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Sabine
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5,0
Publiée le 4 août 2026
De Nuri Bilge Ceylan je ne connais que quelques films. J'ai eu la chance de voir plusieurs fois "Winter Sleep "et "Il était une fois en Anatolie" et certaines scènes sont gravées dans ma mémoire. Il y a encore de très beaux moments (et de très belles photos !) dans ce nouveau film mais globalement je le trouve moins éblouissant esthétiquement. Par contre son contenu m'a percé le cœur. Je ne saurai exactement expliqué en quoi ce film m'a si profondément bouleversée mais il m'a littéralement fait fondre en larmes et il m'a bien fallu tout le générique pour arriver à arrêter de pleurer. J'ai aimé comment il nous permet de rentrer en profondeur dans la psychologie de chaque personnage, leurs interactions, le portrait de la société turque actuelle qui me semble terriblement juste qui y est fait, la réflexion sur les traditions, la liberté individuelle et collective, la lourdeur du jugement des autres, le manque de perspective, l'écrasement des individus... C'est un film vraiment puissant. A plusieurs moments j'ai pensé à Kiarostami et Farhadi. Il y a beaucoup de similitudes même si le discours n'est pas tout à fait le même. De Nuri Bilge Ceylan je ne connais que quelques films. J'ai eu la chance de voir plusieurs fois "Winter Sleep "et "Il était une fois en Anatolie" et certaines scènes sont gravées dans ma mémoire. Il y a encore de très beaux moments (et de très belles photos !) dans ce nouveau film mais globalement je le trouve moins éblouissant esthétiquement. Par contre son contenu m'a percé le cœur. Je ne saurai exactement expliqué en quoi ce film m'a si profondément bouleversée mais il m'a littéralement fait fondre en larmes et il m'a bien fallu tout le générique pour arriver à arrêter de pleurer. J'ai aimé comment il nous permet de rentrer en profondeur dans la psychologie de chaque personnage, leurs interactions, le portrait de la société turque actuelle qui me semble terriblement juste qui y est fait, la réflexion sur les traditions, la liberté individuelle et collective, la lourdeur du jugement des autres, le manque de perspective, l'écrasement des individus... C'est un film vraiment puissant. A plusieurs moments j'ai pensé à Kiarostami et Farhadi. Il y a beaucoup de similitudes même si le discours n'est pas tout à fait le même.
Beau film qu'on voit jusqu'au bout malgré sa lenteur. On s'attache au personnage principal et à son mal de vivre. On se demande quelle sera sa vie d'après le séjour éprouvant en Anatolie. De magnifiques photos de cette région et de ses habitants.
Les longs dialogues, bien filmés et bien joués, constituent l'intérêt principal de ce film "psychologique".
Le personnage principal trouve laid l'endroit où il se trouve (par contrepied, la caméra s'attarde volontiers sur ces paysages) : "c'est celui qui le dit qui l'est". Pari audacieux du réalisateur d'avoir tout axé autour d'un homme égocentrique et jaloux.
Vraiment ennuyeux comme film! Le début du film a des scènes très sombres où on distingue à peine les visages des acteurs. Et puis l'histoire d'un prof d'art plastique qui n'enseigne pas grand chose aux élèves à part soit crier soit avoir un rapport malaisant avec une élève! Et en plus d'être manipulateur ... Aucun intérêt de suivre l'histoire d'un tel personnage.
je crois que je le laisse des films de Nuri Bilge Ceylan. Si certains passages sont très réussis, les acteurs excellents et la réalisation souvent fine, je trouve néanmoins que c'est trop long, qu'il y a à présent beaucoup de répétitions avec les films précédents et que certains passages sont inutiles.
Un grand film composite, tous les ingrédients pour faire un film ennuyeux, et pourtant les 3h passent de grands plans en scenes intimes, des regards politiques, des personnages impossibles à retrouver dans du cinema commercial, toute la gamme de ce que le cinema peut proposer.
Une merveille de simplicité pour voir la complexité des êtres humains dans toute sa nudité. Très bien filmé, on prend le temps de rencontrer chacun des personnages. Magnifique film !
Je dois avouer n'avoir jamais vu auparavant un des films de celui qui est souvent présenté comme un des plus grands metteurs en scène de notre époque. Et j'avais un peu peur au vu de la durée et du sujet peu accrocheur... Mais en fin de compte le film est bon, bien filmé, avec de bons acteurs et une excellente photo. En premier lieu, et alors que ce n'est pas le sujet, on découvre en creux cette face peu reluisante de la Turquie avec ses provinces pauvres, les minorités méprisées, la présence oppressante de l'armée ou le terrorisme. Un peu comme l'Iran était présentée dans 'Un Divorce". Et puis l'intensité dramatique monte avec notamment cette scène formidable du dialogue à 2 et son l'interruption complètement inattendue. Les personnages se révèlent enfin avec toutes leur contradictions et ambiguïtés, et aucun n'attire vraiment la sympathie. Et malgré tout, il se dégage un peu d'optimisme à la fin. Le film aurait sans doute gagné d'un montage plus serré avec d'une heure de moins et un peu plus d'intensité dramatique ajoutée aux dialogues en plans fixes.
