Garçon Chiffon
Déchiré de partout
Ce n’est pas moi qui le dis, mais Nicolas Maury qui le fait dire au personnage qu’il incarne durant les 110 minutes de ce 1er film en tant que scénariste/réalisateur. Jérémie, la trentaine, peine à faire décoller sa carrière de comédien. Sa vie sentimentale est mise à mal par ses crises de jalousie à répétition et son couple bat de l’aile. Il décide alors de quitter Paris et de se rendre sur sa terre d’origine, le Limousin, où il va tenter de se réparer auprès de sa mère... Entrer en empathie avec un jaloux compulsif n’est pas chose facile et c’est ce qui, pour moi, est rédhibitoire dans l’intérêt qu’on peut porter à cette comédie dramatique où la comédie est grinçante et le drame trop pesant. Bilan mitigé pour ce 1er long bourré de bonnes intentions qui ne suffisent pas à sauver l’ensemble de la prestation dans le genre cotonneux.
On a donc un peu de mal à croire à cette histoire d’écorché vif qui ne parvient à être lui-même que dans le giron de sa maman. Pas mal de longueurs, et, par conséquent, un montage tout en mollesse, scénario souvent bancal, un abus des très gros plans pas toujours très maîtrisés et le jeu trop souvent outré du casting, fait de ce film une réelle déception. Un bon point tout de même ppour la bande-son et la belle chanson finale Garçon velours’ un vrai moment de bonheur dans un film qui n’en apporte que trop peu. On se contentera d’attribuer toutes ces faiblesses souvent inhérentes aux premières œuvres. Mais dans ces conditions, il aurait fallu couper dans ce tunnel de spleen lacrymal et ramener le tout au standard des 90 minutes. Le film y aurait beaucoup gagné. Au-delà d’1 h 30, les minutes comptent double, avait coutume de dire Billie Wilder. Cette autofiction sent le narcissisme à plein nez. N’est pas Xavier Dolan qui veut !
Nicolas Maury ne quitte pas l’écran et porte son film, tout seul, comme un grand, mais avec quelques faiblesses que ses affectations un peu trop appuyées ont du mal à maquer. Heureusement, Nathalie Baye est magnifique et sublime chacun des mots, chacun des regards, chaque dialogue. Notons les deus jeunes Arnaud Valois et Théo Christine qui ne manquent pas de présence. Mais, faire participer la formidable Laure Calamy, - pour unique scène de colère, certes mémorable -, Carole Franck – qui dit exactement 3 mots -, Laurent Capelutto ou Jean-Marc Barr pour des petits sketches de 3 minutes semblent bien inutile au vu du récit très intimiste qui nous est proposé. N’est pas Xavier Dolan qui veut !... Je l’ai déjà dit ? Tant pis, je me répète.