Les Herbes sèches
Note moyenne
4,0
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137 critiques spectateurs

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CloakBack
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6 abonnés 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2026
Les Herbes sèches avance dans un climat d’usure et de malaise, où la parole remplace l’action et devient le principal terrain de confrontation. Un film dense et inconfortable, stimulant par sa rigueur, mais éprouvant par son obstination.

Nuri Bilge Ceylan prolonge ici son cinéma des zones grises et de l’enlisement moral. Le temps long, les échanges verbaux et l’inconfort prennent le pas sur toute progression dramatique classique. Tourné dans des paysages ruraux hivernaux, le film installe une sensation d’immobilité et de fatigue intérieure. Plus qu’un récit, Les Herbes sèches observe un état moral, avec une précision parfois implacable.

Sur le fond, le film explore le désenchantement comme condition durable. Les personnages ne traversent pas une crise, ils vivent dans une lucidité amère qui ne débouche sur rien. La parole sert moins à comprendre qu’à se protéger, à déplacer les conflits ou à maintenir une position. La lucidité devient posture, parfois alibi.

La question de la responsabilité et de la culpabilité reste volontairement trouble. Ce qui compte n’est pas tant les actes que la manière dont ils sont racontés, relativisés ou reformulés. Le langage devient un outil de pouvoir discret, structurant les relations et empêchant toute forme de lien authentique. La domination est douce, diffuse, mais persistante.

De mon côté, j’ai apprécié le film pour la densité de son écriture et la profondeur de son malaise. Les paysages prolongent l’état intérieur des personnages et renforcent ce sentiment d’enfermement. J’ai aimé être confronté à des zones grises qui refusent toute lecture confortable. Cet inconfort intellectuel durable fait clairement partie de sa force.

Cette exigence a toutefois ses limites. La durée, le rythme et la place accordée à la parole peuvent devenir éprouvants, donnant parfois une sensation de lourdeur. Des choix pleinement assumés, mais qui demandent une réelle endurance de spectateur.

Les Herbes sèches s’impose ainsi comme une œuvre rigoureuse et âpre, stimulante par ce qu’elle observe, mais exigeante au point de maintenir à distance. Un film qui interroge plus qu’il n’emporte.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2025
Un professeur d’école travaillant dans un village reculé d’Anatolie en Turquie désabusé par sa profession et la vie à la suite d’accusation de harcèlement sexuel évolue grâce à la rencontre d’une enseignante. Ce long-métrage de Nuri Bilge Ceylan convoque l’étroitesse d’un lieu isolé avec le superbe d’une photographie naturaliste aux paysages saisissants. Le mordant des dialogues écrits avec intelligence viennent ponctuer les nombreuses interactions verbales entre les protagonistes de ce récit d’où émane pour autant un silence assourdissant. Cette contraction de l’écoulement du temps et des désirs s’évanouissant avec les occasions manquées plonge le récit dans une contemplation mélancolique fascinante tant la construction filmique du film est maitrisée par le cinéaste en dépit de la durée fleuve de son œuvre.
Bernard Jeannin
Bernard Jeannin

3 abonnés 34 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juillet 2025
Encore une fois un film remarquable où, malgré sa longueur, on ne s’ennuie pas une seconde. Très belle prise de vue avec la projection de superbes photos.
Clntra
Clntra

41 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 août 2025
ce film analysant les conditions de vin d'intellectuels enseignant dans une petite ville de l'Anatolie dépeint avec subtilité le désarroi de ses personnages. Leur attribue des propos désabusés concernant l'engagement social. Propos pas si différents que ce que l'on peut entendre dans n'importe quel endroit branché partout dans le monde.
pasmaldutout
pasmaldutout

