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Mélany T
45 abonnés
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3,5
Publiée le 19 juillet 2023
La mise en scène est d'une beauté magnétique, le récit captivant de bout en bout et la subtilité et l'intelligence de l'ensemble equivoquent mais certains éléments du discours me posent problème.
Très déçu par l'interprétation ..... on n'y croit pas ... pourtant sujet intéressant. Ce sujet méritait mieux car ce qui se passe dans nos campagnes est très grave.
Sublime ? Grandiose ? Ou les critiques vont-ils chercher cela ? Si le but était de filmer l'ennui, c'est parfaitement réussi : je m'y suis mortellement ennuyée !!! Beaucoup trop long, rempli de verbiage inintéressant et de masturbation intellectuelle
C'est beau la photographie est magnifique la musique aussi mais c'est très dérangeant surtout la fascination qu'a le personnage principal pour une enfant .... c'est malaisant oui il est en crise de sa vie mais son rapport a une jeune enfant et une femme handicapée rend le film très limite. Un sentiment de dégoût sur ce personnage du début à la fin....
On passe de magnifiques images de paysages quasi déserts aux atmosphères étouffées où les personnages progressent difficilement, comme dans leur existence, à des scènes verbeuses où chacun tente de donner un sens à sa place dans le petit microcosme rural en fonction des contraintes qu'il subit. Si l'atmosphère et les interprètes sont excellents, une certaine longueur s'installe et une scène déstabilise : spoiler: la sortie du personnage principal du récit, que l'on suit sur le plateau de tournage, avant qu'il n'y revienne... dans le récit . Ce type d'artifice n'a guère de sens, on suit aussi trop de personnages, qui finalement disparaissent sans que l'on sache où. Le réalisateur abandonne trop ses spectateurs au bord du chemin pour que l'ensemble soit inoubliable.
Ce film m'a laissé avec des sentiments mitigés. Je suis sorti perplexe, sans trop savoir quoi en penser.
Une chose m'est apparue (que je n'ai jamais trouvée encore évoquée ni par le réalisateur, ni par la presse), ceci :
Ce qui unit les quatre protagonistes principaux (Sevim, Samet, Kevan, Nuray), chacun selon sa complexion, c'est le sentiment de trahison, le sentiment d'avoir été trahi par l'autre.
Pour moi ce Film est un film sur la TRAHISON, un leitmotiv en filigrane !
En résumé, puisqu'un artiste se met toujours dans son oeuvre, j'aurais envie de demander au réalisateur ce qu'il en est chez lui du sentiment de trahison ?
Comment reste-t-il (ou est-il resté), avec les années, fidèle à lui-même ?
Connaît-il le sentiment de s'être trahi ou d'avoir trahi sa jeunesse ?
Croit-il vrai que le seul moyen de rester fidèle à sa jeunesse c'est de changer ?
Samet est un professeur qui enseigne dans l'école d'un petit village de Turquie, sous les neiges hivernales. Alors qu'il crée un lien privilégié avec une écolière, cette dernière l'accuse de comportement inapproprié. En parallèle, Samet fait la rencontre de Nuray et entame avec elle et son colocataire Kenan un étrange triangle amoureux. En salle le 12 juillet.
spoiler: Les Herbes Sèches raconte un semestre de la vie d'un professeur turc de manière très réaliste : l'intrigue est peu romancée et part dans tous les sens comme dans le vie réelle. Le film est atrocement long : les 3h17 ne sont pas spécialement justifiées et n'apportent pas nécessairement de profondeur supplémentaire à l'œuvre. J'ai beaucoup aimé la première partie qui se concentre plus sur l'école, que la deuxième sur la relation amoureuse. Les portraits et la photographie générale du film sont saisissants et nous plongent dans une esthétique spéciale. L'actrice primée joue bien mais sans plus.
C’est un beau film. L’Anatolie y livre une partie de ses secrets ( son climat difficile , ses coins perdus) mais ce sont les hommes qui livrent principalement les leurs.( leur solitude, leur égoïsme) . Les scènes sont admirablement filmées. A découvrir
Les vies humaines se nourrissent à leurs débuts d'une énergie vitale, avant de faner, inévitablement. Dans la beauté des paysages, la pesanteur des espoirs échoués. La fin de l'hiver donnant naissance à l'été, les herbes émergent dans la neige bientôt disparue, et s'assèchent aussitôt, ne croisant plus que l'eau ruisselante d'un oeil envieux, sans n'être plus capable de l'embrasser.
Quand la projection s’est terminée, avec ma voisine on a consulté nos montres : il s’était écoulé 3h17 et on ne les avait pas senti passer. Le lendemain, on a regardé Vers un avenir radieux, de Nanni Moretti : 1h35 et cette fois, on s’est ennuyées. Pas tout le temps, mais souvent. Comme quoi, le temps dont un film a besoin pour déployer son histoire est affaire de rythme, de fluidité dans la narration.
