L'histoire de "Blue Bayou" évoque le cas d'enfants de Corée du Sud adoptés par des Américains, qui, une fois adultes, sont expulsés et renvoyés dans leur pays d'origine. Le film rend compte de cette aberration juridique en suivant Antonio, un américano-coréen, marié à la femme de sa vie et bientôt papa, qui, par un revers de fortune, va devoir affronter les fantômes de son passé. En plus de la casquette de réalisateur, Justin Chon se donne le premier rôle dans cette chronique sociale qui met en lumière une facette méconnue et scandaleuse de la justice américaine. J'ai été séduit par l'aspect authentique du film, souligné par une belle photographie au grain bien marqué et par le cadre rare de la Louisiane. Très proche des visages des personnages, la caméra de Chon s'empare des émotions et des liens profonds qui les unissent. Ainsi, dès le départ, on ne peut que tomber d'empathie pour pour cette famille recomposée (Sidney Kowalske et Alicia Vikander), pour cette Vietnamienne qui croise son chemin (Linh-Dan Pham) et pour ce flic à la paternité complexe (Mark O'Brien). C'est un mélo plaisant et convaincant car très bien joué, et ce, malgré quelques lourdeurs d'écriture et un pathos parfois trop appuyé. Certes, ça faisait longtemps que je n'avais pas pleuré de la sorte au ciné (oui, pleuré !) mais les effets lacrymaux sont tellement soulignés (musiques intenses, visages désespérés, accumulation de catastrophes, réalisme) qu'on se sent un brin forcé et manipulé face aux situations relatées. Mais via les scènes quotidiennes, Chon y insuffle des nuances tendres et poétiques nécessaires à l'équilibre plutôt réussi de "Blue Bayou". Choc des cultures, amour filial, traumatisme du passé, pauvreté et rédemption forment un ensemble accrocheur et émotionnellement ravageur.
Bouleversant ce film, ça prend aux tripes. L'histoire est poignante, glaçante, et vraiment bien interprétée et bien filmée, d'un réalisme et d'un naturel bluffant. Superbe musique aussi.
J. Chon passé derrière la caméra depuis peu, propose un drame familial et social puissant. Ce couple magnifié par ses interprètes, qui respire l'amour, bascule alors dans une terrible tourmente. Une évocation de l'abandon doublée d'un constat d'une politique menée par les USA. Avec une scène finale déchirante, ce film ne peut laisser indifférent. A noter, la chanson titre reprise ici par A. Vikander fut créée par R. Orbison en 1961 et immortalisée par L. Ronstadt en 1977.
"Blue Bayou" met en lumière un tabou de la société américaine, partagée entre multiculturalisme éhontée et racisme assumée. Une réelle chronique des aspérités de ce 21ème siècle. Si la mise en scène est particulièrement brillante, l'écriture finit immanquablement par tomber dans un pathos dérangeant, malgré un engagement certain de ces acteurs principaux.
"Blue Bayou" de J. Chon raconte une histoire à la fois absurde et authentique, celle de nombreux immigrés adoptés aux États-Unis, auxquels on annonce une fois adultes qu’ils ne sont plus les bienvenus et doivent être expulsés vers un pays d'origine qu’ils n’ont jamais connu. Le film suit le quotidien simple et heureux d’un jeune homme, qui lutte pour faire vivre sa famille recomposée, jusqu’à ce que la perspective de son expulsion vienne briser ce fragile équilibre. J. Chon signe une mise en scène pleine de sincérité, où l’on sent son engagement profond pour ce sujet. Le rythme, sobre mais maîtrisé, et la direction d’acteurs, dont lui-même, suscitent une grande empathie. On peut toutefois regretter que des intrigues secondaires, superflues, viennent alourdir l’ensemble et accentuer inutilement le pathos. Malgré ces excès, "Blue Bayou" reste une œuvre bouleversante, portée avant tout par la force de son histoire.
