Je suis une cinéphile et pour la première fois, j'ai quitté la salle au bout de 2h et je n'étais la seule ! Le film est lent, décousu, touche de nombreux sujets de façon très maladroite.
Un film bien joué intéressant qui montre toute la difficulté du métier d'enseignant confronté aux délires des adolescents et laissé dramatiquement seul par tout le monde face aux mensonges sous entendus et accusations.....
Superbe film qui soulève de très nombreuses questions, sociétales, politiques, humanistes... Aucune longueur. les 3h17 passent sans s'en rendre compte tellement le film est dense.
C'est beau, ça nous en apprend beaucoup, on a même un sentiment d'apaisement final après tout ce fiel et en plus les acteurs sont bons. Malheureusement, un délire Lynchien inexplicable et inutile plus tard plus un scénario prolixe empêchent, à mon goût, d'apprécier vraiment ce film. Cela reste quand même un bon film qui nous montre la (notre ?) médiocrité sur fond Brueghelien.
Beau film mais il n'y a que moi qui a ressenti le malaise de la relation entre ce prof et son élève de 13 ans ? Un manipulateur qui déstabilise pour son attitude de pédophile. Les dernières scènes sont horribles à regarder... ça m'a fait le même ressenti que pour Lolita de Nabokov...
Je ne connaissais pas le cinéma de Nuri Bilge Ceylan que je vais m'empresser d'approfondir. En suivant le cheminement d'un homme, en se mettant dans ses pas, le réalisateur turc creuse les affres de l'âme humaine tout en brossant un portrait de la Turquie profonde. Chaque séquence nous emmène dans un nouveau propos comme une succession de films dont on comprendra peut-être la logique à la fin, une fois la neige disparue et qu'on reverra la couleur de l'herbe. Des belles images, une tension permanente, des acteurs irréprochables. Pour moi, il y a quarante cinq minutes de trop dans ce long long long métrage. Certaines scènes sont vides, certains dialogues ne sont pas indispensables. Je trouve que ce non-rythme dilue l'intensité de la narration et ne sert pas le propos. Sinon, c'est âpre, parfois aride, toujours profond, subtil. Ce n'est pas sans rappeler la géographie de l'Anatolie. Gros coup de coeur pour Merve Dizdar, son interprétation et son rôle servi par des dialogues d'une puissance vertigineuse. Une performance justement récompensée à Cannes.
Je redoutais ces 3h17 de film à la réputation de dialogues interminables… et j’ai été captivé du début à la fin, sans ennui, sans somnolence, ébloui par cette construction subtile qui déjoue constamment ce que le récit pourrait avoir de convenu ou prévisible. Le film contient deux histoires qui se contaminent l’une l’autre. On démarre dans un récit qui ressemble à “La chasse” de Thomas Vinterberg mais dans une ambiance rurale et enneigée de ce petit village perdu d’Anatolie. Deux élèves accusent deux des enseignants de comportements équivoques à leur encontre. C’est un véritable thriller psychologique qui s’enclenche avant de bifurquer vers une autre histoire de triangle amoureux qui culmine par une séquence impressionnante de dîner en forme de joute oratoire très tendue puis de moment d’intimité particulièrement émouvant. Enfin la dernière partie semble d’abord être un jeu de déconstruction un peu pervers avant que le cours de la vie et la saison suivante ne viennent remettre les choses à leur place. Pas de psychodrame larmoyant. Quelque chose d’une humanité aura circulé entre tous ces personnages malgré les égarements successifs et on sort du film avec un sentiment d’apaisement et d’élévation. C’est magnifique et même si je préfère le Nuri Bilge Ceylan plus abstrait et contemplatif des débuts, il faut reconnaître que sa fascination pour Tchekhov depuis “Winter Sleep” porte ses fruits. Il est très probablement un écrivain contrarié mais surtout un cinéaste majeur.
