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3,0
Publiée le 9 mars 2024
Black Tea est malheureusement bien loin d'atteindre les mêmes sommets que la dernière oeuvre du réalisateur, Timbuktu, vainqueur de 7 César en 2015, dont celui du Meilleur Film.
Malgré la beauté de la mise en scène et l'interprétation délicate des différents personnages, le film laisse sur sa faim et l'on passe trop de temps à se demander où l'histoire veut nous amener et ce qu'elle cherche réellement à nous raconter.
Tout est filmé avec une délicatesse et une grâce infinies qui ne sont pas sans rappeler le cinéma de Wong Kar Waï. Mais en s'intéressant essentiellement à cette histoire d'amour naissante, Abderrahmane Sissako s'éloigne du sujet, assez original et qui aurait pourtant mérité d'occuper une place bien plus importante dans le récit, à savoir l'immigration africaine en Chine. Il est vraiment dommage qu'il se contente d'effleurer les questions d'intégration et de racisme et qu'il aille même jusqu'à proposer une vision un peu trop figée et carte postale de la vie de cette communauté.
Le film rentre toutefois dans cette catégorie assez spéciale de films devant lesquels je me suis ennuyé parfois et desquels je n'ai pas forcément tout compris mais qui m'ont tout de même fait passer un agréable moment, me laissant porter par ces belles images et ce rythme lancinant.
Jeu du chat et de la souris entre une jeune ivoirienne émigrée à Chenzhou et un exportateur de thé. Le film a la très bonne idée d’aborder les liens qui se tissent entre l’Afrique et la Chine, ses échanges commerciaux et la diaspora africaine qui y prospère. Même si elle n’est pas toujours bien accueillie. L’image est superbe, nimbée de reflets permanents dans lesquelles l’héroïne apparaît en apesanteur. Mais le résultat est décevant, ennuyeux et manque de saveur, le comble pour un thé.
"Black tea" laissait entrevoir de douces perspectives et ce film de Abderrahmane Sissako a en quelque sorte tenu ses promesses. Nina Melo dans le rôle d'Aya est douce, lumineuse, passionnée de thés et des êtres mais qui sait aussi faire preuve d'indépendance. Han Chang (Cai) est un personnage complexe qui ne se donne pas aussi facilement face à leur amour naissant. Cultures et passés ressurgissent pour peut être laisser place à un possible futur. Le rythme assez lent nous propose des images très colorées et magnifiques dans une sorte de temps presque suspendu où les espoirs sont tapis. A voir !
Nina Melo, actrice peu connue et pas assez reconnue ébloui cette histoire compliquée mais très jolie. Atour d’elle gravite de très bons comédiens dans des paysages sublimes. Même si c’est lent, ça reste très sensuel.
une histoire captivante avec une grande sensibilité et une finesse remarquable sur les complexités des relations humaines et notamment le poids des traditions.
Pour une soirée sympa, très belle, douce... de magnifiques images, une belle musique, la Kora qui vous berce dans un rythme tout africain, un charme indéniable des acteurs et le premier film qui mêle l'Afrique à la Chine... un très beau moment de cinéma.
C'est rare que je parte au milieu d'un film mais c'est d'une lenteur difficilement supportable. Et pourtant je suis un immense fan d'Ozu :) Mais pourquoi se déplacer à Taïwan alors que cela ressemble à du studio ? De petites scènettes juxtaposées sans saveur, jeu plat avec des acteurs qui semblent perdus dans un scénario indigent et une déconnection totale à l'ambiance chinoise; mais qu'est-ce qu'a été faire Sissoko dans une telle galère ? Profondeur sonore inexistante et lumière publicitaire, on est loin de l'excellent Timbuktu. Quelle déception !!!
Les films de Sissako et Tal me transforment en ce que j’ai toujours rêvé d’être : une voyageuse invisible dont seul le cœur est présent, sans le biais d’observation ethnographique. Le seul pré-requis pour embarquer est la contemplation ! Trop cool.
