Les Herbes sèches
Note moyenne
4,0
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137 critiques spectateurs

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Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2023
Dès la scène d’ouverture, le cinéaste nous fait comprendre qu’il faudra prendre son temps ; il en va de même pour les premières scènes, « d’exposition » des personnages. Le rythme ne s’accélèrera pas mais le film va progresser en densité et en richesse. Deux histoires, assez banales en elles même, sont les supports croisés de l’observation de la condition et de la nature humaine. Si la première évoque le thriller social et le cinéma de Asghar Farhadi, le film est surtout, bien que très soigné esthétiquement, un film littéraire ; le désarroi des individus broyés par un système qu’ils ne comprennent pas fait penser à Kafka, les longs échanges philosophique, théologiques et politiques à Dostoïevski et l’ambiance générale à Tchékhov. L’écriture, très travaillée, est précise, et tout est fait avec intelligence et tact. Les lumineuses dernières scènes sont empreintes de poésie, de finesse, d’émotion et… de quelque chose d’indicible.
Une œuvre prégnante dont j’ai eu l’impression, sentiment rare et bizarre, de sortir grandi ! (Comme d’ailleurs après « Winter sleep »).
Julien C.
Julien C.

39 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 juillet 2023
Ne pas être effrayé par la durée du film : cette plongée dans la blancheur cotonneuse de ce village d'Anatolie se déguste avec lenteur mais sans ennui aucun, tant on se laisse prendre par les dialogues et l'intrigue qui relie les personnages. La mise en scène et la photographie sont splendides.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2025
ce film analysant les conditions de vin d'intellectuels enseignant dans une petite ville de l'Anatolie dépeint avec subtilité le désarroi de ses personnages. Leur attribue des propos désabusés concernant l'engagement social. Propos pas si différents que ce que l'on peut entendre dans n'importe quel endroit branché partout dans le monde.
Kwara
Kwara

15 abonnés 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2024
Somptueux ! Digne d'un film du Maître Terence Malik ! À voir absolument. Le soin de la photographie est absolu. Du très grand cinéma.
Djifunk
Djifunk

38 abonnés 170 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 août 2023
Le film est aussi beau que Samet est antipathique. C est âpre et profond. Pas toujours facile de s accrocher mais la fin est tellement sublime....
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2023
Ai vu le dernier film du très grand réalisateur actuel turc, Nuri Bilge Ceylan. Un voyage puissant pour le spectateur, au fin fond de l'Anatolie pendant une année scolaire qui correspond dans cette région reculée à un rude hiver de 6 mois. Deux enseignants masculins vivent en colocation dans un village enneigé et doivent assurer pendant au minimum 4 ans (avant de pouvoir éventuellement demander leur mutation) des cours devant des enfants pauvres de la campagne qui ont d'autres préoccupations que le dessin où l'anglais. La volonté de faire perdurer une Fonction Publique, la croyance en une vocation, le sens du devoir, le partage d'un savoir, la conscience d'être tenu d'une mission vont faire place à des sentiments de plus en plus pernicieux et défaitistes. Samet et Kenan, célibataires et pressés de demander leur mutation pour Istanbul, rencontrent Nuray, jeune professeure qui est exactement dans la même situation que la leur. Voici donc trois intellectuels de gauche condamnés à végéter et attendre des jours meilleurs dans ce décor glacé, figé. La symbolique est forte et saisissante. Nuri Bilge Ceylan utilise la métaphore de ce paysage transit par le gel pour nous parler de la Turquie paralysée par le pouvoir écrasant d'Erdogan. Le réalisateur peut passer de grandes scènes silencieuses et contemplatives à des dialogues politiques, sociologiques, phylosophiques très fournis. Une dramaturgie qui se noue de plus en plus, des personnages qui se révèlent petit à petit... le scénario est une mécanique très lente mais toujours active et précise pour nous faire partager ce quotidien de petites luttes et de grands espoirs. Comme à son habitude Nuri Bilge Ceylan nous émeut avec des mouvements de caméra superbes, des enchainements de scènes d'une grande beauté (la façon dont il nous fait percevoir le passage de l'hiver à l'été est sublime), nous surprend toujours scénaristiquement. Le réalisateur signe une fois de plus un immense film.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 octobre 2023
Dans village reculé d’Anatolie où on n’a pas envie de passer ses vacances, ce film lent, intelligent, trop long, au montage parfois maladroit, raconte les déboires d’un jeune professeur empêtré par sa démagogie dans une histoire de mœurs puis ses relations ambigües avec une handicapée remarquablement interprétée par Merve Didzar, justement primée pour ce rôle d’une grande finesse à Cannes. A voir.
Miguel
Miguel

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 décembre 2024
3h a attendre qu'il se passe quelques choses, c'est long hélas, des dialogues sans fin qui ne mènes à rien.
Claude Huart
Claude Huart