Un homme originaire de Corée du Sud vivant dans une petite ville américaine depuis l’âge de 3 ans est menacé d’expulsion et va devoir faire face aux fantômes de son passé dans ce drame délicat aux accents mélo parfois un peu trop prononcés. Tout de fois, si le récit verse parfois dans le pathos il n’en demeure pas moins fort émouvant grâce à une réalisation inspirée et surtout vibrant d’une interprétation intense portée par Justin Chon et Alicia Vikander. Mettant en exergue la politique migratoire injuste des Etats-Unis « Blue Bayou » par sa mise en scène usant idéalement de son cadre géographique poisseux de la Louisiane ainsi que pour ses personnages travaillés va faire oublier les quelques facilité de l’écriture.
Antonio LeBlanc (Justin Chon) a été abandonné à sa naissance en Corée. Il a été adopté et a grandi en Louisiane. Il a épousé Kathy (Alicia Vikander), une infirmière dont il attend un enfant et prend soin de Jessie, l'enfant que Kathy a eu avec Ace, un policier, dont elle s'est brutalement séparée. Antonio a eu une enfance difficile, s'est laissé embringuer par quelques amis dans des vols à la tire et a eu maille à partir avec la justice. Tout est rentré dans l'ordre depuis son mariage avec Kathy grâce à son travail de tatoueur. Mais, après une altercation avec les forces de l'ordre, provoquée par Ace, Antonio apprend que ses papiers ne sont pas en règle et qu'il est sous la menace d'une expulsion vers la Corée.
Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas être ému par Antonio LeBlanc, son patronyme en pied-de-nez et sa tragique histoire. "Blue Bayou" brasse des thèmes intimidants : la perte de ses racines, l'abandon, la filiation et la paternité, le couple, l'iniquité des lois d'immigration aux Etats-Unis, la bêtise et le racisme des forces de l'ordre... Il en rajoute une couche avec le personnage de Parker Nguyen, une immigrée vietnamienne qui se meurt d'un cancer.
C'est beaucoup. C'est sans doute trop. Et la coupe, déjà bien pleine, déborde dans son dernier quart, interminable (le film dure près de deux heures), qui réussit à nous montrer successivement les cinq fins alternatives que "Blue Bayou" aurait pu avoir.
Adopté depuis son plus jeune âge, Antonio LeBlanc, d’origine coréenne, a passé toute sa vie dans un petit village de Bayou en Louisiane. Désormais marié à Katy, ils élèvent Jessie, une fille issue d’un premier mariage. Antonio mène une vie heureuse jusqu’au jour où un ami de l’ex mari cherche à le faire expulser du pays qu’il a toujours considéré comme le sien. Joué avec tendresse et mis en scène avec intensité, “Blue Bayou” met la lumière sur le manque de lois qui protège les immigrés adoptés aux Etats-Unis. Présenté au Festival de Cannes 2021 dans la compétition Un Certain Regard, le premier long-métrage de l’acteur de la saga Twilight livre un drame à la fois brutal et bouleversant. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Une œuvre qui traite du déracinement culturel avec efficacité, dénonce des lois aberrantes sur l'expulsion d'adultes pourtant adoptés (et naturalisés) en toute légalité (comment ne pas sortir de la séance scandalisés par ces lois briseuses de familles...), servie par une Alicia Vikander et un Justin Chon en forme. Malheureusement, Blue Bayou s'emballe un peu trop dans son côté drama, il tire beaucoup trop sur la corde sensible avec des scènes violons-kleenex peu fines (on pourrait presque voir apparaître un sous-titre : "Attention, sortez vos mouchoirs"). Ce forcing lacrymal aura fait que la petite larme (pourtant si facile à dégainer, pour notre part) n'aura pas coulé, dommage, car avec plus de retenue et de finesse, il y avait de quoi faire s'éplorer copieusement. On pense notamment à toute la fin très prévisible, très tire-larmes... Ce qui s'ajoute à une pelleté de flashbacks qui alourdissent la narration, se répétant inlassablement, appuyant trop fortement sur le message engagé du film (ressemblant à des béquilles pour comprendre ce qui pourtant est évident : le traumatisme de l'abandon, la difficulté à se reconstruire sans ses racines, etc... Un seul flashback suffisait amplement), avec pour apogée cette séquence - une fois de plus - très drama dans laquelle l'homme spoiler: se noie volontairement, directement mis en parallèle avec le flashback de sa mère biologique tentant de le noyer... On n'est pas très loin d'un téléfilm soap, dans ce moment-là. Mais le principal dans Blue Bayou est de faire passer le message des adultes expulsés de façon honteuse, des problèmes identitaires qui peuvent résulter d'une adoption difficile, et sur ce point, il réussit son coup. Sur la finesse de la dramaturgie, en revanche... "Attention, sortez vos mouchoirs." ou "Cry me a river", pour rester dans le thème.