Ce qui est frappant avec ce film-là, c’est que la dernière séquence est un cliffhanger parfaitement démoniaque qui recolore tout le film d’un puissant suspense rétroactif. Scénaristiquement, c’est génial.
Contrairement à ce qu’on a lu, ce film n’est ni une romance ni un drame. C’est une étude anthropologique acerbe et sans complaisance, comme Timbuktu. Riche et puissante.
C’est une expérience de compassion et de beauté qui révèle avec une infinie délicatesse, le ridicule et la violence des illusions humaines.
Tout le film ne relate qu’une minute de réflexion, une minute d’hésitation. Il met en images la fulgurance du théâtre intérieur d’une personne qui se demande si finalement une forme de liberté est possible. Qui se demande si l’on peut cesser d’être prisonnier de sa naissance et de son instinct. En cela, on rejoint l’énergie de la gazelle qu’on voit dans la première séquence de Timbuktu.
Vivement le prochain film de ces deux brillants cinéastes car le suspense apporté par la séquence de fin, même s’il est rétrospectif, n’en reste pas moins insoutenable.
En France, tout film cochant l’une ou plusieurs des cases du nouveau politiquement correct est assuré de se voir financer, récompenser, sinon nominer avec la plus grande bienveillance. L’argent public est ainsi préférablement déversé pour la confection les films défendant avec ferveur multiculturalisme, progressisme, ou encore néo-féminisme. Les films d’Abderrahmane Sissako cochent toujours une, voire plusieurs de ces cases. Cet automatisme s'est vérifié dans plusieurs festivals pour « Timbuktu ». Pas pour « Black Tea ». Pourquoi ? Il y a des cas, où on ne peut pas influencer exagérément l'adhésion du public. Dans « Black Tea », le message est le bon : « il faut se respecter mutuellement, terre d’accueil, et nouveaux arrivants ». C’est le « décor » qui a semblé sonner faux pour le grand public. Sissako s’échine, durant tout son film, à nous montrer à quel point l’harmonie règne dans ce quartier africain de la ville chinoise de Canton. Ses efforts amènent un tableau très peu crédible. Mais qu’importe, le message fait plaisir à voir : les Africains font tous partie intégrante du tissu social chinois, et les Chinois, sont tous hyper réceptifs et accueillants. Or, dans une longue scène finale, Sissako montre des « anciens », des personnes âgées chinoises, faisant preuve d’intolérance et de préjugés raciaux. Première contradiction, puisque ce sont ces mêmes anciens qui ont permis à la société cantonaise d’évoluer et de devenir ce qu’elle est aujourd’hui. En outre, les dialogues laissent croire que les problèmes interculturels ne viennent que des anciennes générations de la population d’accueil. Et c'est cette autre contradiction qui empêche le film de fonctionner. Dès les 1ères scènes, Sissoko montre justement qu’il n’y a aucun problème interculturel à Canton. Et pour cause, tous les immigrés africains sont parfaitement adaptés et intégrés à la société chinoise dont ils parlent parfaitement la langue. En fait, Sissoko a du mal à modéliser son film car la réalité est opposée à ce qu’il veut montrer. Dans la réalité, ce ne sont pas les « anciens », les personnes âgées autochtones qui amènent les conflits. Les problèmes surviennent aujourd’hui, en raison de jeunes générations de nouveaux arrivants dont l’afflux est massif et les revendications communautaristes, qui exigent de reproduire à l’identique leurs façons de vivre et de penser. Autres problèmes dans « Black Tea » : sa structure narrative, très brouillonne, et ses acteurs, très inégaux. Les magnifiques paysages, les très beaux plans intérieurs, ont sans doute plu au public, mais ce dernier n’a pas adhéré à une démonstration bancale de multiculturalité heureuse. Il est toujours possible d'aider au financement lorsque l'argent manque. Il est plus difficile de forcer à voir de la logique là où elle est absente.
J'aurais voulu adorer ce film ! Les deux protagonistes principaux sont très bien interprétés ; les images sont souvent sublimes... mais je suis restée en dehors .Le montage est confus et l'émotion seulement intermittente, l'ennui m'a parfois gagné.