Je redoutais ces 3h17 de film à la réputation de dialogues interminables… et j’ai été captivé du début à la fin, sans ennui, sans somnolence, ébloui par cette construction subtile qui déjoue constamment ce que le récit pourrait avoir de convenu ou prévisible. Le film contient deux histoires qui se contaminent l’une l’autre. On démarre dans un récit qui ressemble à “La chasse” de Thomas Vinterberg mais dans une ambiance rurale et enneigée de ce petit village perdu d’Anatolie. Deux élèves accusent deux des enseignants de comportements équivoques à leur encontre. C’est un véritable thriller psychologique qui s’enclenche avant de bifurquer vers une autre histoire de triangle amoureux qui culmine par une séquence impressionnante de dîner en forme de joute oratoire très tendue puis de moment d’intimité particulièrement émouvant. Enfin la dernière partie semble d’abord être un jeu de déconstruction un peu pervers avant que le cours de la vie et la saison suivante ne viennent remettre les choses à leur place. Pas de psychodrame larmoyant. Quelque chose d’une humanité aura circulé entre tous ces personnages malgré les égarements successifs et on sort du film avec un sentiment d’apaisement et d’élévation. C’est magnifique et même si je préfère le Nuri Bilge Ceylan plus abstrait et contemplatif des débuts, il faut reconnaître que sa fascination pour Tchekhov depuis “Winter Sleep” porte ses fruits. Il est très probablement un écrivain contrarié mais surtout un cinéaste majeur.
Woah, ce film mérite bien plus que ce qu'il n'a déjà ( prix d'interprétation féminine )
C'est une histoire un peu particulière qui va aborder beaucoup de thèmes différents et qui conviendra donc un public très large car on peut se sentir touché(e) par n'importe quel sujet qui est abordé dans le film. Pour moi les trois thèmes forts qui sont revenus le plus dans ce film sont clairement la pédophilie, le temps qui passe ( l'enfance, l'adolescence, la vie d'adulte et la vieillesse ) et enfin le 3 ème theme, le temps qu'il faut pour apprendre à connaître une personne.
C'est un film très particulier parce qu'on est à la fois dans le regard du personnage principal et à la fois aussi dans le regard du spectateur qui regarde le film, c'est à dire qu'on voit le film d'un avis intérieur et extérieur. Le personnage principal est difficile à cerner car il n'est pas juste méchant ou juste gentil c'est beaucoup beaucoup plus complexe que ça. Un personnage le dit clairement dans le film : il faut prendre du temps pour connaître une personne. C'est-à-dire que le personnage paraît très gentil quand il est en train d'enseigner aux élèves mais nous en tant que spectateur on voit aussi comment il agit avec ses proches et avec ses collègues. On va également voir comment il entretien sa relation avec son colocataire ( il va coucher avec la femme de son colocataire ) et donc ces relations hors scolaire ne sont pas tellement positives. Et le film nous le fait bien comprendre, avant même de l'avoir commencer on sait qu'il va prendre son temps, 3 h 20 de film ça n'est pas rien.
Tout cet aspect aussi autour du temps qui passe est très très intéressant. Dans ce film on voit de tous les âges c'est à dire qu'on voit des enfants de 5 ans, de 12 ans, des adolescents toute cette chaîne de vie est regroupé dans un même film de 3h20. Je sais que quand j'étais petit je me disais que quand on serait plus grand il n'y aurait plus de problèmes et cette scène ne fait que renforcer mon idée de moi enfant : le personnage principal qui dit a ses élèves dans les classe " oui vous pouvez venir me voir mais pas si c'est pour me dire qu'intel vous a tapé ", comme si les enfants étaient les seuls à avoir des problèmes et qu'il fallait régler ça seuls alors qu'en réalité les adultes en ont tout autant ( et ils ont besoins d'en parler ) Et ces scènes de problèmes entre adultes et personnes plus âgées sont montrés au fur et à mesure !
Le troisième theme, qui est la pédophilie, est très marquant. Au début il y a cette scène où le personnage principal est très tactile avec une fille et on apprendra plus tard qu'en fait c'est son élève, il lui offre aussi des cadeaux, il la convoque dans son bureau etc. Et son collègue ( qui est d'ailleurs aussi son colocataire ) est également un pédophile. Sauf que les enfants ne vont pas se laisser faire ils vont en parler autour d'eux et cela va se savoir, au point où ces deux professeurs vont être convoqués chez le recteur. Ces deux professeurs sont donc mis devant le fait accompli et doivent avouer les gestes qu'ils ont eu avec leurs élèves...bien sûr ils vont nier.
Il faut parler également de ces longs plan caméra, ces long moment qui ne sont pas couppé de façon ignoble comme on le voit souvent au cinéma. Là ici les acteurs connaissent leur texte, prennent conscience de l'etat psychologique dans lequel est leur personnage et c'est juste ultra impressionnant. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ça au cinéma, des scènes si longues, caméra fixe sans jamais que la scène soit coupé c'est juste mémorable. Le changement de visage quand les acteurs apprennent une information, le temps de laisser faire les choses, le temps de laisser réagir, le temps juste de prendre le temps de filmer correctement une scène.