Samet, enseigne les arts depuis plusieurs années dans un collège rural dans l’Est de l’Anatolie. Il vit en co-location avec Kenan, professeur lui aussi. Nuray, professeur d’Anglais fraîchement nommée, vient compléter le trio. Samet originaire d’Istanbul souhaite quitter cet endroit déshérité et loin de toute modernité, contrairement à ses deux comparses de culture alévie. Il entretient avec Sevim l’une de ses élèves, une relation particulière. Il est le seul enseignant à réprimander la singulière jeune fille, lui fera remarquer un élève. Nuray, claudique légèrement. Elle garde les stigmates dans sa chair d’un attentat dont elle fût victime par le passé à Ankara. Les deux jeunes hommes vont se voir reprocher par leur hiérarchie des rumeurs de harcèlement sexuel.
La sortie d’un film de Nuri Bilge Ceylan est toujours un évènement cinématographique, et la promesse d’un long long-métrage. Le réalisateur est un habitué des festivals et récompenses du 7ème art. Les Herbes Sèches est son 10ème film, après Uzak, Les Climats, Il était une fois en Anatolie, Winter Sleep ou encore Le poirier sauvage. Il nous transporte dans un voyage d’images superbes des contrées les plus reculées de sa Turquie natale. Des thèmes sont récurrents dans son œuvre, la mélancolie et la difficulté pour de jeunes gens cultivés de trouver leur place dans la société moderne. L’oncle Vania présent au cinéma chez Hamaguchi dans le sublime « Drive My Car » est aussi du cinéma de Nuri Bilge Ceylan. Comme chez Anton Tchekhov, il y a ici une écriture singulière pour décrire la vie en province, la solitude et l’ennui. La lassitude d’espérer confiera Samet à Nuray. La nature sociale et sociologique de ses films, par le rapport à la photographie du réalisateur, leur donne une dimension universelle. Dans « Le Poirier Sauvage » et « Les Herbes Sèches » les scénarios sont co-écrits avec son épouse, à partir de carnets intimes d’un cousin et ami du réalisateur. La mère de ce dernier, jeune enseignant muté en campagne, les lui avait remis. C’est après plusieurs années que Nuri Bilge Ceylan les a lu, et utilisé pour construire ses deux derniers films. Les mots de Samet, qui marche à travers les herbes sèches après s’être avoué ses mensonges à Sevim, sont mot pour mot ceux du carnet du jeune homme. Ils ont une puissance poétique qui au sommet de la colline, prennent une portée particulière.
Abbas Kiarostami ne souhaitait pas forcer le trait sur la psychologie dans l’écriture de ses personnages, qu’il associait alors à une pornographie de l’intime. L’être humain est complexe par nature, et des années d’analyse ne suffisent pas toujours à se comprendre soi-même. Le personnage de Samet bien éloigné de tout manichéisme, a toute cette profondeur, avec ses faiblesses et lâchetés, qui font un être humain. C’est cette matière cinématographique pleine d’humanité qui est celle de grands réalisateurs d’Ingmar Bergman à Michaelo Antonioni, disparus tous les deux le 30 juillet 2007, il y a 16 ans aujourd’hui, qui fait toute la beauté singulière des films du réalisateur turque.
Les Herbes Sèches, est l’un des 3 films que j’ai le plus aimé depuis ce début d’année. Il est remarquable, un chef d’œuvre.
Les herbes sèches (germano-franco-turc – 3h17) de Nuri Bilge Ceylan avec Deniz Celiloğlu, Merve Dizdar, Musab Ekici, Ece Bagci, Erdem Senocak, …
Magnifique, je n'ai pas vu le temps passer. Les dialogues sont très fournis par moments. Ce film mériterait un doublage en français car il est parfois difficile de lire les sous-titres et de regarder les superbes images (d'intérieurs par exemple), il est des choses que j'ai manquées. Ceci m'a rappelé cette fois, il y a fort longtemps, où j'avais vu un film de Woody Allen en VOST, accrochez-vous !
Une merveille de simplicité pour voir la complexité des êtres humains dans toute sa nudité. Très bien filmé, on prend le temps de rencontrer chacun des personnages. Magnifique film !