Pour avoir été trompée la veille de son mariage, Aya (Nina Mélo, l’infirmière de Nina, la série de France 2) dit non à son promis et quitte l’Afrique pour l’Asie. Elle part refaire sa vie en Chine dont elle apprend vite la langue. Elle travaille dans la boutique de M. Cai (Han Chang) qui y vend le thé qu’il cultive sur sa plantation. Entre la jeune femme en rupture de ban et l’homme mûr qui porte depuis son expatriation au Cap-Vert un secret trop lourd pour lui se noue un lien mêlé de respect et d’affection.
Il aura fallu attendre près de dix ans pour que le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako tourne son nouveau film. Le succès étonnant de "Timbuktu", César 2015 du meilleur film, nommé aux Oscars, aurait dû lui ouvrir bien des portes. L’a-t-il au contraire inhibé ?
Abderrahmane Sissako choisit de situer l’intrigue de Black Tea à Canton (même s’il a tourné à Taïwan). Le lieu est fascinant qui voit se rencontrer deux univers qu’on n’associe pas spontanément, la Chine et l’Afrique, alors qu’on sait, sans remonter à l’expédition de l’amiral Zheng He sur les côtes africaines au début du XVème siècle, l’importance que la Chine occupe désormais en Afrique, au point d’y concurrencer les vieilles puissances coloniales (voir sur ce point le chapitre 5.2.1.2. de "La France en Afrique"). C’est à ma connaissance la première fois que le cinéma en fait son argument principal.
C’eût pu être un documentaire sur « Chocolate City », le quartier africain de Canton où les commerçants africains viennent faire leur marché, qu’il s’agisse de thé, de niqabs ou de lingerie coquine, et où les Chinois achètent des produits importés, s’initient au twerk et se font tresser les cheveux. C’est hélas une fiction un peu trop artificielle, aux éclairages millimétrés qui tombent sur la tête des protagonistes, une sorte de Wong Kar-wai afro-asiatique.
Aya, qui change de coiffure et de tenue à chaque scène comme si elle participait à un défilé de mode, parle le cantonais avec une aisance admirable. Mais ses expressions se réduisent au seul sourire pâmé que lui arrache la dégustation d’une tasse de thé. On se croirait dans une pub pour Dammann Frères.
L’intrigue, digne d’un mauvais roman-photo, au lieu de se focaliser sur Aya, s’éparpille. Elle fait la part belle à l’autre protagoniste, M. Cai, avec lequel on s’embarque pour un flashback et/ou un rêve éveillé à Mindelo, dans le nord de l’archipel du Cap-Vert. Une scène le confronte à ses beaux-parents qui accumulent les clichés racistes sur les Africains, au grand dam du fils de M. Cai et de M. Cai lui-même. Ces réactions là auraient mérité de plus amples développements : comment les Africains sont-ils accueillis en Chine ? y sont-ils victimes de racisme ? Mais, là encore, un documentaire eût mieux convenu que cette fade bluette interraciale.
On nous refait le coup de « In The Mood for Love » (2000) mais n'est pas Wong Kar-Wai qui veut. Pourtant, j'avais bien aimé le précédent film du réalisateur Abderrahmane Sissako, « Timbuktu » en 2014. Mais ici, l'histoire manque de fond et on se lasse vite de ces petits gestes au ralenti. spoiler: Pourtant, il y a quelques tentatives dans les dialogues pour dénoncer les préjugés des chinois sur les africains mais qui ne vont pas assez loin et on a de la peine pour l'héroïne recluse dans sa chambre.
Film pourtant prometteur avec de beaux paysages mais l’histoire est confuse. Celle-ci avait pourtant bien commencé mais on s’y perd avec des personnages et des scènes qui n’apportent rien à la narration, des longueurs. Je n’ai pas bien compris quel était l’intention derrière ce film. La fin est d’autant plus frustrante et on reste sur notre faim, déjà que je l’était déjà avec le scénario confus. C’est dommage, j’avais de grands espoirs en voyant l’affiche.