L’histoire du film est basée sur une loi américaine pour le moins étonnante : les américains peuvent adopter des enfants étrangers et ceux-ci, une fois adultes, sans avoir été condamné pour un quelconque délit, peuvent être expulsés des Etats-Unis pour les forcer à retourner dans leur pays d’origine, dont ils n’ont parfois aucun souvenir, sans possibilité de revenir dans le pays qui les a vu grandir. Cela met un sacré coup à la réputation d’accueil du pays concerné et cela concerne plusieurs dizaines de milliers d’enfants de parents américains. Le producteur-scénariste-réalisateur-acteur Justin Chon livre une œuvre qui lui tient à cœur et qui traite de nombreux sujets, celui principal évoqué plus haut, mais aussi celui des familles recomposées, de l’attrait de la délinquance et de son argent facile pour les personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts avec des petits boulots sous-payés, de la difficulté de vivre avec une grave maladie ou des bavures policières. Le casting est parfait avec entre autres Alicia Vikander et Linh-Dan Pham mais aussi la toute jeune Sydney Kowalske.
Blue Bayou présente une belle histoire très crédible car documentée et pleine d'émotion. Les "non-natives" américains qui ne peuvent prouver leur " utilité "sur le sol américain sont renvoyés dans leur pays de naissance même s'ils n'y ont jamais vécu. C'est effroyable. Ce beau film rend justice aux personnes écartelées entre deux cultures et humanise le phénomène de l'immigration dite " illégale". Pas d'angélisme, mais une réalité âpre emprunte d'onirisme. Nous avons beaucoup aimé.
Antonio LeBlanc, d’origine américano-coréenne, a été adopté et a passé sa vie dans un petit village du Bayou de Louisiane. Aujourd’hui marié à la femme de sa vie, Katy, ils élèvent ensemble Jessie, la fille de cette dernière, issue d’un premier lit. Alors qu’il travaille dur pour offrir ce qu’il y a de meilleur à sa famille, il va devoir affronter les fantômes de son passé en apprenant qu’il risque d’être expulsé du seul pays qu’il ait jamais considéré comme le sien.
C’est une réalisation de l’Américain Justin Chon qui dans sa carrière d’acteur avait notamment joué dans la saga Twilight. Il en a aussi écrit le scénario. Blue Bayou a reçu le Prix du Public de la Ville de Deauville au Festival du Cinéma Américain de Deauville 2021, en plus d’être présenté dans la sélection Un Certain regard du Festival de Cannes 2021.
Coup de cœur pour ce drame que j’ai trouvé excellent avec sa thématique impactant.
Ce drame va aborder une problématique bien réelle aux Etats-Unis. Celle des enfants adoptés à l’étranger avant les années 2000, et qui en grandissant n’ont pas obtenu la nationalité Américaine alors qu’ils pensaient l’avoir. Le symbole étant Shin Song Hyuk, adopté à 3 ans en Corée du Sud, et qui à 41 ans a été expulsé vers Séoul sans rien connaitre de ce pays. Selon USA Today, il y aurait encore des dizaines de milliers de personnes concernées par cela aux Etats-Unis. Alors Blue Bayou a beau être une fiction, celle-ci est basé sur du concret.
Cette histoire m’a bouleversé. Antonio se voit menacer d’être expulsé alors qu’il n’a connu que les Etats-Unis. Cela n’existerait pas dans la réalité, on se dirait que ce scénario est tiré par les cheveux tellement ce n’est pas crédible. Et pourtant, tout cela est possible malheureusement. Comment ne pas être ému par ce père de famille voyant tout s’effondrer du jour au lendemain. Il doit désormais se battre pour rester sur les terres qui l’ont vue grandir.
