournage et précisant même dans le détail la composition de certains plans.
D’une durée démesurée de quatre heures et dotée d’un budget colossal de quatre millions de dollars, cette épopée est un pari audacieux pour l’époque car Selznick savait qu’il risquait gros avec l’important et fidèle lectorat du best-seller originel, mais il est réussi. De la puissance lyrique de la musique de Max Steiner aux sublimes ciels orangés en toile de fond, de la maîtrise des travellings-arrières aux costumes ravissants de Walter Plunkett, Autant en emporte le vent mérite d’être complimentée pour sa mise en scène de qualité.
Depuis 1934, le Code Hays régit strictement la production des films et n’hésite pas à drastiquement censurer des séquences considérées comme obscènes, vulgaires ou immorales. Dans ce contexte, Selznick reste pionnier en matière de lutte contre le rigoureux « code de protection ». A l’inverse de ses contemporains qui déjouent la censure par le second degré et les sous-entendus, il parvient à garder deux scènes-clés et polémiques : le sourire ravi et coquin de Scarlett au lever du lit après sa nuit d’amour avec Rhett Butler ; et la réplique mythique de fin, jugée à l’époque trop vulgaire : « Franchement, ma chère, c’est le cadet de mes soucis ». Elue meilleure réplique de l’histoire du cinéma par l’American Film Institute en 2005, cette phrase légendaire a failli être supprimée, la censure préférant la phrase suivante : « Franchement, ma chère, peu importe ». Mais en mettant en valeur le caractère essentiel de cette réplique, et en faisant preuve de compromis pour d’autres points litigieux du film, Selznick obtient une dérogation et conserve la phrase originale.
Aux sources de l’esthétique somptueuse du film, l’usage du Technicolor trichrome, technologie très récente (utilisée notamment pour Les Aventures de Robin des Bois en 1938 et Le Magicien d’Oz en 1939), est essentielle et offre une qualité d’image chatoyantes. De plus, dans certaines plans, l’influence de l’expressionnisme ne laisse aucun doute, bien qu’elle puisse surprendre. À l’instar du mouvement né en Allemagne dans les années 20, Autant en emporte le vent utilise la géométrie des plans fixés sur les éléments essentiels du décor (comme le regard perdu du père de Scarlett dans une résidence en décrépitude), et l’immensité de ces derniers (comme dans les séquences avec le magnifique escalier recouvert d’un tapis rouge). Dans la scène précédant le « viol » de Scarlett par Rhett éméché, le sommet du gigantesque escalier que le personnage gravit est plongé dans l’obscurité, marquant ainsi la noirceur d’une situation qui les dépasse.
Le scénario feuilletonnesque de film-fleuve prend un parti qui a suscité, et qui continue de le faire, des accusations de racisme et de transformation historique : celui d’une époque « dorée » vécue par les Blancs du Sud, où leur existence se mêle à celles des Noirs dans une parfaite harmonie et dans le respect des statuts respectifs de maîtres et d’esclaves. Dans ce contexte idyllique, la guerre de Sécession aurait brutalement abrégé ce paradis, au grand désespoir des Blancs comme des Noirs. Même en 1939, vingt ans avant la bataille de ces derniers pour les droits civiques, le sujet est périlleux, d’autant qu’Hollywood se veut à l’avant-garde du progrès démocratique. Cette nostalgie d'une époque perdue, qui est d’ailleurs souvent évoquée par Ashley et Scarlett, se retrouve dans le titre du film, qui en traduit l’importance : « Gone with the wind » (« emporté par le vent ») désigne une glorieuse époque pour les sudistes, une civilisation emportée par le vent.
C’est cette nostalgie du vieux Sud que cherche à faire revivre le film et qui a sa véracité historique. Aujourd'hui, alors que la Guerre de Sécession n'est plus comprise, qu'elle est uniquement perçue sous l'angle du racisme, le message peut sembler aberrant, mais il existe. Ainsi, le récit décrit avec justesse le destin partagé de ces maîtres et de leurs esclaves. Si l'on comprend mal aujourd'hui l'attachement de certains Noirs pour le Sud, il faut réaliser que la liberté a d'abord été pour eux une plongée dans un monde inconnu, loin de ce qu’ils ont toujours connu. En revanche, la nature paternaliste des rapports raciaux du film fait l’objet d’un quasi consensus de la part des critiques.