On peut y voir à la fin quelque chose de très philosophique. Car cette scène de fin ou le personnage principal monte cette coline, voit ce corbeau, les deux être vivants se regardent et l'oiseau s'envole, manière de dire ( en tout cas je l'ai interprété comme ça ), que la fille s'en va pour de bon et que plus jamais ils ne se reverront. Il pensait a elle tout le temps, il l'aimait, il y a une scène où il doit aller éteindre les lumières de l'école et va éteindre les lumières de sa classe et fixer longtemps une table et une chaise, et bien sûr, c'est la table de la jeune fille.
J'avais quelque chose à dire aussi sur une scène qui m'a énormément marqué car c'était très très inattendu. C'est la fameuse scène où le personnage principal couche avec la femme de son colocataire et cette femme va lui demander d'éteindre les lumières qui sont au fond de l'appartement. Il va les éteindre et à un moment donné il va voir cette porte, il va l'ouvrir et là il y a 5 minutes où on est dans le décor du film, dans les coulisses du film c'est à dire qu'on voit des fonds verts, des caméras on voit tout ce que le cinéma nous cache pour faire un film et j'avoue que j'ai pas tellement compris cette scène mais je sais que je l'ai adoré car c'était vraiment original.
C'était juste phenomal et c'est pour ça que j'aime le cinéma. Parler de thèmes souvent peu abordé dans la société, le jeu d'acteur, les plans de paysages à couper le souffle, le montage.
Encore une fois un film remarquable où, malgré sa longueur, on ne s’ennuie pas une seconde. Très belle prise de vue avec la projection de superbes photos.
Sujet récurrent et international du rapport prof élèves, de la bonne distance et du risque d'accusation d'agression, de la vérité et des conséquences sur la carrière du prof mais aussi des enjeux de pouvoir... Ici dans une anatolie où il n'y a que 2 saisons , l'hiver et l'été. Sujet aussi du handicap et de la politique avec cette jeune prof engagée et grièvement blessée. Pb du sous titrage parfois illisible sur fond très clair.
Quel dommage de ne pas comprendre le turc, car les textes et dialogues sont déjà, avec les sous-titres, merveilleux de profondeur et de sensibilité. Et sans lassitude, malgré la longueur (3h14) qui pourrait dissuader d'aller voir ce film. Ce serait dommage.
Les Herbes sèches avance dans un climat d’usure et de malaise, où la parole remplace l’action et devient le principal terrain de confrontation. Un film dense et inconfortable, stimulant par sa rigueur, mais éprouvant par son obstination.
Nuri Bilge Ceylan prolonge ici son cinéma des zones grises et de l’enlisement moral. Le temps long, les échanges verbaux et l’inconfort prennent le pas sur toute progression dramatique classique. Tourné dans des paysages ruraux hivernaux, le film installe une sensation d’immobilité et de fatigue intérieure. Plus qu’un récit, Les Herbes sèches observe un état moral, avec une précision parfois implacable.
Sur le fond, le film explore le désenchantement comme condition durable. Les personnages ne traversent pas une crise, ils vivent dans une lucidité amère qui ne débouche sur rien. La parole sert moins à comprendre qu’à se protéger, à déplacer les conflits ou à maintenir une position. La lucidité devient posture, parfois alibi.
La question de la responsabilité et de la culpabilité reste volontairement trouble. Ce qui compte n’est pas tant les actes que la manière dont ils sont racontés, relativisés ou reformulés. Le langage devient un outil de pouvoir discret, structurant les relations et empêchant toute forme de lien authentique. La domination est douce, diffuse, mais persistante.
De mon côté, j’ai apprécié le film pour la densité de son écriture et la profondeur de son malaise. Les paysages prolongent l’état intérieur des personnages et renforcent ce sentiment d’enfermement. J’ai aimé être confronté à des zones grises qui refusent toute lecture confortable. Cet inconfort intellectuel durable fait clairement partie de sa force.
Cette exigence a toutefois ses limites. La durée, le rythme et la place accordée à la parole peuvent devenir éprouvants, donnant parfois une sensation de lourdeur. Des choix pleinement assumés, mais qui demandent une réelle endurance de spectateur.
Les Herbes sèches s’impose ainsi comme une œuvre rigoureuse et âpre, stimulante par ce qu’elle observe, mais exigeante au point de maintenir à distance. Un film qui interroge plus qu’il n’emporte.
L hiver en Anatolie est très long... Du blanc du blanc et des gens qui y broient du noir Un zeste de vert et les herbes sèches Un auteur principal égocentrique Une soirée avec un dialogue de fou Et l innocence(?/!) d une collégienne qui a déjà tout compris de la vie Le film est très long et pourtant ça passe quand même plutôt bien Faut quand même aimer le cinéma turc