Un moment génial des Herbes sèches démontre cela : au milieu d’une scène, alors qu’on l’a juste envoyé éteindre les lumières du salon, un personnage passe une porte et se retrouve sur le plateau du tournage. Tout à coup sans transition on passe de l’intérieur un peu sombre d’un appartement modeste mais habité par une belle âme, à une succession de plateaux bardés de lumière, de micros, de décors amovibles… Après une minute de cette déambulation hors du film il repasse la porte dans l’autre sens et on replonge avec lui dans l’appartement de Nuray, et en quelques secondes on oublie ce passage surprenant tellement le récit est prenant, tellement les personnages sont vivants, loin de tout cliché, et leurs échanges forts et intenses.
Après Winter Sleep, Les Herbes Sèches est à nouveau une œuvre profonde, intense qui résonne fort en soi...magnifique voyage de 3h17 qui bouleverse et fait réfléchir au sens de la vie, aux parcours de chacun, aux espoirs et désillusions...très très grand film
Les amateurs du cinéma de NB Ceylan, savent que le metteur en scène est dépositaire d'une filmographie qui le situe au sommet de ce que le septième art produit de plus profond depuis deux décennies.
Neuvième long métrage du cinéaste, présenté à Cannes 2023 en compétition officielle, il est reparti avec le prix d'interprétation féminine.
Sorte de troisième volet, d'une trilogie composée par " winter sleep" et " le poirier sauvage" qui propose le portrait au scalpel d'un individu éduqué, cultivé ( avec un potentiel artistique - ex comédien, écrivain ici professeur d'arts plastiques) délinquant relationnel, pas toujours au clair avec lui-même, confronté à ses propres faiblesses, n'hésitant pas à commettre ce qu'il faut bien appeler des petites saloperies de la vie ordinaire dans les relations avec son entourage.
Sans doute, plus accessible, moins opaque, que " winter sleep" et " le poirier sauvage", (qui gagnent à être vus plusieurs fois) " les herbes sèches " est à mes yeux la meilleure réussite du cinéaste après " uzak" (2002) selon moi, son chef-d'oeuvre absolu.
Malgré sa longueur ( 197 minutes) décourageante pour beaucoup, " les herbes folles" se suit pourtant sans ennui et sans être traversé par un manque de rythme.
Ceylan parvient à donner une respiration à son film entre deux scènes de dialogues qui apprennent à chaque fois quelque chose sur les personnages.
Certes, il restera des non dits et le spectateur est mis à contribution pour interpréter et trancher sur la vérité du personnage principal qui justement cherche à la cacher aux autres et peut-être un peu à lui-même.
A mes yeux, c'est une grande réussite aux accents intimistes qui s'adresse à tout le monde mais qui ne plaira qu'au spectateur intéressé par un cinéma introspectif.
Le dernier quart d'heure, lumineux, constitue le point d'orgue poétique, d'un film aux accents vaguement Bergmanien et surtout ( à mes yeux) un des meilleurs de l'année.
« Les herbes sèches » du réalisateur turque Nuri Bilge Ceylan (2023) dont j’avais apprécié le précédent film (« Le poirier » 2018) s’ouvre magnifiquement sur un fond blanc puis Samet (Deniz Celiloğlu) qui avance dans la neige sac au dos et un grand sac. C’est un professeur d’Arts plastiques qui vient passer son année de service civique dans le collège d’une toute petite bourgade perdue dans la lointaine Anatolie orientale espérant retourner rapidement à Istanbul… et nous voilà partis pour un film de 3 h 17 qui a mon sens pourrait être coupé en 2. La première partie concerne sa relation ambiguë (dans le contexte local) avec Sevin, une jeune adolescente intelligente qui n’est pas sans évoquer « Les risques du métier » de André Cayatte (1967) et qui nous vaut une scène épique de par son hypocrisie chez le Recteur… Même si cette première partie permet de mieux comprendre les incertitudes morales et ambiguïtés de l’homme… que c’est long ! Samet vit en colocation avec Kenan (Musab Ekici), professeur natif du coin, et tous les 2 vont faire la connaissance d’une professeure d’Anglais Nuray (Merve Dizdar) atypique par son passé singulier et engagée politiquement pour le collectivisme alors que Samet paraît être plutôt un individualiste, un « papillon » avide de liberté. Il s’ensuit des confrontations intéressantes mais hélas du fait des sous-titres on a dû mal à lire en même temps le texte et apprécier toutes les subtilités des regards et attitudes des 3 acteurs de ce triangle amoureux ! Ce long hiver durera 6 mois et… Un film dont la photo est superbe mais comme déjà dit trop long et dont la richesse humaine souffre du sous-titrage. Soulignons que Merve Dizdar a reçu pour ce film le Palme d’Or de l’interprétation féminine à Cannes.