On ne s'attendait pas à trouver un film de Jean-Pierre Jeunet aussi puéril (l'humour est bon pour une cour d'école), mal interprété (on se croirait devant un vaudeville hystéro et excessif), aux engagements bordéliques (excusez le mot, mais on a l'invasion des Hommes par la robotique et l'intelligence artificielle, entrecoupée par le bien-être animal sous formes de sketches caricaturaux et boursouflés, puis un soupçon de covid à la fin... C'est trop, bien trop), et visuellement gorgé d'effets spéciaux (les écrans publicitaires, les robots laids, l'androïde insupportable, les lumières fluos au plafond...). Rien ne va, on s’écœure vite de ce mélange de tous les excès, moins un "BigBug" qu'un bloubiboulga indigeste, ou bien - à la limite - un véritable bug...dans la filmographie de Jean-Pierre Jeunet. Ici, nulle poésie, nul humour mêlé d'images sombres, de personnages cassés et d'autant plus beaux, rien du tout, à tel point qu'on peine à croire qu'il se trouvait effectivement derrière la caméra (on veut des preuves, ce n'est pas possible...). Les 1h50 sont infernales, on a l'impression de tester sa patience face à l'envie de zapper tout simplement ce carnaval immature, ni fait ni à faire. Même le bien-être animal, sujet que l'on défend plus qu'ardemment, nous a paru vraiment raté et fade ainsi tourné en dérision sans aucune finesse, on entend moins le discours engagé que la farce ridicule qui nous fait soupirer (et non choquer). Le casting d'acteurs en fait des caisses, surjoue et prend des accents irritants pour les oreilles (Youssef Hajdi), se cache derrière des robots que l'on rêve instantanément de court-circuiter avec un baquet d'eau froide (infernaux robots, ni drôles, ni touchants, ni beaux). On regrette la filmo poétique et soignée de ce réalisateur, et on n'expliquera jamais cette sortie de route monumentale et monstrueuse qu'est BigBug.