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    Helmut Newton: L'Effronté
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    traversay1
    traversay1

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    3,5
    Publiée le 23 décembre 2020
    Helmut Newton a passé sa vie à photographier les femmes. Des clichés sensuels, érotiques, provocants, de mauvais goût et sexistes pour certains. Le documentaire que lui consacre Gero von Boehm permet de l'entendre et de le voir, ainsi que sa femme June mais ce sont surtout les témoignages de quelques uns de ses modèles les plus célèbres qui ont la vedette, permettant de cerner sa personnalité : de Grace Jones à Charlotte Rampling en passant par Isabella Rossellini, Claudia Schiffer, Marianne Faithfull ou Hanna Schygulla. Le film est tout à l'avantage de l'artiste, y compris lorsque sont évoquées certaines de ses photos les plus "choquantes" lesquelles, soit dit en passant, ont eu la chance d'être publiées à une époque de libéralisation des corps et des esprits, même si le scandale a parfois éclaté (les reportages avec Grace Jones pour Vogue, en particulier). On aurait aimé entendre quelques points de vue moins laudateurs que ceux de ses muses car l'on frise l'hagiographie, mais surtout en savoir plus sur sa vie d'adolescent juif dans l'Allemagne des années 30, qui n'est que brièvement évoquée. Ce portrait retouché reste en tous cas une bonne initiation au style de Helmut Newton, que l'on aime ou non, l'homme qui aimait les femmes et les admirait et qui se fichait totalement de ce que le monde pouvait penser de lui et de ses audaces, du moment qu'il pouvait exercer sa passion en toute liberté.
    Yves G.
    Yves G.

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    3,0
    Publiée le 17 juillet 2021
    Helmut Newton (1920-2004) compte parmi les photographes les plus connus du vingtième siècle. Certains de ses clichés, comme celui du smoking Yves Saint-Laurent dans une rue nocturne du Marais, sont entrés dans l'histoire. Toute sa vie durant, il a photographié des femmes puissantes, nues, très érotisées.
    Le réalisateur allemand Gero von Boehm a rencontré Helmut Newton et sa femme en 1997. Il a tourné à l'époque pour la télévision un documentaire intitulé "Helmut Newton - Mein Leben". Pour le centenaire de la naissance du photographe, il en a remonté les images pour le cinéma.

    Le nom de Helmut Newton et son oeuvre sentent le soufre. On lui a reproché de fétichiser la femme, d'en faire un objet, la projection de ses fantasmes pervers et violents. Un extrait d'archive d'Apostrophes montre Susan Sontag lui reprocher sa "misogynie".

    Le documentaire de Gero von Boehm répond à cette accusation, au risque de verser dans l'hagiographie. Il convoque pour ce faire douze femmes - et pas un seul homme - qui ont travaillé avec lui et qui témoignent à tour de rôle face caméra, selon un procédé documentaire dont on ne peut pas dire qu'il révolutionne les codes. Leurs témoignages décernent au défunt photographe un brevet de respectabilité. Non, elles ne se sont jamais senties humiliées ou salies par l'oeil de son appareil. Non, il n'a jamais profité des séances de pose pour leur faire des avances - ce qui, disent-elles, n'était pas toujours le cas des autres photographes de l'époque. Non, elles n'ont pas honte de leurs nus mais au contraire s'enorgueillissent de la puissance qui s'en dégage et s'en revendiquent.

    Le documentaire raconte en filigrane la vie de Helmut Newton, placée sous le sceau du cosmopolitisme. Il naît et grandit à Berlin dans les années Trente sous l'ombre menaçante du nazisme. C'est là que, très jeune, il s'initie à la photographie. Il en part en 1938 et s'établit quelques années à Singapour. Arrivé en Australie - pays dont il prendra la nationalité - il y rencontre sa future femme qu'il épouse en 1948. L'amour profond qui l'unira à cette autre artiste toute sa vie durant contraste avec l'image de dandy pervers que ses photos laissent soupçonner. Il s'installe à Paris au début des années soixante et y devient vite célèbre. Il partage la fin de sa vie entre Monaco et Los Angeles où il meurt, dans un accident de la route, devant le Château-Marmont en 2004, clin d'oeil macabre d'une vie passée dans la jet-set. Il est enterré à Berlin.

    Je me souviens du choc que j'avais ressenti en 2012 au Grand Palais devant sa rétrospective. Ses femmes hiératiques, leurs nudités provocatrices m'intimidaient et m'attiraient à la fois, me mettaient mal à l'aise et me séduisaient en même temps. C'est Isabella Rossellini qui analyse avec le plus de finesse les fantasmes masculins qui nourrissent cette iconographie : "Tu me plais - je te maudis". Sans doute ne s'agit-il pas des fantasmes les plus avouables, ni les plus chevaleresques qui soient. Mais un artiste - surtout l'un de ceux qui avaient le "bon goût" en horreur - n'a-t-il pas le droit d'en appeler à autre chose qu'à nos bons sentiments ?
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