C’est donc de grands moments d’émotion que propose ce drame. Je dois même avouer que j’ai versé ma larme sur cette fin grandiose. Même si à un moment j’ai trouvé ça partait trop dans le mélo, cela ne dure finalement pas longtemps et le film se reprend vite. Au-delà de cette thématique principale, j’ai apprécié les “à côté”. On va nous parler de famille avec Antonio et sa belle-fille Jessie, mais aussi son traumatisme par rapport à son enfance où sa mère biologique l’a abandonné. Beaucoup de notion autour de l’enracinement affectif et de l’amour. Un panorama très complet. Les passages “flashback” sur des airs Coréen sont magnifique. Tout cela brillamment tournée en pellicule 16 mm afin de donner un côté authentique.
Et que dire de Justin Chon dont le jeu est tout simplement parfait. Il est le symbole de vivre son film. Son personnage est très fort et il assume parfaitement la mesure. Le casting secondaire est tout aussi irréprochable avec Alicia Vikander et son interprétation gracieuse de Blue Bayou, la chanson de Linda Ronstadt. On peut aussi compter sur la Franco-Vietnamienne Linh-Dan Pham et Vondie Curtis-Hall de la série Daredevil sur Netflix.
Une loi américaine fait que les enfants adoptés avant 2000 ne sont pas systématiquement naturalisés et que les services de l'immigration peuvent les renvoyer dans leurs pays d'origine à la moindre incartade. Ce film parle donc d'adoption, ici montrée habilement de manière symétrique, l'adopté devenant adoptant et surtout pose une question : qu'est-ce qu'être américain? La cinématographie est très maîtrisée même si elle présente certains tics du cinéma indé, le film est salutaire par ce qu'il montre mais le choix du réalisateur (et acteur principal) de se vautrer dans le pathos le plombe un peu (beaucoup), c'est dommage.
Premier film de Justin Chon d'une justesse étonnante, Blue Bayou raconte une histoire aussi douce que tragique.
Dans un style très épuré et réaliste, Blue Bayou déroule son histoire au milieu du bayou de la Louisiane : celle de Antonio Blanchard qui tente de joindre les deux bouts avant l'arrivée d'un heureux événement. Mais son passé de petit dealer, un passage par la case prison et aussi très probablement ses origines asiatiques (coréennes ; dont on voit les acteurs et la culture trop peu au cinéma) lui mettent des bâtons dans les roues.
Malgré toute sa bonne volonté, les pépins vont s'enchaîner pour Antonio et sa famille. La caractérisation des personnages est réussie, notamment la jolie relation entre Antonio et sa belle-fille. Surtout, alors que l'on pense que le film va suivre la direction toute tracée de protagonistes clichés (le méchant officier de police raciste, l'ex-mari trop envahissant ou le regard des gens, certes présents dans le film), Justin Chon parvient malgré tout à faire évoluer certains personnages vers des chemins plus nuancés, parvenant à brouiller la frontière du manichéisme si cher aux Américains. Certains spectateurs verront peut-être là un panel de clichés éculés, mais j'ai eu l'impression que cela n'était pas le but du réalisateur.
Le film s'enchaîne sans perdre haleine ou perdre son auditeur. On se retrouve pris dans la tourmente du personnage et dans sa vie faite de questions et de doutes, mais aussi d'une famille qui le soutient à toute épreuve. Les performances de Justin Chon et de Alicia Vikander sont fantastiques et sont soutenues par un casting tout aussi solide.
Le troisième acte du film, fort en intensité, en émotions, nous laisse sur le derrière et parvient à nous toucher droit au cœur. Contrairement à certaines critiques, je n'ai pas trouvé cette conclusion abusive ou lacrymale qui contait "simplement" le triste et injuste destin d'un homme trompé et moqué. La dernière scène me reste encore en mémoire. Elle clôt le film sur un sentiment de peine et de tristesse. Une terrible réussite !