54 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2025
Dans un paysage figé par la neige, une silhouette avance lentement. C’est celle de Samet (Deniz Celiloğlu), professeur d’arts plastiques, de retour dans un village reculé du Kurdistan turc, où il accomplit son service d’enseignement obligatoire. Là, l’ennui le ronge. Il tue le temps en partageant des thés fades avec son colocataire Kenan, dans un logement de fonction austère. Ce coin perdu, il ne le supporte plus. Il y est coincé depuis quatre ans. Des années de stagnation que les portraits photographiques parsemant le récit viennent illustrer : Samet les a pris, faute d’avoir pu faire autre chose de sa vie.
Sevim, une élève vive et attachante, semble être son unique point d’ancrage. Mais l’équilibre précaire de Samet s’effondre lorsque Sevim, accompagnée d’une camarade, l’accuse — comme Kenan — de gestes et comportements inappropriés. Face à ces accusations, ses collègues se réfugient dans le silence, soucieux de leur propre tranquillité. Samet, blessé, vacille. Lors d’un cours sur la perspective — métaphore évidente dans ce film qui ne cesse de jouer avec les points de vue — il perd le contrôle, et rabroue ses élèves, révélant son malaise intérieur.
C’est alors qu’un personnage jusque-là discret prend une place centrale : Nuray (incarnée par Merve Dizdar, récompensée à Cannes), enseignante militante, amputée d’une jambe après un attentat. Entre elle, Kenan et Samet, se dessine un triangle amoureux fragile. Rongé par la jalousie, Samet tente d’en saboter la dynamique.
Avec Les Herbes sèches, fresque ample de plus de trois heures, Ceylan revient à ses fondamentaux : des cadres somptueux, une mise en scène minutieuse, et cette atmosphère hivernale où les êtres, contraints de se replier sur eux-mêmes, s’enfoncent dans les ténèbres de leur solitude. Le réalisateur, maître du plan-séquence, s’attarde ici sur la désillusion. Le film est bavard, certes, mais chaque dialogue s’accompagne d’un renouvellement formel : les angles changent, les plans se réinventent.
Et puis, surgit une audace inattendue : une rupture brechtienne déconcertante, qui propulse le récit ailleurs. Point d’orgue du film, un long échange entre Samet et Nuray oppose deux visions du monde : elle défend l’engagement politique, lui prône un individualisme désabusé. Samet, anti-héros cynique et manipulateur, rejette toute idéologie avec amertume.
À travers cette immersion dans une Turquie profonde, marquée par la misère matérielle et morale, Ceylan livre une méditation sur la perte des repères, sur le bien, le mal, et ces failles de l’âme que la vie creuse peu à peu. Les Herbes sèches confirme, s’il le fallait, que Nuri Bilge Ceylan reste l’un des plus subtils portraitistes de la condition humaine contemporaine.
The Passenger
The Passenger

2 abonnés 26 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2025
Un peu long. Il faudrait le revoir une deuxième fois pour vraiment comprendre et kiffer. C’est un film sur la vie , l’espoir, la fuite en avant, les regrets et le temps qui passe.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2025
Un professeur de dessin qui est affecté depuis quatre ans dans un collège perdu sur le plateau d'Anatolie, espère obtenir sa mutation pour Istambul. Le film nous raconte sa vie à la fois professionnelle, amicale et sentimentale.
Je reconnais à ce film beaucoup de qualités. Une belle photographie, un jeu d'acteurs irréprochable et surtout des dialogues profonds et intelligents. Mais la longueur excessive de plus de trois heures avec, en plus, des sous titres, m'a bien gâchée la projection. En fait rien ne justifie une durée pareille et il y avait moyen de faire pas mal de coupes sur des séquences sans grand intérêt. J'enlève 0,5 point à cause de ce défaut majeur.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 juin 2025
J'ai trouvé que ce film, ou ce conte devrais-je peut être dire, est assez difficile à regarder. Non seulement c'est un très long film, mais en plus son scénario n'invite pas à la légèreté. Je n'ai pas vu les précédents films de Nuri Bilge Ceylan, et peut-être faut-il aussi s'acommoder de son style lent et personnel? Car en effet, ce film turc nous plonge en plein hiver dans un coin de montagne où il semble neiger tout le temps. C'est loin des clichés qu'on peut avoir sur la Turquie. Les paysages, lorsqu'il y a du soleil sont magnifiques. L'histoire racontée par contre est celle de tous les jours, la vie normale, de trois professeurs qui vont finir par former un ménage à trois un peu bancal sans qu'on sache véritablement où le réalisateur veut nous emmener.
Vergnus
Vergnus

12 abonnés 149 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2025
Magnifique film d’une grande beauté, philosophie et poésie, sens de la vie au fond des plaines reculées de l’Anatolie…du grand cinéma servi par 2 acteurs excellents, la scène de dîner est superbe de subtilité avec en plus un bonus surprenant de sortie de champ… du jamais vu au cinéma !
Boby 53
Boby 53

26 abonnés 249 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 mai 2025
Lu l'ensemble des critiques (résumés) avant de noter définitivement. Film vu à la télé en 3 fois 3heures,, je n'aurais jamais supporté 3h de cinéma... Que dire? Belles images, oui, une région perdue à l'est de la Turquie, oui, des personnages perdus, amers, et pourtant jeunes! Une intrigue simple: accusations de gamines envers 2 de leurs profs, rencontre des 2 mêmes avec une jeune femme militante et mutilée... Le tout un peu perdu dans des dialogues denses, parfois ennuyeux, parfois passionnants ( le dîner en tête à tête); des bizarreries : plans fixes de photos, personnage sortant du decor, literrallement, bref des coquetteries ? La critique française est dithyrambique, mais gardons notre calme... Non ce n'est pas un chef d'oeuvre, c'est long, lent, trop, avec une fin laborieuse. Le film aurait mérité d'être resserré auprès de ses 3 personnages principaux qui apparaissent finalement tels des ombres imprécises , sans humanité ou si peu...
Aria
Aria

