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    Le Père de Nafi
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Père de Nafi" et de son tournage !

    Parcours du réalisateur

    Mamadou Dia a grandi à Matam, une petite ville au nord du Sénégal, dans une famille d’imams très ouverts. Enfant, il voulait être hydrologue. Il a fait ses études à l’université à Dakar, jusqu’au Master, puis a obtenu le concours d’une école de communication et de journalisme. Il se rappelle : "J’ai travaillé comme journaliste, notamment comme reporter d’images, pendant presque dix ans, pour des agences nationales et internationales. Et puis l’envie de cinéma a pris le dessus. J’ai rassemblé mes économies et j’ai postulé à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York. J’ai été accepté et j’ai pu y achever ma scolarité de trois ans grâce à une bourse de l’école et aussi au soutien du gouvernement du Sénégal."

    Naissance du projet

    Lorsqu'il est arrivé aux Etats-Unis, Mamadou Dia a remarqué que les gens devenaient inquiets lorsqu'il leur disait qu'il était musulman et que son père était imam. Il explique : "J’ajoutais immédiatement qu’au Sénégal et plus largement en Afrique subsaharienne, il y a une façon plus détendue de vivre sa religion. Mais c’était pesant de se justifier sans cesse. Et l’élection de Trump m’a stupéfié : quoi, ce genre de choses peut arriver dans un pays démocratique ? J’ai eu envie de parler de la religion dans ma région, et aussi de la façon dont les mariages sont presque toujours une décision communautaire, un accord entre deux familles. J’ai imaginé quelqu’un cherchant à corrompre ces mécanismes communautaires par l’extrémisme religieux. J’ai commencé à écrire le scénario fin 2015."

    Pourquoi le Sénégal ?

    La mainmise terroriste sur un village n'existe pas au Sénégal. Toutefois, lorsqu'il était journaliste, Mamadou Dia a pu observer des situations similaires à celles du film. Il confie : "Je suis allé à Tombouctou à plusieurs reprises, je suis allé aussi au Nigeria. Quand la crise a commencé au Mali, j’étais vraiment surpris : il n’y a pas plus pacifique que les Maliens. Je généralise bien sûr, mais c’est un peuple d’une douceur extraordinaire, comment l’extrémisme peut-il s’installer au Mali ? Au Sénégal, l’opinion partagée est qu’une dérive comme celle-ci est impossible. C’est ce que le maire dit à Tierno : « Nous sommes en République, quand même ! ». Mais rien ne prouve que ça ne puisse pas arriver dans mon pays. Je crois que c’était important de poser le débat chez moi, avec ma propre langue, avec les gens de ma région."

    Matam devient Yonti

    Mamadou Dia a tourné à Matam, mais a, pour les besoins du film, rebaptisé la ville Yonti pour deux raisons : parce que le terrorisme ne concerne pas Matam et pour ne pas déranger les acteurs non-professionnels. Il note : "Par exemple, la personne qui joue le maire a travaillé à la mairie de Matam pendant vingt-cinq ans. Il a vu passer tous les maires de la ville. Quand je lui ai dit : tu joues le maire de Matam, il était troublé. En lui disant qu’il était le maire de Yonti, mais qu’il devait jouer comme le plus hautain des maires de Matam qu’il avait croisés, ça l’a libéré !"

    Langue des Peuls

    Le Père de Nafi est parlé en pular, la langue des Peuls. "C’est la langue que mes acteurs et moi maîtrisons le mieux. On estime à environ 50 millions d’individus la diaspora peule, ce qui en fait une langue plus parlée que le wolof. Et puis dans ma région, on parle assez lentement. Quand on dit bonjour à quelqu’un, l’autre prend souvent trois secondes pour répondre. C’est la réalité. Je voulais imprimer ce rythme au film", précise Mamadou Dia.

    Acteurs non-professionnels

    A l’exception des deux rôles principaux, Saikou Lo et Alassane Sy, tous les comédiens du Père de Nafi sont amateurs. Pour les trouver, Mamadou Dia s'est rendu au centre culturel de Matam où les jeunes se réunissent. Le cinéaste se souvient : "Certains ont fait un peu de théâtre à l’école, ils ont pris du plaisir à jouer des sketchs. J’ai passé des auditions, pendant des jours et des jours. Parfois, quelqu’un appelait un ami en me disant : je crois qu’il aimerait bien jouer dans le film, tu devrais le voir. Aïcha Talla, qui joue Nafi, je connais sa famille. On a constitué un groupe, on a introduit la caméra deux semaines avant le début des prises de vue et j’ai été très étonné de l’intelligence de tournage dont ces gens ont vite fait preuve. Le tournage a eu lieu de décembre 2018 à janvier 2019."

    Financement atypique

    Mamadou Dia a été aidé par le Fonds Hubert Bals de Rotterdam, ce qui lui a permis de financer la fin de l’écriture du Père de Nafy. Avec son partenaire, Maba Ba, qu'il a rencontré à la NYU, ils ont produit le film via leur structure JoyeDidi. Le metteur en scène confie :

    "Je ne voulais pas rentrer dans un système de coproduction qui nous demande d’attendre telle ou telle commission, quitte à décaler le tournage de plusieurs mois. Et puis quand je faisais lire mon scénario à des Européens, ils me disaient souvent de resserrer le film autour de Bassa, le personnage qui devient le bras armé d’Ousmane. Mais ce n’est pas ça que je veux montrer, je voulais garder mon indépendance pour parler de la religion. Nous avons financé le film nous-mêmes. Quand il a été sélectionné à Locarno, le gouvernement nous a donné l’argent pour terminer la post-production. Nous sommes toujours endettés, mais le film sort !"
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