6 abonnés 22 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 mai 2024
Si vous avez aimé l'anatomie d'une chute, vous aimerez les herbes sèches. Le premier racontait le triomphe narcissique de la femme établi sur la néantisation de son partenaire conjugal masculin : apologie de la perversion misandre, le second est le symétrique au masculin : triomphe narcissique de l'homme établi sur la néantisation de sa partenaire victime-complice : apologie de la perversion misogyne. La mise en miroir des deux films facilite leur compréhension et leur succès en dit long sur la fascination de notre époque pour la perversion.
Joël DI DOMIZIO
Joël DI DOMIZIO

16 abonnés 130 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2024
Tous les 3 ou 4 ans Nuri Bilge Ceylan revient au Festival de Cannes avec son dernier film en date, qui en général est d'une durée de 3 heures, voire même plus parfois. L'actrice Merve Dizdar a décroché le prix d'interprétation féminine pour Les Herbes Sèches. Le réalisateur Turc continue de creuser son sillon très personnel qu'il a déjà mis en pratique dans ses précédents métrages. Même si l'on ne maîtrise pas la langue turque, les échanges entre les personnages principaux semblent intenses et captivants également.
Après la neige, le froid, la grisaille, les dernières images nous montrent le fameux site historique du Nemrut Dağı, dans l'Est de la Turquie, et que j'avais visité à l'été 1997 ...
Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 septembre 2023
Nuri Bilge Ceylan est assurément un cinéaste qui fait voir le monde en grand. Le spectateur est là en présence d'un géant qui impose le respect et même l'admiration. Certaines de ses images coupent le souffle, ainsi celle de glace et de neige dans les dernières minutes du film, rappelle un peintre flamand comme Averkamp. Dans ce nouvel opus qui explore les tourments de l'âme du personnage principal ainsi que de ses deux amis, j'ai cependant regretté la perte de rythme qu'engendrent des dialogues parfois trop longs sur un même débit trop atone à mes oreilles et à ma vue. Le sentiment de perdre alors le cinéma et d'étouffer. La comparaison avec un autre univers de cinéaste contemporain génial, Lav Diaz, pour cette même durée de 3h10, (Quand les vagues se retirent) est intéressante : je respirais mieux dans les images du Philippin, ses ruptures de rythme malgré son tropisme exclusif pour le plan séquence, ses perspectives vers les lointains, son utilisation de la parole comme une musique en soi. Voilà l'explication de ce 4/5 pour ce qui demeure un très grand film qui nous emmène dans une Anatolie authentique aux antipodes de toute vulgarité touristique.
Theo
Theo

35 abonnés 1 074 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2024
Dans les vastes étendues de l'Anatolie orientale, "Les Herbes Sèches" de Nuri Bilge Ceylan tisse une toile dramatique enveloppante, mettant en lumière les luttes intimes d'un jeune professeur d'art, Samet, joué avec une subtilité captivante par Deniz Celiloğlu. Le rêve d'émancipation de Samet à travers une affectation à Istanbul se heurte brutalement à la réalité rurale, où les frontières entre l'innocence et la transgression s'estompent sous le poids d'accusations accablantes.

spoiler: Ceylan, en collaboration avec Ebru Ceylan et Akın Aksu, sculpte une narration qui plonge profondément dans les nuances de la solitude, des aspirations brisées et de la complexité des relations humaines, marquée par une accusation d'abus qui ébranle l'existence même de Samet. La relation en dégradation entre Samet et Kenan, interprété avec une intensité palpable par Musab Ekici, ajoute une couche de tragédie à la décomposition de l'amitié sous le fardeau des soupçons et des malentendus.


Le choix de Merve Dizdar pour Nuray offre un contrepoint lumineux à l'obscurité enveloppante, apportant une lueur d'espoir et de rédemption dans le tourbillon d'épreuves de Samet. La prestation de Dizdar, couronnée d'un prix à Cannes, est un témoignage de la force tranquille qui peut émerger de l'adversité.

La beauté austère de l'Anatolie, capturée avec une majesté cinématographique par Kürşat Üresin et Cehavir Şahin, sert de toile de fond poignante à ce drame humain, où chaque paysage semble refléter l'état d'âme des personnages. Le film, bien que soutenu par une production impressionnante et des contributions significatives d'ARTE France, TRT et du Doha Film Institute, réussit à maintenir une intimité qui rend l'expérience cinématographique profondément personnelle et universellement résonnante.

Bien que "Les Herbes Sèches" puisse parfois sembler s'attarder un peu trop longuement sur certaines scènes, diluant peut-être l'impact de ses moments les plus puissants, cette approche permet également une immersion complète dans l'expérience vécue par les personnages. Le film navigue habilement entre le drame personnel et les commentaires sociaux, sans jamais se laisser submerger par l'un ou l'autre.

