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Sous l’apparente légèreté de la comédie sentimentale, Charline Bourgeois-Tacquet filme une femme - Anaïs (Anaïs Demoustier) - qui traverse les appartements, les conversations et les corps avec une énergie paniquée. Ici, Anaïs quitte un homme, en rencontre un autre, puis se rapproche surtout d’Émilie, écrivaine plus âgée. Le film pourrait n’être qu’un marivaudage contemporain entre héritage rohmerien et badinage intellectuel. Pourtant, le récit ne cherche jamais vraiment à résoudre le triangle amoureux. Il observe plutôt une femme incapable d’habiter pleinement sa propre vie autrement que dans l’accélération.
Toute la mise en scène épouse ce principe. Anaïs court sans cesse, déborde les cadres, parle avant même d’avoir pensé. La caméra semble parfois arriver trop tard sur son corps, comme si le monde matériel peinait à suivre son rythme intérieur. Les lieux deviennent des espaces de transit plus que d’ancrage. Même les dialogues fonctionnent par bifurcations permanentes. Ce qui a de brillant c'est qu'aucun "traumatisme" explicatif ne vient simplifier Anaïs. Le film accepte son inconséquence, son égocentrisme, sa capacité à séduire autant qu’à épuiser.
Peu à peu, pourtant, derrière son éclat solaire, plus le réel rappelle sa finitude, plus Anaïs accélère. Ainsi on comprends que lorsqu’elle se rapproche d’Émilie, elle ne désire pas seulement la femme mais aussi sa manière d’habiter le temps, plus stable, plus apaisée.
Pour autant, le film ne prétend jamais être plus vaste que son propre périmètre. Il avance à l’échelle d’Anaïs, dans ses emballements comme dans ses angles morts. Il ne creuse ni le vertige social, ni la fracture générationnelle, ni la violence des rapports amoureux avec la radicalité qu’il effleure parfois. Il préfère demeurer au plus près d’un état. Cette modestie peut frustrer, tant certaines pistes semblent pouvoir s’ouvrir vers des territoires plus âpres. Mais on ne peut nier qu'elle constitue aussi sa cohérence. Le film a l’ambition de ses limites.
Toute la mise en scène épouse ce principe. Anaïs court sans cesse, déborde les cadres, parle avant même d’avoir pensé. La caméra semble parfois arriver trop tard sur son corps, comme si le monde matériel peinait à suivre son rythme intérieur. Les lieux deviennent des espaces de transit plus que d’ancrage. Même les dialogues fonctionnent par bifurcations permanentes. Ce qui a de brillant c'est qu'aucun "traumatisme" explicatif ne vient simplifier Anaïs. Le film accepte son inconséquence, son égocentrisme, sa capacité à séduire autant qu’à épuiser.
Peu à peu, pourtant, derrière son éclat solaire, plus le réel rappelle sa finitude, plus Anaïs accélère. Ainsi on comprends que lorsqu’elle se rapproche d’Émilie, elle ne désire pas seulement la femme mais aussi sa manière d’habiter le temps, plus stable, plus apaisée.
Pour autant, le film ne prétend jamais être plus vaste que son propre périmètre. Il avance à l’échelle d’Anaïs, dans ses emballements comme dans ses angles morts. Il ne creuse ni le vertige social, ni la fracture générationnelle, ni la violence des rapports amoureux avec la radicalité qu’il effleure parfois. Il préfère demeurer au plus près d’un état. Cette modestie peut frustrer, tant certaines pistes semblent pouvoir s’ouvrir vers des territoires plus âpres. Mais on ne peut nier qu'elle constitue aussi sa cohérence. Le film a l’ambition de ses limites.
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