Côté distribution, il y a là aussi beaucoup à dire. Vivien Leigh interprète une Scarlett O’Hara vaniteuse, capricieuse et manipulatrice pour laquelle il peut sembler difficile de ressentir de la compassion lorsque Rhett l’abandonne sur le palier de la porte. Néanmoins, il serait biaisé de ne la juger que d’une manière péjorative. En effet, à seulement 19 ans, elle n’hésite pas à prendre les rennes de Tara dans un contexte très difficile : en plus de la Guerre de Sécession, la mère O’Hara est décédée, le père a perdu la raison, les sœurs cadettes sont affaiblies et les esclaves ont pris la fuite. Avec l’aide de Mélanie, elle fait preuve d’un dévouement et d’un courage exemplaire pour sauver sa famille, n’hésitant pas à tuer un intrus nordiste venu piller la demeure. Le portrait de cette jeune femme de la haute société est donc à nuancer, en dépit d’une attitude agaçante et de comportements répréhensibles. Dans son Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu résume parfaitement l'esprit du personnage, et derrière lui, du film et du livre : « Derrière la dureté de cette dernière [Scarlett O'Hara] peut se lire une violente charge contre les valeurs corruptrices du Nord, dont Scarlett a été obligée d'adopter les pires travers pour survivre. »
Face ou avec elle, le cynique Rhett Butler est incarné par Clark Gable, au sommet de sa carrière. L’acteur est largement à la hauteur et sa prestation colle parfaitement avec l’image que l’on se fait d’un séducteur capitaine. Ensemble, Vivien Leigh et Clark Gable incarnent le romantisme d’une époque révolue, celle du Vieux Sud comme du Grand Hollywood.
Pour le rôle de Melanie, le producteur a choisi Olivia de Havilland sur les conseils de sa sœur Joan Fontaine, d'abord envisagée. Les deux sœurs vivent encore en bons termes à cette époque. Le tempérament du personnage tranche parfaitement avec celui de Scarlett. Toutefois, si Melanie est parfois innocente et naïve, elle sait aussi braver les interdits. Courageuse, elle est droite et bienveillante, elle est la gardienne de toute la dignité élégante d'une époque et d'une aristocratie de gens d'honneur. Un personnage réconfortant dans les évènements tragiques de la guerre civile américaine.
Selzinck construit une distribution presque parfaite, si ce n’est le choix de Leslie Howard, dans le rôle d'Ashley Wilkes, qui semble discutable. Son impassibilité, son immobilité et son incertitude persistante le rendent fade et inconsistant, un constat d’autant plus vif lorsqu’on le compare avec la fougue de Scarlett. Difficile de comprendre, et encore plus de croire à l'amour que lui porte la jeune femme durant tout le film. Il présente cependant un intérêt : sa nostalgie, qui s’inscrit dans le récit mélancolique des jours heureux des planteurs du Sud avant la guerre civile.
En dépit d’une production chaotique, Autant en emporte le vent se démarque par un romanesque incroyable pour la fin des années 1930. La mise en scène est correctement maîtrisée, avec un usage pertinent du Technicolor, dont les couleurs ternes ou vives suivent le ton du récit, ainsi qu’avec des plans sublimes. La musique de Steiner est en parfait accord avec la nostalgie du Sud et la force de caractère de Scarlett, l'espoir, l'énergie, la volonté de survivre, le désir et la rage de vaincre. Toutefois, la grandiloquence des interprétations semble sortie d’un ancien temps et donne parfois l’impression d’être confronté à des acteurs qui surjouent, mais Autant en emporte le vent mérite tout de même d’être applaudi pour ses qualités qui ne prennent pas une ride.
Lors de la cérémonie des Oscars de l’année 1940, avec 8 récompenses sur 11 nominations, le film réalise une razzia et bat le record de victoires de l’époque, avant d’être à son tour détrôné par Ben-Hur et ses 11 trophées en 1960. Autant en emporte le vent aurait pu réaliser l’exploit d’être nommé dans les cinq catégories phares, « Le Big Five », mais son scénario est adapté d’une œuvre déjà publiée et Clark Gable manque le trophée du meilleur acteur, ce qui exclut donc le long-métrage de cette performance prestigieuse. Néanmoins, le film n’a pas à pâlir de sa réception critique, remportant tout de même les trois autres récompenses principales (Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice), ainsi que cinq autres trophées, dont l’un d’eux consacre Hattie McDaniel comme meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation réussie de Mamma. A 44 ans, elle devient ainsi la première interprète afro-américaine à recevoir un Oscar, ce qui contribue une fois encore à faire entrer Autant en emporte le vent dans la légende du septième art.
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