Avant même que les lumières ne s’éteignent, la rencontre avec Pierre Mazingarbe et Muriel Robin donne le ton : on va découvrir un film singulier, porté par un réalisateur qui assume pleinement un style déjà très affirmé. Et la promesse est tenue.
La pire mère au monde est un véritable objet cinématographique, hybride et audacieux. Mazingarbe y mêle avec une aisance déconcertante des influences issues de la bande dessinée, un thriller nerveux, un humour noir parfaitement dosé et un sens du rythme rare pour un premier long métrage. La mise en scène, vive et inventive, est soutenue par une musique percutante, tout comme des dialogues affûtés qui donnent au film une couleur unique.
Derrière son énergie et sa drôlerie, le film aborde avec finesse plusieurs sujets brûlants :
– la complexité des rapports mère-fille,
– les rouages du système judiciaire,
– ses manquements, ses angles morts et un sexisme institutionnalisé que Mazingarbe souligne sans jamais tomber dans le didactisme.
La relation entre Louise, substitut du procureur brillante mais cabossée, et Judith, mère absente devenue greffière dans le même tribunal, offre un terrain de jeu émotionnel d’une grande justesse. Leur duo, explosif et profondément humain, permet au film d’osciller entre tension, ironie et émotion sans jamais perdre son équilibre.
Au final, La pire mère au monde est un petit bijou, un film singulier, vif, audacieux, qui confirme que Pierre Mazingarbe possède déjà une signature. On ressort enthousiasmé, curieux, et avec une certitude : on a très envie de découvrir la suite de son univers… et notamment la trilogie sur les poulets, qu’on attend désormais avec impatience.