Viktor Kossakovsky (Architecton - 2024) pose sa caméra dans un environnement champêtre, superbement retranscrit à travers un magnifique noir & blanc. Une immersion à hauteur des animaux, à ras le sol où pendant 90 min, les humains sont absents du cadre et sans le moindre dialogue (ou musique), on suit le quotidien d’une truie et de ses porcelets, ainsi que de leurs voisins proches, deux vaches et d’un poulet unijambiste.
Un an avant Cow (2021) d'Andrea Arnold, qui nous dressait le portrait intime d’une vache laitière, c’est le réalisateur russe qui s'essayait à l’exercice de nous immerger en plein coeur d’une ferme. Les images sont bucoliques et poétiques à la fois, le film nous offre l’occasion de suivre pas à pas la croissance des porcelets, de leur naissance jusqu’à leur triste (mais inéluctable) fin, dans le camion en direction de l’abattoir.
Ici, pas d'anthropomorphisme ou d’artifice, on est dans le réel et le concret, Gunda (2020) est un documentaire inclassable et rare. Il se savoure du début à la fin, on se prend au jeu avec beaucoup de facilité, celui de se laisser happer et de regarder à travers un oeil différent le quotidien d’une truie et de ses congénères.