Un biopic sur Bob Dylan, Youpee! Timothée Chalamet, qui est vraiment partout, l'incarne d'une façon assez saisissante.
En fait, le film relate les quelques années au cours desquelles le "plouc" à casquette de dix neuf ans débarqué du Minnesota est devenu... Bob Dylan.
Il débarque donc avec dans sa guitare quelques chansons folk (au passage vous apprendrez qu'il ne faut pas confondre le folk et la country..) Il veut absolument rencontrer celui qu'il admire le plus au monde, Woodie Guthrie (Scoot McNairy, excellent dans ce petit rôle, tant il transmet d'émotion, de désespoir par son seul regard) qui agonise, aphone et à demi paralysé, d'une maladie dégénérative.
A son chevet il y a Pete Seeger (Edward Norton), qui formait un groupe folk avec Woodie, et qui, impressionné par le talent du jeune, naïf provincial, va le prendre sous son aile. Pete Seeger, né dans une très bonne famille, pacifiste, communiste, militant des droits civiques, père du protest song, est, avec son banjo, un ayatollah de la folk... et le fondateur du festival de Newport, qui rencontre un extraordinaire public. Musique, musique, le film est saturé de musique -on adore, naturellement- mais c'est elle qui prend toute la place. Et vole celle des personnages et de leur psychologie.
On voit passer des femmes, Sylvie, inspirée par un amour de jeunesse de Bob (Elle Fanning) et, naturellement, Joan Baez; point faible de la distribution, l'insignifiante Monica Barbaro ne rendant pas du tout compte du charme et de la personnalité forte de Joan, sans parler de son engagement!
Présenter Joan sans parler de son engagement politique et pacifiste, c'est un peu se moquer du monde. Quelle relation Bob avait il avec ces femmes? Mystère. Pourtant, on sait bien qu'il eut avec Baez une relation forte, basée justement sur un engagement politique commun (même si celui de Joan était certainement beaucoup plus sincère). Dans le film, on le voit butiner... bof!
C'est comme ça que, petit à petit, le film s'enlise dans un certain ennui, parce qu'il n'a pas de fond. Juste un habillage: la musique.
Alors, oui, on les voit tous passer, Johny Cash (Boyd Holbrook) par exemple... et ca nous fait plaisir!
Mais Bob devient de plus en plus incontrôlable. Il boit, il échappe à la tutelle de ses mentors qui, autour de Pete Seeger, organisent ses tournées et ses concerts. Et surtout, ce qui les désespère, il découvre la guitare électrique, et le plaisir de jouer en groupe. Sacrilège... Jusqu'à ce dernier concert à Newport. Où le public, révolté parce qu'il n'obtient pas la musique qu'il est venu entendre... le hue, et où Bob chante Like a rolling stone... ouvrant la porte à une nouvelle ère..