11 abonnés 75 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mai 2025
Beau film qu'on voit jusqu'au bout malgré sa lenteur. On s'attache au personnage principal et à son mal de vivre. On se demande quelle sera sa vie d'après le séjour éprouvant en Anatolie. De magnifiques photos de cette région et de ses habitants.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 avril 2025
S'il faut étirer la moindre scène à l'infini et en faire un film de 3h20 pour etre un génie alors Ceylan est génial. Ayant enregistré ce pensum il m'a fallu 3 soirées pour en venir à bout. L'intrigue ne débute qu'après 1 heure, il en faut 2 pour que la part d'ombre du personnage principal apparaisse et 2h50 pour voir apparaître les herbes sèches de l'été, le reste du film se passant dans l'hiver blanc et rude d'Anatolie. L'histoire est un mix des "Risques du métier" et de "Jules et Jim", gâchée par cette inutile lenteur et des dialogues philosophico-politiques interminables. A noter (spoiler) un bizarre et inutile tour dans les coulisses du film avant la scène d'amour et des belles photographies de personnages incrustés par-ci par-là qui démontrent, pour moi, plus un talent de photographe que de réalisateur (il lui faudrait apprendre à progresser dans le montage pour faire plus court!). Très surévalué.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2024
Les films de Nuri Bilge Ceylan sont des “films de festival”, des rouleaux compresseurs existentialistes de plus de trois heures, dont chaque plan est cadré à la perfection, dont chaque silence est lourd de sens, dont chaque argumentation philosophique prend la forme d’une succession de champ/contrechamp entre les duettistes dont on se rend compte, vingt minutes plus tard, lorsqu’il se termine, qu’elle était franchement passionnante. Les films de Nuri Bilge Ceylan, visuellement, sont des chef d’oeuvre : même si vous n’aimez pas les drames, même si vous n’y connaissez rien en techniques du cinéma, même si vous préférez le numérique, vous ne pourrez pas faire autrement que de trouver ça à la fois simple, sobre et magnifique. Il y a aussi un thème central : dans une village enneigé d’Anatolie, l’enseignant Samat est accusé de contacts inappropriés avec une de ses élèves. Il faudra presque deux heures pour que survienne cet élément disruptif mais de toute façon, ce n’est pas pour autant que ‘Les herbes sèches’ deviendra un équivalent turc de ‘La chasse’ de Thomas Vinterberg. Comme à chaque fois, beaucoup d’autres thèmes viennent se greffer à celui qui fait bouger les lignes. Il y a le côté antipathique de Samat, qui vient d'Istanbul, considère les gens du coin comme des arriérés et ne se résout pas à faire profil bas. Il y a ce triangle amoureux avec son ami Kenan et une autre enseignante, Nuray, handicapée suite à un attentat, qui voit Samat ne s’intéresser à la jeune femme que lorsqu’il a l’impression que celle-ci s’intéresse davantage à son co-locataire. Il y a cet interminable débat sur la manière de vivre selon ses valeurs politiques, l’idéalisme un peu désabusé de Nuray s’opposant au cynisme et à la désinvolture assumée de Samat. Quand on termine un film de Nuri Bilge Ceylan, on a un peu de mal à déterminer quel était sa principale raison d’être : on pénètre dans un univers riche de nuances, de symboles et de non-dits, un peu comme la saison condensée d’une série, mais en nettement plus esthétique et dans laquelle on finit par s’installer avec une certaine familiarité. Excepté l’extrême justesse dans le décryptage des rapports humains, de leurs paradoxes et de leurs contradictions, il est impossible de résumer un tel film-monde en quelques lignes, tout au plus aura-t-on compris dans les ultimes minutes la signification poétique du titre. ‘Les herbes sèches’ est peut-être du cinéma de festival mais peu de cinéastes savent aussi bien conjuguer plaisir esthétique et plaisir intellectuel au sein d’un seul film.
Olivier G.
Olivier G.

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2024
Très beau film, paysages somptueux, magnifiques plans séquence dont le réalisateur sait parfaitement se servir pour soutenir la complexité de son scénario.et décrypter la psychologie de ses personnages. La réalité de ces lieux isolés du monde nous semble d'autant plus âpre et rugueuse, aucun des personnages n'échappent à la pesanteur de cette culture anatolienne qui les écrase sous le poids conjugué de la culpabilité et de la réputation. Les dialogues sont omniprésents comme si les personnages se saoulaient de mot (et de vin) sans pour autant parvenir à dénouer les noeuds qui les emprisonnent chacun à leur manière. Seule là encore l'image et l'horizon (magnifiques photos qui ponctuent certaines séquences) apaisent les âmes tourmentées. spoiler: A noter un plan séquence étonnant ou l'acteur principal "s'évade" dans les coulisses du tournage comme s'il ressentait le besoin de respirer et de prendre du recul.
janus72
janus72

52 abonnés 280 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2024
Excellent & à voir en prenant son temps comdab et comme il faut 100 caractère et que j' ai juste envie de NOTER ce Film, je vais donc me Répéter : Excellent & à voir
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