La bande sonore, discrète mais efficace, complète l'atmosphère, ajoutant une couche supplémentaire d'émotion sans jamais dominer le récit visuel. Les performances, en particulier celles de Celiloğlu et Dizdar, sont d'une telle authenticité qu'elles donnent l'impression de ne pas jouer mais de vivre véritablement leurs rôles, soulignant la capacité du film à capturer la complexité de la condition humaine.

"Les Herbes Sèches" est un film qui reste avec vous, ses thèmes et ses images vous hantant bien après la fin du générique. C'est une réflexion mélancolique sur les choix, les conséquences et la recherche incessante de vérité et de rédemption dans un monde qui, trop souvent, préfère la simplicité des jugements hâtifs à la complexité de la compréhension. En fin de compte, "Les Herbes Sèches" est un voyage cinématographique qui, bien qu'il puisse ne pas atteindre la perfection absolue, laisse une empreinte indélébile sur l'âme du spectateur, un exploit remarquable qui justifie pleinement l'attention qu'il mérite.
Ameline Grout
Ameline Grout

40 abonnés 56 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 21 décembre 2023
Long... très long... trop long ?
Ce film m'a sembler durer une éternité là où il aurait pu être une heure de moins. Une histoire intéressante et potentiellement émouvante qui n'a pas réussi à me conquérir.
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 août 2023
Bergman en Anatolie

Depuis 2011 et Il était une fois en Anatolie, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan ne cesse de nous emporter dans son monde fait de lenteur et de beauté formelle. En témoignent, Le Poirier sauvage et surtout Winter Sleep, Palme d’Or en 2014 qui rivalise avec notre film du jour, puisqu’il avait exactement la même durée. Samet est un jeune enseignant dans un village reculé d’Anatolie. Alors qu’il attend depuis plusieurs années sa mutation à Istanbul, une série d’événements lui fait perdre tout espoir. Jusqu’au jour où il rencontre Nuray, jeune professeure comme lui… 197 minutes ! Incontestablement ce réalisateur prend son temps, mais il ne faudrait pas résumer son travail à cet aspect, car ce qu’il nous propose, outre sa grande originalité d’écriture, confine souvent au chef d’œuvre. Encore une fois présenté sur la Croisette, cette année il a reçu le Prix d’interprétation féminine… Du grand cinéma et surtout une formidable direction d’acteurs.
Baser un scénario sur une réflexion à propos du bien et du mal, ainsi que sur l’opposition entre individualisme et collectivisme, peut ne pas paraître d’emblée très glamour. Mais voilà, le récit est subtilement mené, les rebondissements – même si en l’occurrence, le terme est un peu fort -, arrivent par petites touches, parfois infimes, des discussions sans fin qui sont autant de bataille, le tout dans une quiétude apparente, même si les tempêtes se situent dans des âmes flétries par la vie. Ici, on parle de sentiment d’isolement, d’aliénation et d’exclusion, du difficile combat quotidien que doivent mener les habitants de cette région déshéritée et de trame géographique, ethnique ou sociale… Chaque visage exprime une lassitude, chaque expression témoigne d’un regret. La fatigue se fait ressentir à chaque mouvement et chaque voix qui retentit se fait l’écho d’une douleur, comme autant de répercussions du destin qui frappe durement. Je sais, c’est du lourd et pourtant c’est passionnant et, malgré cette durée inhabituelle, la lenteur extrême de l’action, pas un instant d’ennui… c’est admirable.
Côté casting, c’est aussi la perfection, avec Merve Dizdar qui a été honorée à Cannes. Mais que dire du formidable Deniz Celiloğlu, qui ne quitte pas l’écran durant les 3 heures ¼ de ce drame qui nous parle si bien de cette région reculée que l’Histoire a rendu muette. Citons encore Musab Ekici et Zce Bagci, qui tiennent fort bien leur partition de seconds rôles. Ajouter à cela qu’il y a fort peu de musique, mais elle est signée Verdi…alors ! Ce cinéaste hors du commun nous tient en haleine à chacun de ses films depuis 2004 avec Uzak, puis Il était une fois en Anatolie… Autant de chefs d’œuvre du Bergman turc qui tutoie les sommets entre l’infime et le grandiose, le pathétique et l’infini. Incontournable !
Vergnus
Vergnus

12 abonnés 149 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2025
Magnifique film d’une grande beauté, philosophie et poésie, sens de la vie au fond des plaines reculées de l’Anatolie…du grand cinéma servi par 2 acteurs excellents, la scène de dîner est superbe de subtilité avec en plus un bonus surprenant de sortie de champ… du jamais vu au cinéma !
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