The Blackening est un film assez bizarre. Par moment on a vraiment envie de l’apprécier, car il joue avec amusement de certains clichés du cinéma d’horreur, ou sur les noirs, et il y a quelques situations un peu absurdes qui fonctionnent bien. Puis il démarre vite fait, l’idée du jeu est plutôt cool sur le papier, et la bande son du générique nous place dans une ambiance un peu différente de coutume. Il y a également quelques bonnes idées de mise en scène du réalisateur qui parvient à donner du peps à son métrage, notamment dans les scènes de shoot à l’arbalète qui fonctionnent vraiment bien. C’est un des bons points du film. Globalement, on sent qu’il y a des atouts et un certain potentiel que l’on entrevoit à quelques reprises. Malheureusement, comme vous l’avez deviné, mon avis n’est pas mitigé pour rien !
Le premier mauvais point, c’est les dialogues improvisés. Le film joue cette carte de l’impro, et comme souvent, l’impro rend les films très bavards, beaucoup trop bavards, et The Blackening ne déroge pas à la règle. Ca cause, ça cause, et comme en plus il y a beaucoup d’acteurs, ça cause encore plus que de coutume ! Alors oui, parfois ça se justifie et l’aspect comique marche, mais trop souvent on constate que ça traine le film en longueur et ça casse totalement le rythme. Là-dessus faut adjoindre un scénario archi-prévisible. On devine carrément le rebondissement final, il n’y a aucun mystère là-dessus, et pourtant, on cherche à nous faire croire que c’était une surprise ! Le fameux jeu n’est pas du tout exploité, il sert à rien en définitive et ne serait pas là que ça ne changerait strictement rien. Franchement, quel dommage ! Le film prend vite un tour très quelconque et s’enfonce nettement dans la comédie et s’alourdit de sa manière continuelle de tout ramener à la couleur de peau sans aucune justification. Ca devient vite hyper redondant et casse pied, d’autant que l’horreur, tant sur le fond que la forme, s’efface progressivement et disparaît carrément quand on comprend toutes les ficelles trente minutes à l’avance et les intentions « légères » du métrage.
Là-dessus faut ajouter quand même que le casting n’est pas mauvais. Il tient plutôt honorablement la route, les personnages étant typés sans être trop caricaturaux, et les acteurs parvenant vraiment à faire croire à leur complicité mutuelle. Ils ne surjouent pas non plus, sauf à certains moments (mais ça passe), j’avais vraiment peur de me retrouver dans une sorte d’American Pie horrifique !
The Blackening est malheureusement quand même une déception au final, et pourtant, les dix premières minutes m’enthousiasmaient assez. Au bout du compte on a un slasher comique qui peine à assumer une vraie dimension horrifique et qui n’exploite pas bien les éléments originaux qu’il amène. Un slasher blackploitation, moi je dis ok, mais faut qu’il mette plus sur la table pour convaincre. 2, car l’ensemble reste déceptif.